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03/03/2010

if...Les Troubadours du Roi Baudouin "Sanctus"

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23:05 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/03/2010

Le 25 octobre 2003, des “artistes de rue de droite” se mobilisaient pour “soutenir” le gouvernement.

 

Ce documentaire-court retrace la manifestation parisienne organisée par des groupes d’artistes de spectacle de rue, du collectif Restons Vivants, Fred Tousch (Le Nom du Titre), Le Fourneau, la Fédération des arts de rue, Philippe Nicolle (des 26000 couverts), des intermittents du spectacle.

Encadrés par des CRS et RG qui assistaient à la manifestation la plus drôle et absurde de leur carrière, les artistes ont déambulé du parvis de Notre-Dame à l’Assemblée Nationale.

Les passants, dont certains hommes politiques, ne savaient pas trop comment réagir face à cet étrange cortège, à leurs slogans peu communs. Est-ce une farce ? Est-ce une manifestation de droite, de gauche ? Peu importe. Cet événement les aura certainement marqué.

Diffusé sur Internet pendant la campagne électorale des élections présidentielles de 2007, ce documentaire-court a été relayé par de nombreux médias. Il a suscité des réactions diverses, dues à l’ambiguïté des slogans des “artistes de rue de droite”.

Fiche technique
Durée :
V1: 9 min
V2: 4 min 20
Copyright : 2007
Format :DV CAM
Réalisateur : Arnaud Contreras
Complice / Fixeur : Serge Calka
Montage : Joanie Kneppers
Production : À 360 Productions

18:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/02/2010

Eclairons les mécanismes du passage à l'acte

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19:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/01/2010

Tortueux réseaux: Rebetiko n°4

5 15 /01 /2010 17:51


Disponible partout où ses tortueux réseaux de distribution l’auront mené.

L’époque

Changement d
année, de décennie, lheure des bilans. On construit lhistoire immédiate : quest-ce que cétait les années 2000 ?

L
espace temps politique, ce nest pas une fresque chronologique, cest un plan, un champ de batailles : les 80s assassinent les 70s, notre époque invoque et exorcise 68 ou 1944-45 et les commémorations de la chute du mur de Berlin achèvent une nouvelle fois 1917. Lhistoire nest pas une somme exhaustive dévènements, la mémoire est sélective, mythogène, limaginaire opère et donne prise sur le réel.

Penser la situation présente, c
est se mouvoir entre les mythes, les dates, les époques, sy confronter. Laction politique, cest traquer le cours des choses dans ce plan historique. Cest aussi prendre en compte la fusion de ce plan avec le temps cyclique, celui des saisons, du calendrier, celui qui rythme le quotidien et où sélaborent patiemment des vies.

Le rapport au temps est un rapport au monde ; voilà la signification du temps politique. Et voilà la nécessité de comprendre notre temps comme un temps qui se cherche, un temps d
instabilité. Rupture, crise économique, désastre écologique, ce ne sont pas de pures opérations politiciennes, ce sont aussi les noms de projets daménagements : déblayer le terrain, pour commencer, et penser les nouveaux dispositifs qui viendront assurer la sécurité et la pérennité de la zone — développement durable, nouvelle gouvernance, moralisation de léconomie. Pas vraiment linstauration dun ordre nouveau, plutôt une refondation : tout chambouler pour que rien ne change.

Le monde est en phase de restructuration, les maîtres d
’œuvres de ce chantier sont multiples, et avancent en rangs dispersés. Derrière une assurance de façade, ils tentent, reculent, changent de cap, se plantent. Copenhague coule si lamentablement quils ne cherchent même pas à camoufler le naufrage, alors même que le sommet devait être lavènement dun capitalisme vert quils appellent tous de leurs vœux. Le coup médiatico-politique autour de laffaire Tarnac est en train de finir en eau de boudin. Linstauration du service minimum na pas empêché la plus longue grève à la RATP depuis 1995.

Nous vivons un temps qui se cherche, c
est le moment de remettre la main sur le cours des choses.

Rebetiko no 4, hiver 2010
Chants de la plèbe.

13:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Cyberguerre: Où est le Blog Consanguin ?

Mais où est passé le blog Consanguin ? Accès à aucuns des lien...

Seuls les lecteurs invités ont accès à ce blog

http://consanguin.blogspot.com/

...

Consanguin c'est d'abord un blog qui féraille avec humour contre la réacosphère (non...pas nous).

A telle enseigne que l'auteur de ce blog, RaouI Marx (et non RaouL) vient de publier sur le forum de Chronicart (des céliniens-situationnistes ceux-là!) un lexique très imagé du petit consanguin.

...

 

La Consanguinité a chopé le Haut-débit !

Style pompeux et idées sèches : nous sommes les Consanguins. Lamentables groupuscules improductifs, sinistres étudiants ou consommateurs aigris cachés derrière nos claviers, médiocrissimes excréments journalistiques (puisque nous n'avons et n'aurons jamais rien de littéraire), parfois regroupés sous des appellation incontrôlées qui fleurent bon le plan média foireux d'évadés de science-po ou la pose de l'artiste maudit adoptée par l'alcolo de province : nous sommes consanguins. Nous prétendons, sur nos sites, singer le "sulfureux", provoquer le gauchiste, choquer le bourgeois, croire à notre singularité, crier notre fierté identitaire.

Nous voulons nous conférer un semblant de consistance, de celle qui s'est toujours refusée à nos personnes. Nous gesticulons de façon grotesque, petits frustrés à préjugés qui coagulons et dégoulinons sur le web. Ce web où nous couinons haut et fort aujourd'hui. Nous sommes des parasites, des morpions commentateurs nous blottissant de temps en temps dans les replis chauds et moites des quelques auteurs dont nous nous réclamons. Nous jouons les maudits, prenons des poses : nous voudrions tant être publiquement conspués, remarqués, juste entr'aperçus, par cet éditeur à l'embonpoint maladif, ce fade journaliste en quête de mélasse anecdotique, ou encore cette étudiante au regard chafouin, ne serait-ce que ça.

Nous nous rêvons en parias, en renégats littéraires, seulement voilà : nous ne sommes que de risibles nabots à postillons. Nous tonnons, mais avec de fluettes voix de faussets. Traumatisés par les images du JT ou le vol de nos portables, nous réagissons enfin sur nos blogs, nous relevons la tête. Sursinges et sous-brêles quasi-inexistantes, nous sommes donc devenus blogueurs, carnétistes, à nos heures perdues. Nous y couchons nos frustrations et nos vindictes mesquines maquillées en généreuses considérations sur l'amitié, l'honneur, la convivialité, le temps jadis ou le picon bière. Nous sommes des obscurs, parfois réveillés par quelque élection présidentielle grand-guignolesque, décomplexés par l'hystérie sécuritaire environnante ou la provocation glauque. Nous lisons parfois même quelques revues rouges-brunes ou misérablement bordéliques, dramatiquement nulles et troubles, animées par quelques cohortes d'abrutis d'opérette ou de petits réactionnaires en mousse.

Nous sommes "anar de droite", nous aimons ça. Mais que nous bénéficiions d'une couverture médiatique, quelle qu'elle soit, un passage chez Ardisson ou une photo en compagnie d'Astrid Veillon ou de Steevy, et voilà toutes nos poses de maudits qui s'envolent. La reconnaissance, voilà notre but de frustrés haineux, celle que nous cherchons et celle que nous maudissons en même temps parce qu'elle se refuse à nous malgré sa prostitution universelle. Laissez-nous nous coaliser, autour d'un Voyer, d'un Dantec, ou des cadavres de Bloy ou de Céline, laissez-nous aussi bavasser autour de références culturelles instrumentalisées, et notre absolue indigence stylistique et la puanteur des trois pauvres opinions qui s'agitent sous nos crânes n'en seront que plus perceptibles. Nous nous linkons entre nous, extrémistes plus ou moins mal assumés ou simples idiots en quête de frissons, parfois cachés derrière des éruditions stériles et d'horribles plumes malodorantes.

Nous sommes les Consanguins, l'informe sous-organisme malsain qui veut pousser sur le fumier de la Médiocrité Ambiante et à l'ombre de quelques écrivains un peu trop paumés pour songer à arroser leurs pompes de désherbant. Nous sommes multiples : scribouilleurs réactionnaires sans talent ou dégobilleurs mondains, adolescentes étriquées ou écrivaillons de sous-bock, apprentis chroniqueurs hydrocéphales, macaques racistes plaintifs et croûtes comiques : nous sommes les Consanguins, parce que nous devons bien trouver une façon d'exister. Nos coulées de mots saumâtres, nos régurgitations d'attardés barboteurs et colériques, nos caprices verbeux, nos cacophonies ampoulées et nos autocongratulations poisseuses nous rassurent : nous sommes la Communauté qui flippe. Nous sommes la métastase du rhume des foins, l'occlusion intestinale littéraire, la Convivialité des constipés, la mononucléose du vieux garçon : nous sommes l'inutile et l'indigent, la réaction et l'autoréférence : nous sommes les fun-fascistes, nous sommes les Consanguins.


Consanguin : le Blog anti-Droite

Un blog qui ridiculise les Racistes, Xénophobes et les autres baufs de Droite qui refusent le Progrés et le Métissage.
C'est assez agressif, mais bien écrit :


En lisant les textes de bloggers réacs, ce qui me frappe spontanément, au-delà de la médiocrité invraisemblable de vos plumes et du caractère involontairement risible de vos propos, c’est la récurrence de vos frustrations, dont l’évidence semble presque insolente. En dissertant comme des bourrins sur le sort de Steiner, Léon Bloy ou Brunot Mégret, vous vous reposez sans cesse les mêmes questions : que puis-je exprimer dans mes déjections, que dois-je réprimer dans la rétention, m’aimera-t-on pour ma diarrhée verbale, est-il plus raisonnable de cacher ma pitoyable existence au reste du monde... Il y a là une frustration infantile permanente, un conflit obsessionnel, ou pour paraphraser mon ami Hauffer, une insoutenable tension crypto-morale.

Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre, parce que vous utilisez des mots compliqués. En fait, ces questionnements renvoient à une variante inattendue du stade anal, non ? C’est un truc un peu freudien, c’est ça j’ai bon ?


Pas exactement… Mais votre réflexion n’est pas complètement conne, elle me fait penser à autre chose. Il y aurait beaucoup à dire sur le stade « anal de droite », le glissement subtil du sur-moi au bourre-moi, bref le drame de la jeune bourgeoisie de province perdue dans les faubourgs du quartier latin. Un syndrome qui s’est notamment révélé dans une certaine revue « transgénique ». Mais fermons la parenthèse, de toute façon c’est trop compliqué pour vous [ricanement]. Dans le fond, le vrai problème est beaucoup plus simple. L’apprenti réac qui se pare de savantes références littéraires et de paillettes branchouilles cherche désespérément une réponse à une question terriblement angoissante, une énigme qui le hante chaque matin lorsqu’il saisit son reflet dans une glace : « pourquoi ai-je l’air aussi con ? ».


Consanguin : le Blog anti-Droite

Vous serez sans doute surpris que le blog consanguin a fait l'objet de plusieurs tentatives de piratage, et que la dernière en date bloque l'accès au blog, du reste intégralement effacé.

Ce qui est curieux, c'est le silence gardé par l'hébergeur quand les responsables du blog le contactent pour réactiver leur compte ou lui demander des explications sur les black-outs en question.

Il semble que cet hébergeur se satisfasse sans problème de la prolifération de blogs aux discours extrêmistes, mais soit plus discret voire carrément absent lorsqu'il s'agit d'assurer un certain pluralisme dans les propos tenus sur Haut & Fort.

Il est bien sûr trop tôt pour parler de censure.

By Anonymous Anonyme, at mercredi, 15 juin, 2005

 

 

11:05 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Super Sordo est arrivé(e) !

Comme me l'a fait remarquer une amie, notre bien-aimé fils de Président a eu la bonne idée de prénommer son fiston Solal.

Solal Sarkozy.

 

Attention les mecs, garez vos miches...

Garez vos miches, Super Sordo est arrivé...

C'est le genre de fille qui vous fait froid dans le dos

Tous ces fils naturels sont nés accros !

S.S. Super Sordo

S.S. Super Sordo

Quand elle débarque dans une boum avec de la derpou

Y'a des poux dans les cheveux, y'a d'la chaude-pisse dans l'air

Quand elle a fini de shooter, il y dans sang sur les murs

C'est le genre de gaga qui fait craquer les durs...

S.S. Super Sordo

S.S. Super Sordo

Ca va speeder, super sordo est arrivée !!

OTH Réussite art traffic 1984

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10:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Optic 2012...la 2ème paire gratuite


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La vie musicale sous Sarkozy
Monsieur le Président de la République Française, Nicolas Sarkozy de N-B., félicite le talentueux secrétaire de l'identité nationale des compositeurs handicapés, Gilbert Montagné, avec l'aimable autorisation de la Propaganda Staffel.

09:00 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/01/2010

"Le bruit, l’odeur et quelques étoiles".

Projection:

Le bruit, l’odeur et quelques étoiles

le Mardi 26 Janvier à 18h00 à l’Atrium (le bâtiment en verre entre le Patio et le Portique) Amphi AT8 à Strasbourg

http://sud.qsdf.org/spip.php?article30

 

 

"Comme si le soleil se levait pour des prunes". Première image, première chanson, la voix de Mustapha Amokrane se pose sur des pincements de guitare sobres et délicats, alors que le soleil se lève entre les tours de la cité du Mirail, à Toulouse :
Dans ma cité, y'a des petits crocodiles, qui parlent de "mawashi", oui je sais c'est un style... C'est des mômes qui dorment le jour et pas la nuit, c'est des mômes qui dorment le jour et pas la nuit, comme si le soleil se levait pour des prunes, comme si le soleil se levait pour des prunes...

Comme si certaines paroles pouvaient disparaître en moins de dix ans dans les palais de l'Elysée, Jacques Chirac déclarait à Orléans en juin 1991 :
Comment voulez-vous que le travailleur français, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs et qui voient sur le pas du palier à côté de son HLM, entassée, une famille, avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler. Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, et bien le travailleur français, sur le palier, devient fou. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela...

Comme si la vie de certains valaient moins que rien, le 13 décembre 1998, Habib, 17 ans, mourrait dans un caniveau, après s'être fait tiré dessus par un policier toulousain, pour un vol de voiture. Après le coup de feu, les policiers se sont enfuis, laissant à Habib le temps d'agoniser, seul, comme un chien. Enième "bavure", suivie d'émeutes, de dérapages policiers et d'habitants du quartier, de manifestations, d'une enquête baclée et d'un procés insatisfaisant.

Le fond, la forme, et le titre du long métrage d'Eric Pittard sont là : on y suivra le Mirail, ses habitants, un policier, un magistrat, et toutes leurs actions, interrogations, désillusions qui suivirent la mort d'Habib, le tout rythmé par les chansons et textes de Zebda, pour accompagner les images, approfondir les idées, mettre en vers ce qui ne peut être dit autrement.

 

L'aspect documentaire du film peut être assez vite résumé : la cité s'embrase pendant quatre jours d'émeutes, et subit une répression policière extrêmement importante. Lorsque l'émotion et la colère retombent, un groupe de jeunes, parallèlement à l'enquête judiciaire, tente de réclamer justice, par diverses actions. Puis, lassés de toutes les promesses non tenues, ils entrent dans une spirale de folie qui va les conduire de la cité à la prison.
L'histoire est interprétée par celles et ceux qui ont vécu les évènements, et qui les racontent : le film n'a pas été tourné au moment des évènements, avec un certain recul donc.

Parti pris ? Le réalisateur suit bien-sûr les habitants de la cité, mais à aucun moment une quelconque condescendance ne transparaît ; des faits sont racontés, et s'il fallait en retenir quelques uns, signalons le caractère de quasi "guerre civile" des émeutes de décembre 1998, avec ces images impressionnantes filmés du haut d'un immeuble, quand un des protagonistes raconte les jets de pierre sur des CRS armés de gaz lacrymogène et chantant "on est les champions" en canardant les HLM ; cette mère de famille qui raconte le comportement des CRS et policiers à l'intérieur des immeubles, en pleine nuit, dévalant les escaliers à toute vitesse, frappant contre les portes et dans les murs, en hurlant "on est chez nous". Retenons aussi l'indifférence ignoble de Dominique Baudis, à l'époque maire de Toulouse et actuel président du CSA, dont les trois protagonistes racontent le comportement dans le décor "surréaliste" d'un club branché toulousain (une des scènes les plus réussies du film), ou encore la mobilisation sincère et pleine de bonne volonté des jeunes du quartier, très vite gangrénée par un cruel manque d'organisation, de soutien, et des pétages de plomb rendant finalement leur action stérile et la décrédibilisant aux yeux d'une presse critique à souhait ; enfin, ces plaidoyers impressionnants d'un magistrat un poil pédant, seul devant la caméra, en robe, dans l'enceinte d'un tribunal, qui retrace les erreurs policières, les fautes judiciaires, et la nullité du procés : très fortes images...

Beaucoup d'images, de discours intéressants tout au long du film qui en font un long métrage passionnant, sans prétention, révolté certes mais sans haine ni jugements hâtifs, puisqu'il se contente de laisser parler, laissant au spectateur le soin de regrouper toutes ces informations et d'y réfléchir. Parfois Pittard laisse échapper quelques digressions qu'on aimerait encore plus développées, bien qu'elles ne rejoignent qu'indirectement le propos central du film (la réflexion sur l'immigration par le couple d'origine algérienne, très intéressante).
Peut-être que le film laissera à certains une impression de "non-achevé", mais n'est-ce pas là au contraire pure logique : l'"affaire" n'est pas non plus réellement conclue...

Mais "Le bruit, l'odeur et quelques étoiles" n'est pas un simple documentaire, et son aspect cinématographique et artistique est tout aussi intéressant : construit comme une tragédie antique ou un opéra (prologue, trois actes, épilogue), le film est rythmé par l'apparition d'un choeur de récitants constitué des membres du groupe Zebda, qui interprète ses morceaux dans un garage ou récite des textes dans la cité. Zebda parlait déjà de ce projet de film qui lui tenait beaucoup à coeur il y a deux ans, et difficile de trouver groupe plus approprié pour ce film : outre qu'il soit de Toulouse, le groupe est certainement le meilleur exemple de ce qu'on peut appeler "chanteur de l'immigration et des quartiers" (même si cela est un peu réducteur). On se rappelle de 1995 et du titre Le bruit et l'odeur, repris ici, dans le film, alors que la caméra descend les escaliers d'un HLM, le discours de Chirac résonnant comme une insulte, une menace, une honte.

 

Il faut avouer que, malheureusement, il arrive que certains textes sonnent faux (quand ils sont récités, et malgré l'intelligence du propos), et que certains titres de Zebda ne sont pas très appropriés (Troisième degré en particulier) ou d'autres trop complexes pour être immédiatement compris : mieux vaut avoir écouté Utopie d'occase pour mieux apprécier et comprendre les textes, tous écrits par Magyd Cherfi.

Mais Eric Pittard et Zebda touchent souvent très justes en mariant musique et images, car les morceaux de Zebda tombent la plupart de temps au bon moment et touchent dans le mille : Kountakinté, par exemple, quand est évoquée l'immigration : "J'ai quitté ma famille et toute la faune, j'ai bien quitté deux ou trois cents personnes, qui voulaient partir mais pour leur malheur, elles faisaient du bruit, elles sentaient une odeur ; on a beau nous faire croire qu'un passeport, ça sert à celui qui entre ou qui sort, nous on savait bien dans nos têtes pas guéries, que les nôtres n'étaient pas à la mairie" ; ou encore l'excellent Goota ma différence, qui tombe comme un petite bombe au milieu du film. Magyd nous sort un texte inédit génial sur des touches de guitare discrète, tel un Brassens moderne : ce titre très court intitulé Je suis franc, nourri de jeux de mots, ne laisse pas indifférent et touche incroyablement juste, comme Sheitan, ou encore le magnifique J'y suis j'y reste qui conclue le film.
Certains textes dits par tous les membres de Zebda sont également remarquables. On se souviendra en particulier de l'ironie amère d'Hakim et Magyd : "Il y a des terroristes dans la cité, des bazookas dans les mosquées... ah non, y'en a pas, des mosquées".

Cette construction originale ajoute un intérêt supplémentaire au film d'Eric Pittard, passionnant et très rythmé, parfois émouvant mais surtout révoltant et enrichissant : plusieurs mythes tombent à mon avis sous ces caméras. Même s'il souffre de certains défauts, "Le bruit, l'odeur et quelques étoiles" doit être salué pour sa démarche, tant dans le fond que dans la forme, car il remplit pleinement sa double fonction de belle oeuvre artistique et documentaire, doublement passionnante donc.


PJ  Acontresens 2002

 

Dans le cadre du cycle de projection débat démarré en novembre 2009, nous avons décidé d’aborder cette semaine le thème des banlieues avec le film de Eric Pittard, "Le bruit, l’odeur et quelques étoiles".
Cette projection débat aura lieu le Mardi 26 Janvier à 18h00 à l’Atrium (le bâtiment en verre entre le Patio et le Portique) Amphi AT8.
Ce documentaire retrace les événements qui ont secoué la banlieue de Toulouse à la fin de l’année 1998. Surpris en flagrant délit de vol de voiture, le jeune Habib, également surnommé Pipo, est tué à bout portant par un policier. De graves émeutes s’ensuivent, qui vont opposer bandes de jeunes et forces de l’ordre pendant plusieurs jours.

 

21:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/01/2010

Introduction à la distanciation : Toute jouissance trouve sa source dans la distanciation

 


1. Références historiques

Il semble bien qu'un des premiers auteurs à avoir explicitement parlé de distanciation soit Frédéric Schiller, tout particulièrement dans ses Lettres sur l'Education Esthétique de l'Homme (1795). Schiller commence par définir deux instincts fondamentaux : l'instinct sensible et l'instinct formel, le premier concerne la réceptivité, la passivité du spectateur, le second procède de son côté actif et créatif ou dominateur . Leur combinaison et leur interaction construisent la société, mais comme ils sont totalement antagonistes, il faut qu'intervienne un troisième instinct, exerçant un rôle médiateur. Ce sera l'instinct de jeu qui se donne la beauté et la liberté comme objectifs ultimes.

" Dans une civilisation vraiment humaine, l'existence humaine sera jeu plutôt que labeur, et l'homme vivra dans l'apparence plutôt que dans le besoin. "

Cette conception renverse radicalement l'édifice classique du primat de la Raison (Aufklärung) et établit celui de la sensibilité :

" (…) La sensibilité elle-même doit par sa force victorieuse rester maîtresse de son domaine et résister à la violence que l'esprit (Geist) par son activité envahissante aimerait à lui faire. "

Cette libération par l'esthétique ou la sensibilité  devrait prendre comme moyen, comme levier, une manifestation de distanciation des individus vis-à-vis de la perception esthétique. Dans sa Correspondance avec Gœthe, Schiller frôle de près le concept de distanciation  :

" L'action dramatique se déroule devant moi, mais c'est moi qui fait le tour de l'action épique qui semble en quelque sorte rester immobile. A mon avis cette différence est d'une grande importance. Si l'événement se déroule devant moi, je suis prisonnier de la présence sensible, mon imagination perd toute liberté, un trouble persistant apparaît en moi et s'y maintient, il me fait toujours rester collé à l'objet… "

On pourrait dire, en opposant Schiller à Brecht, que le premier approche de la distanciation sous l'angle de la recherche individuelle d'une distance libératrice de l'imagination des citoyens (souci très sensible pour des penseurs de la fin du XVIIIème siècle), alors que le second définira une distance critique devant permettre aux spectateurs de parvenir à leur libération sociale et politique collective. Analysant cette différence, J.-F. Chiantaretto va jusqu'à avancer que le spectateur brechtien doit éprouver du plaisir

" à prendre connaissance (critiquer) des processus sociaux réels auxquels il participe, afin qu'il puisse y intervenir. "

Dans La Dialectique de la Raison, Max Horkheimer et Theodor W. Adorno définissent quelques années après Brecht (en 1944, à New-York où " l'Ecole de Francfort " a dû se réfugier pendant la guerre) une conception de la distanciation artistique à la source de toute jouissance esthétique :

" La nature ne connaît pas véritablement le plaisir : elle ne dépasse pas la satisfaction des besoins. Toute jouissance est médiatisée et sociale - aussi bien (en ce qui concerne) les affections non-sublimées que les sublimées. Toute jouissance trouve sa source dans la distanciation (Entfremdung). "

Marcuse a lui aussi cité cet extrait (dans Eros et civilisation) en remarquant, à la suite de Freud que si

" … l'instinct refuse de s'épuiser dans la satisfaction immédiate, c'est qu'il est capable de construire et d'utiliser des barrières pour rendre plus intense l'aboutissement… "

Réflexion que l'on peut prolonger ironiquement par la célèbre réplique allitérative " Et le désir s'accroît quand l'effet se recule… ". Plus sérieusement, cette phrase d'Horkheimer et Adorno fixe assez bien la problématique distanciatrice et annonce peut-être - ou confirme de manière spéculative - l'hypothèse selon laquelle la rotation du dipôle ADI/IPT exige nécessairement une certaine fourniture d'énergie. En annonçant que " Toute jouissance trouve sa source dans la distanciation " Horkheimer et Adorno montrent que la jouissance serait naturellement ce moteur, retrouvant là l'idée grecque du " sage jouissant ", ce qui renvoie évidemment au modèle distanciateur archétypal de Socrate " usant (et jouissant) de tout, mais n'abusant de rien ", restant " maître de lui-même " en toutes circonstances.

Dans une série d'articles publiés en 1977 et 1978  nous avions proposé d'employer le terme de jubilation, au sens que lui attribuent les mathématiciens. Jubiler semble plus approprié parce que moins connoté que jouir. La jubilation constituerait le moteur de la distanciation et réciproquement, la distanciation un des outils de la jubilation. Cette analyse sera reprise au chapitre 6 en examinant les modes de fonctionnement de la distanciation dialectique dans ses manifestations médiatiques.

Cette citation capitale d'Horkheimer et Adorno montre aussi, dans sa première partie, l'importance du phénomène de socialisation/médiatisation ou de médiation comme séparateur de l'animalité et de l'humanité. Cette question sera réexaminée au chapitre suivant en recherchant une explication aux processus de médiation et de médiatisation spécifiquement humains.

Pratiquement à la même époque que Schiller, un autre auteur, Gustav Bally, s'est intéressé lui aussi au concept de l'Entfremdung. Herbert Marcuse y fait référence dans Eros et civilisation, malheureusement, il n'existe pas de traduction française de son ouvrage Vom Ursprung und den Grenzen des Freiheit, ce qui nous oblige à citer le passage que souligne Marcuse :

" … [l'homme] conserve une distance vis-à-vis de ses objectifs instinctuels. "

Pour Bally, c'est cette distance qui différencie précisément l'homme de l'animal, comme l'affirmera aussi Ludwig Von Bertalanffy presque à la même époque. Voici le commentaire qu'en fait Marcuse et qui se trouve en phase avec la problématique distanciatrice :

" (…) L'homme joue avec ses instincts et ainsi joue avec le monde. Cette attitude de distanciation constante vis-à-vis de l'objectif instinctuel rend possible la civilisation humaine. La conception de Bally est proche de celle de Schiller, mais elle est réactionnaire alors que celle de Schiller est progressiste. La liberté ludique de Schiller est le résultat de la libération instinctuelle, celle de Bally est une "liberté relative, contre les instincts". "

Pour Marcuse, cette " liberté relative contre les instincts " présente beaucoup de traces d'auto-répression, ce qui évidemment ne saurait lui convenir dans Eros et civilisation, ouvrage dans lequel il se propose justement de montrer que l'aliénation n'est pas aussi inéluctable que pourraient le laisser croire certaines lectures de Marx et de Freud.

Les objectifs sociaux et éducatifs liés à l'" éducation médiatique " et aux actions de terrain que celle-ci sous-tend ne sauraient évidemment être obérés par un risque épistémologique majeur : celui que la distanciation médiatique ne crée un effet pervers (en quelque sorte huxleyen) la conduisant à devenir un instrument d'assujettissement caché, plus fiable, plus performant, destiné à mieux aliéner les citoyens des " sociétés complexes ". C'est en partie à ce risque que peut répondre la distanciation dialectique en requérant du récepteur d'entrer dans un jeu et en le faisant activer lui-même et de manière autonome et conscientisée ses dipôles ADI/IPT et création/communication. Le risque d'en rester à un simple niveau de distanciation critique, en particulier dans le cas de la distanciation brechtienne (ou plus exactement de l'" effet d'étrangeté ") a été parfaitement décrit par André Gisselbrecht :

" Gardons-nous, en conséquence, de nous gargariser de l'"effet d'étrangeté", contre la volonté de Brecht lui-même ; pour le considérer comme une panacée de l'art théâtral, il faut l'avoir vidé de son origine sociale et de son but social. "

Brecht lui-même était également conscient de ce risque d'un effet pervers :

" Les hommes qui sont capables de considérer comme normale la guerre atomique, pourquoi ne s'habitueraient-ils pas paresseusement à d'aussi petites choses que l'effet d'étrangeté, rien que pour n'avoir pas la peine d'ouvrir les yeux ? Je peux m'imaginer qu'un jour ils ne pourront plus trouver leur ancienne forme de plaisir que dans les effets d'étrangeté. "

23:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/01/2010

Introduction à la distanciation: laissons-nous provoquer par les situations...

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La genèse de la théorie distanciatrice

La distanciation est une des caractéristiques les plus fondamentales de l'espèce humaine, une de celles qui nous détache le plus de l'animalité. L'homme naît avec cette possibilité unique de savoir ce qu'il fait au moment même où il le fait. Dans les pires formes du travail aliéné, dans l'esclavage pur et simple, il lui reste la possibilité (au moins théorique…) de rester conscient jusqu'à l'ultime moment, celui de sa propre mort. Les prisonniers des camps de concentration l'ont souvent raconté, c'est en eux-mêmes qu'ils ont trouvé la possibilité de " résister ", selon la devise gravée dans la pierre par Marie Durand, la protestante internée trente-huit ans dans la prison de la tour Constance à Aigues-Mortes. Sortir de soi-même quand il n'y a plus rien d'autre à faire pour ne pas disparaître, montre l'aspect vital de la prise de distance, quels qu'en soient les moyens, des souvenirs à l'alcool, de la drogue à l'auto-suggestion, du rire à la dérision qui conserve le " quantum de distance " vital. Dans tous les cas, cette prise de recul est une des dernières armes des opprimés.

 

Les origines de la distanciation

 

L'étymologie n'est pas d'un grand secours pour rechercher une hypothétique origine du concept, elle permet de dégager ses significations classiques et habituelles (la " distancia " latine). Le verbe " distancer " semble provenir de l'anglais " to distance " et présente un ensemble de significations parasites, même si la distance réelle ou physique peut engendrer ou accroître la distanciation du sujet, ainsi que la proxémique le montre souvent. D'où l'alternative suivante : conserver distancer ou utiliser " distancier " pour figurer la différence.

Distancer ne peut en principe être pronominal et ne donne pas clairement l'idée que nous voulons exprimer : " il se distance du film en cours " est incorrect en termes grammaticaux et sémantiques. De plus, son emploi risque d'évoquer trop fortement les " tenir à distance ", " garder ses distances ", etc. qui possèdent un tout autre sens.

Les avantages de distancier apparaissent comme la réponse aux inconvénients de distancer. On ne peut guère lui trouver d'inconvénients, si ce n'est le fait de proposer un mot relativement nouveau, mais déjà présent dans beaucoup de dictionnaires .

Du côté de l'anglais contemporain, on ne trouve rien de plus qu'en français, le terme " distanciation " est encore assez peu répandu. En allemand, on trouve plus facilement " Entfremdung " qui est le plus souvent traduit par distanciation. Cette indication corrobore le fait que le terme semble remonter à Schiller, au moins dans son acception d'acte volontaire visant à établir une distance entre un phénomène et sa perception. Nous y reviendrons.

Naturellement, il existe des termes synonymes comme " recul ", " hauteur (ou largeur) de vue ", ainsi que quelques faux-amis comme " planer "… Le terme sera pris dans son sens le plus immédiat de " distance avec la perception que l'on a d'un phénomène communicatoire ", quelle que soit la nature de la perception et les canaux de communication employés. Par souci de clarification, nous utiliserons désormais le verbe distancier, marquant bien l'action de distanciation, de préférence à distancer qui peut prêter à confusion avec la distance physique, ce qui n'empêchera pas de retrouver de temps à autre les deux termes ensemble comme dans le cas du coureur qui peut distancer son concurrent et se distancier des spectateurs afin de mieux conserver sa concentration…

L'emploi de ce terme et de la " théorie " qu'il va symboliser ne signifie aucun jugement de valeur ni sur le contenu, ni sur la forme de la communication. La distanciation sera aussi une variable scientifique des échanges communicatoires, au même titre - ou presque - que le niveau sonore, la gestuelle, le niveau de langue, les déterminants proxémiques, etc.

La distanciation critique constituera un premier palier, le plus simple et le plus immédiat. C'est le plus souvent à elle que l'on fait implicitement référence en parlant de distanciation. Dans la plupart de ses acceptions, elle aquiert un sens plutôt négatif, en ce sens que l'épithète " critique " est souvent perçue elle-même - à tort - au sens négatif. La distanciation dialectique représentera un stade plus achevé impliquant une démarche active, une médiation auto-personnelle du récepteur/consommateur comme co-auteur du message reçu et surtout comme co-réalisateur réel ou imaginaire de sa mise en forme médiatique. On la rencontrera plus souvent du côté des canaux interactifs.

Les distanciations critique et dialectique seront regroupées sous le terme commun et générique de distanciation médiatique pour insister sur la spécificité de la communication médiatisée ou hyper-médiatisée.

Si la typologie récurrente mise au point à propos de la médiation et de l'IPT et réemployée avec l'aliénation, l'appropriation et la socialisation est effectivement fonctionnelle et opératoire, elle devrait s'appliquer sans difficultés à la distanciation, comme à toutes les variables médiatiques. Une première analyse aboutirait assez vite aux valeurs explicitées dans le tableau ci-dessous.

JL MICHEL 1991

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