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12/08/2010

Travail policier et relai journalistique

L’annonce de la querelle judiciaire du Premier Flic de France contre Indymedia Grenoble et le Jura Libertaire, si elle n’a pas manqué d’alerter aussitôt nos camarades, a fait l’objet d’un traitement pour le moins différencié parmi les journalistes régionaux.

 

Pour ce qui concerne le JL, il n’a pas répondu aux sollicitations médiatiques. Mais, alors que sur l’antenne régionale de France 3 Albert Ziri donnait dignement la parole à la défense («On peut attaquer tout le monde pour tout et n’importe quoi : on peut attaquer les Guignols de l’Info, on peut attaquer n’importe quel journaliste parce qu’il fait un petit dessin de Mahomet qui ne plait pas à une communauté ; mais encore faut-il après que l’infraction soit constituée, c’est-à-dire qu’on ait dépassé le cadre de la liberté d’expression (…) C’est très dangereux pour la démocratie parce qu’un ministre n’a pas à s’occuper de ce genre de choses à mon sens ; ça regarde le procureur de la République territorialement compétent s’il estime que sur Internet des blogueurs dérapent et manifestement dépassent le cadre de la liberté d’expression de la loi de 81, c’est à lui d’engager des poursuites», déclare Me Randall Schwendorffer, avocat à Besançon), Julien Vandelle, dans les colonnes du Progrès, sortait quant à lui un papier dont la teneur a nécessité une réponse de la part du groupe Lucio de la F.A. et de libertaires locaux.

 

Une plainte comme celle d’Hortefeux n’est pas seulement menaçante pour celles et ceux qui sont viséEs par elle, mais dangereuse d’emblée par le tranquille acquiescement qui la porte : ceci suffit à mesurer l’horizon qui s’offre aux menées répressives. Voilà pourquoi nous publions ici le scan de l’article de départ, ainsi que le texte intégral de la réponse qu’il a suscitée … et ce que cette réponse devient dans les pages du Progrès.

 

Le Jura Libertaire, 11 août 2010.

 


Le Progrès, 28 juillet.


 

Communiqué de presse à l’attention du journal le Progrès

 

Nous souhaitons, libertaires du Haut-Jura et groupe Lucio de la Fédération anarchiste revenir sur l’article de J. Vandelle («Plainte d’Hortefeux : le Jura Libertaire est né à Saint-Claude») dans le Progrès du 28 juillet dernier et dans lequel nous sommes cités.

 

Nous tenons à repréciser les éléments suivants :

 

En tant qu’anarchistes, nous ne nous reconnaissons pas dans le terme nébuleux «anarcho-autonome» émanant directement des directives ministérielles adressées aux services de renseignements et aux parquets dès 2008. Nous sommes néanmoins solidaires avec les personnes et les actions ciblées par ce vocable.

Nous ne rectifierons pas ici les approximations et les erreurs relatives à l’organisation du mouvement libertaire local.

 

Concernant la plainte du ministre de l’Intérieur contre les sites Internet «Le Jura libertaire» et Indymedia Grenoble pour atteinte à l’honneur de la police, nous constatons une fois de plus que toute vérité n’est pas bonne à dire surtout lorsqu’elle concerne des fonctionnaires de police assermentés et armés.

La police fait son travail et use de la violence légale pour réprimer la révolte sociale légitime.

Cette violence est l’expression et le soutien de la politique antisociale, autoritaire et liberticide menée contre les classes populaires et les plus faibles.

Le pouvoir a besoin de l’épouvantail de l’ennemi intérieur qui selon les besoins du moment correspondra aux clichés de l’immigré polygame, du gitan voleur de poules en grosse cylindrée, de l’assisté fraudant les minima sociaux ou de l’anarchiste poseur de bombes.

Dans ce contexte, ce sont les sites d’information alternative ainsi que les groupes «anti-répression» qui sont visés par cette plainte.

L’article de J. Vandelle évoque la condamnation d’un compagnon pour outrage suite à une plainte de Sarkozy mais omet de dire qu’elle a été allégée en appel et que de son côté M. Hortefeux vient d’être condamné pour injure raciste il y a deux mois.

 

Nous luttons pour construire une société libre, égalitaire, sociale et fraternelle et nous ne sommes pas disposés à négocier notre capacité d’indignation, de révolte ni notre droit à penser, à nous exprimer et à agir.

 

Groupe Lucio de la Fédération anarchiste,
Des libertaires du Haut-Jura,
8 août.

 

 

Haut Jura : les libertaires ne veulent pas «négocier leur capacité de révolte»

 

Les libertaires du haut Jura et groupe Lucio de la fédération anarchiste tiennent à repréciser quelques éléments, suite à l’article paru dans nos colonnes le 27 juillet, évoquant la plainte du ministre de lIntérieur, Brice Hortefeux. «En tant quanarchistes, nous ne nous reconnaissons pas dans le terme nébuleux “anarcho-autonome” émanant directement des directives ministérielles», écrivent-ils dans un communiqué. Concernant la plainte du ministre de lIntérieur contre le site Internet «Le Jura Libertaire» et Indymedia Grenoble pour atteinte à lhonneur de la police, «nous constatons une fois de plus que toute vérité nest pas bonne à dire, surtout quand elle concerne des fonctionnaires de police assermentés et armés. Cette violence est lexpression et le soutien de la politique antisociale, autoritaire et liberticide menée contre les classes populaires et les plus faibles […].»

 

Le groupe Lucio rappelle également que la peine de leur compagnon, Romain Dunand, poursuivi par Nicolas Sarkozy, avait été allégée en appel. Condamné à 800 euros damende en première instance, la 11e chambre de la Cour dappel de Paris avait assorti 600 euros du sursis ; reconnaissant que le militant était «naturellement en droit dexprimer des opinions politiques», mais estimant quil avait «excédé les limites de la liberté dexpression politique». Et de conclure : «Nous luttons pour construire une société libre, égalitaire, sociale et fraternelle et nous ne sommes pas disposés à négocier notre capacité dindignation, de révolte, ni notre droit à penser, à nous exprimer et à agir».

 

Le Progrès, 11 août.

piqué avec camaraderie et fraternité au Jura Libertaire - 11/08/2010

 

09:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/08/2010

Le soviet à Strasbourg : Quand le drapeau rouge flottait sur la cathédrale


Le 10 novembre 1918, les soldats alsaciens proclament le soviet à Strasbourg.

Chaîne Public Sénat

Rediffusion le :
vendredi 06/08/2010 à 07h30
samedi 07/08/2010 à 15h00
lundi 09/08/2010 à 07h30
Durée : 52 minutes

Entre le 8 et le 22 novembre 1918, des conseils de soldats et d'ouvriers sont constitués dans les villes d'Alsace par des marins, principalement alsaciens, venus des ports de Kiel et de Wilhemshafen où ils étaient révoltés contre leur hierarchie qui avait décidé d'engager pour l'honneur un dernier combat, perdu d'avance, contre la flotte anglaise. Animés d'un fort sentiment révolutionnaire, ils proclamèrent à Strasbourg une République socialiste, non pas pour garder l'Alsace dans le giron d'une Allemagne impérialiste et vaincue, mais bien pour la soustraire au capitalisme français et la maintenir dans une Allemagne qui serait révolutionnaire et internationnaliste... mais l'Histoire en décida autrement...

Un documentaire écrit et réalisé par Jean-Noël Delamarre. Sur une idée originale de Philippe Joyeux. Les productions de la Lanterne. Un documentaire de 53 min.

 

 

Revolution.jpg

La Révolution, 1918-1919, René Beeh

(Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg)

 

[PDF]

QUAND LE DRAPEAU ROUGE FLOTTAIT SUR LA CATHÉDRALE


11:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/07/2010

L’enquête de Tarnac engagée sur de mauvais rails

Anticonstitutionnels. C’est ainsi que les avocats d’Yldune Levy, l’amie de Julien Coupat, jugent les témoignages déposés sous X dans le cadre de « l’affaire de Tarnac ».


Dans un article intitulé « Les balances anonymes des flics devant le Conseil constitutionnel », publié le 28 juillet 2010 dans Charlie Hebdo, le journaliste Laurent Léger rapporte qu’« un témoin avait dénoncé anonymement Julien Coupat et les prétendus terroristes de l’ultragauche, avant de dire exactement le contraire lorsqu’il a été interrogé sous sa propre identité. » Le quotidien Libération l’avait révélé le 25 novembre dernier : « La police aurait fait pression sur Jean-Hugues Bourgeois et antidaté le PV de son audition, afin d’accabler le groupe de Julien Coupat. »

Sous le nom de code « Témoin 42 », Jean-Hugues Bourgeois aurait notamment déclaré aux policiers que Julien Coupat serait prêt « à tuer car la vie humaine a une valeur inférieure au combat politique ». Mais sous son propre nom, le témoin Bourgeois Jean-Hugues a une tout autre vision des choses : « J’ignorais tout de leur projet politique complet (…). Tout ce que je peux dire, c’est que je partageais avec eux un idéal de gauche libertaire, qui n’a rien de répréhensible. » Des propos répétés au juge.

Question prioritaire de constitutionnalité

Laurent Léger rappelle que c’est « la première loi Perben [qui], en septembre 2002, avait (…) permis l’audition dans les dossiers judiciaires de témoins anonymes ». Cette disposition, qui n’avait pas été contestée par l’opposition à l’époque, est strictement encadrée, ce qui fait qu’elle « n’a pas rencontré un immense succès ». Mais la double déposition de « Témoin42 » alias Jean-Hugues Bourgeois pourrait sonner le glas du témoignage sous X. En effet, la première audition, celle du « Témoin 42 » qui charge Coupat et ses amis, « fonde encore une partie du dossier », note le journaliste. Alors même que Jean-Hugues Bourgeois a par la suite démenti les allégations qu’on lui prête.

Les deux avocats d’Yldune Levy, William Bourdon et Joseph Bréham, voient là une faille. Ils « ont déposé le 17 juin devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel une question prioritaire de constitutionnalité ». Pour eux, « le recours au témoignage sous X [et] les modalités de recours (les moyens de faire appel) portent atteinte aux droits de la défense, au principe d’égalité et à l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Laurent Léger précise que cette demande « sera plaidée en septembre ». Si elle aboutit, un coup sévère sera porté à la loi Perben. Et l’enquête de Tarnac prendrait l’eau une nouvelle fois

 

piqué au tas sur :

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10:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Guy-André Kieffer, les journalistes, la Côte d'Ivoire et la filière cacao

Côte d'Ivoire: trois journalistes incarcérés après une enquête sur la filière cacao

Ils refusent de livrer leur source et risquent notamment 12 mois de prison ferme et la suspension de leur journal.

Le tribunal correctionnel d'Abidjan a renvoyé mercredi au lundi 26 juillet son verdict pour trois journalistes, arrêtés à la suite de la publication de conclusions d'une enquête sur des malversations présumées dans la filière cacao en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de fève brune.

Il s'agit du Français Théophile Kouamouo, directeur des rédactions du quotidien Le Nouveau courrier, ainsi que des Ivoiriens Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, directeur de publication et rédacteur en chef. Inculpés de "vol de documents administratifs", "diffusion d'information sur un dossier judiciaire non encore évoqué à l'audience publique" et "révélation d'un document couvert par le secret", ils risquent 12 mois de prison ferme, une amende de 10 millions de francs CFA (environ 15 000 euros) et la suspension de leur journal.

Leur enquête devait faire l'effet d'une "bombe", écrivaient-ils la semaine dernière. D'après RFI, "sous le titre Le livre noir de la filière café-cacao, le quotidien privé détaillait "pillages" et "escroqueries" dont se seraient rendus coupables les barons du secteur".

La filière cacao, un sujet sensible

Le journaliste franco-canadien indépendant Guy-André Kieffer a disparu le 16 avril 2004 à Abidjan. Lui aussi enquêtait notamment sur des malversations dans la filière cacao en Côte d'Ivoire.

Selon leur avocat, le procureur Raymond Tchimou, qui a remis récemment au président Laurent Gbagbo les conclusions confidentielles de sa propre enquête sur la filière cacao ivoirienne, a exigé de connaître la source des journalistes.

"Les dossiers sont la propriété du parquet, ils ont été purement et simplement soustraits", a expliqué le procureur Fernand Oulaï. Pour lui, "le parquet a subi un préjudice grave" car une "partie du réquisitoire, point par point, virgule par virgule, a été reproduite par le journal".

Mais les journalistes ont refusé de révéler leur source. "Les journalistes n'ont pas obligation de révéler leur source, il n'y a pas eu de vol", ont répliqué leurs avocats constitués en collectif, évoquant la loi de 2004 sur la presse qui exclut les peines d'emprisonnement pour les journalistes. "On va créer un précédent qui va tuer la presse", ont-ils assuré.

Les organisations professionnelles, parmi lesquelles le Groupement des éditeurs de presse de Côte d'Ivoire (GEPCI) et l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), "soutiennent sans réserve" les journalistes mis en cause "dans leur refus de livrer leur source".

Mercredi, un comité de soutien avait fait le déplacement, la plupart des membres portant des T-shirts à l'effigie des trois journalistes sur lesquels on pouvait lire: "Liberté fragile pour le journalisme d'investigation!"

Piqué au tas sur LEXPRESS.fr avec AFP - 21/07/2010

 

Disparition de Kieffer - Le principal témoin retrouvé au Ghana

En complicité avec ses geôliers, le principal témoin de la disparition de Guy André Kieffer, s’est évadé en février de la prison.
Il a été arrêté au Ghana puis extradé à Abidjan.

Lago Gossé Charles, agent des services secrets à la présidence, a été mis sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan(Maca), le 20 décembre 2007 dans l’affaire de la disparition de « Guy André Kieffer». Il est accusé d’être l’un des témoins-clés de la disparation de ce journaliste franco-canadien. Ecroué sans jugement durant deux ans au bagne de Yopougon, Lago prend des habitudes et tisse des relations avec ses geôliers. Il s’agit des sergents Koulaté Zagba et Yapo Jean-Baptiste. Le 15 juin 2009, le détenu est admis à l’hôpital militaire d’Abidjan(Hma) pour recevoir des soins nécessaires à sa crise d’asthme. « Mes deux gardiens m’ont conduit à l’hôpital. Ils devaient me surveiller. Après les soins, nous sommes retournés à la Maca », affirme Gossé Charles. Mais les contacts entre lui et les gardes pénitentiaires se consolident au fil des mois. Car, explique le principal témoin dans l’affaire de la disparition de Guy André Kieffer, Koulaté Zagba est le cousin de son co-détenu. L’idée de s’évader de la prison bouillonne dans la tête de Charles. Selon lui, il avait un second rendez-vous à Hma avec son médecin traitant.
« Zagba venait tout le temps dans notre cellule. Il était accompagné de Yapo Jean-Baptiste. Pendant trois mois c’est-à-dire fin octobre à début décembre 2009, on a planifié mon évasion. Ils m’ont fait trois propositions. Il y a d’abord la possibilité de fuir en passant par le tunnel. Ou bien, ils me proposaient de sortir par le portail. J’ai rejeté ces deux propositions car j’étais malade et tout le monde me connaît à la Maca. Donc, j’ai opté pour le retrait bancaire. Il s’agissait de leur verser de l’argent. Je signale que ce sont eux-mêmes qui m’ont fait toutes ces propositions », soutient Lago Gossé Charles en ajoutant que sur les 3 millions Fcfa convenus il a remis à Zagba et Yapo la somme de 2,1 millions Fcfa.

Comment s’est déroulée l’évasion

Rendez-vous est pris en février 2010 pour le contrôle médical à Hma. Le détenu escorté par ses geôliers se rend chez son médecin. Ainsi, le plan de l’évasion se met en marche. Après l’examen médical, Charles « convainc » ses gardiens de faire un détour à Adjamé 220 Logements chez son beau-père. Selon lui, il devait leur remettre le reliquat de l’argent demandé. Sur place, Zagba et son collègue autorisent le prisonnier à monter tout seul à l’immeuble où se trouverait le fameux beau-père. Le prisonnier de Kieffer ne se fait pas prier pour prendre la poudre d’escampette. Les gardes pénitentiaires se rendent à l’évidence en début d’après-midi. Mais Lago Charles qui savait ce qu’il faisait traverse la frontière ivoiro-ghanéenne. Il passe trois mois en cavale au Ghana. En avril, il tente de quitter Accra en prenant un vol. Les services secrets ghanéens alertés le capturent à l’aéroport. Entre-temps, les deux geôliers sont écroués à la Maca pour connivence, corruption et évasion de détenu. Intercepté au pays des Black Stars, Lago Charles est extradé à Abidjan où il atterrit directement au violon de la brigade de recherches. Selon lui, il a passé trente-deux jours en garde-à-vue avant d’être conduit à nouveau à la Maca où l’attendaient ses nouveaux co-détenus : Koulaté Zagba et Yapo Jean-Baptiste. «J’ai été copieusement tabassé par les gardes pénitentiaires », lâche-t-il. Hier, Charles, Jean- Baptiste et Zagba ont comparu devant le tribunal des flagrants délits de Yopougon pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Le témoin oculaire n’a pas la langue dans sa poche. Il déclare : «Dès mon arrivée à la Maca, j’ai pris des contacts avec le réseau d’évasion. Ce sont mes deux surveillants qui m’ont donné toutes les informations. En trois mois, nous avons planifié ensemble mon évasion depuis ma cellule. Je leur ai remis une enveloppe de 2,1 millions Fcfa. Il était question que je donne le reliquat. Suite à mon rendez-vous à Hma nous nous sommes rendus à Adjamé 220 logements où je devais leur remettre le reliquat avant de prendre la fuite. C’est ce qui a été fait ». La réplique ne s’est pas fait attendre. Elle est venue de l’avocat des deux gardes pénitentiaires mis en cause. «Mes clients ne reconnaissent pas les faits. Ils risquent leur emploi et jouent leur vie. Il n’y a pas de preuve qui atteste que mes clients ont reçu de l’argent. Mme le président, Lago Charles est un menteur notoire. Il a tourné en bourrique le monde entier sur le fait que le corps de Guy André Kieffer se trouve dans la forêt du banco. Les fouilles n’ont rien donné. Il a même cité des personnalités qui seraient impliquées dans la disparition du journaliste. Ce monsieur n’est pas crédible », soutient le conseil. Aux termes d’un débat long et houleux, le tribunal a renvoyé l’affaire au vendredi 30 juillet pour délibération. Bien avant cela, le procureur a requis 12 mois de prison pour les deux geôliers et 6 mois fermes pour le principal témoin de la disparition de Kieffer.

Un compte rendu d’audience de Ouattara Moussa

piqué au tas sur news.abidjan.net - 03/07/2010

 

et toujours rien sur l' assassinat du Directeur d’INTERPOL Côte d’Ivoire, le Commissaire Bridji ZOGOUE ?

09:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/07/2010

David Pujadas dans le moule - Le Plan B

Communiqué : David Pujadas reçoit sa laisse d'or

samedi 3 juillet 2010

Le 30 juin 2010 vers 21 h 30, alors que le présentateur du journal télévisé de France 2 David Pujadas quittait les bureaux de France Télévisions, une délégation l’attend sur le trottoir pour lui remettre le trophée le plus convoité du Parti de la presse et de l’argent (PPA) : la Laisse d’or.

L’objet, composé d’un collier en métal robuste et d’une lanière en cuir véritable, avait été acheté le jour même dans une quincaillerie parisienne et enduit d’une fine mais alléchante couche de peinture dorée. Une boîte de cirage, une brosse et un plumeau multicolore doté, selon son fabricant, du pouvoir d’« attirer la poussière » complétaient la panoplie.

En décernant ce kit au présentateur du « 20 heures » de France 2, les organisateurs entendaient récompenser le « journaliste le plus servile », comme ils l’ont expliqué au Plan B, qui passait par là. Selon eux, Pujadas mérite la Laisse d’or pour son amour des euros (12 000 euros de salaire mensuel), sa haine des syndicalistes [1] et son dévouement pour les puissants, réaffirmé récemment dans le film culte de Denis Jeambar, Huit journalistes en colère (Arte, 9.2.10), qui le montrait fustigeant la surmédiatisation des humbles : « Le journalisme des bons sentiments, c’est aussi une bien-pensance. C’est l’idée que, par définition, le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. En fait, c’est une sorte de dérive mal digérée de la défense de la veuve et de l’orphelin. »

La cérémonie fut brève mais solennelle. Au moment où le journaliste « en colère » s’apprête à enfourcher son scooter, le comité des fêtes surgit d’un arrêt de bus pour l’acclamer, le couvrir de confettis et lui enrouler sa laisse autour du cou (qu’il a fort bas). Le récipiendaire ne cache pas son émotion, laquelle redouble lorsque ses hôtes entreprennent de dorer intégralement son scooter en le vaporisant de peinture aérosol. « Vive le laquais du Siècle ! Vive le roi des laquais ! », exulte la foule en liesse, cependant que la monture du présentateur se métamorphose en carrosse royal (voir photo).

Sans doute intimidé par cette profusion d’hommages, et soucieux manifestement d’y convier les vigiles, David Pujadas prend alors ses jambes à son cou pour s’engouffrer dans l’immeuble de France Télévisions, où le sas de sécurité le retient une bonne trentaine de secondes, le temps pour l’assistance de se disperser dans la bonne humeur. On le verra ensuite donner l’ordre aux vigiles de recouvrir la selle plaquée or de son carrosse d’une bâche en plastique. Après quoi il grimpera dessus et quittera fièrement les lieux dans une explosion de dorures et de vrombissements.

David Pujadas n’a pas souhaité donner plus de retentissement à son embouffonnage. Mais que le public se rassure : les images de la scène figureront dans le prochain film de Pierre Carles…

Notes

[1] Exprimée notamment lors de son interview en direct de Xavier Mathieu, le porte-parole CGT des grévistes de l’usine Continental de Clairoix, le 21 avril 2009. Lire à ce propos « Des journaux télévisés face aux “violences” des salariés » sur le site d’Acrimed, http://www.acrimed.org/article3132.html.

piqué avec camaraderie sur Le Plan B

 

vidéo sur une idée du Jura Libertaire

 

18:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/06/2010

Confusionisme Infiltré au G 20 de Toronto - Le Block sponsorisé par Nike !

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08:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/06/2010

L'arme de la Critique de ta mère ne saurait remplacer la Critique par la Kalach

Ta mère en Kalach

 

 

Une femme apprêtée, colliers de perles et blush rose pétard, qui fusille du regard. Des doigts bagués qui se craquent. Une main délicate qui se crispe sur une Kalachnikov. Et c’est parti, du bon gros stoner balance ses gimmiks menaçants et quatre dames issues des confortables suburbs américains mitraillent, littéralement, le spectateur. Quand Wisteria Lane rencontre Sons of Anarchy, ça envoie le bois.

Peut-être même un peu trop, puisque cette vidéo est une campagne de Amber Watch Alert, qui vise à bannir les armes des foyers US. « Vous n’avez pas besoin d’une arme pour protéger votre enfant » lance la vidéo. Le problème, c’est que le résultat est tellement décalé que ça donnerait presque envie de voir ces dames très distinguées s’emparer de bazookas et de lance-flammes. par Andréa Fradin

 

piqué au tas chez Libération.freuh - 25/06/2010

09:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/06/2010

Mise à plat de la réglementation sur le armes sur fond de procès des émeutes de Villiers-le-Bel.

 

Pour le terrorisme d'État, rien n'est laissé au hasard, tant est si peu que le hasard amène aussi quelques fois sont lot de surprise, le système ayant compris que pour assurer sa survie, il était préférable pour lui de continuer à "être capable d'encaisser les coups (et, au passage, faire fonctionner le tiroir caisse et la promotion du tout sécuritaire), plutôt que de les empêcher".

 

Tu auras remarqué, amiE de lutte, que c'est ouvert cette semaine un procès, celui des " 5 de Villiers-le-Bel", dont tu pourras prendre connaissance ici et .

 

Tu ne seras pas étonnée, si dans la presse, fleurissent maintenant différents articles, ne traitant pas directement de l'affaire du procès, mais apportant leurs contributions au brouillage de pistes par une large diffusion de soi-disantes informations au sujet de :


1 - la mise en place d'une nouvelle réglementation sur législation pour un contrôle des armes à feux.

2 - la psychose sur la propagation des armes dans les banlieues.

3 - les armes factices, vrais jouets et fausses répliques.

4 - la complainte des représentants de la "petite propriété".

 


 

"Toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu'il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l'idée." (A.H. Mein Kampf - 1925).

 

Je précise, amiE de lutte, que la citation d'A.H. ne pourra, en aucun cas et d'aucune manière, être confondue avec une quelconque promotion ou adhésion aux idées du livre d'où elle est tirée.

Le Figaro a mis en tête de son article ci-dessous une photo d'un Ruger P 08.

 

 

Les armes à feu en France


Nul ne sait exactement combien d'armes à feu circulent en France.


Nul ne sait exactement combien d'armes à feu circulent en France. Crédits photo : AFP


Le difficile recensement des armes à feu en France

Le fichier officiel mis en place depuis 2007 sous-estime le nombre réel d'armes, pourtant essentiel à connaître pour espérer les contrôler.

Nul ne sait exactement combien d'armes à feu circulent en France. Pour remédier à cette situation, un fichier national a été mis en place en 2007. Baptisé «application de gestion du répertoire informatisé des propriétaires et possesseurs d'armes» (Agrippa), il recense actuellement 3.286.641 armes en circulation. Bien loin de la fourchette basse donnée par les associations de chasseurs : 5 millions.

«Il y a un calcul qui est simple, détaille Yves Gollety, président de la chambre syndicale des armuriers de France. Avec 1,5 millions de chasseurs en France, dont on peut estimer que chacun possède trois armes, on arrive facilement à 5 millions.» Les 140 000 tireurs sportifs, deuxième vivier de détenteurs d'armes, possèdent quant à eux entre 700.000 et 800.000 armes. Ce qui fait un premier total avoisinant les 6 millions d'armes.

Pourquoi un tel décalage avec les chiffres officiels ? «D'une part, explique Yves Gollety, parce que le fusil à un coup à canon lisse, le plus utilisé par les chasseurs, n'est pas encore répertorié : il le sera à partir de l'année prochaine, suite à une directive européenne. Ensuite, parce qu'Agrippa ne recense que les armes nouvellement déclarées, ainsi que celles déclarées dans les préfectures depuis 1995… Il faudra donc encore quelques années pour que ce fichier nous permette d'avoir une idée plus juste du nombre d'armes détenues en France.»

«Il faut savoir quelles armes on compte»

A 6 millions, l'écart est encore important par rapport aux 19 millions estimées par l'étude internationale Small Arms Survey (voir le tableau ci-dessous). Mais celle-ci prend en compte toutes les armes, même les plus anciennes. «Toute la question est de définir ce qu'est une arme, relève Yves Gollety. Est-ce qu'on ne compte que les armes modernes, ou également celle des collection ? Doit-on comptabiliser les armes qui ne sont plus en état de marche, celles pour lesquelles il n'existe plus de munitions ?»

«Le décompte précis des armes pose problème en France parce que c'est un pays où le monde paysan a été historiquement très important et qui compte une grande tradition de chasse, complète Patrice Bouvenet, président de l'Observatoire des armements à Lyon. La seconde guerre mondiale a également laissé un important stock d'armes que les collectionneurs possèdent toujours. Du coup, il y a un décalage entre le nombre d'armes réellement en service et le nombre total.»

Aux 6 millions d'armes déjà estimées, il faut donc ajouter les millions d'armes qui ont été détenues par les chasseurs dans le passé et qui n'ont pas disparu de la circulation. Il faut également inclure les centaines de milliers d'armes détenues par les 300.000 policiers et gendarmes de l'Hexagone, ainsi que par l'armée française. Le marché illégal du banditisme, lui, ne concerne que quelques dizaines de milliers d'armes (lire ci-dessous). Au total, les experts concluent à une estimation réaliste de 10 à 15 millions. La marge qui subsiste, si elle peut sembler importante dans l'absolu, ne l'est pas tant du point de vue de la sécurité. Elle correspond en effet à des armes de collection, dont la plupart sont inoffensives.

 


«99% des armes prohibées viennent des pays de l'Est»

Trois questions à Yves Gollety, président de la chambre syndicale des armuriers de France.

Quelle est la réalité du marché des armes à feu en France ?

Le marché légal est en forte baisse, de l'ordre de 80.000 armes vendues par an, toutes catégories confondues. En 1993, on était à 300.000. Depuis, il y a eu la nouvelle législation (lire ci-dessous) qui ne permet de vendre qu'aux chasseurs et aux tireurs, dont le nombre diminue par ailleurs. Il y a ensuite deux marchés parallèles d'armes légères. D'une part, celui des collectionneurs, inoffensif du point de vue de la sécurité publique. D'autre part, celui de l'arme prohibée, qui correspond aux malfrats et au grand banditisme. Même s'il y a objectivement moins de braquages ou de meurtres que par le passé, ils sont de nos jours plus médiatisés et surtout plus spectaculaires, avec un banditisme moins professionnel et excessivement violent.

Où se fournit le grand banditisme ?

Avant, ces armes provenaient surtout des stocks de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, 99% d'entre elles proviennent, directement ou non, des pays de l'Est, comme l'ex-Yougoslavie. L'Albanie, qui a longtemps eu peur d'être envahie par ses voisins, avait multiplié les dépôts d'armes à l'intérieur de ses frontières : autant de caches qui ont ensuite été pillées et dont les armes se retrouvent désormais sur le marché noir. Aujourd'hui que la mode est à la kalachnikov, beaucoup d'armes reviennent du continent africain, où de nombreuses zones de guerre subsistent.

Peut-on parler d'une économie parallèle ?

Non, c'est un marché qui concerne de faibles quantités d'armes. Le trafic d'armes en France, c'est risqué, ça peut coûter très cher. Or ça ne rapporte rien, par rapport au trafic de voitures ou de drogue. Au marché noir, une kalachnikov se vendra par exemple au mieux 3.000 euros. Personne n'en vit, c'est plutôt un trafic utilitaire, associé à d'autres trafics. La preuve, c'est que l'office de répression du trafic d'armes a été dissous dans l'office de répression de tous les trafics.

 


 

«On sait que les données sur les morts par arme à feu sont sensibles et systématiquement sous-estimées. Sur le suicide, elles sont assez fiables : on évalue la marge d'erreur à 10% et, surtout, les tendances restent valables. En l'occurrence, on constate une nette diminution des suicides par arme à feu, ce qui est notable dans un contexte de stagnation du nombre total de suicides en France. En revanche, la sous-estimation est probablement bien plus importante dans le cas des homicides, où le secret de l'enquête ne nous garantit pas la remontée de toutes les informations.»

-- Eric Jougla, directeur du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CepiDc Inserm)

 


Que dit la loi ?

L'acquisition et la détention d'armes à feu est régie par le décret-loi du 18 avril 1939, modifié par les décrets d'application du 6 mai 1995 et du 16 décembre 1998. Ces textes classent les armes selon 8 catégories. Selon la loi, toutes «doivent être conservées dans des coffres-forts ou dans des armoires fortes».

 

* Les catégories 2 et 3 n'apparaissent pas dans ce tableau car elles concernent respectivement les équipements militaires lourds et le matériel de protection contre les gaz de combat.

Vers un dépoussiérage législatif

La multiplication récente de faits divers a remis la question de la réglementation des armes à feu au cœur du débat public. Jugée obsolète, inefficace, trop compliquée, deux structures ont été chargées de réfléchir à sa simplification. Un groupe de travail, dirigé par le préfet Patrice Molle, réunit depuis février dernier les «instances représentatives des chasseurs, tireurs sportifs, collectionneurs, armuriers» afin d'étudier des propositions de réforme. Une mission d'information sur les violences par armes à feu avait par ailleurs déjà été créée à l'automne 2009, présidée par le député (PS) de Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux, pour réfléchir à une évolution de la législation.

Premier volet de ce toilettage : l'adoption de la classification européenne, définie par la directive du 18 juin 1991, pour mieux classer les armes selon leur calibre et leur dangerosité.

Quatre catégories viendraient remplacer les 8 catégories actuelles :

  • A. armes interdites

  • B. armes soumises à autorisation

  • C. armes soumises à déclaration

  • D. armes dont la détention est libre

Deuxième point crucial de la réforme envisagée : les armes de collection. «Leur définition n'a pas bougé depuis 1939, et elle se réfère à une date-seuil fixée à 1870, explique Jean-Jacques Buigne, président de l'Union française des amateurs d'armes (UFA). Nous proposons de ramener ce seuil à 1900, pour que toutes les armes qui datent d'avant le 20e siècle puissent être classées comme armes de collection. Cela correspond aux préconisations de l'ONU.» Un sénateur doit être nommé dans les prochains jours par le premier ministre sur cette question spécifique.

Les conclusions de la mission parlementaire sont attendues d'ici à la mi-juin, tandis que le groupe de travail doit rendre son rapport avant la mi-juillet. A charge ensuite aux ministres concernés de les traduire en propositions de loi.

 

Le Figaro - 22/06/2010

 

Les armes se banalisent en banlieue

 

 

Une saisie d'arme


Une saisie d'arme Crédits photo : Le Figaro

Des gangs mettent en commun leur arsenal, sous le contrôle des caïds.

Combien de pistolets, de revolvers, de fusils d'assaut Kalachnikov circulent dans les banlieues françaises? Le rapport de la mission parlementaire sur les armes à feu en France, auquel Le Figaro a eu accès, évite prudemment les estimations pour se concentrer sur les témoignages.

Or ceux recueillis par les députés Bruno Le Roux (PS) et Claude Bodin (UMP), respectivement président et rapporteur de la mission, ont le mérite de la clarté: non seulement les armes ont bien pris racine dans les quartiers sensibles, même si l'explosion de ce trafic a pu être surestimée, mais leur utilisation répond à un nouveau mode ­d'organisation, une forme de collectivisme de fait, qui aboutit au partage des armes, denrée précieuse, pour le meilleur profit des activités criminelles du quartier et du groupe. C'est, en tout cas, ce que s'accordent à dire les interlocuteurs de ces deux parlementaires qui ont auditionné en sept mois près de 80 personnes, policiers, militaires, magistrats, élus et armuriers. Sans oublier les incontournables fédérations de chasseurs, qui se sentiront peut-être davantage concernées par la refonte de la législation que propose ce rapport très fouillé en mettant en avant l'idée d'une carte grise pour chaque arme à feu.


Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie.

Au fil de leur enquête, qui doit être dévoilée mercredi à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux et Claude Bodin ont ainsi acquis la conviction que les voyous des cités savent désormais mettre en commun leurs armements, quartier par quartier, pour une efficacité accrue. «Davantage qu'une augmentation du nombre d'armes présentes dans les quartiers sensibles, on assiste en réalité au développement d'une mutualisation de l'accès aux armes», écrivent-ils.

Le directeur départemental de la sécurité publique du Val-d'Oise explique, dans ce document, que «les armes sont souvent découvertes dans les parties communes au sein des cités à l'occasion des fréquentes opérations de contrôle». Elles sont, selon lui, «utilisées de manière collective et mises en quelque sorte en libre-service».

 

Marquer le territoire

Le policier révèle même que «les bandes échangent des informations sur la localisation des armes sur un territoire». Pour mieux connaître le stock. Bref, si ce sont les mêmes calibres qui circulent, leur emploi est, pour le moins, «optimisé». Et ce professionnalisme n'est sans doute pas étranger à l'explosion des braquages, notamment de commerces. Même en province, lit-on dans le rapport, «les individus les plus âgés vivant dans ces cités savent où se procurer des armes à feu».

La banalisation est-elle vraiment en marche? Pour l'instant, explique le patron des policiers niçois, Pierre-Marie Bourniquel, lui aussi interrogé par la mission, «le caïd local semble le principal utilisateur des armes à feu dans un cadre délictuel ou criminel». En effet, «le contrôle des armes permet d'offrir sa protection aux membres du groupe, la maîtrise du maniement d'une arme peut représenter par ailleurs comme un rite de passage attestant de la capacité d'un membre à en faire partie», précise le rapport.

 

Puissance de feu

Plus inquiétant, «la généralisation d'Internet peut, dans une certaine mesure, contribuer à l'organisation de l'accès mutualisé aux armes à feu», ajoutent Bruno Le Roux et Claude Bodin. On peut d'abord assister à «quelques échanges sur la Toile pouvant aboutir à la cession d'armes à feu», constatent-ils.

Sous-directeur des services territoriaux au ministère de l'Intérieur, Hervé Niel évoque, quant à lui, dans le rapport, «l'utilisation d'Internet pour exhiber des armes». Son explication: «Internet sert alors à faire connaître aux rivaux que le groupe dispose d'une puissance de feu pour défendre son territoire ou un trafic.» Et les deux élus d'en conclure: «Internet remplit donc une fonction dissuasive et permet d'affirmer un marquage du territoire, notamment sur les blogs.» Les opérations coup de poing de la Place Beauvau ne sont pas prêtes de s'interrompre.

Le Figaro - 22/06/2010

 

 

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"Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux".

 

G. Debord - La Société du Spectacle - 1967

 

Tu apprécieras le confusionisme troupier à la lecture de l'article suivant : "La brochure est à ce point édifiante que la mission Le Roux-Bodin sur les armes à feu a jugé utile de l'annexer à son rapport. «Dans 70% des cas élucidés de vols à main armée commis dans les Alpes-Maritimes, une arme à feu factice a été utilisée», révèle le chef de la police niçoise, Pierre-Marie Bourniquel."


 

Plus de braquages commis avec des modèles factices

La mission Le Roux-Bodin propose de sanctionner par une amende le transport d'arme factice en dehors de créneaux horaires et de lieux précis.

Des répliques plus vraies que nature de pistolet Beretta à 169 euros, de Famas à 189 euros, ou d'AK 47, la fameuse Kalachnikov, accessibles même aux mineurs, dans toute bonne armurerie, pour seulement 59 euros ! Le hors-série du magazine Commando sur «les armes en vente libre en France» montre à quel point il est facile de se procurer une arme factice. La brochure est à ce point édifiante que la mission Le Roux-Bodin sur les armes à feu a jugé utile de l'annexer à son rapport. «Dans 70% des cas élucidés de vols à main armée commis dans les Alpes-Maritimes, une arme à feu factice a été utilisée», révèle le chef de la police niçoise, Pierre-Marie Bourniquel.

 

En vente dans les fêtes foraines

Son homologue du Val-d'Oise affirme, lui, qu'«il est très souvent fait usage d'armes factices qui, telles les répliques des Sig Sauer (pistolet semi-automatique), présentent une très grande ressemblance avec des modèles réels.»

Selon le commissaire Bourniquel, les problèmes se sont accentués «depuis l'apparition et la multiplication des reproductions quasi parfaites des armes de poing et d'épaule de type Soft Air utilisés par les adolescents et les adultes dans des activités de plein air en général, dans des clairières ou des maisons abandonnées.» Venue des États-Unis, cette mode consiste à jouer à la guéguerre entre amis le week-end. Selon le rapport, ces armes à air comprimé qui projettent des billes «sont parfois vendues sans aucune précaution et en des lieux inattendus tels des fêtes foraines.»

La mission Le Roux-Bodin propose de sanctionner par une amende le transport d'arme factice en dehors des créneaux horaires et des lieux dévolus à la pratique de ce «sport». Les députés ont bien pensé à obliger les armureries à vendre uniquement des répliques en couleur, pour les distinguer des vraies armes. Mais aux États-Unis, la mode est maintenant aux véritables calibres peints en vert, rouge ou jaune fluo…

Le Figaro - 22/06/2010

 

 

Hors Série Commando sur les armes en vente libre

HS Commando

Ce mois-ci, le magazine Commando a sorti un hors-série intitulé « les armes en vente libre en France ». Hors-série conçu par Antoine di Zazzo, importateur du Taser en France, on y trouve plusieurs articles sur les catégories d’armes, la criminalité avec armes… et s’ensuit une présentation avec des armes en vente libre (ce qui ne veut pas dire autorisées au port, bien entendu), au rythme de 1 arme par page. On regrettera la mise en page de qualité vraiment médiocre (qualité des photos, choix de présentation), les présentations d’arme un peu succinctes parfois, quelques erreurs (c’est un « famas » en page 95 ?!) et oublis (e.g. Yawara/Kubotan)… mais on saluera l’idée du sujet, vraiment excellente, (une couverture efficace) et quelques armes auxquelles on ne pense pas forcément comme les fusils hypodermiques, les fusils de chasse sous-marin (seul celui à sandows est cité, pas celui à ressort ni celui à air), etc. A noter aussi, auteur oblige, un focus assez exhaustif sur les armes électriques (stun gun & dérivés). Lecture conseillée donc !

www.procegor.net - 28/03/2010

 

Plutôt que la brochure, c'est plus le fait que la mission Le Roux-Bodin choissise d'annexer la brochure qui est édifiant.

 

 

Réponse de l’UFAA à la série d’articles du magazine papier « Commando »

 

Le hors série du magazine « Commando » a publié un article aberrant sur l’airsoft, en mélangeant les noms des répliques d’armes, en donnant des informations totalement erronées sur leur caractéristiques et en faisant une grave erreur sur la loi Française qui régit ces objets.


l’UFAA a envoyé par mail et par courrier une réponse au patron de SMPT, M. Di Zazzo.

Monsieur,

Il a été porté à ma connaissance une série d’articles rédigés par vous et parus dans le hors série numéro 1 du magazine commando sur les « armes en vente libre en France ».

La lecture de ces articles laisse apparaître une profonde méconnaissance du sujet que vous entendez traiter, une méconnaissance des textes de loi sur les armes, associé à une méconnaissance des armes elles mêmes.

En effet, l’article que vous avez rédigé présente plusieurs modèles de réplique d’armes. Or vous classez ces répliques dans la 8ème catégorie, qui correspond si l’on se réfère au Décret n°95-589 du 6 mai 1995 à des «Armes et munitions historiques et de collection ». Aucune des répliques présentées ne peut être classée dans la 8eme catégorie, puisque :

- elles ne correspondent pas à des armes historiques et de collection.
- Elles développent, et c’est le point le plus important, une puissance inférieure à Deux joules, ce qui les exclut du décret, conformément à la partie C du paragraphe II :

« Les objets tirant un projectile ou projetant des gaz lorsqu’ils développent à la bouche une énergie inférieure à 2 joules ne sont pas des armes au sens du présent décret »

Il est donc inexact de parler d’armes mais d’objet ayant l’apparence d’une arme à feu.
Ces objets sont utilisés sur des terrains adaptés par des milliers de pratiquants d’un loisir appelé airsoft, loisir de simulation et de reconstitution, ludique et/ou à caractère sportif.

Contrairement à ce que vous précisez dans votre article, ces répliques ne laissent pas de « blessures », dès lors que l’on observe un minimum de règles de sécurité. Et, et là je me permets de vous faire part de mon expérience personnelle de pratiquant et d’organisateur de parties, il n’y a aucune trace d’un « effet psychologique impressionnant ». Les pratiquants d’airsoft reprennent une activité normale dès le lundi matin. A ce jour je n’ai pas connaissance d’un quelconque suivi psychologique demandé en raison d’une pratique de l’airsoft.

Les répliques sont des copies d’armes (ce que vous précisez dans votre article, en vous trompant sur les modèles : il est tout de même assez curieux de confondre un P90 et un FAMAS, ou un M4 et un G36, quand on écrit dans le « magazine des hommes d’action et des tireurs d’élite ») qui développent une puissance comprise le plus souvent entre 0.07 joules et 2 joules. Le décret 99-240, relatif aux conditions de commercialisation de certains objets ayant l’apparence d’une arme à feu, en interdit la vente aux mineurs. Une fois de plus vous vous trompez quand vous précisez que la vente est libre, y compris aux mineurs.

Le nombre impressionnant d’erreurs que vous commettez dans votre article dénote soit d’une méconnaissance du sujet que vous traitez, ce qui pourrait être risible s’il n’apportait pas le doute sur la possibilité pour un mineur de posséder un lanceur de type airsoft, soit d’une volonté délibérée de porter atteinte à une activité de loisir parfaitement légale déjà victime des attaques d’une certaine presse. Nous espérions que la presse spécialisée dans le domaine de la sécurité serait un peu plus regardante sur la compétence des experts qui signent les articles.

Afin d’être instructeur PIE, les candidats doivent suivre une formation. Il serait utile que, pour parler d’une activité comme l’airsoft, vous vous intéressiez réellement à l’activité. L’union française des association d’airsoft, que j’ai l’honneur de présider, est prête à vous recevoir dans ses locaux afin de vous dispenser une formation minimale d’organisateur de partie, passant par une formation de secouriste et une information sur la sécurité en airsoft. Exceptionnellement pour vous nous pouvons ajouter une présentation du loisir, du matériel, et de la législation qui s’y rattache.

Je tiens enfin à vous faire connaître la charte « Airsoft Guyenne », qui aborde des sujets comme les risques physiques inhérents à l’activité. Je me tiens personnellement à votre disposition pour discuter de l’un ou l’autre de ces points.

Recevez, monsieur Di Zazzo, mes salutations distinguées.

Emmanuel Quillet
Président de l’Union Française des Associations d’Airsoft

airsoft-bordeaux.com - 11/05/2010

 

Ci-dessous un avis suite à une affaire datant de 2001, mettant en cause un mécanisme de fusil de chasse "sous-marine".

 

 

Avis relatif aux fusils de chasse sous-marine 07/02

LA COMMISSION DE LA SÉCURITÉ DES CONSOMMATEURS,

VU le Code de la Consommation, notamment ses articles L.224-1, L.224-4, R.224 - 4 et R.224-7 à R.224-12

VU la requête n°01-064

Considérant que :

LA REQUETE

Par courrier du 18 mai 2001, le président de l'UFC-Que Choisir ? d'Alès, M. D., a saisi la Commission de la Sécurité des Consommateurs de l'accident dont a été victime un de ses adhérents, à la suite de l'utilisation d'un fusil de chasse sous-marine de marque CRESSI-SUB SL acheté dans un magasin DECATHLON : "Le fusil s’est déclenché inopinément alors que l’utilisateur venait de le sortir de son emballage et qu’il l’examinait. Découvrant un bouchon non fixé à la sortie du canon il l’a ôté, déclenchant une décharge d’air comprimé (20 bars) qui lui a fait perdre un œil et aurait pu, selon le chirurgien qui l’opéré, lui faire perdre la vie si le souffle avait pénétré par l’orbite."

LES AUDITIONS

La Commission a procédé à quatre auditions :
  • celle de M. L., représentant la Direction juridique internationale de DECATHLON,
  • celle de M. M., directeur commercial de la société CRESSI-SUB SL assisté de son conseil, Maître J.R,
  • celle de M. H., président de la Commission nationale de pêche sous-marine et d’apnée au sein de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins (FFESSM),
  • celle de Mme K. représentant la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture au sein du Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales.

Pour compléter ses informations, la Commission a également interrogé le Ministère de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.

1. Informations fournies par DECATHLON

La société DECATHLON gère un parc de 200 magasins en France et plus de 70 à l'étranger (25 en Espagne, 20 aux USA, 10 en Italie, 5 en Grande-Bretagne, 4 en Belgique, 2 aux Pays-Bas, 2 en Chine, 1 au Danemark, 1 en Pologne, 1 en Argentine, 1 au Brésil).

Les fusils de chasse sous-marine, d'un prix de vente moyen de 61, sont vendus dans 150 magasins.

Compte tenu des risques présentés par ce produit, plusieurs précautions sont prises :

En premier lieu, si la pression de 20 bars est de base constante à l'intérieur du fusil, il est possible de l'augmenter ou de la diminuer à l'aveugle à l'aide d'une pompe. Cependant, dès lors qu'il n'y a pas de manomètre permettant d'apprécier correctement la pression, lors de l'achat, les vendeurs de chez DECATHLON conseillent aux clients de faire appel à un professionnel pour décomprimer le fusil.

En deuxième lieu, la notice précise que la flèche ne doit être chargée dans le fusil que lorsque l'utilisateur est dans l'eau. C'est sans doute ce qui explique que DECATHLON n'a jamais eu connaissance d'autres accidents avec ce type de produit, car rien ne peut se passer sans enclenchement de la flèche et celle-ci n'est pas armée dans le fusil lors de l'achat.

Enfin, pour éviter que les clients ne se blessent, les flèches des fusils exposés dans les magasins en sont retirées.

A la suite de l'accident, DECATHLON a cependant demandé un contrôle qualité plus strict à son fournisseur CRESSI SUB, et mis en place une procédure de contrôle propre par son service qualité.

Sur le terrain juridique, selon M. L., ces produits ne sont pas soumis à une réglementation ou une norme particulière. Une norme serait selon lui nécessaire, au même titre que pour les armes à feu, car les fusils de chasse sous-marine sont en vente libre.

2. Informations fournies par CRESSI-SUB SL

La société CRESSI SUB France, implantée à CARROS LE BROC près de NICE, est une filiale de la société-mère CRESSI SUB, société italienne créée en 1946 et dont le siège social se situe à GENES. La société-mère est propriétaire d’autres filiales à l’étranger implantées notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Hollande et aux USA. Elle emploie 90 salariés.

CRESSI SUB France réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 4 millions d’€ en France métropolitaine et dans les DOM/TOM. Elle se situe au 3ème ou 4ème rang sur le marché français.

Parmi les concurrents commerciaux de CRESSI SUB France figurent AQUALUNG, SQUBA PRO, MARES, BEUCHAT. Les deux premiers commercialisent exclusivement des articles de plongée et les deux derniers commercialisent à la fois des articles de chasse et de plongée sous-marine.

CRESSI SUB France commercialise pour sa part du matériel de plongée (palmes, masques, tubas, détendeurs, bouteilles, combinaisons de plongée) ainsi que des fusils de chasse sous-marine.

Les réseaux de distribution nationaux sont les magasins DECATHLON, GO SPORT, INTER SPORT, SPORT 2000, ainsi que des magasins de plongée spécialisés.

La marché mondial des fusils de chasse vendus chaque année par CRESSI-SUB est évalué à 30 000 pièces. CRESSI SUB France en commercialise environ 300 par an.

Deux types de fusils sont vendus sur le marché français : les fusils à armement manuel à l’aide d’un tendeur et les fusils pneumatiques.

Les fusils pneumatiques sont faiblement diffusés en France ; ils représentent 3 % des ventes seulement alors qu’en Italie leur part s'élève à 80 %.

Le fusil de chasse objet du litige est un fusil SL 55 R. : « 55 » indique la dimension du fusil (55 cm). Il existe en effet des fusils de différentes longueurs : 40 cm, 55 cm, 70 cm, 100 cm. « R » renvoie au « réducteur de pression » qui permet à l’utilisateur de diminuer à volonté la puissance du tir. Les réducteurs de pression existent sur les modèles de 55 cm, 70 cm, et 1 m, les autres modèles n'en sont pas équipés.

Chaque fusil est mis en vente prêt à l’usage avec la quantité d’huile prévue et l’air comprimé à la pression moyenne de 20 bars conseillée. Il est vendu équipé d’une seule flèche.

Comme l'avait indiqué le représentant de DECATHLON, il n’existe effectivement aucune réglementation spécifique ni de norme française ou étrangère définissant les exigences de sécurité auxquelles devraient répondre les fusils de chasse à déclenchement manuel ou automatique, tant au niveau de leur conception que des avertissements possibles destinés à la clientèle : pictogrammes de danger sur certaines parties sensibles du produit, avertissements sur les notices...

Pour éviter les risques, à sa sortie d’usine, chaque fusil fait l’objet d’un contrôle interne visant à assurer l’intégrité du produit.

M. B. indique que l’accident dont la CSC a été saisie est le premier porté à la connaissance de CRESSI-SUB.

Selon M. B, ces produits sont en vente libre en France. Ils sont présentés dans un emballage en plastique accompagnés d'une notice d’utilisation. S’il faut avoir plus de 16 ans et être obligatoirement titulaire d’une licence délivrée par la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins pour pratiquer la chasse sous-marine, l’acquisition d’un fusil de chasse sous-marine n’est en revanche soumise à aucune réglementation obligeant le vendeur à en limiter l’accès en fonction de la capacité du demandeur (par exemple, interdiction de vente aux moins de 16 ans et présentation obligatoire de la licence).[1]

Dans la grande distribution et pour éviter les risques de blessure, les flèches sont retirées des fusils en exposition. Dans certains pays comme l'Espagne, pour empêcher tout danger, les fusils sont stockés comme les armes dans des vitrines accessibles aux seuls vendeurs. CRESSI-SUB ne serait pas opposée à la mise en œuvre d'une réglementation semblable en France.

S'agissant des caractéristiques techniques du matériel, les précisions données à la C.S.C confirment les propos du représentant de DECATHLON. La pression, de 20 bars, est de base constante à l'intérieur du fusil. Si cette pression permanente évite au chasseur de recharger lui-même le fusil après chaque tir, elle a été avant tout conçue pour ne pas endommager les pistons. Il est d'ailleurs possible de l'augmenter ou de la diminuer à l'aide d'une pompe mais cette recharge se fait effectivement à « l’aveugle » (car il n'y a pas de manomètre) en dévissant le bouchon postérieur.[2]

Selon M. B., en appuyant sur la gâchette, sans flèche dans le canon, il est impossible de provoquer une décharge d’air comprimé. La seule possibilité de décharger le fusil de son air comprimé est de tenir le fusil, le canon dirigé vers le bas, après avoir dévissé le bouchon postérieur et d’appuyer sur la sphère de la soupape.

3. Informations données par la FEDERATION FRANÇAISE D’ETUDES ET DE SPORTS SOUS-MARINS (FFESSM)

La FFESSM, créée en 1955, a son siège social à MARSEILLE. Elle est le représentant légal des plongeurs sportifs licenciés auprès du ministère de la jeunesse et des sports. Elle édicte le règlement fédéral, les règles d’enseignement et délivre les brevets fédéraux. Elle compte environ 150 000 licenciés.

Les membres de la FFESSM sont adhérents de clubs répartis en comités régionaux ou interrégionaux. Ils sont tous titulaires d’une licence obligatoire pour participer aux activités organisées par la Fédération. La licence, valable 1 an, leur offre la possibilité de pratiquer la pêche sous-marine dès lors qu’ils ont plus de 16 ans. Elle n’est pas la contrepartie du passage d’un examen de pratique de la chasse sous-marine. Elle a seulement pour fonction d’assurer le plongeur en responsabilité civile pour les dommages causés à un tiers. La déclaration de chasse peut être également déposée auprès de la direction locale des Affaires Maritimes. En dehors de la licence, les plongeurs adhérents de la FFESSM doivent également produire un certificat médical de non contre indication à la pratique de la chasse sous-marine.

On évalue globalement à 300 000 le nombre total de personnes pratiquant en France la chasse sous-marine, qu’elles soient déclarées ou non. Parmi elles on compte 40 000 licenciés à la FFESSM. Cette dernière organise d'ailleurs des compétitions de chasse sous-marine ouvertes aux plongeurs de plus de 18 ans (environ 8 par an) qui réunissent environ 250 licenciés. Ces compétitions s’effectuent sous le contrôle du ministère des sports.

En dépit de son rôle, la FFESSM ne dispense pas à ce jour à ses membres, adeptes de la pêche sous-marine, de formation structurée portant sur la sécurité des fusils de chasse sous-marine et la connaissance du milieu marin et des espèces[3] alors que certaines zones littorales sont interdites et que plusieurs espèces de poissons sont protégées.

Elle envisage cependant d’éditer prochainement une plaquette sur la chasse sous-marine rappelant les conditions requises pour la pratique de cette activité et proposant des conseils de formation.

Selon la Fédération, matériel le plus traditionnel et le plus simple d’utilisation, le fusil à arbalète est le plus répandu en France. Il représente environ 95 % du marché. 100 000 exemplaires sont vendus chaque année. Il en existe de différentes tailles (de 50 cm à 1,50 m) correspondant à différents types de chasse. Les fusils pneumatiques sont plus répandus dans des pays méditerranéens comme l’Italie.

Ces produits sont fiables et conçus par des entreprises ayant une solide expérience en ce domaine. Les recommandations figurant sur les notices sont en général très complètes. Aucun accident lié au maniement de ces produits n’a été porté à la connaissance de la Fédération. Aussi la FFESSM ne juge-t-elle pas utile qu’un processus de normalisation des fusils de chasse sous-marine soit initié.

Les fusils sont en vente libre mais les armes entièrement automatiques sont interdites d’utilisation en France. En effet, la réglementation française interdit l’usage de fusils à air comprimé rechargeables autrement que par la force de l’utilisateur. Il existe néanmoins sur le marché français un fusil à cartouche à gaz modèle « LE PELTIER » interdit d’utilisation en France, et qui est employé dans des pays où la réglementation le permet pour la chasse de certaines espèces volumineuses.

L’ACCIDENTOLOGIE

Il n’existe pas de données statistiques nationales sur les accidents de plongée permettant de quantifier et d’identifier les accidents de pêche sous-marine provoqués par les fusils de chasse tant dans le cadre de la pratique sous-marine que, et il ne faut pas négliger cet aspect, hors de la pratique de la pêche sous-marine (attaque à main armée, par exemple).

http://www.filmotv.fr/elts/programmes/545/gallerie/PHOTO_CALME_BLANC1_w_450.jpg

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20/06/2010

Football - Franck Ribéri, Raymond Domenech, le Spectacle et l’effacement des limites du moi et du monde...

 

Le spectacle, qui est l’effacement des limites du moi et du monde par l’écrasement du moi qu’assiège la présence-absence du monde, est également l’effacement des limites du vrai et du faux par le refoulement de toute vérité vécue sous la présence réelle de la fausseté qu’assure l’organisation de l’apparence. Celui qui subit passivement son sort quotidiennement étranger est donc poussé vers une folie qui réagit illusoirement à ce sort, en recourant à des techniques magiques. La reconnaissance et la consommation des marchandises sont au centre de cette pseudo-réponse à une communication sans réponse. Le besoin d’imitation qu’éprouve le consommateur est précisément le besoin infantile, conditionné par tous les aspects de sa dépossession fondamentale. Selon les termes que Gabel applique à un niveau pathologique tout autre, «le besoin anormal de représentation compense ici un sentiment torturant d’être en marge de l’existence»

 


Guy Debord, La Société du spectacle, Thèse n° 217

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19/06/2010

Karim LANDAIS - Manipulations et pensée unique : propos sur la fonction du journalisme - Restructurations à l’ombre des bons sentiments

photo piquée au tas chez UHD

 

 

Manipulations et pensée unique : propos sur la fonction du journalisme

 

Dans le "débat" lancé dans les colonnes du ML sur le trotskisme, j’ai apprécié tout particulièrement une initiative rare : la recherche de la définition de l’entrisme… Toutefois, je n’ai pu que constater qu’il était possible de faire cet effort d’objectivité tout en reprenant à son compte toutes les idées reçues sur ce mouvement politique et en maintenant la confusion entre "entrisme", "travail de fraction" et "noyautage". Sous le prétexte qu’il s’agit de nos adversaires, a-t-on le droit de relayer des calomnies au mépris, sinon d’une certaine scientificité, au moins d’une honnêteté intellectuelle ? Répétons-le : l’entrisme est une pratique datée sinon révolue et le travail de fraction est propre à toute organisation politique agissant dans un cadre syndical. En relayant des définitions erronées, nous participons à une entreprise peu glorieuse, celle de la diffamation. L’affaire Le Monde a cristallisé les passions. Chacun y est allé de son petit couplet sur les pratiques obscures de ces journalistes. Des camarades se sont rués dans la brèche en piochant à tout va des citations perçues comme "compromettantes". Quant à moi, j'ai tendance à souscrire aux arguments d'Edwy Plenel qui dénonce les calomnies et le travail bâclé, exemples pertinents à l'appui… les précédents sont en effet légion, et La Face cachée du Monde ne viendrait que couronner une longue série de travaux se voulant dérangeants mais érigeant des rumeurs et des préjugés en faits, hors de toute scientificité, pour le seul bénéfice des opinions politiques de leurs auteurs. Notre tâche doit être double : l’érection d’une critique sérieuse du trotskisme, et la méfiance à l’égard de toute "enquête" journalistique qui, lorsqu’elle concerne le PT ou la LCR, n’en reste pas moins généralement une entreprise liée à la fonction du journalisme : l’encadrement du capitalisme.

Le journaliste Christophe Bourseiller fit publier en 1997 Cet étrange M. Blondel. Enquête sur le syndicat Force Ouvrière, un livre consacré à Marc Blondel et à la CGT-FO et, plus généralement, à l’  "entrisme" pratiqué par l’ex-OCI dans ce syndicat. Son ouvrage a reçu les honneurs, et notamment des adversaires politiques du syndicalisme ou du trotskisme "lambertiste", ravis d’une opportunité de discrédit collectif. Alexandre Nemo, dans Rouge, le journal de la LCR, en recommande la lecture, tout en en reprenant les affirmations : Alexandre Hébert, secrétaire pendant plusieurs années de l’UD-FO de Loire-Atlantique, serait un "membre clandestin depuis des années de la direction de l'organisation lambertiste". En novembre 97, dans Le Monde Libertaire, l’article Blondel est-il trotskiste ? affirme en réponse à la question posée dans ce titre que "le dernier bouquin de Christophe Bourseiller amène suffisamment d'éléments démontrant que la question mérite d'être posée"… Le livre, en effet, publie des listes de noms qui, "supposés lambertistes" dans les premières pages, sont présentés comme tels dans les dernières. On se rend bien compte de la portée politique de telles affirmations, qui visent à présenter le trotskisme comme une "franc-maçonnerie de gauche" infiltrant tous les niveaux de la société pour en prendre le contrôle, comme le suggérait l’émission C dans l’air du 29 janvier 2003, qui évoquait "le pouvoir des trotskistes". Joachim Salamero, président de la Libre Pensée et "supposé lambertiste" lui aussi, est cité 17 fois dans Cet étrange M. Blondel : il affirme pourtant n’avoir jamais rencontré M. Bourseiller…

Car là se situe le problème posé par cet ouvrage : si les affirmations ne manquent pas, la bibliographie est mince, et les sources ne sont pas citées. Mais, des sources, y en a-t-il réellement ? Il semblerait que M. Bourseiller ne se base sur autre chose que ses présupposés et des déclarations de militants. L’historien sait bien, pourtant, combien il faut être prudent dans l’utilisation de ces confessions : M. Bourseiller, lui, est habile dans l’élévation de rumeurs au statut de "faits avérés". A l’article cité Blondel est-il trotskiste ?, un autre, Cet étrange M. Bourseiller, publié 3 semaines plus tard dans le Monde Libertaire par Fabrice Lerestif, Jean Hédou et Wally Rosell, répondait en en appelant à la vigilance des lecteurs qui, "mal au fait du syndicalisme français et de son histoire", pourraient se laisser griser par de telles affirmations. "Accorder le moindre sérieux, le moindre crédit ni même la moindre bonne foi à ce genre de personnage est impossible et on voit mal pourquoi on lui ferait davantage confiance aujourd'hui, sous prétexte que l’essentiel de son bouquin vise Blondel et les trotskistes lambertistes" ; ce livre est "un bouquin de commande", avancent les auteurs de l’article, qui rappellent que les "révélations" de Christophe Bourseiller sont en réalité une reprise des affirmations "des oppositionnels droitiers au sein de FO", qui "agitent le spectre bolchévique à la face des médias" et prétendent que les trotskistes du Parti des Travailleurs contrôlent 5 fédérations et 15 unions départementales… on peut en effet se demander pourquoi cet intérêt pour le seul "travail de fraction", c’est-à-dire l’action commune, des militants trotskistes engagés dans le même syndicat ? Cela n'entre-t-il pas dans la logique de l'action des militants politiques de tout bord au sein d'un syndicat ?

Ultime preuve du peu de sérieux de l’ouvrage, les auteurs précisent aussi que des militants de la Fédération Anarchiste y sont pareillement mentionnés comme trotskistes… Ne peut-on alors voir un parallèle avec un autre livre de C. Bourseiller, Les ennemis du système, datant de 1989, qui sous-entendait une liaison entre les "extrêmes" ? Il est curieux en effet que quelqu’un qui attache tant d’importance à démontrer le "trotskisme" de militants syndicaux, et notamment d’Alexandre Hébert, cité près de 60 fois, n’ait semble-t-il même pas pris la peine de consulter la publication dont ce dernier est le directeur. L’Anarcho-syndicaliste est pourtant revenu plusieurs fois depuis et avant 1991, date de la création du Parti des Travailleurs, sur la nature des relations d’Alexandre Hébert et de ses coreligionnaires avec les trotskistes. Curieux également qu’il n’ait pas fait référence à l’ouvrage de Jean-Christophe Cambadélis qui, mentionnant la présence d’Hébert aux réunions du "bureau politique" du CCI – ce que ce dernier n’a jamais caché – précisait également que ses convictions anarcho-syndicalistes étaient si fortes qu’il ne pouvait être question, ni d’en faire abstraction, ni de prétendre les infléchir. Echafauder autour des relations politiques entre l’UAS (d’ailleurs non mentionnée dans Cet étrange M. Blondel, et peut-être d’ailleurs inconnue de Bourseiller) et le CCI du PT le mythe d’un complot trotskiste était un pari audacieux, quoique atteint. Il ne restait plus aux ennemis du syndicalisme qu’à faire leur choix dans les calomnies pour jeter le discrédit : Frédéric Pichon, du Centre de Formation à l'Action Civique et Culturelle selon le Droit Naturel et Chrétien, conclut ainsi dans ses Dossiers d’actualité que "l’entrisme est particulièrement fort […] au sein de Force Ouvrière où un récent ouvrage de Christophe Bourseiller a montré que son dirigeant Marc Blondel était très lié au groupe trotskiste "lambertiste"".

Dans un tout autre registre, Sandrine Armirail a fait elle aussi les frais de ce travail bâclé : présidente de l’association Vampire Story, association de "vampirologues", c’est-à-dire de ceux qui étudient la fiction du mythe du vampire, elle a été présentée par C. Bourseiller dans un autre ouvrage comme la représentante de la communauté des "Vampyres" de Paris, des personnes obsédées par le sang et le mêlant à leurs plaisirs sexuels. Contactée, celle-ci m’a précisé qu’elle a à plusieurs reprises tenté de joindre par courrier ou téléphone M. Bourseiller et les éditions Denoël, ne demandant qu’un démenti et un rectificatif dans les prochaines éditions. Echaudée, elle écrit que Bourseiller est "un pseudo journaliste qui ne vérifie absolument pas ses sources et publie n'importe quoi dans l'espoir de faire vendre, et porte atteinte aussi bien a l'intégrité des personnes, mais aussi des passionnés de littérature fantastique".

En apparence plus neutre, le livre d’un autre journaliste, Christophe Nick, Les trotskistes, est en réalité plus "pervers". Un "livre admirable", disait Françoise Giroud dans Le Nouvel Observateur. "L’un des meilleurs sur cette nébuleuse difficile à approcher […] [à] la démarche […] originale et pédagogique", juge le site Internet www.libres.org, qui, "depuis sa création (janvier 2000) [entend] proposer une lecture libérale des problèmes de la société française et du monde contemporain". En effet, l’idée-clé arrange les tenants de les pensées unique : "les trotskistes sont partout". Enumérant les noms de tous ceux qui sont un jour passé par le trotskisme, C. Nick se sort de la contradiction posée par ceux qui, comme Edwy Plenel, Bernard Guetta, Michel Field, n’ont plus aucun lien apparent avec le trotskisme, par une phrase qui en dit long sur la réflexion de l’ouvrage : "Trotskiste un jour, trotskiste toujours". Il semble que C. Nick ait mal digéré le catéchisme anti-trotskiste reçu au parti communiste : une étude des autres courants politiques ne montrerait-elle pas que socialistes et communistes sont, eux aussi, et logiquement, "partout" ? Michel Taubmann, de l’Office Universitaire de Recherche Socialiste (OURS), met en avant l'idée que le livre de Nick "souffre d’un déséquilibre qui favorise les courants les plus " ouverts " et la génération issue de mai 68". "C’est le résultat d’une méthode d’investigation fondée principalement sur les témoignages d’actuels ou d’anciens militants qui ont naturellement tendance à valoriser leur rôle au détriment de ceux d’anciens camarades ou adversaires que l’auteur n’a pas rencontrés". En clair, l’objectif de l’ouvrage était de toute évidence le discrédit d’un courant politique. "Quelques erreurs factuelles sont regrettables. Des noms sont mal orthographiés et certains personnages sont confondus avec d’autres". Nick devait estimer urgent le travail à faire.

Travail bâclé, en somme, et une fois de plus, pour ce livre qui lui non plus ne présente pas les sources dont il tire ses affirmations. S’il ne définit pas Alexandre Hébert comme trotskiste, il entend néanmoins montrer, par ses raccourcis aussi saisissants qu’ils sont infondés, comment les trotskistes contrôlent la société à tous ses échelons. Des énormités sont même suggérées par l’extrapolation : le caractère collaborationniste du trotskisme, par exemple, pour qui la question des juifs n’aurait été qu’un détail pendant la 2ème guerre (là encore, parallèle établi avec le Front National et le fameux "détail" des camps de concentration ?) ; l’amplification de soi-disant rumeurs (d’où sont-elles issues ?) affirmant que le meurtre et le viol collectif étaient pratique courante au sein du mouvement trotskiste issu de l’opposition au "pablisme". Le Monde du 20 février 2002 rappelle cette affaire en évoquant le procès intenté à l’auteur par Daniel Glückstein, secrétaire national du Parti des Travailleurs : M. Gluckstein reproche à M.Nick de lui avoir attribué une biographie erronée, celle d'un autre militant trotskiste, Robi Morder, dont les parents ont connu le ghetto de Lodz en Pologne et dont la mère a été déportée à Bergen Belsen. Plaidant l'atteinte à la vie privée, son avocate, Me Hélène Rubinstein-Carrera, a souligné le caractère préjudiciable d'une telle confusion, à deux mois du scrutin. "On va croire que Daniel Gluckstein est un mythomane qui s'auréole d'origines familiales glorieuses", a-t-elle précisé, demandant la saisie du livre, ou à défaut la suppression des trois passages litigieux. M. Gluckstein s'est indigné à propos d'un autre passage du livre, où M. Nick fait état, sans pouvoir les valider, de "rumeurs" et de "confidences sordides" au sein des milieux trotskistes évoquant des "meurtres et viols collectifs chez les lambertistes".

Dans l’article Trotskisme et polémique, publié dans le même journal le 5 avril 2002, Roby Morder relate le mea culpa adressé par Nick au Monde après ces remontrances de maître d’école à un mauvais élève et conclut : "Christophe Nick essaie de faire diversion sur ses errements (Le Monde du 30 mars). Que l'éditeur ait sa part de responsabilité en exigeant des délais trop courts, peut-être. Mais alors, plutôt que de s'exposer au risque de malfaçons, on limite son ambition". Car ces journalistes passent pour des spécialistes du trotskisme auprès d’un champ plus élargi que celui de l’ "opinion publique" : l’émission C dans l’air déjà citée avait ainsi invité comme spécialistes, côte à côte, Christophe Bourseiller et Christophe Nick. Le numéro spécial qu’une revue pourtant sérieuse, L’Histoire, consacrait au thème de l’extrême-gauche, laissait également la place à un article de l’auteur de Cet étrange M. Blondel… Mais manque-t-on à ce point de spécialistes que l’on doive accorder du crédit à ce genre de personnages ?

Méthode bâclée et peu sérieuse, c’est un fait avéré, laissant la place aux opinions politiques des auteurs, cela semble non moins indiscutable : comment expliquer autrement les calomnies auxquelles on a fait référence, comment expliquer l’indulgence faite à la LCR, présentée comme transparente, et dont on oublie les faits d’armes, à la hauteur de la récente tentative de mettre la main sur l’Ecole Emancipée ? Pourquoi ne pas traiter chaque courant sur un pied d’égalité ? Nos journalistes ne sombrent-ils pas dans l’unilatéralisme, le partial, cet ennemi des historiens ? Pourquoi ne pas présenter de même la version du Parti des Travailleurs, qui pense que l’idéologie dominante présente le courant le moins radical comme le plus respectable ? De même, mais sans se cantonner à cette lutte entre factions rivales du trotskisme, dans laquelle je ne saurais m’immiscer, que penser de cet acharnement à vouloir couler le syndicalisme confédéré, seul encore en piste, du moins en partie, dans l’arène anti-subsidiaire ? Jean-Jacques Marie, spécialiste de la Russie et du trotskisme, et par ailleurs militant trotskiste du PT, dénonce dans Le trotskisme et les trotskistes cette aspiration des journalistes à la scientificité. Mais il ne faut pas s’y tromper : le trotskisme n’est qu’un prétexte, il s’agit par l’invention de relations fumeuses de tracer des liens entre contestataires pour mieux les discréditer.

Pour élargir la conclusion au delà de ce dernier ouvrage, par ailleurs assez partial dans sa présentation des courants trotskistes français, il est fort dommageable que l’histoire s’ouvre ainsi à de tels travaux : Christophe Nick présente quasiment le trotskisme comme une religion aux tares congénitales depuis Trotsky, oubliant volontairement la crise de la société à laquelle ce mouvement prétend répondre. Tout simplement, il lui plaît de juger, tout en se parant du désormais traditionnel masque de l’objectivité. L’historien, lui aussi, sait juger, mais il assume sa subjectivité en affichant ses couleurs politiques, tirant ses affirmations des faits, et ces faits, des sources… N’en déplaise à Nick, il y a une manière scientifique de faire de l’histoire immédiate, et même de l’histoire politique, tant il est vrai qu’il ne s’agit parfois que d’être honnête et de laisser ses opinions politiques au placard.

Au-delà des conséquences incommensurables qu’ont eu ces 2 livres, que toute la presse et beaucoup d’organisations politiques ont immédiatement ou tardivement encensé, et dont il serait fastidieux d’énumérer les références, c’est un véritable discrédit qui est jeté sur la scientificité de l’histoire, en même temps que lumière est jetée sur la pensée commune du journalisme. Ce milieu révèle de plus en plus malhabilement sa fonction : ériger en dogmes les affirmations d’une idéologie dominante et bien-pensante, et s’immiscer pour cela dans le domaine scientifique, qu’il parvient parfois à corrompre. Alors, parler de "bouquins de commande" nécessiterait des preuves : néanmoins, les journalistes n’ont pas besoin d’ordres pour agir, et on peut parler sans se tromper d’autocensure, d’accompagnement théorique de la politique antisociale et néo-totalitaire et de tentative de légitimation du processus de criminalisation de la contestation. En utilisant ces ouvrages comme preuves du "vice" du trotskisme, nous cautionnons cette démarche. Bien sûr, il est nécessaire de le dire : les trotskistes, notamment ceux du PT (rappelons au passage que le PT n’est pas un parti trotskiste) et de la LCR, mènent une politique de noyautage systématique dans la plupart des organisations où ils militent, bien sûr, leur pratique actuelle est la préfiguration bien minorée de leur éventuelle pratique gouvernementale, mais il est nécessaire de le dire autrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

Restructurations à l’ombre des bons sentiments

 

De bon sentiment, le dernier numéro de la revue Contre-Temps1 ne manque pas. Sous la houlette d’un quarteron2 de militants trotskistes de la LCR, d’autoproclamés "nouveaux libertaires"3 et "nouveaux communistes" entendent nous convaincre des "faux clivages" existant entre anarchistes et trotskistes, des clivages qui, aujourd’hui, ne reposeraient que sur quelques confrontations historiques n’ayant plus guère de sens. L’heure serait aujourd’hui à la fusion : celle d’une politique trotskiste et d’une pratique anarchiste, dans le cadre d’un "parti libertaire […] apte à gouverner". Pour cela, des parallèles historiques sont établis avec une collaboration communistes/anarchistes dans les IWW américains et dans le cadre de la revue Voie Communiste en pleine guerre d’Algérie. Ceux-ci représenteraient des "exemples intéressants" de "regroupement non dogmatique".

De cette revue et de tous ses articles se dégage une certaine communauté de pensée dont la constante est le caractère complètement dépolitisé. Anarchistes et trotskistes (de la LCR) seraient les 2 membres principaux de la communauté des révolutionnaires, séparés par de bêtes événements historiques. Mais il convient de noter qu’aucun aspect politique de cette collaboration n’est abordé : Mimmo D. Pucciarelli présente la mouvance libertaire comme si, quoique présentée comme "plurielle et composite", elle était néanmoins une véritable communauté, sans clivages politiques entre les organisations et les individus ; la LCR est abordée comme si elle était le pur produit du trotskisme, bureaucratie et dogmatisme en moins ; enfin, signalons la récurrence de l’ajout ponctuel des Verts en marge de la communauté des "radicaux critiques". Cette communauté doit se baser sur deux choses : le rejet "des vérités uniques et des certitudes carrées du dogmatisme" et une position "100% à gauche". Mais de ce que signifie politiquement "être 100% à gauche", on ne parlera pas…

La LCR, il est vrai, a fait peau neuve. Elle ne se veut plus un parti communiste, mais un parti "écologiste, féministe, anticapitaliste"4. A chaque congrès est inlassablement reposée la question du changement de nom pour bazarder ces mots encombrants que sont "communiste" et "révolutionnaire", qui font trop peur5. Les entorses au dogmatisme sont, on ne peut le nier, conséquentes : Léonce Aguirre, avec d’autres, fait un retour critique sur Kronstadt6, que même le jeune candidat Besancenot décrit comme une erreur de Trotski7. D’autre part, les références historiques du parti se sont relativement élargies, pour inclure, et ce n’est pas récent, Rosa Luxemburg ou Che Guevara. Le retour sur Kronstadt est, entre autres, courageux : tout le monde n’en a pas fait autant… La LCR, de fait, n’est plus vraiment un parti trotskiste. Mais là n’est pas l’important : suffit-il d’évacuer toute référence au trotskisme et à ses erreurs pour être digne d’intérêt ? On oublie que la LCR est un parti politique, et que ce parti a une action politique. Mais de cette action, on ne parle pas : la question de l’unité ne nécessite-t-elle pourtant pas que l’on en fasse le bilan ?

Le positions ambiguës sur la parité8, sur l’Europe et Maastricht, dont certains courants et individus au sein du parti disent qu’elles sont susceptibles de permettre certaines avancées9… les positions douteuses des pantins inutiles au Parlement Européen sur la privatisation du chemin de fer, la réduction de l’interdiction des licenciements à un cadre des "grandes entreprises qui font des profits"… cela, avec un modèle politique défini comme celui de la "démocratie participative" de son homologue brésilien. De celle-là, non plus, on ne parle guère : c’est bien le courant "Secrétariat Unifié" du PTB qui, élu sur le mandat du non-versement de la "dette" au FMI, a pourtant fait de celui-ci le 1er point de son programme une fois au pouvoir ; c’est bien lui qui continue la politique de privatisation… quel doux mot que celui de "démocratie participative", qui associe les travailleurs à la gestion de la cité alors que, en vérité, ils ne participent qu’à la gestion de la pénurie : le Nouvel Economiste le confirme : 80% du budget concerne des dépenses fixes, 15% sont consacrés au paiement de la dette, restent 5% à se partager entre les exploités10 ! Les syndicalistes brésiliens détaillent à l’envi les successions de cris et de pleurs au "budget participatif" de la part de tous ceux venus réclamer justice, et qui savent que seuls ceux étant parvenus à rassembler le plus de monde derrière eux pourront faire partie des 3 uniques nominés sur la liste des "priorités"11…

En évacuant toute référence au trotskisme ou au communisme, la LCR ne fait pas que figure d’ouverture d’esprit : elle évacue aussi des concepts qui ne correspondent plus à sa pratique politique. Son ouverture est la concrétisation de sa dérive droitière qui la conduit, en effet, à s’ouvrir aux Verts, à la Gauche Socialiste, invitée à son dernier congrès, et aux libertaires d’Alternative Libertaire, invités eux aussi… Si "AL" se retrouve fréquemment dans des combats communs avec la Ligue, ce n’est pas non plus seulement parce qu’elle veut bien faire fi de tout dogmatisme, c’est parce qu’elle aussi manie les concepts de "100% à gauche" et de lutte de la "gauche sociale" contre la "gauche gouvernementale"… tous deux se retrouvent sur une position de "gauche de la gauche", qui poussotte gentiment la gauche plurielle pour qu’elle lâche quelques mesurettes, pour qu’elle régule le capitalisme, puisqu’il faut "changer le monde sans prendre le pouvoir".

Ce n’est pas pour rien que les "anarchistes" qui prennent la parole dans cette revue préfèrent quoi qu’ils en disent le terme de libertaire à celui d’anarchiste…. Manfredonia, Spadoni, Pucciarelli réduisent l’anarchisme à une certaine "pratique" libertaire, à une revendication de fonctionnement politique démocratique. La seule légitimité de l’anarchisme serait d’avoir incarné au temps du "dogmatisme" trotskiste la lutte contre la bureaucratie : la LCR ayant rompu avec ces pratiques, l’anarchisme n’a plus aucune raison d’être et doit intégrer la nouvelle extrême gauche plurielle, car c’est bien de cela qu’il s’agit, et se préparer, comme il l’est rappelé, à voter une nouvelle fois pour la "démocratie chiraquienne" ou encore, pour un candidat jugé "proche" : "trotskiste ou écologiste par exemple"… Que de bons sentiments, en effet, dans ces appels à l’action dans ces grands syndicats que sont SUD ou la CGT, tout dévoués au syndicalisme subsidiaire, tout à fait compatible avec cet autre modèle de corporatisme qu’est la "démocratie participative". Que de bons sentiments dans ces appels à la collaboration avec ces grands révolutionnaires des Verts et de la Rifondazione12 ! "Collaboration", c’est bien de cela dont il s’agit… la "gauche de la gauche" façon PCF ou LCR revendique "une autre Europe", définie comme le cadre de nos luttes, tout en affirmant que ce qui édicte 80% des mesures appliquées en France n’est pas une "réalité géopolitique".

N’en déplaise à tous, l’anarchisme n’est pas réductible à un amas de pratiques "démocratiques" menées par des "libertaires". La légitimité de l’anarchisme est que c’est le seul courant politique qui, prenant fait et cause pour les exploités, refuse de laisser un seul élément hors du champ de sa critique et de sa réflexion, à l’inverse du trotskisme, qui refuse de se pencher sur la question de l’autorité et de son expression sociale qu’est l’Etat. C’est cela l’actualité du différend entre l’anarchisme et le trotskisme : d’abord, il est vrai, une "pratique" (le récent coup de main de la LCR, après d’autres trotskistes, sur l’Ecole Emancipée prouve d’ailleurs à quel point la LCR s’est dé-trotskisée), mais pas une pratique réduite à un fonctionnement interne démocratique, une pratique qui lui interdise de participer à l’Etat, une pratique qui prévienne toute dérive, de quelle nature qu’elle soit. Je vous préviens, messieurs, que les anarchistes ne confondent pas unité et unicité, et qu’ils ne laisseront pas les trotskistes se déclarer impunément libertaires !

Pucciarelli nous invente des catégories fumeuses entre "anarchistes sociaux" et "anarchistes du quotidien", cela lui permet d’intégrer dans le mouvement anarchiste les poivrots qui restent dans les "bistrots après avoir bu quelques verres", cela lui permet de donner de la légitimité à des "anarchistes" qui, à force de se pencher sur "l’imaginaire"13, sont devenus des anarchistes imaginaires. En évacuant, entre autres, la question de l’Etat, ils se rapprochent en effet de la Ligue et deviennent, à leur tour, des "trotskistes mous".

 

Mollassons de tous les pays, unissez-vous ! Nous autres, nous continuons le combat !

 

 


1 Contre-Temps, « Revue thématique à la rencontre des courants de radicalité critique », numéro 6, février 2003 : « Changer le monde sans prendre le pouvoir ? Nouveaux libertaires, nouveaux communistes ».

2 Philippe Corcuff, Michaël Löwy, Léon Crémieux, Sylvain Pattieu…

3 Notamment le sociologue Mimmo D. Pucciarelli, l’historien Gaetano Manfredonia et les militants d’Alternative Libertaire Patrice Spadoni et Pierre Contesenne.

4 Voir par exemple « Devenir le pire cauchemar de la droite », discours tenu par Olivier Besancenot à l’université d’été de la LCR (27 juillet au 1er septembre 2002), extraits publiés dans Rouge.

5 Voir la tribune de Catherine LEBRUN, Maroussia, Alain MATHIEU, François OLLIVIER, Stéphanie CHAUVIN, « Pour ou contre le changement de nom de la LCR. Un choix utile », dans Rouge, été 2000 : « Changer de nom est aussi un signe d'ouverture de l'organisation au même titre que l'ensemble des mesures organisationnelles que nous prenons: c'est le signe que nous sommes à la fois capables de fidélité à un combat et capables d'évolution, de renouvellement, de projection dans l'avenir, d'intégration de nouvelles générations, de nouvelles expériences et nouvelles cultures politiques ».

6 Léonce AGUIRRE, « Le mythe de la tragique nécessité », dans Rouge n°1916, mars 2001.

7 Olivier BESANCENOT, Tout est à nous !, Paris, Denoël, 2002.

8 Notamment qualifiée d’ « avancée » dans « Pour un projet de société féministe. 3 questions à Olivier Besancenot », Rouge, juillet 2002. Seules les « insuffisances » de la loi sont critiquées par la LCR.

9 Voir par exemple l’édifiante « Position D » au 14ème congrès de la LCR : « Ouvrez les yeux, oubliez ce congrès », disponible sur le site Internet de la LCR : « Non, la construction de l'Europe - fût-elle celle de Maastricht-Amsterdam - n'est ni un mirage ni une catastrophe. Oui, elle procède de l'initiative des classes dominantes mais, non, elle n'exclut pas de nouvelles avancées sociales ».

 

10 Jacques SECONDI, « Porto Alegre, capitale-laboratoire du Brésil alternatif », in Le Nouvel économiste numéro 1194, du 22 février au 7 mars 2002.

11 Voir par exemple Miguel CRISTOBAL, « A propos de la " taxe Tobin ", de la " démocratie participative " et d'ATTAC », Supplément (payant et facultatif) à Informations Ouvrières (journal du Parti des Travailleurs - français) n°513.

12 Fausto BERTINOTTI, « Quinze thèses pour une Gauche européenne alternative », dans Contre-Temps n°6.

13 Mimmo PUCCIARELLI, L’imaginaire des libertaires aujourd’hui, Lyon, ACL, 1999.

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