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30/03/2011

MaM Out - Interpellation à Saint-Jean-de-Luz d'une militante basque espagnole

Une jeune Espagnole de 24 ans, membre de l'organisation des jeunes basques Segi, a été interpellée mercredi matin par la police judiciaire à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), a-t-on appris de source policière. Lire la suite l'article

Elle faisait l'objet d'un mandat d'arrêt européen lancé par l'Espagne pour "appartenance à une organisation terroriste". Ce dernier devait lui être signifié mercredi après-midi par le parquet général de Pau où elle a été transférée.

Cette jeune femme appartenait au groupe de huit militants espagnols de Segi qui avaient tenu une conférence publique le 21 février à Ispoure (Pyrénées-Atlantiques) pour dénoncer la répression exercée à leur encontre par les autorités espagnoles et la multiplication des mandats d'arrêt européen lancés contre eux.

Sept d'entre eux ont depuis été interpellés par les policiers français. Interdit en Espagne, le mouvement Segi est considéré comme l'antichambre de l'organisation séparatiste basque ETA. AP

piqué au ats sur fr.news.yahoo.com - 30/03/2011

De jeunes indépendantistes demandent que "MAM dégage du Pays basque"

SAINT-JEAN-DE-LUZ (Pyrénées-Atlantiques) — Environ cinquante militants du mouvement de la jeunesse radicale basque Segi ont manifesté vendredi devant la mairie de Saint-Jean-de-Luz, où se trouvait Michèle Alliot-Marie, réclamant son départ du Pays basque, a constaté l'AFP.

Les militants se sont rassemblés sans aucun incident de 17H30 à 18H30, alors que se tenait un conseil municipal auquel assistait l'ancienne ministre des Affaires étrangères, première adjointe au maire de Saint-Jean-de-Luz.

Les militants de Segi, un mouvement considéré par Madrid comme proche du groupe indépendantiste armé ETA, ont également déployé des banderoles et scandé des slogans exigeant que Mme Alliot-Marie, écartée du gouvernement fin février après avoir exercé quatre postes régaliens dont l'Intérieur et la Justice depuis 2002, "dégage du Pays basque".

Ils ont aussi réclamé "la vérité" sur la mort du membre de l'ETA Yon Anza, dont le corps avait été retrouvé en mars 2010 dans une morgue toulousaine, onze mois après sa disparition.

En quelques mois, il s'agit du troisième rassemblement hostile à l'ancienne ministre tenu à l'occasion d'un conseil municipal à Saint-Jean-de-Luz. En décembre, quelques militants avaient été brièvement interpellés.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une douzaine d'affiches et de tags anonymes, attribuées par une source policière à Segi et indiquant déjà "MAM dégage", ont été disséminés sur des murs à Saint-Jean-de-Luz, Ciboure et Urrugne.

Ils avaient été retirés dès jeudi matin, à la demande du maire de Saint-Jean-de-Luz, Peyuco Duhart.

 

Segi se mobilise encore

Des militants de Segi se sont réunis hier, en fin d'après-midi, juste avant le début du Conseil municipal auquel participait Michèle Alliot-Marie.

Les forces de police, la seule confrontation à laquelle les manifestants ont eu le droit. photo Jean-Daniel chopin

 Les forces de police, la seule confrontation à laquelle les manifestants ont eu le droit. photo Jean-Daniel chopin

Hier, aux alentours de 17 h 30, des militants du mouvement Segi, le mouvement de jeunes de la gauche radicale basque (interdit en Espagne mais autorisé en France), se sont rassemblés sur la place Louis XIV de Saint-Jean-de-Luz. Le lieu et l'heure du rendez-vous n'étaient pas anodins. Quelques minutes plus tard (à 18 heures), le Conseil municipal auquel l'ancienne ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, participait pour la première fois depuis son retour sur les terres luziennes, allait démarrer.

Postés juste en face de l'entrée de la mairie, la cinquantaine de manifestants, drapeaux basques sur l'épaule, a scandé en chœur des paroles au message clair et unanime : « Michèle Alliot-Marie dégage du Pays basque ». Un message similaire était ensuite repris en basque. « MAM Entzun ! Bim Bam Boum ! » pouvait-on entendre. Leurs banderoles, dépliées devant la cinquantaine de policiers déployés devant eux, affichaient la même ténacité.

« Symbole de l'oppression »

Amaia Elichiry, qui était hier la représentante du mouvement, a pris la parole depuis le kiosque de la place Louis XIV. « Michèle Alliot-Marie a occupé les responsabilités politiques les plus importantes du gouvernement français et maintenant elle est hors jeu. Virée à cause de ses fautes graves, c'est le sort qu'elle méritait. Elle n'a plus sa place dans le gouvernement mais elle est toujours ici, au Pays basque, élue à la mairie de Saint-Jean-de-Luz. Elle est le symbole de l'oppression que l'État Français maintient au Pays basque », a-t-elle déclaré dans un haut-parleur, avant de rajouter : « Lorsque le tribunal de Pau a accepté le mandat d'arrêt européen contre Aurore Martin, elle était ministre de la Justice ».

Imperturbable

Les jeunes militants ont ensuite continué à prononcer leur message, attendant l'arrivée de Michèle Alliot-Marie devant la mairie. Mais celle-ci se trouvait déjà à l'intérieur. Arrivée dans le courant de l'après-midi, l'ancienne ministre n'aura croisé le regard d'aucun des membres de Segi. Elle les aura simplement entendus. Car les manifestants ont poursuivi leur mouvement durant toute la première demi-heure du Conseil municipal. Face à ces appels à la démission, Michèle Alliot-Marie a su rester imperturbable. Assise aux côtés du maire Peyuco Duhart, elle a tenu son rôle de première adjointe sans sourciller durant toute la séance, affichant parfois quelques sourires, et interrogeant à certains moments les opposants d'Herri Berri et de la gauche abertzale sur des sujets de politique locale.

Sur la place Louis XIV, les manifestants, eux, ont attendu 18 h 30 avant de replier leurs banderoles, et quitté les lieux, dans le plus grand calme.

 

18:05 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/03/2011

Mir fällt zu Sarkozy nichts ein - Troisième nuit de Walpurgis

Gloses marginales aux Commentaires sur la société du spectacle

 

S’il existe, en ce siècle, un écrivain auquel Debord accepterait peut-être d’être comparé, c’est Karl Kraus. Personne n’a su mieux que Kraus, dans sa lutte acharnée contre les journalistes, mettre en lumière les lois cachées au cœur du spectacle, « les faits qui produisent les nouvelles et les nouvelles coupables des faits ». Et si l’on pouvait imaginer quelque chose qui corresponde à la voix hors champ qui dans les films de Debord accompagne l’exposition du désert des décombres du spectacle, rien ne serait plus juste que la voix de Kraus qui, au cours de ces fascinantes lectures publiques décrites par Canetti, met à nu, dans l’opérette d’Offenbach, la secrète et féroce anarchie du capitalisme triomphant.

On connaît la boutade avec laquelle, dans la
Troisième nuit de Walpurgis, Kraus justifie son silence devant l’avènement du nazisme : « Sur Hitler il ne me vient rien à l’esprit. » Ce Witz féroce, où Kraus confesse sans indulgence ses propres limites, marque également l’impuissance de la satire face à l’indescriptible qui devient réalité. Comme poète satirique, il est réellement « l’un des derniers épigones qui habitent l’antique maison du langage ». Certes, pour Debord comme pour Kraus, la langue se présente comme l’image et le lieu de la justice. Toutefois, l’analogie s’arrête ici. Le discours de Debord commence précisément là où la satire se tait. L’antique maison du langage (et avec elle, la tradition littéraire sur laquelle la satire se fonde) est désormais falsifiée et manipulée de fond en comble. Kraus réagit à cette situation en faisant de la langue le lieu du Jugement dernier. Debord, au contraire, commence à parler lorsque le Jugement dernier a déjà eu lieu et que le vrai n’a été reconnu que comme un moment du faux. Le Jugement dernier dans la langue et la nuit de Walpurgis du spectacle coïncident totalement. Cette coïncidence paradoxale est le lieu d’où sa voix résonne perpétuellement hors champ.

 

Giorgio Agamben

 

Postface de l'édition italienne des Commentaires sur la société du spectacle de Guy Debord, 1990

à lire chez atheles.org/agone

 

 

20:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/03/2011

Que mettra-t-on, soldat, sur ta tombe ?

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La disparition de la bipolarité, caractéristique essentielle du “nouvel ordre international”, a sans nul doute affecté et transformé la nature et la matérialité de la politique militaire des Etats du Nord, et de la France en particulier. La disparition, pour les professionnels de la guerre, à savoir les militaires, de “l'ennemi historique” soviétique a semble-t-il pour conséquence la réaffectation du personnel militaire à des missions de paix ou de protection de l'action humanitaire. Privés de ses objectifs classiques, disparus, les militaires, “se consacrent” à des missions qui obéissent à des contraintes opposées à celles de la bataille. C'est la systématisation de ces actions «contre nature», qui ne sont pas sans danger pour la “ valeur ” des forces militaires. De plus l'efficacité et l'effectivité de la protection humanitaire, les faits le montrent, pousseraient naturellement et légitimement le militaire à demander l'extension de son “contrat humanitaire”. Les missions humanitaires des militaires ne pas sont assez claires, précises. Si, pour Claude Le Borgne l'ONU est devenue un tribunal respecté, elle demeure un “machin militaire”, on ne saurait “impunément” exalter le droit, parfois contradictoire, tout en réduisant la force à un signe ou à une allusion.

 

L'action humanitaire et la protection militaire qu'elle requiert parfois sont au centre d'un paysage stratégique surprenant. Quelque rebattu que soit le thème de la disparition de l'ennemi, on se doit d'y revenir, tant il est riche, et gros de conséquences. Nécessité vitale pour le stratège, l'ennemi est, pour chacun, un élément indispensable du confort personnel, définition négative de soi-même : si je n'ai plus d'ennemi, est-ce que j'existe encore ? Désagréable incertitude ! Bien entendu, passée l'impression d'inconfort, on se réjouira grandement de la mort de l'Union soviétique et de l'idéologie marxiste léniniste, et on n'aura garde d'oublier que la multiplication des troubles qui surgissent dans le monde nouveau sont sans commune mesure avec l'effroyable menace (nucléaire pour l'essentiel) sous laquelle vivait un monde bêtement bipolaire, les innombrables victimes de régimes inhumains et les stratégies cruelles qui ensanglantèrent maints pays sous couvert de respectabilité révolutionnaire.

 

à lire sur : Cultures & Conflits

Référence papier

Cultures & Conflits n°11 (1993) pp. 127-38

Référence électronique

Claude Le Borgne , « Que mettra-t-on, soldat, sur ta tombe ? », Cultures & Conflits, 11, automne 1993, [En ligne], mis en ligne le 13 mars 2006. URL : http://conflits.revues.org/index423.html. Consulté le 18 mars 2011.

12:31 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/03/2011

La centrale nucléaire de FUKUSHIMA Daiichi - Le MOX - COGEMA - Le scandale TEPCO

 

Transport de combustibles MOX d'Europe vers le Japon - Annonce de la politique d'information -

30 juin 1999

 

Un transport vers le Japon de combustibles MOX, fabriqués en Europe, aura lieu d'ici la fin de l'année : les assemblages concernés sont destinés aux réacteurs nucléaires de Fukushima Daiichi et de Takahama, exploités respectivement par TEPCO (Tokyo Electric Power Company) et KEPCO (Kansai Electric Power Company).
La production d'électricité d'origine nucléaire constitue en effet une pièce maîtresse de la politique énergétique du Japon.
En 1977-78, les 10 compagnies japonaises d'électricité ont signé avec les groupes COGEMA, en France, et BNFL, au Royaume-Uni, des contrats prévoyant le traitement de leurs combustibles nucléaires usés.
Le traitement-recyclage du plutonium sous forme de combustible MOX relève d'une stratégie à long terme. Le Japon a, en effet, décidé de charger avec ce combustible 16 à 18 réacteurs d'ici 2010.
Ce transport a été préparé en étroite collaboration par les Autorités gouvernementales et les partenaires industriels japonais, français et britanniques.
A l'occasion de ce transport, les informations suivantes seront rendues publiques :
1. La date de départ, le nom des navires, le nom des ports de chargement, ainsi que le nombre total d'assemblages combustibles et d'emballages de transport seront communiqués un ou deux jours avant le départ d'Europe
2. La route choisie et la date approximative d'arrivée au Japon seront publiées après le départ d'Europe. Le transport des matières nucléaires, notamment celui des combustibles MOX, obéit à un système établi de réglementations internationales strictes et rigoureuses.
Ces réglementations concernent les emballages de transports spécifiques, appelés châteaux, la conception des navires ainsi que les dispositifs de protection physique Des matières nucléaires sont ainsi transportées par mer depuis les années 1960. Les transports de combustibles MOX seront effectués par deux navires armés appartenant à la compagnie PNTL (Pacific Nuclear Transport Limited), qui quitteront conjointement l'Europe et navigueront de conserve jusqu'au Japon.
Ce communiqué est diffusé simultanément en France, au Royaume-Uni et au Japon, respectivement par COGEMA, BNFL, TEPCO / KEPCO.

piqué au tas sur : www.areva.com/FR/actualites-5483/transport-de-combustibles-mox-d-europe-vers-le-japon-annonce-de-la-politique-d-information.html

2007 - Inquiétudes nucléaires après le séisme

par Monique Mas

Article publié le 18/07/2007 Dernière mise à jour le 18/07/2007 à 16:31 TU

La fuite d’eau radioactive constatée à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa repose la question de la sécurité nucléaire.( Photo - Reuters )

La fuite d’eau radioactive constatée à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa repose la question de la sécurité nucléaire.
( Photo - Reuters )

«Il y a eu une erreur dans le calcul de la radioactivité de l'eau qui s'est échappée dans la mer» lors du séisme de lundi qui a ébranlé la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde, indiquait mercredi un communiqué de la compagnie d’électricité privée Tokyo Electric Power (Tepco) qui assurait en même temps que «la radioactivité corrigée reste sous la limite légale et n'affecte pas l'environnement». Pour autant, le maire de Kashiwazaki, au nord-ouest du Japon, mais aussi le gouvernement de Shinzo Abe ont ordonné la fermeture du site nucléaire, jusqu’à plus ample information. En écorchant la sensibilité des Japonais aux questions de sécurité nucléaire, le séisme a aussi un impact politique.

C’est revêtu du bleu de travail des employés de la centrale nucléaire, comme le rapporte l’Agence France Presse, que le PDG de Tepco, Tsunehisa Katsumata, s’est battu la coulpe mercredi devant le maire de Kashiwazaki qui venait d’ordonner l’arrêt des sept réacteurs d’une puissance totale de 8 212 mégawatts du site qui alimente en électricité la mégalopole de Tokyo, située à 250 kilomètres au sud. Tsunehisa Katsumata avait fait le chemin de Kashiwazaki-Kariwa pour présenter ses «excuses, du fond du cœur, pour avoir causé des craintes et des problèmes terribles». Les craintes se sont en effet rapidement nourries du panache de fumée noire qui s’est élevé lundi matin au-dessus de l’incendie déclenché dans un transformateur électrique de la centrale de Kashiwazaki –Kariwa, l’un des premiers effets visibles du violent séisme de magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter dont l'épicentre a été localisé à seulement neuf kilomètres de là. Une centaine de fûts d'acier éventrés destinés à sceller gants et autres vêtements potentiellement irradiés avaient également attiré l’attention des secours, Tepco reconnaissant initialement une légère fuite d’eau radioactive.

Comme il est d’usage dans ce domaine sensible, Tepco se targue d’une sécurité sans faille, mettant en avant la multiplicité des verrous sécuritaires imaginés en cette région à très haut risque tectonique. Durement sermonné par Akira Amari, le ministre de l'Economie et de l'Industrie, qui a lui-aussi exigé la fermeture de la centrale jusqu’à nouvel ordre, Tsunehisa Katsumata, a finalement reconnu que les réacteurs nucléaires «avaient subi sans aucun doute un choc supérieur aux limites de résistance prévues à l'époque de la construction». Il a aussi admis «une certaine inefficacité dans les mesures» prises par Tepco en matière de prévention et de lutte anti-incendie. Plus largement, le PDG du géant électrique japonais a revu à la hausse le niveau de radioactivité des fuites qu’il a reconnues, parlant de 90 000 becquerels au lieu de 60 000 et admettant au total une cinquantaine d’incidents dans le vaste complexe. Parmi ceux-ci : le déversement en mer de 1 200 litres d'eau radioactive et l’éparpillement au sol du contenu de plusieurs centaines des quelque 10 000 fûts destinés aux vêtements contaminés.

Une énergie nucléaire jugée vitale pour l’indépendance de l’archipel

Le sursaut de transparence à retardement de l’industriel du nucléaire civil ne va pas encore jusqu’à un bilan vraiment circonstancié de l’impact du séisme et de ses répliques sur la centrale de Kashiwazaki. Il répond d’abord au souci des autorités politiques qui redoutent surtout que leurs administrés retirent leur confiance à une énergie nucléaire qu’elles jugent vitale pour l’indépendance économique du pays. Celle-ci représente déjà plus de 35 % de la production d’électricité de l’archipel qui compte 55 réacteurs et a lancé la construction de treize autres. C’est d’ailleurs de ce risque de désaffection du nucléaire civil que s’est inquiété le ministre japonais de l’Economie en reprochant à Tepco la lenteur de ses agents à éteindre l’incendie de lundi, d’abord avec de l’eau, avant que les pompiers n’en viennent à bout avec des produits chimiques. En adoptant la posture du pénitent décidé à faire amende honorable, le PDG de Tepco fait cause commune avec les autorités politiques pour tenter de rassurer l’opinion publique. Celle-ci est priée de croire en sa bonne foi lorsque la compagnie dit par exemple qu’il n’y a aucun danger de contamination de l’océan où se sont déversées des matières et de l’eau radioactives.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a offert au Japon ses services pour repérer et mesurer les fuites radioactives. Mais, dans l’immédiat, des examens géologiques ont été ordonnés par les autorités japonaises et par Tepco qui redoutent qu’une ligne de fracture passe désormais sous la centrale nucléaire et veulent «analyser l'emplacement de la faille en étudiant les répliques et les modifications du terrain». Pour leur part, les écologistes de Greenpeace rappellent qu’en 2003, cette même centrale de Kashiwazaki-Kariwa, «avait déjà été fermée sur ordre des autorités et pour vérifications pendant quarante jours, après que Tepco avait admis avoir falsifié ou ignoré à 29 reprises des conclusions d’inspecteurs faisant état de fissures dans les réacteurs». L’organisation rappelle aussi que «ces derniers mois, plusieurs compagnies ont reconnu avoir caché au public et aux autorités des dizaines d’incidents survenus entre 1978 et 2002». Tout récemment, en mars dernier, «la compagnie Hokuriku n’avait pas informé le public et les inspecteurs nucléaires d’un incident important dans la centrale de Shika». Dans ce contexte, la révélation de fuites radioactives à l’occasion du séisme de lundi est une première, sur le mode de «faute avouée est à moitié pardonnée».

Mercredi, le bilan humain du séisme était toujours de 9 morts, un millier de blessés et quelque 12 000 déplacés, toujours sous la pluie battante et la menace des répliques, une centaine déjà ces derniers jours, dont certaines ont été ressenties jusqu’à Tokyo. Un millier de policiers et de pompiers continuaient à fouiller les centaines d’immeubles pulvérisés de Kashiwazaki où les personnes âgées ont été les plus touchées. Sept bâtiments de la Marine japonaise croisaient au large de la région de Niigata. 450 militaires avaient également été dépêchés en renfort pour participer aux opérations de ravitaillement en eau et en nourriture des préfectures de Niigata et de Nagano où la circulation reste entravée par les fissures et les éboulis.

A une dizaine de jours des sénatoriales du 29 juillet où il arrive avec une popularité extrêmement ébréchée, le Premier ministre Shinzo Abe, s’est montré sur les lieux du séisme dès lundi, ordonnant à son cabinet «d'agir sans délai» pour venir en aide aux sans-abris. Pour sa part, Tepco, a déjà vu ses titres chuter en bourse mercredi, lorsque le ministre du Commerce lui a interdit de relancer les réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa qui représentent environ 7% de ses capacités de production d’électricité. «Je crois que l'on ne peut faire fonctionner les centrales nucléaires qu'avec la confiance de la population», a lancé le Premier ministre Shinzo Abe en ajoutant à l’endroit de Tepco : «Si un incident se produit, il faut qu'ils en rendent compte dans le détail et avec rapidité et nous devons les amener à refléter fidèlement cet incident». Question d’image, la vérité nucléaire restant quant à elle à la discrétion des experts.

piqué au tas sur www.rfi.fr/actufr

2007 - Le séisme au Japon ravive la peur du nucléaire

STÉPHANE KOVACS (avec AFP, AP, Reuter)
14/10/2007 | Mise à jour : 18:43
AU LENDEMAIN d'un violent tremblement de terre qui a fait neuf morts et provoqué des fuites radioactives dans la plus puissante centrale du monde, le Japon s'inquiétait hier de la solidité de ses installations nucléaires. L'épicentre du séisme, de magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter, était situé à quelques kilomètres seulement de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dont les sept réacteurs, d'une puissance totale de 8 212 mégawatts, alimentent en électricité la mégapole de Tokyo, 250 km plus au sud. Pas moins de cinquante dysfonctionnements ont été identifiés hier dans la centrale !
Selon Tokyo Electric Power (Tepco), la compagnie qui l'exploite, cette centrale respecte scrupuleusement les normes parasismiques nippones très strictes. Mais la compagnie a avoué hier que le séisme s'était révélé plus fort que ce qu'étaient censés supporter ses réacteurs. Lundi, un incendie avait éclaté dans un transformateur, sans être immédiatement circonscrit. Hier, Tepco a annoncé qu'une centaine de fûts contenant des déchets faiblement radioactifs étaient tombés, et que « plusieurs » avaient perdu leur couvercle. Seule la moitié de ces fûts avaient été inspectés hier, et l'on ne sait pas encore si l'incident a eu des conséquences sur l'environnement ou la population. Tepco a aussi admis que 1 200 litres d'eau légèrement radioactive avaient fui d'un des réacteurs. « Je reconnais qu'il y a eu une certaine inefficacité dans nos mesures d'extinction », s'est excusé le président de Tepco, Tsunehisa Katsumata, après s'être fait réprimander par le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, Akira Amari.
35 % de l'électricité du pays
Les autorités n'ont pas caché leur inquiétude au sujet du temps de réaction de Tepco. « On ne peut faire fonctionner les centrales nucléaires qu'avec la confiance de la population », a déclaré le premier ministre, Shinzo Abe. La lenteur à régler l'incident « pourrait amener les gens à ne plus faire confiance à l'énergie nucléaire », a renchéri le ministre de l'Économie. « Nous devons apporter une réponse sans fard en examinant soigneusement la façon dont le séisme a dépassé les normes de résistance (des réacteurs) prévues », a affirmé pour sa part le porte-parole du gouvernement.
Toutefois, selon Koji Omamoto, spécialiste du nucléaire à l'université de Tokyo, l'incident était mineur. « Certes, un incendie n'est pas censé se déclarer, mais ce qui est arrivé n'a rien à voir » avec une catastrophe comme Tchernobyl, plaide-t-il, rappelant que les réacteurs japonais « sont globalement sûrs, car le Japon a probablement les normes antisismiques les plus strictes du monde ».
Mais l'incident risque de nourrir l'aversion de l'opinion japonaise à l'égard du nucléaire, industrie qui produit 35 % de l'électricité du pays mais qui est régulièrement blâmée pour son manque de transparence. En 2003, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa avait été fermée sur ordre des autorités et pour vérifications pendant quarante jours, après que Tepco eut admis avoir falsifié ou ignoré à vingt-neuf reprises des conclusions d'inspecteurs faisant état de fissures dans les réacteurs. Deux ans plus tôt, lors d'un référendum, les 3 589 électeurs du village de Kariwa s'étaient prononcés à 54 % contre l'utilisation dans la centrale de plutonium recyclé (MOX), que les écologistes jugent plus dangereux que l'uranium en cas d'incident. Tepco s'était incliné face au résultat du vote.
L'industrie nucléaire a subi une nouvelle avalanche de reproches ces derniers mois, plusieurs compagnies ayant reconnu avoir caché des dizaines d'incidents, certains « critiques », entre 1978 et 2002. Toutefois les autorités n'ont pas l'intention de renoncer à cette énergie : treize réacteurs sont en construction au Japon.

piqué au tas sur www.lefigaro.fr/international/2007/07/18

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04/03/2011

TPI : les services français ont protégé durant des années des criminels de guerre

ancien article sur Probe ici



Coopérer avec la justice internationale ? Oui, mais d’abord protéger les « amis de la France ». Les carnets du général Rondot, saisis par la justice et largement utilisés dans l’enquête sur l’affaire Clearstream, recèlent des informations jamais utilisées jusqu’à aujourd’hui sur l’attitude de la France envers le TPIY et la poursuite des criminels de guerre. Mediapart et Le Courrier des Balkans se sont également procurés une note du général Rondot, qui explique comment les services français ont protégé des inculpés du TPIY, notamment le général croate Ante Gotovina.

Datée du 17 mars 2005, cette note est adressée au chef d’état-major particulier du président de la République, le général Georgelin, avec copie au ministre de la défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie. Ce document atteste formellement des liens qu’ont entretenus les services secrets de la DGSE avec les forces croates dès 1991, puis, de 2000 jusqu’en 2005, avec des criminels de guerre recherchés par le TPIY.

Ces documents éclairent d’un jour nouveau le rôle des services français dans les guerres de l’ex-Yougoslavie puis leur collaboration à géométrie variable avec la justice internationale. Dans ses annotations, le général Rondot révèle en particulier comment la DGSE est restée en contact avec le général croate Ante Gotovina, inculpé et recherché par le TPIY, tout au long d’une cavale qui s’est poursuivie de 2001 à 2005.

Plus largement, le général expose comment les services de renseignements français ont suivi de près tous les dossiers concernant les criminels de guerre. Ils n’ont livré qu’au compte-gouttes des informations à la justice internationale, avec une ligne directrice : protéger leurs collaborateurs et leurs partenaires, même quand ceux-ci étaient inculpés.

En conséquence de cette collaboration bien hésitante de pays comme la France avec la justice internationale, le général Mladić court toujours, plus de quinze ans après son inculpation.

Dans les carnets, les mentions concernant les inculpés du TPIY reviennent presque chaque jour. Qu’il s’agisse de Mladić, de Karadžić, arrêté à Belgrade en juillet 2008, ou encore de Goran Hadžić (ancien président de la République serbe de Krajina accusé en 2004 de crimes de guerre et crimes contre l’humanité), lui aussi toujours en cavale, les communications sont constantes entre la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, le président Chirac, et la direction des services.

tLa priorité des priorités a longtemps concerné le général croate Ante Gotovina, ancien membre de la Légion étrangère. Il n’a été arrêté que le 7 décembre 2005. Quelques mois plus tôt, le général Rondot notait : « Cesser de traiter Gotovina ». Avant d’être ainsi « lâché » par la DGSE, l’homme, actuellement en jugement à La Haye pour « violations des lois et coutumes de la guerre » et crimes contre l’humanité, a joui d’une longue protection, qui s’explique par les nombreux services qu’il aurait rendu à la France.

Ante Gotovina, un itinéraire français

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Ante Gotovina a toujours entretenu des liens étroits avec la France. Né en 1955, il fuit la Yougoslavie de Tito et s’engage le 1er janvier 1973 dans la Légion étrangère sous le nom d’Ivan Grabovac. Affecté au 2ème Régiment étranger de parachutistes basé à Calvi, en Corse, il fait alors une rencontre déterminante : Dominique Erulin. Les deux hommes servent sous les ordres du frère de ce dernier, le colonel Philippe Erulin, qui dirige le 2e REP. Leur fait d’arme est d’avoir sauté sur Kolwezi (Zaïre), en 1978, afin de rapatrier les Européens menacés par des rebelles. Ante Gotovina quitte la Légion en 1978 avec le grade de caporal-chef et obtient la nationalité française en avril 1979.

Après s’être reconverti un temps dans les officines de sécurité, il sombre dans le banditisme puis rejoint la Croatie en juin 1991 (pour lire le détail de cet itinéraire cliquez ici). Il connaît alors une ascension fulgurante jusqu’à devenir général de corps d’armée en 1995 et commandant du district militaire de Split. À ce titre, il participe à l’opération « Tempête » (Oluja) , la « guerre éclair » qui permet à l’armée croate de reconquérir en quelques jours le territoire occupé par les sécessionnistes de la République serbe de Krajina.

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Cette opération a en fait été préparée avec les services de renseignements militaires occidentaux, notamment américains et français. Dans la note du 17 mars 2005 que nous révélons, Rondot écrit : « C’est ainsi qu’en août 1995, l’un des personnels [de la DGSE] a suivi le déroulement de l’opération ’Oluja’ de reconquête des Krajinas par l’armée croate. C’est pour des faits remontant à cette période que le général Ante Gotovina est aujourd’hui poursuivi par le TPIY. »


Retrouvez notre dossier :
TPI : Ante Gotovina, criminel de guerre et « ami de la France »

 

 

 

 

 

la suite sur Le Courrier des Balkans

 

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En Afrique : Algérie, Tunisie, Maroc, Gabon...
En Amérique Centrale et du Sud : Brésil, Chili, Equateur, Mexique...
Au Moyen-Orient : Arabie Saoudite, EAU, Koweït, Qatar, Turquie...

http://www.f-sc.org/index.php?ID=1010570


Depuis 1972, le groupe Défense Conseil International (DCI) propose aux pays étrangers amis de la France une expertise militaire reconnue. Opérateur de référence et prestataire de services du ministère de la Défense, DCI a pour objet essentiel la transmission du savoir-faire des armées françaises.

DCI est une société privée dont l’Etat français est l’actionnaire de référence avec 49,9% du capital de DCI. Son chiffre d’affaires s’élevait en 2008 à 128 Millions d’euros. Il compte aujourd’hui près de 600 salariés, dont près de 250 à l’étranger et dispose d’antennes permanentes aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Qatar et en Malaisie.

Son cœur de métier historique consiste à accompagner les grands contrats d’exportation d’armement signés avec des pays étrangers et amis de la France en assurant la transmission du savoir-faire militaire français sur les équipements vendus.

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01/03/2011

Stop Immigration - Accélération des travaux du Mur de la Méditerranée consécutive à la visite du Feldmarschall Hortefeux à Marseille.


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Comme ailleurs sur le Mur de la Méditerranée (ou Sudwall), c'est l'Organisation BOTE (Bouygues-Telecom) qui sera en charge de la construction de la Batterie de Marseille.


29 mesures pour renforcer la protection des frontières extérieures et combattre l’immigration illégale

L'objectif fondamental de ce mur est de "repousser avec certitude toutes les tentatives de débarquement d'immigrants, mêmes celles effectuées par des embarcations plus importantes avec le plus petit nombre possible de personnel permanent" (directive du 25/02/2010 du gouvernement).

 

"Chacun doit bien comprendre au niveau européen que ce qui se passe en Méditerranée est l’affaire de tous les Etats membres de l’Espace Schengen et exige des mesures urgentes et collectives.
Dès le 21 septembre, j’ai demandé à tous les ministres européens d’agir pour renforcer Frontex. A la veille du conseil européen des 29 et 30 octobre, Nicolas SARKOZY et Silvio BERLUSCONI ont présenté une initiative conjointe pour y parvenir."

La première casemate bétonnée à être coulée sera la numéro 1 autrement dit celle de type H611, la plus importante des quatre. Suivront les casemates numéro 2, 3 et 4 de type H669.

La casemate H611 nécessita 1400 m³ de béton contre 500 m³ pour les autres. Elle aura également réclamé l'excavation d'environ 800 m³ de terre et il faudra 70 tonnes de fers à béton pour l'armer.

Cette énorme casemate bétonnée sera recouverte de terre pour se fondre dans l'environnement. Elle ressemblera à un vaste tertre.

L'Organisation BOTE(du nom de son créateur Francis « Fritz » Bouygues, ingénieur en travaux publics) fit appel à l'entreprise Bouygues Travaux Publics pour conduire les travaux. Cette entreprise disposait de bureaux à Tanger. Comme ailleurs, la main d'oeuvre locale et des travailleurs étrangers furent mis à contribution.

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Les travaux se poursuivront par la construction du bunker de commandement, du bunker pour les hommes, des soutes à munitions. Seront également édifiés : les éléments nécessaires à la mise en batterie d'une flak, des tobrouks pour mitrailleuses, des abris, différents communs et un important fossé anti-bateau d'immigrants sera creusé. Naturellement champ de mines et réseaux de barbelés renforceront la défense.

Consécutivement à la visite du Feldmarschall Hortefeux le 26 février 2011 à Marseille, l'Organisation BOTE reçoit l'ordre d'accélérer significativement les travaux pour mettre à l'abri les deux radars encore exposés aux agissements des manifestants No-Border. Les deux dernières casemates bétonnées seront achevées en mai 2014.



13:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/02/2011

Paris-Texas, une proposition politique des mis en examen de Tarnac

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Article paru dans l'édition du 25.02.11

Paru sur Le Monde, le 24 février 2011.

"Printemps des peuples arabes", "révolution en marche", "transition démocratique", "fin de la dictature". Les grandes machines discursives sont de sortie. Il n'en faut pas moins pour parvenir à présenter le renversement des régimes pro-occidentaux du Maghreb comme de nouvelles victoires de l'Occident, et le triomphe inespéré de ses valeurs.

La fièvre révolutionnaire qui s'est récemment emparée des plus prudents éditorialistes témoigne d'abord de l'intense réaction immunitaire à quoi l'événement accule le discours dominant. On répond par un violent accès d'orientalisme à la nécessité de disposer, au plus vite, entre nous et les bouleversements en cours, un solide cordon sanitaire. On s'émerveille de ces "révolutions" pour mieux esquiver les évidences qu'elles nous jettent au visage pour mieux dissoudre le trouble qu'elles suscitent en nous.

Faut-il qu'elles soient précieuses, les illusions qu'il s'agit d'ainsi préserver, pour que l'on se répande partout en pareilles apologies de l'insurrection, pour que l'on décerne la palme de la non-violence à un mouvement qui a brûlé 60 % des commissariats égyptiens. Quelle heureuse surprise de soudain découvrir que les principales chaînes d'information sont entre les mains des amis du peuple !

Or voilà : si les insurgés de l'autre côté de la Méditerranée disent : "Avant, nous étions des morts-vivants. A présent, nous nous sommes réveillés", cela signifie en retour que nous, qui ne nous insurgeons pas, nous sommes des morts-vivants, que nous dormons. S'ils disent : "Avant, nous vivions comme des bêtes, nous vivions dans la peur. A présent, nous avons retrouvé confiance en nous, en notre force, en notre intelligence", cela signifie que nous vivons comme des bêtes, nous qui sommes si évidemment gouvernés par nos peurs.

Ceux qui peignent aujourd'hui aux couleurs les plus lugubres l'impitoyable dictature de l'atroce Ben Ali ne le trouvaient-ils pas hier encore si fréquentable ? Il faut donc qu'ils mentent aujourd'hui, comme ils mentaient hier. Le tort de Michèle Alliot-Marie réside d'ailleurs là : avoir dévoilé en quelques phrases à l'Assemblée nationale que, derrière tant de dissertations d'écoliers sur la différence entre leurs dictatures et nos démocraties, se cache la continuité policière des régimes; en quoi les uns sont certes plus experts et moins grossiers que les autres.

On peut détailler ad nauseam la brutalité de la répression sous Ben Ali. Il n'en reste pas moins que les doctrines contre-insurrectionnelles – l'art d'écraser les soulèvements – sont désormais la doctrine officielle des armées occidentales, qu'il s'agisse de les appliquer en banlieue ou dans les centres-villes, en Afghanistan ou place Bellecour à Lyon. Le feuilleton hebdomadaire des petits mensonges et des misérables combines de Mme Alliot-Marie ne saurait effacer le véritable scandale : avoir traité de "situation sécuritaire" une situation révolutionnaire. Si nous n'étions pas occupés à tresser des couronnes de jasmin ou de lotus aux révoltes du Maghreb, peut-être n'aurions-nous pas déjà oublié que Ben Ali, quatre jours avant de disparaître dans les poubelles de l'histoire, avait parlé des émeutes de Sidi Bouzid comme d'"impardonnables actes terroristes perpétrés par des voyous cagoulés". Ou que son successeur a cru apaiser la colère du peuple en annonçant comme première mesure l'abrogation de "toutes les lois antidémocratiques", à commencer par les lois antiterroristes.

Si nous refusons de tenir pour miraculeux l'enchaînement qui mène de l'immolation de Mohamed Bouazizi à la fuite de Ben Ali, c'est que nous refusons d'admettre comme normale, à l'inverse, l'indifférence feutrée qu'a partout rencontrée pendant tant d'années la persécution de tant d'opposants. Ce que nous vivons, nous et une certaine jeunesse politisée, depuis trois ans, y est certainement pour quelque chose. Dans les trois dernières années, nous dénombrons en France plus d'une vingtaine de camarades qui, toutes tendances confondues, sont passés par la case prison, dans la plupart des cas sous prétexte d'antiterrorisme et pour des motifs dérisoires – détention de fumigènes, introduction de glu dans des distributeurs de billets, tentative ratée d'incendie de voiture, collage d'affiches ou coup de pied.

Nous en sommes arrivés en janvier au point où la magie du signalement sur le fichier des "anarcho-autonomes" a mené une jeune femme en prison – pour un tag. Cela se passe en France, et non en Russie, et non en Arabie saoudite, et non en Chine.

Chaque mois désormais, nous apprenons qu'un nouveau camarade a été prélevé en pleine rue, que l'on a intimé à telle amie, après bien d'autres, de devenir indic en échange de l'impunité ou d'un salaire ou de conserver son poste de professeur, que telle connaissance a, à son tour, basculé dans la dimension parallèle où nous vivons désormais, avec ses cellules miteuses, ses petits juges pleins de haine rentrée, de mauvaise foi et de ressentiment, avec ses insomnies, ses interdictions de communiquer, ses flics devenus des intimes à force de vous épier. Et l'apathie qui vous gagne, l'apathie de ceux qui vivent "normalement" et s'étonnent, l'apathie organisée.

Car c'est une politique européenne. Les rafles régulières d'anarchistes en Grèce ces derniers temps le prouvent. Aucun régime ne peut renoncer au broyeur judiciaire, quand il s'agit de venir à bout de ce qui lui résiste. La culpabilité est une chose qui se produit. Comme telle, c'est une question d'investissement, financier, personnel. Si vous êtes prêt à y mettre des moyens hors normes, vous pouvez bien transformer une série de faux procès-verbaux, de faux témoignages et de manœuvres de barbouzes en dossier d'accusation crédible.

Dans l'affaire dite de Tarnac, la récente reconstitution de la nuit des sabotages, si longtemps réclamée par la défense, en a administré le plus bel exemple. Ce fut un de ces moments d'apothéose où éclate, jusque dans les détails les plus infimes, le caractère de machination de toute vérité judiciaire. Ce jour-là, le juge Fragoli a su occulter avec art tout ce qui démontre l'impossibilité de la version policière. Il devenait subitement aveugle dès que l'indocile réalité contredisait sa thèse. Il a même réussi à mettre les rédacteurs du faux PV de filature à l'abri de la contradiction, en les dispensant d'être là. Et cela était en effet superflu, puisque tout ce petit monde s'était déjà transporté sur les lieux, une semaine auparavant, en privé et en douce.

A dire vrai, qu'il ait fallu contrefaire la reconstitution suffit à montrer que le procès-verbal lui-même était contrefait. C'est sans doute cela qu'il a fallu abriter des regards en bouclant la zone par des murs de gendarmes appuyés de brigades cynophiles, d'hélicoptères et de dizaines de brutes de la sous-direction antiterroriste.

A ce jour, il en aura coûté quelques millions d'euros pour transformer en instruction bien ficelée des fantasmes de flics. Il importe peu de savoir à qui, pour finir, on imputera les actes qui furent le prétexte de notre arrestation. Quant à nous, nous plaignons d'ores et déjà le tribunal qui aura à faire passer pour du terrorisme la pose de quelques innocents crochets, maintenant que bloquer les flux est devenu le moyen d'action élémentaire d'un mouvement de masse contre la réforme des retraites.

Le silence frileux des gouvernants européens sur les événements de Tunisie et d'Egypte dit assez l'angoisse qui les étreint. Le pouvoir tient donc à si peu. Un avion décolle et c'est tout un édifice de forfaiture qui tombe en miettes. Les portes des prisons s'ouvrent. La police s'évanouit. On honore ce qui hier encore était méprisé, et ce qui était l'objet de tous les honneurs est maintenant sujet à tous les sarcasmes. Tout pouvoir est assis sur ce gouffre. Ce qui nous apparaît, à nous, comme démence sécuritaire n'est que pragmatisme policier, antiterrorisme raisonné.

Du point de vue du gestionnaire de situations sécuritaires, l'ordre public n'aurait jamais été ébranlé, et Ben Ali serait encore tranquillement président, si l'on avait réussi à neutraliser à temps un certain Mohamed Bouazizi.

C'est à l'évidence, dans les banlieues comme dans les mouvements de révolte, la chasse aux Bouazizi, aux fauteurs d'insurrection potentiels qui est lancée, et c'est une course contre la montre; car, de Ben Ali à Sarkozy, qui règne par la peur s'expose à la fureur.

Monsieur le président, il y a des ranchs à vendre au Texas, et votre avion vous attend sur la piste de Villacoublay.

 

Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Matthieu et Yildune,
sont les dix personnes mises en examen dans l'affaire dite "de Tarnac"
pris chez UHD ce soir

21:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/02/2011

the secret of happiness is t...

 

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11:14 | Lien permanent | Commentaires (2) |

18/02/2011

La vie de Michèle Alliot-Marie est un long fleuve tranquille

Selon le contrat que Le Nouvel Observateur a pu se procurer, l'homme d'affaires tunisien Aziz Miled avait l'intention de céder la société civile immobilière Ikram aux parents de la ministre dès sa création.

MAM: Le contrat qui éclaire

Sur son site internet, Le Nouvel Obs publie vendredi le contrat liant les parents de Michèle Alliot-Marie à Aziz Miled. D'après le document, l'homme d'affaires tunisien et son fils avaient prévu de céder leurs parts pour que la SCI revienne dans sa globalité à Renée et Bernard Marie.

On en sait désormais un peu plus sur le contrat qui lie les parents de Michèle Alliot-Marie à Aziz Miled. En effet, Le Nouvel Obs, qui s'est procuré ledit contrat et qui le publie vendredi sur son site internet, indique que l'homme d'affaires tunisien – critiqué pour sa proximité du clan Ben Ali – avait prévu de céder la société civile immobilière (SCI) en question (lire: MAM, un bien immobilier qui pose question) à Bernard et Renée Marie dès la fin de sa construction. L'appartement est situé dans un complexe immobilier à Gammart, une banlieue huppée de Tunis.

Après avoir créé en octobre 2010, avec son fils Karim, une SCI d'un capital de départ de 5.000 dinars, soit environ 2.500 euros, Aziz Miled décide d'augmenter ce capital pour le porter à 755.000 dinars, "soit une augmentation de 750.000 dinars" (environ 375.000 euros). Cela passe, précise le contrat, par "la création de 75.000 parts nouvelles de 10 dinars chacune réparties à parts égales entre Madame Renée Marie et Monsieur Bernard Marie". Mais cela ne s'arrête pas là. Une fois les quatre parties ainsi liées, deux cessions de parts sont réalisées. D'abord, Aziz Miled cède les parts lui appartenant pour 4.000 dinars, soit environ 2.000 euros, au père de la ministre des Affaires étrangères. Et son fils fait de même avec la mère de MAM, pour une somme de 1.000 dinars. L'acte de cession de parts sociales est signé le 30 décembre par les époux Marie – lors de leur séjour très controversé en Tunisie – et le 4 janvier par Aziz Miled.

Suite à la révélation du Canard Enchaîné mercredi, Bernard Marie était monté au créneau pour défendre Michèle Alliot-Marie. "C'est privé et cela ne concerne en rien ma fille", avait-il déclaré sur i-Télé, assurant que la ministre n'était pas "partie prenante" dans cette affaire. Avant de conclure que, à 93 ans, il n'avait "pas besoin de consulter (sa) fille pour acheter quelque chose".

piqué au tas sur www.lejdd.fr - 18/02/2011

Alliot-Marie : le fameux contrat

L’homme d’affaires tunisien Aziz Miled a créé la société civile immobilière Ikram avec l’intention de la céder aux parents de Michèle Alliot-Marie, Renée et Bernard Marie. C’est ce qui ressort du contrat établi entre les deux parties que Le Nouvel Observateur a pu se procurer. Le 7 octobre 2010, Aziz Miled enregistre la fondation d’une SCI dotée d’un capital de départ de 5.000 dinars (environ 2.500 euros) réparti entre lui et son fils, Karim. Cette coquille juridique est visiblement destinée dès l’origine à être transmise à d’autres.

En effet, huit jours plus tard, les deux hommes décident d’augmenter "le capital social en numéraire pour le porter de 5.000 dinars à 755.000 dinars, soit une augmentation de 750.000 dinars (environ 375.000 euros) et ce par la création de 75.000 parts nouvelles de 10 dinars chacune réparties à parts égales entre Madame Renée Marie et Monsieur Bernard Marie". Puis, Aziz Miled a cédé ses parts à Bernard Marie pour la somme de 4.000 dinars (2.000 euros). Son fils, Karim a fait de même avec Renée Marie contre 1.000 dinars (500 euros). Renée et Bernard Marie s’engagent en échange à apporter à la société la somme en numéraire de 755.000 dinars, soit environ 326.000 euros. Ils profitent de leur séjour à Tabarka pour apposer leur signature sur l’acte de cession le 30 décembre 2010.

Dans un communiqué publié après les révélations du Canard Enchaîné, Bernard Marie a expliqué que cette SCI est propriétaire "d’une option d’achat sur un appartement en cours de construction, à Gammart", une banlieue huppée de Tunis qui abrite de nombreux palaces. Les statuts ont effectivement été déposés auprès de la Recette de l’Enregistrement des Actes de Sociétés 1er bureau Tunis, qui correspond à la zone de Gammart. Aziz Miled était associé avec Slim Chiboub, l’un des gendres de Ben Ali, aujourd’hui réfugié à l’étranger, à un très juteux projet de marina dans cette même baie de Gammart. Un immense complexe touristique qui mordait sur la forêt domaniale. Le terrain public, déclassé et rendu constructible, aurait été vendu par l’Agence foncière touristique au prix dérisoire de 12 dinars (6 euros) le mètre carré, dans une zone où les prix dépassent souvent les 5.000 dinars le mètre carré. Une opération qualifiée de "cadeau du pouvoir" par plusieurs hommes d’affaires tunisiens.

Ce contrat devrait être également bientôt disponible en ligne sur le site du registre du commerce de Tunisie, conformément à une politique de transparence de ces nouveaux responsables.

Christophe Boltanski

piqué au tas sur leNouvelobs.com - 18/02/2011

 

Voici une chronologie des événements qui ont conduit le président tunisien Zine el Abidine ben Ali à quitter le pouvoir, et à partir en Arabie saoudite :

17 décembre 2010 – Mohamed Bouazizi, un jeune marchand ambulant, s’immole par le feu à Sidi Bouziz (centre) pour protester contre la confiscation de sa marchandise.

19 décembre – Les manifestations de Sidi Bouzid prennent de l’ampleur et la police fait usage de gaz lacrymogène. Des dizaines de personnes sont arrêtées.

22 décembre – Houcine Neji, 24 ans, se donne la mort par électrocution. Il ne voulait “plus de misère, plus de chômage”.

24 décembre – Le mouvement gagne Bouziane, 240 km au sud de Tunis, où un manifestant de 18 ans est tué d’une balle dans la poitrine lorsque la police ouvre le feu sur les contestataires.

27 décembre – Le mouvement de protestation gagne la capitale tunisienne. Un millier de jeunes diplômés au chômage manifestent et sont dispersés à coups de matraques. Des témoins font état d’une douzaine de blessés.

28 décembre – “Qu’une minorité d’extrémistes et d’agitateurs (…) ait recours à la violence et aux troubles dans la rue (…) est inacceptable”, affirme le président Ben Ali dans sa première allocution télévisée depuis le début des troubles.

29 décembre – Ben Ali effectue un remaniement ministériel partiel.

5 janvier 2011 – Décès du marchand de primeurs Mohamed Bouazizi

6 janvier – Plusieurs milliers d’avocats se mettent en grève pour dénoncer la répression policière, tandis que les manifestations se poursuivent.
La censure en ligne se durcit, plusieurs cyber-dissidents sont arrêtés.

9 janvier – Les autorités font état de 14 morts après les affrontements de la veille entre manifestants et forces de l’ordre à Thala, à Kasserine et à Regueb.

10 janvier – Le président Ben Ali intervient pour la deuxième fois à la télévision et dénonce des “actes terroristes” qu’il impute à “des éléments étrangers”. Il promet en outre 300.000 créations d’emplois en deux ans. Le gouvernement tunisien ordonne la fermeture de toutes les écoles et universités du pays jusqu‘à nouvel ordre.

11 janvier – Les violences gagnent la banlieue de Tunis. Samir Labidi, porte-parole du gouvernement, fait état de 21 morts depuis le début des troubles. Selon la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH), le nombre de morts dans les émeutes en Tunisie s‘élève à au moins 35.

12 janvier – Le chef de l’Etat limoge le ministre de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem. Un couvre-feu est décrété dans la capitale et sa banlieue.

13 janvier – Le président annonce à la télévision qu’ il ne briguera pas de nouveau mandat en 2014 et promet la liberté de la presse. Son interventions ne calme pas les manifestations. Selon la FIDH, les émeutes ont fait au moins 66 morts depuis mi-décembre.

14 janvier – Nouvelle manifestation à Tunis pour réclamer le départ immédiat de Ben Ali
Vers 15h15 GMT, le chef de l’Etat annonce le limogeage du gouvernement et la tenue d‘élections législatives anticipées dans les six mois. Trois-quarts d’heure plus tard, il décrète l‘état d’urgence et impose le couvre-feu dans tout le pays.
Vers 17h45 GMT, le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, annonce que Ben Ali est temporairement dans l’incapacité d’exercer ses fonctions et déclare assumer la charge de président par intérim jusqu‘à des élections anticipées. Ben Ali quitte la Tunisie.

15 janvier – L’Arabie saoudite confirme peu avant 01h00 GMT que Ben Ali et son épouse se trouvent sur son sol pour une durée indéterminée.

Copyright © 2011 euronews

piqué au tas sur fr.euronews.net - 2011/01/15

 

20:35 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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