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12/07/2010

Incitations à la révolte : "À bas la guerre", "Nos chefs, on les aura", "Camarades, la république se fout de nos gueules", "Les gendarmes sont aussi vaches que les Boches, qu’on les pende"

 

mutineries_1917.jpg

« À bas la guerre », « Nos chefs, on les aura », « Camarades, la république se fout de nos gueules », « Les gendarmes sont aussi vaches que les Boches, qu’on les pende »… Ces graffiti, tracés par des soldats permissionnaires sur leurs trains, nous rappellent que les mutineries de 1917 furent l’occasion, pour les soldats français, d’une prise de parole sans précédent. Ces inscriptions, assez peu nombreuses et souvent ambiguës (voir l’encadré ci-dessous), n’ont pas jusqu’ici retenu l’attention des historiens. Elles offrent pourtant un contrepoint intéressant aux sources classiques et aux lacunes des témoignages. Émanant des soldats eux-mêmes, tracées dans l’improvisation, elles peuvent nous permettre de comprendre différemment les mutineries. En effet, l’analyse de son langage permet, comme l’a montré Gareth Stedman Jones, de ne pas faire dire à un mouvement politique ou social ce qu’il ne dit pas.

En ce sens, une étude de ces graffiti peut contribuer à la réévaluation en cours du sens et de l’ampleur des mutineries de 1917. Elle permet de poser une série de questions, et, peut-être, d’éclairer des points débattus de cette histoire. Que signifie ce type si particulier de recours à l’écrit ? Quels sont les slogans et les argumentaires qui circulent lors des mutineries, et peut-on y lire ce qu’on a dénommé une « culture de guerre. Quelles sont les cibles et les revendications affichées par les soldats qui tracent ces graffiti ? Dans quel langage, et avec quels mots, enfin, le refus de la guerre peut-il s’exprimer ?

Pour aboutir à des réponses, même fragmentaires, il convient de ne pas dissocier les discours dont les graffiti sont porteurs et les actes qu’ils constituent, de comprendre les complémentarités entre langage et pratiques protestataires, et de reconstruire les contextes de leur éclosion. Les nombreuses analyses des écrits des soldats de la Grande Guerre s’étant avérées essentielles à notre compréhension du conflit, il semble utile d’y ajouter l’écho révélateur de voix discordantes, lors de l’unique moment où s’exprime ouvertement le refus de la guerre par des combattants.

 

André Loez « Mots et cultures de l'indiscipline : les graffiti des mutins de 1917 », Genèses 2/2005 (no 59), p. 25-46.

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06/07/2010

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01/07/2010

iCasualties.org: Operation Enduring Freedom - Afghanistan: 100 soldats "étrangers" ont été tués en juin.

Fatalities by Year and Month


Year Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec Total
2001 0 0 0 0 0 0 0 0 0 3 5 4 12
2002 10 12 14 10 1 3 0 3 1 6 1 8 69
2003 4 7 12 2 2 7 2 4 2 6 8 1 57
2004 11 2 3 3 9 5 2 4 4 8 7 2 60
2005 2 3 6 19 4 29 2 33 12 10 7 4 131
2006 1 17 13 5 17 22 19 29 38 17 9 4 191
2007 2 18 10 20 25 24 29 34 24 15 22 9 232
2008 14 7 20 14 23 46 30 46 37 19 12 27 295
2009 25 25 28 14 27 38 76 77 70 74 32 35 521
2010 43 53 39 34 51 102 1 0 0 0 0 0 323


Afghanistan: 100 soldats étrangers ont été tués en juin, ce qui en fait le mois le plus meurtrier

29 juin 2010 07:45

piqué chez tsr.ch - info -29/06/2010

 

Afghanistan: Un général français critique

Le général Vincent Desportes, directeur du Collège interarmées de défense (CID), a émis dans une interview au Monde daté de vendredi des doutes sur la stratégie américaine en Afghanistan qui, selon lui, "ne semble pas fonctionner". "Factuellement, la situation n'a jamais été pire", déclare ce général d'active, à la tête de l'organisme qui forme l'élite des officiers supérieurs, rappelant que le mois de juin a été le plus meurtrier pour la coalition internationale depuis son engagement en Afghanistan, fin 2001. Selon lui, "la doctrine de contre-insurrection traditionnelle, telle que l'a engagée Stanley McChrystal (le commandant des forces américaines et alliées limogé par le président américain) depuis un an, avec un usage restreint de l'ouverture du feu, des moyens aériens et de l'artillerie pour réduire les dommages collatéraux, ne semble pas fonctionner".

piqué chez Europe 1.fr - 01/07/2010

 

La guerre probable, penser autrement , Général Vincent Delporte, Economica, 2007

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Hitler aurait dit à ses généraux qu’il ferait tomber la guerre des mains des démocraties. Il le fit le temps de la campagne de France, avant que les So Few de la RAF ne la lui arrachent à leur tour.

Un demi-siècle plus tard, les nouveaux barbares nous contraignent à venir sur leur terrain [ tu vois, ce n'est absolument pas à cause du pétrole ], alors que l’accumulation de sciences, de savoir, de technique et de réflexion qui sont les nôtres devrait conduire à l’inverse. Ce que le Führer n’avait pas réussi à faire, Ben Laden et Al-Qaïda y sont parvenus en quelques années [ oui, on se lâche bien sur betapolitique ].

Comment en est-on arrivé là ? Comment, plus de deux millénaires après Thucydide, l’Europe |entendre les démocraties chrétiennes blanches], enfin en paix avec elle-même, se retrouve-t-elle piégée par des guerres qui ne sont plus les siennes ? Dans ce contexte, à quoi servent les armées européennes ? Voilà la question à laquelle tente de répondre le général Vincent Desportes. Elle est celle qui devrait occuper la Commission Mallet et tous les décideurs politiques auquel l’ouvrage est destiné. Mais comprennent-ils seulement ce qu’est la guerre ?

Certes celle-ci peut être vue comme un phénomène historique ; mais les Européens démontrent depuis 1945 que la fatalité de la guerre n’en est pas une, qu’elle ne relève pas d’un déterminisme universel. L’idée de guerre probable ne serait-elle pas la vision étatsunienne d’un monde hobbésien, comme les neocons aiment à l’écrire ? Les politiques ne cherchent-ils pas à sauver la guerre en nous faisant croire qu’elle a changé de nature, et que les attentats du 11 septembre 2001 sont le nouveau déterminant de l’histoire ? 

On peut trouver que le général Desportes sacrifie un peu sur ce point au discours ambiant, mais c’est assurément pour tenter de sensibiliser ceux qu’il cherche à convaincre et mieux leur démontrer leur erreur. Droit d’ingérence ou nation building ne veulent plus rien dire lorsqu’il s’agit de gérer des populations au milieu desquelles nos soldats n’ont historiquement [et juridiquement ] rien à faire depuis la décolonisation [ et pas plus que du temps des colonies ], et où nos adversaires évoluent — comment en serait-il autrement et pourquoi s’en étonner, ils sont chez eux et nous y sommes également ? — comme des poissons dans l’eau. Car ce fervent lecteur de Foch et de De Gaulle qu’est l’actuel patron du CDEF sait bien que par-delà les concepts, les modes et les époques, la guerre reste la guerre. En tous les cas, c’est bien ainsi que la comprennent nos adversaires, et c’est pour cela qu’ils nous ont piégés avec leur Blitzkrieg terroriste.

Nos armées et nos gouvernements otanisés se sont précipités dans la nasse, comme Gamelin en Belgique. On sait le général Desportes depuis longtemps critique lorsqu’il aborde le délire technolâtre américain : il le redit longuement dans son dernier opus. Les généraux américains sont, comme les nôtres en 1940, « vaincus par leur doctrine » (Charles de Gaulle). Cette faillite n’est-elle pas celle de leur pensée managériale, celle d’un monde modélisable et maîtrisable dans laquelle ils ont intégré leur guerre technologique ? [L'esprit fantassin se perd, c'est un tort !] Aussi le barbare [entendre barbus ] ne se place pas simplement hors de portée de nos armes, il sort surtout de nos modèles théoriques [ c'est un fourbe ] et de ce déterminisme étroit et verrouillé qui, par définition, ne conçoit pas d’alternative à sa vision du monde. Les politiques, qui ont abdiqué devant la « globalisation », sont bien incapables de le [ barbare alternatif ] comprendre. Le résultat, qui trouble le général Desportes et nous déconcerte, c’est la défaite militaire de l’Occident, prélude à une autre débâcle, de civilisation cette fois [ les mauvais jours finiront ].

Comment en sortir ? Comment faire en sorte que demain nous choisissions le terrain et y attirions l’adversaire pour l’y battre, comme nous savions le faire autrefois [ oui, enfin, il y a très très longtemps ...] ? En ces temps d’adoration béate de l’Amérique, et alors que les petits marquis atlantistes au pouvoir cherchent à nous vassaliser à un modèle qui échoue lamentablement, le général Desportes ne prêche-t-il pas dans le désert lorsqu’il exhorte à sortir d’un mode de pensée aberrant ? Penser autrement, oui ! Mais avec qui aujourd’hui, en France ? [L'armée des 400 000 ?]

Jean-Philippe IMMARIGEON

piqué sur www.betapolitique.fr- 06/01/2008

 

 

 

 

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30/06/2010

Attention ! Trois provocateurs + Les Situ de Strasbourg et d’autre part + Sur l’expulsion des Strasbourgeois

 

 
Aux situationnistes absents de Paris
À des camarades strasbourgeois


Le 15 janvier 1967

La réunion de l’Internationale situationniste tenue à Paris le 15 janvier 1967 a dû constater que des calomnies particulièrement basses ont été lancées en collusion contre Mustapha Khayati par trois membres de l’I.S., dans des buts tactiques, et pour camoufler leurs propres manœuvres.

Les mensonges de Théo Frey, Jean Garnault et Herbert Holl ayant été mis en évidence, ils ont été exclus sur-le-champ, et l’I.S. refusera naturellement tout contact à l’avenir avec quiconque se compromettrait avec eux.

Pour l’I.S. : Bernstein, Debord,
Khayati, Nicholson-Smith, Viénet.


*


Attention ! Trois provocateurs

Depuis que l’I.S. développe la théorie de la cohérence, comme exigence de toute organisation révolutionnaire maintenant, nous avons également soulevé les problèmes d’une idéologie de la cohérence qui serait à craindre par là même, dès que des gens croiraient pouvoir se rallier à un tel drapeau tout en conservant diverses contradictions entre l’affirmation théorique et la pratique. Dans la mesure où, même dans l’I.S., certains devenaient suspects d’une dissociation de ce genre, il était clair qu’ils devaient en toute hâte corriger leurs insuffisances, ou bien devenir les porteurs de cette idéologie. Nous avons nettement averti que nous ne tolérerions jamais la formation parmi nous d’une «critique idéologique de l’idéologie». Théo Frey, Jean Garnault et Herbert Holl ont suivi leur pente vers la fausse conscience. La tentative de défense de la fausse conscience dans un milieu défavorable ne pouvait que les conduire rapidement à la falsification consciente et organisée. Nous les avons acculés à se révéler, pour eux-mêmes et pour nous. Et nous les avons aussitôt exclus, détruisant ainsi la première manfestation de cette «idéologie de la cohérence» parmi nous.

Frey, Garnault et Holl ont en accord lancé et soutenu un inepte ramassis d’accusations fabriquées dans le but d’obtenir l’exclusion de Mustapha Khayati. Ils propageaient des rumeurs hostiles, et les démentaient ensuite. Ils affirmaient des faits imaginaires, et protestaient, aussitôt en présence des témoins de ces ragots, qu’ils n’avaient rien dit. Ils niaient des faits constatés, en essayant de discréditer tous ceux qui s’en souvenaient. Une réunion de l’I.S. tenue le 10 janvier a décidé unanimement d’en finir avec cette «crise» par la simple application du principe que tout menteur convaincu serait exclu sur-le-champ. Présents, Frey et Holl n’ont évidemment pas pu refuser ce principe. Dès le 15 janvier, ils ont été sommés de comparaître avec celui qu’ils accusaient, dans une confrontation générale. Frey, Garnault et Holl ont d’abord maintenu toutes leurs assertions et leurs dénégations. En moins de trois heures, ils ont dû entériner l’effondrement pitoyable de leur mensonge solidaire. D’abord par des demi-aveux individuels, puis, pan par pan, reconnaissant le démantèlement de leur falsification. Ils ont dû en venir, ne pouvant plus nier des faits, à les prétendre oubliés par eux. Enfin, ils ont dû tout avouer. C’est alors seulement, se voyant exclus, qu’ils ont révélé — dans l’intention franchement délirante de se disculper — qu’ils avaient formé dans l’I.S. une fraction secrète qui avait nécessité tous les mensonges finalement démasqués. C’est en tant que membres occultes de cette incroyable fraction qu’en décembre un délégué d’une assemblée de l’I.S. (Garnault) présentait à l’arrivée comme inacceptables les conclusions mêmes dont il s’était fait le porteur ; qu’un des signataires d’une lettre collective (Holl) téléphonait aussitôt seul aux destinataires que le texte qu’ils n’avaient pas encore pu lire était une indignité. Après quoi, les deux bons apôtres «justifiaient» leur lâcheté par une autre, en inventant une «menace d’exclusion» qui les aurait paralysés jusqu’aux orteils dans la discussion. Après quoi, ils niaient «radicalement» auprès d’autres avoir jamais parlé d’une possibilité d’exclusion, ni trompé leurs mandants, ni téléphoné. Après quoi, il leur fallait obtenir l’élimination de Khayati parce qu’il était témoin de ces supercheries ; et ils pensaient y parvenir en l’accusant systématiquement d’avoir tout inventé pour leur nuire. Après quoi, tout leur est retombé sur la gueule.

Mais cette fraction secrète était explicitement destinée à renforcer la démocratie et la participation égale de tous au projet situationniste ! Elle devait sauver l’I.S., et au besoin la «dissoudre». D’ailleurs Frey, l’idéologue le plus burlesque dans cet art d’allumer les incendies à l’aide d’un seau d’eau, a introduit sa révélation, consécutive à l’écroulement public de toutes les calomnies qu’il venait de soutenir et couvrir, en prononçant noblement la phrase : «La vérité est révolutionnaire» !

Aucun d’eux n’osait dire, même à cette dernière heure, qu’aucune critique aurait jamais pu être censurée dans l’I.S., au moindre degré. Ils avouaient qu’ils n’avaient rien voulu dire. Alors ? Ils étaient vexés et mécontents de se trouver inférieurs au niveau de la participation réelle dans l’I.S. Mais, d’une part, ils avaient affirmé en rejoignant l’I.S. qu’ils se sentaient capables de cette participation (ce qui impliquait le renforcement de cette capacité par la pratique réelle). D’autre part, les deux moins bornés d’entre eux, après avoir promis le contraire, étaient volontairement restés géographiquement isolés de cette pratique, pour parachever leur «vie étudiante» (en quoi déjà ils constituaient parmi les situationnistes une curieuse exception). Ils en sont donc venus à valoriser l’exigence abstraite d’une participation immédiate totale, contre toutes les réalités de cette I.S. qu’ils admiraient béatement. Ce soupir disgracié vers une reconnaissance abstraite réservée à leur quasi-impuissance devait bien sûr promptement les opposer, en ennemis sournois, à toutes les capacités réelles qu’ils enviaient (ils n’avaient pas la lucidité de celui-ci, le courage de celui-là, ils n’avaient pas écrit le livre de tel autre, ils n’avaient pas baisé la reine de Siam). Ainsi, tous les retards de leur propre développement dans la vie n’étaient pas surmontés, mais cessaient d’être dissimulés. Ceux qui n’osaient pas participer n’osaient pas parler. Ils murmuraient, ils gémissaient entre eux (s’étant sélectionnés sur la base de leur misère partagée, en s’ouvrant réciproquement de leurs secrètes susceptibilités de vierges de comédie). Ainsi donc, ils recomposaient clandestinement une situation hiérarchique parmi nous, pour pouvoir ensuite s’en plaindre. Ces consciences malheureuses invoquaient un au-delà de l’I.S. pour déplorer son absence : ils étaient sûrs que tous les situationnistes sont égaux, mais ils se trouvaient moins égaux que d’autres. Incapables d’assumer jusqu’au bout les exigences de l’I.S., ils s’en sont fabriqué une image absurde destinée à être critiquée — parmi eux, à huis clos —, et donc à leur permettre de s’affirmer magiquement «plus radicaux» ; même au prix de quelques bassesses assez traditionnelles.

Au lendemain de leur exclusion (communiquée le 15 janvier à tous les camarades concernés), Frey, Garnault et Holl ont publié un tract annonçant leur démission ! Il est d’ailleurs évident que tout ce que pourront dire ou écrire des gens qui se connaissent à partir d’une telle base d’action n’a plus aucune importance. Dans ce tract destiné au public, le ton de leurs calomnies et falsifications a naturellement baissé de plusieurs degrés par rapport aux aveux de la veille — encore une fois «oubliés» il faut croire. Ils sont même assez drôles pour écrire qu’il était vain de rechercher «un menteur particulier dans une situation de mensonge général». Aussi bien ne l’avons-nous pas fait : pas plus qu’on n’aurait l’idée de personnaliser une sardine dans sa boîte, on ne s’amuserait à chercher le menteur dans la voyante collusion Frey-Garnault-Holl, malheureuse jusque dans le déploiement concret de ses ruses, alors même qu’un climat de confiance lui en facilitait le début. Il est bien notable que la seule question pratique dont ils se sont vraiment occupés — leur propre conspiration à tous égards inutile —, non seulement était une pratique schizophréniquement opposée à tous leurs «buts idéaux», mais encore était menée avec un irréalisme confondant : ainsi, ils ont bien été dans la forme de leur entreprise ces «purs» idéologues marchant sur la tête, qu’ils étaient déjà par son contenu.

Partout ailleurs, leur texte est en retard non d’un jour mais d’une période, puisque ce qu’ils attaquent post festum dans l’I.S., c’est uniquement l’effet de leur propre présence.

Nous déclarons nettement et définitivement que l’I.S. refusera tout contact ultérieur avec quiconque accepterait désormais de se compromettre dans la fréquentation de ces trois truqueurs, ou d’un seul d’entre eux (c’est déjà le cas d’Édith Frey). En engageant délibérément là-dessus toute la rigueur qui peut nous être reconnue, nous donnons les présents faits comme indiscutables.

Pour servir à l’auto-défense de tous les groupements révolutionnaires où ces gens pourraient vouloir s’infiltrer, nous fournissons les précisions suivantes, aisément vérifiables à l’usage, sur la façon dont ils mentent :

Frey est le plus intelligent. Capable de fragments de raisonnement véridiques, et d’une conviction qui se croirait presque franche dans quelques envolées, pourvu qu’il reste à une distance suffisante du concret. On peut détecter le mensonge en comparant la netteté de ces instants privilégiés aux brumes de l’ensemble, et en lui rappelant les positions incompatibles qu’il a juxtaposées sans gêne. C’est beaucoup plus aisé à dévoiler si l’on peut observer l’incohérence lorsque Frey doit, en plus, couvrir des positions beaucoup plus évidemment intenables sorties à contretemps par ses complices (pour leur qualité, à coup sûr, il n’est pas gâté).

Garnault, quand il ment, est extrêmement maladroit. Il ne peut tromper personne un quart d’heure, pour peu qu’on lui pose quelques questions sans ménagement. Quand il voit que tout ne passe pas bien, il se réfugie dans la dignité blessée, mais d’un air profondément peu convaincant.

Holl ment avec la plus grande froideur (raideur suspecte). Mais c’est aussi le plus bête, le plus embrouillé dans les plus simples affaires quotidiennes. De sorte qu’il soulève obligatoirement le doute dans la moindre confrontation ; non certes par l’embarras de son attitude, mais par l’extrême extravagance des points sur lesquels il peut trouver opportun d’inventer et falsifier.

Le 22 janvier 1967
Pour l’Internationale situationniste : Michèle Bernstein, Guy Debord, Mustapha Khayati, J.-V. Martin, Donald Nicholson-Smith, Raoul Vaneigem, René Viénet.
Supplément à la revue Internationale Situationniste,
B.P. 307-03 - Paris.


*


Aux membres de l’I.S.

7 février 67

Je propose comme débat théorique urgent dans plusieurs des prochaines réunions, une définition plus précise de l’«organisation I.S.» (cohérence et participation démocratique en termes concrets).

Si l’exclusion de trois truqueurs ne pose presque aucun problème pratique (ils se condamnent eux-mêmes par leurs propres manifestations), elle semble au contraire imposer une nouvelle clarification théorique : le fait qu’il y ait eu une fraction secrète dans un groupe proclamé «cohérent» doit nous mener à préciser :
1) La cohérence théorico-pratique que nous voulons effectivement, et à quel niveau on doit atteindre la participation démocratique à la gestion de l’ensemble de notre activité ; en rejetant toute exigence d’égalité abstraite fondée sur un perfectionnisme idéologique qui se traduirait en fait par un processus «moralisant» (et jamais clos) de nivellement sur l’impuissance ou l’inexpérience.
2) Quelles gens — dans quelles conditions précises — nous pouvons désormais admettre (en fonction des réponses au premier point). À propos de ceci, nous devons bien voir que la sévérité vers l’extérieur montrée par l’I.S. l’année dernière est partiellement entachée d’arbitraire puisqu’elle couvrait des Frey-Garnault-Holl.
3) Les relations avec des groupes autonomes (en fonction des réponses aux deux premiers points).

Guy


*


À un camarade [Double d’une lettre sans la mention du destinataire (peut-être Daniel Guérin ?).]

27 février 67

Cher camarade,

Je répond un peu tardivement à votre lettre du 9 février. La polémique dont vous parlez ne nous oppose guère aux étudiants de Strasbourg, mais précisément à trois ex-participants de l’I.S., auxquels deux membres de l’ancien bureau de l’A.F.G.E.S. ont été assez malavisés pour se joindre [André Schneider et Bruno Vayr-Piova. André Schneider dénoncera peu après, dans le tract Souvenir de la maison des morts, les mensonges dont il fut victime.].

La reconnaissance des individus dans le dialogue inter-subjectif, la transparence de leurs rapports, l’ouverture de leur expéreince, et la domination de leur histoire, toutes valeurs que vous défendez dans votre lettre, sont en effet éminemment souhaitables.

Il reste que tout effort dans ce sens ne se produit pas dans un laboratoire extra-historique, mais malheureusement dans l’entourage pesant du vieux monde, de vieilles habitudes aliénantes plus ou moins bien dominées ou dissimulées. Cet entourage peut regagner des gens jusque dans le milieu même où s’esquisse une affirmation d’une volonté de dépassement de tout ceci (et les gens les plus vulnérables sont sans doute ceux qui n’ont trouvé là que l’occasion d’une telle affirmation abstraite).

Il reste que la découverte, dans quelque groupe que ce soit, d’une ignominie comme le mensonge pratiqué en équipe pour salir et éliminer quelqu’un dont on est en principe solidaire, ne peut qu’être sanctionné par le mépris définitif.

Cordialement,

Guy Debord

Piqué avec camaraderie chez le Jura Libertaire - 30/06/2010

 

Les Situ de Strasbourg et d’autre part

 

L’Internationale situationniste est le dernier mouvement d’avant-garde révolutionnaire moderne, né, à la fin des années 50, de la rencontre des peintres du groupe Cobra (Copenhague-Bruxelles-Amsterdam) et des poètes rebelles de L’Internationale lettriste. Pendant une dizaine d’années, les " situs " développeront une critique radicale de la " société marchande " et une attaque en règle contre tous ceux qui l’organisent : hommes politiques, industriels, syndicalistes mais aussi intellectuels et artistes " dévoyés ". Leur programme tient en deux slogans : " changer la vie " et " jouir sans entraves ". Ils seront en tout près de quatre-vingt dans le monde à participer à cette aventure subversive et poétique. En 1966, à la suite des nombreuses exclusions prononcées par le " patron " charismatique, Guy Debord, ils ne sont plus que sept, dont quatre basés à Strasbourg, Théo Frey, Jean Garnault, Herbert Holl et Edith Frey qui s’illustreront cette année là par un coup d’éclat : la prise de pouvoir par surprise de l’AFGES (Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg) dans le but avoué de la liquider. Forts de ce fait d’armes et de leur supériorité numérique, les quatre Strasbourgeois tentent alors de ravir les commandes du mouvement à un Debord très parisien qui se consacre désormais à l’exploitation éditoriale de son fonds de commerce révolutionnaire. Mais ce dernier résiste. A l’issue d’une bataille interne dérisoire et d’une mascarade de procès sur le modèle stalinien, Théo Frey et ses amis sont exclus le 16 janvier 1967. Cet épisode alsacien sonnera le glas de l’Internationale situationniste. Il aura tout de même permis la publication d’un pamphlet corrosif, De la misère en milieu étudiant, contribution décisive à l’éveil de toute une jeunesse que l’on retrouvera dans la rue quelques mois plus tard.

La Librairie Arthème Fayard a édité en mai 1997 dans un volume de 708 pages, en y ajoutant des documents et annexes "signifiants", le texte intégral des douzes numéros de l’Internationale situationniste parus entre juin 1958 et septembre 1969. Dans le dernier, on lit non sans étonnement "il nous suffira de noter qu’en France ancun situationniste ne réside en province (et surtout pas à Strasbourg)". pourtant, si la cité alsacienne n’est pas, contrairement à certaines allégations, le berceau du mouvement, lequel existait déjà en 1957, elle fut le théâtre d’un événement majeur. En novembre 1966, des jeunes gens s’emparèrent de force des locaux et du matériel de l’UNEF pour imprimer, au nom de l’Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg, présidée par André Schneider, une brochure anonyme de 47 pages intitulée De la misère en milieu étudiant, considérée sous ses aspects économiques, politiques, psychologiques, sexuels et notamment intellectuels, et de quelques moyens pour y remédier. Son rédacteur : Mustapha Khayati. "Diverses mesures préliminaires" annoncèrent la sortie de l’opuscule. Celle du 26 octobre 1966 apparut comme la plus retentissante : une douzaine de trublions interrompirent à coups de tomates le cours du cybernéticien Abraham Moles, titulaire de la chaire de sociologie. En guise de publicité, l’AFGES afficha un comics réalisé par André Bertrand, Le retour de la colonne Durruti, pointant "la crise générale des vieux appareils syndicaux et des bureaucraties gauchistes", propageant l’espoir "du renouveau dans un groupe qui ne cachait pas ses intentions de saborder eu plus vite et pour le mieux tout ce militantisme archaïque". Le texte, distribué lors de la cérémonie marquant la rentrée et traduit dans plusieurs langues, inquiéta non seulement les sommités universitaires locales, mais horrifia aussi le Landerneau de la presse régionale, nationale et même étrangère. En riposte à la répression judiciaire, l’AFGES, qui exerça le contrôle sur la section locale de la MNEF, ferma le bureau d’aide psychologique universitaire, considérant que la "claire fonction" de cette instance était "de maintenir la passivité de toutes les catégories d’exploités". A quatre mois d’intervalle, il atteignit un tirage de 20 000 exemplaires. Mais compte trenu des innombrables duplications et diffusions dans plusieurs pays, l’on tabla sur 300 000 unités. Pourtant, le total des affiliés ne dépassa jamais plus de vingt en même temps dans le monde, ni plus d’une centaine durant son histoire. Début avril 1967, 79 étudiants se solidarisèrent ouvertement avec Vayr-Piova, vice-président de l’AFGES, renvoyé de la Faculté. Théo Frey, plus tard auteur de L’Unique et sa propriété (publié à Haguenau), Jean Garnault et Herbert Holi, exclus de l’IS le 15 janvier 1967 pour "mensonges", jouèrent un rôle important dans les révoltes de mai 1968. Plusieurs aphorismes situationnistes comme "Vivre sans temps mort et jouir sans entrave", "Ne travaillez jamais" ... fleurirent sur les murs.

http://www.larevuedesressources.org/spip.php?rubrique14


 
Sur l’expulsion des Strasbourgeois
Expulsions & L’idéologie alsacienne (extrait de l’Internationale situationniste n°11 )
novembre 2002 / Internationale situationniste / Ce mouvement, formellement créé en juillet 1957 à la conférence de Cosio d’Arroscia, est né d’un ensemble international de mouvements contestataires des années 1950, dont, entre autres, le Lettrisme de Isidore Isou, que Guy Debord transforma en "Internationale lettriste".

Récentes exclusions

Théo Frey, Jean Garnault et Herbert Holl ont été exclus à l’instant même où ils cessèrent de soutenir leurs mensonges, dans la confrontation jugée par l’I.S. entre Khayati et eux. C’était le 15 janvier, vers minuit : le détail vaut d’être noté, car les menteurs écrivirent par la suite, comme un argument important d’une de leurs proclamations, que c’était déjà le 16, et ainsi prétendirent qu’il y aurait dans les conclusions de l’I.S. quelque chose d’inexact qui équilibrerait, pour ainsi dire, leur accumulation de falsifications concertées. Ayant à ce moment admis, presque comme une justification supérieure, qu’ils constituaient depuis quelques mois une fraction secrète décidée à capter le pouvoir dans l’I.S. (opération de nature magique, puisque ce " pouvoir " n’est rien d’autre que certaines capacités théoriques et pratiques individuelles, dont ils se sentaient démunis et que la conduite qu’ils assumaient leur interdisait à jamais d’atteindre) ils dirent aussi qu’Édith Frey en était. Comme elle était absente, et comme nous connaissions maintenant les autres, nous ne pouvions pas être sûrs de ce dernier aveu concernant un tiers, et nous n’avons pas alors joint son nom dans notre procès-verbal d’exclusion. Cependant, comme Édith Frey s’est effectivement solidarisée tout de suite avec eux, il faut donc croire qu’elle était dans le secret des menteurs.

L’idéologie alsacienne

Les milliers de lignes accumulées par les garnautins, dans les quelques dizaines de circulaires et tracts qu’ils ont fait paraître après leur exclusion, bardées d’affirmations péremptoires subrepticement découpées dans les publications situationnistes précédentes, et ici tout à fait hors de propos, n’ont jamais poursuivi qu’un seul but : cacher d’un rideau de fumée idéologique ce simple petit fait trivial, direct, brutal, que Frey, Garnault et Holl ont été exclus pour avoir menti en équipe, dans le but d’obtenir l’exclusion de Khayati, en essayant jusqu’à la dernière minute d’arracher ce " succès " ; faisant ce qu’ils pouvaient, jusqu’au bout, pour convaincre une assemblée de l’I.S. qui, depuis des heures, les traitait de plus en plus nettement en suspects.

De notre côté, mis à part un procès-verbal de l’exclusion immédiatement envoyé à tous les membres de l’I.S. absents de cette assemblée, et à seulement quatre personnes extérieures engagées à ce moment dans une action pratique avec nous (parmi lesquelles le seul Vayr-Piova préféra ne pas comprendre) - nous n’avons jamais publié qu’un seul texte, Attention ! trois provocateurs, qui était suffisant et définitif. Et les garnautins, dans leurs multiples documents, n’ont même pas pensé qu’il était utile (car ils n’en étaient évidemment plus à un mensonge près) de rejeter une bonne fois cette accusation vraiment suffisante et centrale. Ils n’ont pas senti que ce silence les jugeait aux yeux de toute personne non prévenue. Ils ont biaisé, lancé d’autres contrevérités, parlé d’autre chose, fait allusion au vif du sujet avec une gêne pudique : " Khayati ment : il rapporte inexactement des détails, et même si ces détails avaient été "exactement" rapportés, il n’en aurait pas moins menti sur l’ensemble d’une situation " (tract garnautin du 19 janvier). On admirera le demi aveu du " et même si ". C’est bien en effet ce qui s’était passé, et le " détail " est, à vrai dire, gros comme ce qui leur manque.

Leur tendance au renversement idéologique du réel, qui les avait menés au mensonge conspiratif, la prompte mise au jour du mensonge l’a poussée à l’extrême, en en faisant une nécessité. Aucune énormité dès lors ne les arrête plus dans la course aux contresens. Ils ont trouvé " flicard " le tract de l’I.S. qui dénonçait leur procédé policier tout à fait classique de la production de quelques faux témoins pour déshonorer et faire éliminer un adversaire gênant, dans la meilleure tradition du " document Taschereau ". Ils se sont abrités derrière Hegel pour condamner " la réflexion dite psychologique " qui veut rabaisser par de petites explications d’ordre privé les " grandes figures historiques ". Ainsi, ils postulent avec une naïveté percutante qu’ils sont, eux, de ces hommes historiques. Ils pensent donc avoir " voulu et accompli une grande chose, non imaginaire et présumée, mais bien juste et nécessaire. " Ces héros oublient simplement que tout ce qu’ils ont par eux-mêmes jamais voulu - sinon accompli - c’était la réussite d’un truquage aussi vil que dépourvu de sens ; et que, si nous avons dû avancer quelques précisions sur leur misère psychologique, c’est bien parce que nous avions à expliquer la surprenante petitesse de leur action. Cette majorité qui les rejetait - en fait tous ceux qui ne figuraient pas dans leur fraction ainsi découverte -, ils l’ont alors imputée à une dictature de Debord et de ses fanatiques partisans. Ils ont inventé ce pouvoir personnel dans l’I.S., pour y réappliquer la dialectique du maître et de l’esclave. Ils croient qu’ils ont été les esclaves servant les fins de Guy Debord ; et ainsi qu’ils sont appelés à devenir des maîtres. Mais ils ont ignoré, pour un tel " dépassement de l’I.S. ", comme toujours, l’essentiel. Ils étaient peut-être bien des esclaves, par goût personnel. Nous l’ignorions. Mais dans ce cas ils étaient assurément des esclaves qui ne travaillaient pas. Ils ne pouvaient donc voir aliéner pour l’usage de qui que ce soit leur oeuvre, puisqu’elle était inexistante ; ni devenir forts de la fonction pratique à laquelle ils eussent été soumis, puisqu’ils n’en avaient aucune. C’était justement leur non-participation à l’activité commune de l’I.S., leur fermeté à demeurer - d’ailleurs en dépit de leurs engagements - dans une vie provinciale " étudiante " faites de quiètes spéculations, qui créaient leur infériorité, leur connaissance contemplative de l’I.S. Cette contemplation admirative s’est normalement changée en rancoeur. Leur fraction s’est constituée secrètement sur le thème de l’égalité à établir dans l’I.S. ; et ces idéologues de l’égalité pure étaient assez aveuglés pour ne pas sentir que leur constitution en fraction secrète (avant même le recours à la calomnie organisée) les plaçait au-dessus de l’ensemble de l’I.S., et constituait la première inégalité objective créée et institutionnalisée dans les rapports entre les situationnistes.

Aussitôt que les garnautins furent compris par l’I.S., et traités en conséquence, l’idéologie de l’égalité pure fut proclamée hautement et servit à rassembler quelques étudiants qu’eux-mêmes méprisaient la veille, non sans raison. En quelques semaines on égalisa à Strasbourg avec une fureur et un extrémisme au regard desquels les exigences des niveleurs et des bras-nus, des millénaristes et des babouvistes parurent des jeux d’enfants. On proclama que le défaut de l’I.S. avait été de n’être qu’une avant-garde, et que l’avant-garde n’existe que par le retard de quelques autres. Que le retard était donc aboli par Garnault, et qu’il fallait maintenant " une organisation révolutionnaire capable d’agir dans le monde sur une vaste échelle " (L’Unique et sa propriété). Et donc que l’on était devenu cette organisation. D’un trait de plume, le prolétariat mondial, sorti comme un seul homme des divers degrés de son retard, était là, rigoureusement égal en conscience et en capacité à Garnault et à n’importe qui. Et ceci était le dépassement de l’I.S., si souhaitable dans leur position. Naturellement, tout cela s’était passé dans la pensée pure.

Le produit de " cet enthousiasme qui, comme un coup de pistolet, commence immédiatement avec le savoir absolu " (Hegel) a paru pour l’étonnement ébloui du monde, qui ne le reverra pas de si tôt, le 13 avril 1967. Là, l’" organisation révolutionnaire capable d’agir dans le monde sur une vaste échelle " est montée à l’assaut du ciel de la M.N.E.F. (section de Strasbourg). Et pour avoir été défaite dans cette épopée électorale, elle n’en laisse pas moins le glorieux souvenir de sa praxis totale, en sauce Garnault (personne ne s’étonnera donc si nos idéologues condamnent ensuite dans l’I.S. l’abus de l’exigence de cohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait).

La plus haute production de l’idéologie alsacienne a été imprimée dans la brochure L’Unique et sa propriété. Ici Debord a remplacé Khayati comme objet d’envie et de haine. L’incohérence totale, au niveau même du texte, se ramène à ce développement. La théorie de l’I.S. avait de grandes qualités. Elle avait un grave défaut : c’est d’être debordiste. De sorte qu’elle ne valait rien, même comme théorie. Car seule la praxis (voir plus haut).

Pour soutenir cette rigolade - Debord seul ayant toujours tout dirigé et tout fait - les procédés les plus sots sont mis à contribution parmi une dizaine d’évidents mensonges : ainsi l’idée qu’il n’y aurait jamais eu d’oppositions dans l’I.S., alors que nos garnautins furent, tout au contraire, la première de ces oppositions qui soit lâchement restée secrète. Pour une citation attribuée nommément à Debord (pour laquelle on feint de croire que le concept de " communication " n’est pas employé au sens de l’I.S., mais au sens unilatéral de l’O.R.T.F, par exemple), deux citations avancées sans nom d’auteur sont en fait de Vaneigem : tous les situationnistes, et tous les lecteurs attentifs de nos publications, sachant bien que certaines des conceptions de Vaneigem sur les qualités de l’organisation situationniste présentent d’importantes nuances personnelles. Debord, comme meneur, est identifié au cardinal de Retz, lequel se voit en retour doté d’une conscience de classe assez insolite (" se regardant jouer le jeu esthétique d’une lutte sans espoir face à la montée de l’appareil bureaucratique-bourgeois "). Nos idéologues auraient dû plutôt lire Retz : ils y auraient appris qu’" en fait de calomnie, tout ce qui ne nuit pas sert à celui qui est attaqué ".

Le comble de leur analyse est de découvrir, dans le style " marxiste " de L’Humanité Dimanche, que du fait que la revue Internationale Situationniste paraît légalement, et que Debord, son directeur, se trouve personnellement responsable de nos dettes chez l’imprimeur qui a la témérité de nous faire confiance, il y a là la base d’un pouvoir économique qui expliquerait la fatalité d’un pouvoir debordiste sur toute l’I.S. ; et qui explique du même coup pourquoi les héros de l’égalisation n’ont même pas essayé une minute de s’opposer à ce pouvoir, et lui ont toujours fait bonne mine.

Le fait par exemple que toutes nos publications hors de France ont toujours et partout été réalisées sur une base financière complètement autonome par les camarades de ces pays, avec d’autres " directeurs " ou d’autres travailleurs dans les imprimeries, n’a même pas été considéré dans leur optique étroitement alsacienne.

La réalité actuelle de l’I.S. comme " groupe international de théoriciens ", paraissait déjà bien belle aux garnautins, quand ils croyaient y avoir leur place, et pouvoir prouver bientôt qu’ils étaient aussi eux-mêmes au moins des théoriciens. Dès le lendemain de leur exclusion, ils reprochent à l’I.S. de n’être que cela ; de ne pas se déclarer comme eux " organisation révolutionnaire capable d’agir dans le monde sur une vaste échelle ". Il serait bien inutile d’attendre d’eux la moindre conscience des réalités du processus pratique qui créera ce genre d’organisation des travailleurs dans la société moderne. Mais pour rester sur le plan émotionnel et égocentrique qui les tient captifs, on peut se demander quelle différence il y aurait pour eux à ce que le nouveau courant révolutionnaire soit au stade de la première liaison sur une nouvelle base théorique, ou déjà vécu par des ouvriers révolutionnaires en lutte, ou même au stade du pouvoir des Conseils. Car les garnautins et leur pratique réelle y seront à tout moment condamnés. Les ouvriers révolutionnaires ne plaisantent pas sur les questions de calomnie - au contraire des bureaucrates et politiciens qui règnent par les manipulations de mensonges. Et le pouvoir prolétarien des Conseils, qui est de part en part la mise en pratique de la vérité, devra évidemment traiter les cas de mensonges soutenus en équipe par des groupes secrets, poursuivant leurs propres fins, comme une des rares formes d’obstruction qu’il aura encore à réprimer.

http://www.larevuedesressources.org/spip.php?page=imprimer&id_article=58

Pour aller plus loin :

Memento Mori

L’exemplaire Debord

 

L’exemplaire Debord, donc. Debord n’a cessé de se montrer en exemple. La racine de cette exemplarité est l’identité, qu’il affirme et revendique, entre sa pensée et sa vie : il a vécu comme il a dit que l’on devait vivre. Et la vie est quotidienne — et le reste. Il y a le passé où l’on puise et le présent où l’on vit ; il n’y a pas de futur — no futur ! Si l’on ne vit pas maintenant, on ne vit jamais. Ce n’est pas une position nouvelle ; elle se retrouve dans toute l’histoire de la philosophie. Qu’est-ce à dire ? En substance : tout est , de toute éternité, dans le présent et la présence au monde. Si l’on est incapable de répondre : présent, c’est comme si l’on n’existait pas. Debord répond présent. Et il ne s’occupe pas de ceux qui en sont incapables. Jusque là, il n’y a rien à dire. Mais il finit par se poser en autorité, lui qui ne devait répondre que pour lui-même. Il veut se montrer exemplaire pour les autres ; mais il ne peut être exemplaire que pour lui-même. Il n’a aucun droit de juger les autres. On se trouve là à la limite. Pourtant, il franchit la borne. Il faut revoir son film testamentaire : In girum etc. à cette aune. Ce que je me propose de faire prochainement. Memento mori.

 

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28/06/2010

SNCF " Merci de votre compréhension "

18:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/06/2010

Confusionisme Infiltré au G 20 de Toronto - Le Block sponsorisé par Nike !

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25/06/2010

Trolls de fans

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Ôte ta moustache, on t'a reconnu... Charlie !


 

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23/06/2010

Basse intensité, Marseille, un ancien journal, son site répertorié comme nuisible?!?

 

Le site Basse intensité est répertorié (encore) par google/firefox comme nuisible. Pourtant il a été nettoyé...

A Marseille, un journal de contre information existe depuis un bail. Il se nomme Basse Intensité. Le site qui le représente est presque inaccessible : il est simplement bloqué !! Le site a été piraté? vérolé?...

Les auteurs de Basse Intensité sont perplexes, mais perso je me demande s'ils ne se seraient pas trompé quant à l'origine de cette censure finale (*), et donc, que ce site soit répertorié comme étant nuisible non pas à cause d'un virus/code malveillant, mais pour des raisons différentes - cherchez bien... (le message suivant indique que non : des pages ont été modifiées)

Le site a été infecté (virus ou hacker ?) et certaines pages modifiées à notre insu. Pour cela, l'accès à ce site est interdit par certains moteurs de recherche pour une durée limitée. Tout a été réinstallé et cette version est nettoyée. Désolé si nous avons avons causé des désagréments...


Et donc, le site Basse Intensité est toujours répertorié comme nuisible alors qu'il ne l'est plus, (s'il l'a vraiment été un jour)....

Ce dont je doute : quand un site est nuisible, le plus souvent c'est à cause d'une personne malintentionnée, qui pratique le phishing. Cette personne envoie donc des milliers-ions de mails avec un lien à cliquer, menant vers une page page piratée, ou encore vers un hébergement gratuit anonyme, bref, vers une page contenant un code malveillant. Ce code récupérera pour le voleur, toutes les infos possible et imaginables présentes sur l'ordinateur de la victime. (mots de passes, nom et prénom, nom de l'ordinateur, etc etc...) Ou mieux! Capturera les infos que la victime tapera en toute confiance, via un faux formulaire (numéro et code confidentiel de CB, numéro de compte, etc) imité à la perfection.

Alors l'a-t-il vraiment été un jour (nuisible) ce site?
J'en doute! Pourquoi? Simple : ce genre de site est gênant pour l'état.

Jugez vous même : Basse intensité 2007 - 2009 (PDF, 52 pages - 8.93 Mo)

De toutes façon, le site a été nettoyé (voir plus haut) du header au pied de page! MAIS il est toujours répertorié comme un site nuisible. L'obstacle pour accéder au site est bien flippant.

J'insiste là dessus : le site de Basse Intensité a été nettoyé par le webmaster. Pourtant une page bien effrayante vient remplacer la page d'accueil. Il faut indiquer spécifiquement qu'on se fout de niquer son ordinateur, et qu'on veut quand même aller sur cette page. Pour l'internaute lambda c'est une raison quasi immédiate de ne pas finalement aller sur ce site. A chaque lien, le même manège recommence : site malveillant, etc...

Apriori, ces notifications se trompent pas souvent. Mais là, soit c'est un simple retard (vu que de toute façon le site a été corrigé), soit c'est du sabotage.

Toujours est il que c'est limite quand même. Surtout pour une plate forme de VRAIES informations. Non contrôlées par le gouvernement. Indépendantes. Réunies par des éléments du petit peuple. Pour le petit peuple. C'est ça qui les dérange!

Vous pouvez aller sur le site de Basse Intensité en toute confiance.
Anarzone s'en porte garant.


Informations à Marseille, non estampillées ETAT : http://basseintensite.internetdown.org/

(Sic!) Voilà, c’est fini... L’émission Basse Intensité s’est arrêtée ce 26 août 2009 après deux années de diffusion à Marseille. Rien de triste à cela. Rien, sinon l’annonce de nouvelles rencontres, envies et projets pour en finir avec... ce-monde-de-merde... Le site sera parfois alimenté de nos lectures et trouvailles. Les archives restent disponibles.

(*) Sans être parano, il s'avère que depuis quelques années, le gouvernement pense qu'il a tout intérêt à filtrer le net, et censurer les sites qu'il veut, sans préavis, ni prévenir le webmaster ou l'hébergeur (et si l'hébergeur est prévenu et/ou à l'origine de la censure, il y a encore quasi systématiquement possibilité qu'il ne prévienne pas le webmaster, surtout si l'hébergement est gratuit). Sans être parano, ça ne m'étonnera pas lorsqu'on me dira que tel FAI/hébergeur est complice de l'état, pour s'éviter une faillite soudaine et inexpliquée, par exemple, ou simplement pour montrer sa bonne volonté. Le message (citation ci-dessus) indique que des pages ont vraiment été modifiées à l'insu du pein gré du webmaster...

Lien direct pour l'article :

 

Idem, je suis allé sur Basse Intensité, no problemo (Probe).

14:52 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/06/2010

Allocution prononcée par M.Jacques CHIRAC, Président de la République, à l'occasion de la décoration de M. Joseph S. BLATTER, Président de la FIFA.

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Palais de l'Élysée, Paris le lundi 17 mai 2004.


Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les Présidents, Permettez-moi d'avoir une pensée particulièrement admirative et affectueuse pour le Président Havelange. Nous nous connaissons depuis longtemps, j'ai pour lui beaucoup d'estime et de respect. Mesdames, Messieurs, Cher Président Blatter,

Je suis très heureux de vous accueillir aujourd'hui à l'Elysée à l'occasion de la fête que vous avez organisée pour le centenaire de la FIFA et de décorer, au nom de la France, son Président, pour qui j'ai beaucoup d'estime et d'amitié.

La FIFA le sait, elle est toujours chez elle en France. Car Paris a vu naître votre Fédération, à quelques pas d'ici, rue Saint-Honoré, dans les locaux de l'Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques. C'est là que, le 21 mai 1904, sept nations européennes, dont la Suisse, ont signé l'acte fédérateur, fondateur de la Fédération Internationale de Football Association. Elles se sont donné pour Président un Français, Robert Guérin, et quelque temps plus tard, la FIFA choisissait le français comme langue officielle, et cela sous l'égide d'un Président anglais, il faut le noter, M. Daniel Burley Woolfall.

Ces liens privilégiés de la FIFA avec la France, je sais que les Présidents Simonet et Thiriez, ainsi bien sûr que Michel Platini, qui est là, ont toujours à coeur de les conforter et des les renforcer. * En cent ans d'activité et de passion, la FIFA a grandi. Le football s'est imposé comme un phénomène de société à l'échelle de toute la planète.

Si le XXe siècle s'est inscrit dans la mémoire des nations en lettres de fer et de feu, hélas, s'il a connu les tragédies les plus sombres, il a aussi été le siècle du sport, avec ses moments magiques de communion entre les peuples et son message éternel d'espérance et d'amitié.

En cent ans, le sport a cessé d'être le passe-temps d'une élite privilégiée pour devenir un langage universel, que tous les citoyens du monde ont en partage. Dans cette histoire, votre discipline tient évidemment une place éminente, celle de la ferveur et de l'émotion populaire : l'attrait du football, la fascination qu'il exerce, les moments de bonheur qu'il sait créer en font sur toute la terre l'une des voies privilégiées d'initiation à la pratique sportive.

Il y a cent ans, les pères de la FIFA ont pressenti ce rôle fédérateur du football, qui réunit dans vos instances 204 pays membres - vous étiez partis à 7 -, plus que toute autre organisation internationale. Ils n'ont eu de cesse de répandre cet idéal généreux, fraternel et humaniste, où se retrouvent aujourd'hui plus de 250 millions de joueurs licenciés dans le monde.

Le football parle aujourd'hui toutes les langues. Partout où il se répand, il épouse la culture locale, il s'unit aux traditions nationales et populaires, il transcende les distinctions sociales. Sport de tous les peuples, il est partout le sport du peuple, celui qui met tout le monde à égalité, qui suscite l'enthousiasme et qui fait battre à l'unisson le coeur d'un pays.

Ces moments exceptionnels de bonheur et de fraternité, je les ai vécus et partagés avec tous les Français lors de cette coupe du Monde de 1998 qui reste gravée dans nos coeurs et dans nos mémoires et à la réalisation de laquelle le nom de João Havelange reste totalement attaché.

Le football est aujourd'hui plus qu'un sport, plus qu'un engouement. Il est aussi une économie qui crée des emplois partout dans le monde. Il est une culture, une éthique, une chance pour les jeunes dans de nombreux pays en même temps qu'un magnifique instrument au service de la paix. * A travers sa présence dans le monde entier, le football est en effet porteur d'un idéal. C'est une réalité que j'ai entendu pour la première fois exprimer, il ne s'en souvient probablement pas, par M. Platini. Mais cela m'avait beaucoup marqué quand il me l'avait dit. Je n'y avais pas pensé et je me suis dit que c'était bien là la réalité. Je l'en remercie.

La FIFA incarne cet humanisme. Elle puise ses racines dans le même esprit visionnaire que celui qui animait Pierre de Coubertin lorsqu'il réveilla les Jeux Olympiques de leur sommeil millénaire. Elle vit de cette conviction que les stades doivent se substituer aux champs de bataille, que la paix peut naître de la confrontation loyale des efforts, des talents, des générosités.

C'est cette certitude qui a poussé les sept nations fondatrices à élargir les rangs de leur fédération et à déborder le cadre européen avant même la première guerre mondiale. C'est elle aussi qui, pendant ce conflit, a conduit la FIFA à maintenir un lien entre les nations belligérantes et à y faire vivre la flamme du sport et de l'amitié. * La FIFA s'est ainsi affirmée comme la gardienne de valeurs, de valeurs qui parlent à tous les peuples. Dès l'origine, elle s'est battue pour que s'imposent sur les terrains les Lois du Jeu, l'esprit sportif, le respect sacré de l'adversaire. Elle continue à les défendre avec vigilance, en sanctionnant les comportements agressifs, mais aussi en couronnant chaque année le fair-play par l'un de ses plus beaux prix.

* Vous menez aujourd'hui ce combat, Monsieur le Président, pour les valeurs sportives avec comme enjeux l'équité, la santé des athlètes et celle de la jeunesse, une jeunesse qui a les yeux rivés sur ses champions et qui prend exemple sur eux.

A l'occasion de votre Centenaire, vous adopterez officiellement le Code mondial antidopage, en présence du Président Jacques Rogge, du Comité International Olympique. C'est un geste fort, qui apporte tout le poids et l'autorité de votre Fédération à la lutte contre le dopage, ce poison qui détruit l'esprit même du sport. Et je tiens à saluer ce progrès, au nom de la France qui depuis plusieurs années, vous le savez, agit sans relâche pour une convergence des politiques dans ce domaine. * * * Evoquer l'histoire de la FIFA, c'est aussi rendre hommage à ses fondateurs, à ceux qui ont accompagné son développement, et qui ont été pour elle la plus solide des équipes et dont vous êtes, cher Président Blatter, l'un des plus dignes successeurs.

Ici, en France, j'ai naturellement une pensée pour la mémoire de Jules Rimet, dont nous parlions tout à l'heure, père de la Coupe du Monde, qui a donné son nom au trophée légendaire dont rêvent tous les pays.

Et je souhaite aussi saluer très chaleureusement à nouveau, le Président João Havelange qui nous fait le grand honneur et le grand plaisir de sa présence et qui a, chacun le sait, si profondément marqué de son empreinte votre Fédération et le sport. Brésilien, il a eu l'intuition que les succès du football reposeraient toujours plus largement sur les pays et sur les continents qui s'ouvrent à ce sport. Il a fait de la FIFA un acteur à part entière de la diplomatie sportive, esquissant grâce au sport des rapprochements qui sans cela auraient probablement été impossibles.

C'est dans la lignée de ces idéaux que vous avez inscrit votre propre action, cher Président Blatter.

En vous portant à sa tête en 1998, puis en vous offrant un nouveau mandat en 2002, la FIFA a fait le choix indiscutable d'une grande expérience en même temps que d'une vision humaniste et morale du football.

Une grande expérience parce que vous êtes, par votre parcours, l'un des hommes les mieux à même de comprendre le football d'aujourd'hui, de faire vivre l'esprit, la dimension humaine et sportive de cette discipline et d'en maîtriser les enjeux économiques, diplomatiques et internationaux.

Personnalité du monde sportif, vous avez été pendant 25 ans footballeur en première ligue amateur de Suisse, puis responsable de clubs.

Riche carrière que la vôtre : diplômé de la faculté de droit de l'Université de Lausanne, vous avez pris en charge la promotion touristique du Valais, avant de devenir Secrétaire général de la Fédération suisse de hockey sur glace puis de vous orienter vers le journalisme et les relations des entreprises avec le monde du sport. C'est à ce titre que vous participez à l'organisation des Jeux Olympiques de 1972 et de 1976 et que vous entrez en contact avec la scène sportive internationale.

Autour de votre passion pour le football, vous avez aussi multiplié les expériences, au contact du monde économique, du journalisme, de la communication. Cet éclectisme irrigue la vision large et généreuse que vous avez de votre discipline. Il est à l'image des mille facettes du football d'aujourd'hui.

Votre expérience au sein de la FIFA est exceptionnelle. Depuis 1975, où vous avez été nommé Directeur des Programmes de développement, vous y avez occupé, je dirais, pratiquement toutes les responsabilités. Dans ces trois décennies de mutation, vous êtes de ceux qui ont fait de la FIFA ce qu'elle est aujourd'hui : l'une des plus grandes voix du sport dans le monde, en même temps qu'un acteur respecté de la diplomatie et de l'action humanitaire.

Ce sont ces qualités qui ont conduit le Comité International Olympique à vous inviter à le rejoindre en 1999.

Car votre travail à la tête de la FIFA se nourrit aussi d'une vision et d'une philosophie du football.

C'est d'abord la conviction que le football est universel, que le jeu appartient à toutes et à tous : j'emploie volontairement le féminin, car vous avez veillé à ce que la FIFA donne aux compétitions féminines leur juste place.

Le football est pour vous un instrument au service de l'égale dignité des peuples, le moyen pour de nombreux pays de se voir pleinement reconnus. Ce n'est pas par hasard si, après l'Asie en 2002, vous avez oeuvré pour que l'Afrique accueille en 2010, pour la première fois, la Coupe du monde du football. Et je m'en réjouis.

Universel, le football que vous défendez est aussi au service de la diplomatie et de l'action humanitaire. On l'a vu récemment avec cette Coupe de 2002 qui a contribué à un rapprochement historique entre le Japon et la Corée.

Vous avez également à coeur de mobiliser le football pour la solidarité. La FIFA aide les associations oeuvrant dans les pays pauvres par un ambitieux programme d'assistance financière et de développement. Pour la première fois en 1998, la Coupe du monde a été dédiée à une cause humanitaire. Par le biais du football et de l'extraordinaire écho qu'il rencontre partout, la FIFA soutient activement les campagnes de prévention des maladies infectieuses et des grandes pandémies, notamment en Afrique.

Votre amour du football, cher Président, se nourrit enfin d'une exigence éducative, au service du respect de l'autre. Depuis trente ans, vous n'avez cessé de travailler en direction de la jeunesse. En organisant de grandes compétitions où s'affrontent les équipes juniors du monde entier. En soutenant la participation des jeunes joueurs des pays les plus pauvres. En lançant des programmes d'éducation dans les pays en développement.

Cher Président Blatter, vous oeuvrez depuis trente ans pour préserver la magie du football : un football populaire, dont le dynamisme économique reste au service du plaisir de jouer ; un football où l'affrontement se transcende en émulation fraternelle ; un football qui fait vivre, par le jeu, les valeurs les plus fondamentales de notre société : la solidarité, le respect de l'autre, l'égale dignité des peuples.

Par votre brillante carrière, par vos responsabilités au sommet du football international, vous incarnez une vision forte du sport et de son rôle en faveur de la paix et du développement. Je suis particulièrement heureux de vous remettre, au nom de la République française, les insignes de la Légion d'honneur.

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21/06/2010

Grève sauvage de l'équipe des ouvriers de France - «Tous ensemble unis pour un nouveau rêve général (bleu)»

Les joueurs de l'équipe de France, sur la pelouse d'entraînement de Knysna, refusent de s'entraîner le 20 juin 2010

Les ouvriers de l'équipe de France, dans l'usine de Knysna, refusent de reprendre le travail - 20 juin 2010

 

07:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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