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17/04/2010

Brice tout puissant...

 

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Elle correspond au prototype...

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15/01/2010

Alain et Brice...les deux font la paire

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L'INHESJ, le nouvel institut de recherche sur la sécurité et la justice

publié le 07 janvier 2010

La recherche française sur les questions de sécurité est en plein chamboulement. Le nouvel Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) va prochainement s'installer à l'Ecole militaire (VIIe arrondissement de Paris) aux côtés de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Il est issu de la fusion de l'Institut des hautes études de sécurité (Inhes, ex-Ihesi) qui s'ouvre ainsi à la justice, et de l'Institut d'études et de recherche sur la sécurité des entreprises (Ierse). L'INHESJ est dirigé par André-Michel Ventre, 60 ans, inspecteur général de la police nationale, nommé par un décret paru au Journal officiel, mardi 5 janvier. André-Michel Ventre a notamment été le secrétaire général du syndicat majoritaire des commissaires de police.
Michel Cadot, 55 ans, préfet de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine depuis le 1er juillet 2009, est quant à lui nommé président du conseil d'administration de l'INHESJ.
Etablissement public national à caractère administratif, l'INHESJ passe sous la tutelle du Premier ministre et non plus du ministre de l'Intérieur. Il s'intéressera, selon le décret du 28 d'octobre dernier qui l'a créé, aux "domaines de la formation, des études, de la recherche, de la veille et de l'analyse stratégique en matière de sécurité intérieure, sanitaire, environnementale et économique ainsi que dans ceux intéressant la justice et les questions juridiques". Il maintient le système de sessions établi par l'Ihesi avec une centaine d'auditeurs chaque année (responsables de haut niveau, magistrats et cadres de la fonction publique civile et militaire et de différents secteurs d'activité de la Nation, des Etats membres de l'Union européenne ou d'autres Etats).
Le rapprochement de la police et de la justice se traduit également par l'élargissement des compétences de l'Observatoire national de la délinquance actuellement présidé par le criminologue Alain Bauer aux "réponses pénales" (ONDRP). Celui-ci est également installé au sein du nouvel institut.
M.T. avec AFP

 






Valérie Pécresse va enfin laisser une trace indélébile dans l'Histoire de France, elle y figurera à jamais comme celle qui a signée officiellement la nomination d'Alain Bauer en tant que personnalité qualifiée, au conseil d'administration du nouveau groupement d'intérêt public : le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS)



Non vous ne rêvez pas ! c'est le même Alain Bauer ...

Vice-président de l'université Paris I à 19 ans, conseiller du Premier ministre Michel Rocard à 26 ans, en 1993 après avoir été le conseiller du sulfureux promoteur immobilier Christian Pellerin, le voilà déjà N°2 de la SAIC / NSA (une vitrine des services secrets américains) en Europe. En 1994, il crée sa propre société privée de conseil en sécurité "AB associates" dont il choisit comme secrétaire, jusqu'en 1997, Nathalie Soulié (la compagne de Manuel Valls ). Dans le capitale de cette société on retrouve la SOCADIF (société d'investissement de l'ex-journaliste d'extrème droite Patrick Grumelart). Le nom de Bauer revient (M.Valls aussi) dans "l'affaire de la MNEF" dont il est l'un des administrateurs sous Mitterand (M.Valls aussi). Sous Chirac il devient grand maître du Grand Orient de France jusqu'à sa démission en 2005. En bon commerçant il s'insinue alors en tant qu'expert en "criminologie" tout comme son comparse Xavier Rauffer (de son vrai nom Christian de Bongain, un militant d’extrême droite, co-fondateur des groupuscules "Occident chrétien" et "Ordre nouveau") avec qui il rédige quelques ouvrages terrorisant d'alarmisme (le "Que sais -je" sur les violences urbaines ou " Le nouveau chaos mondial"), ils enseignent tout deux en Chine, à l’École supérieure de police criminelle et au Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Pour Laurent Mucchielli, sociologue :
" A.Bauer suit toujours le vent du moment. Il a adopté un discours catastrophiste au moment où c''est devenu à la mode, à la fin des années 1990."
Le "criminologue" se voit décerner le prix Orwell des Big Brother Awards France en 2003 pour avoir alimenté un discours biaisé sur les causes de "l’insécurité" et pour avoir fait la promotion grâce à sa société privée, des "moyens" de la combattre en promulguant conseils et recommandations. Nommé président de l'Observatoire national de la délinquance (OND): Bauer jongle avec les chiffres de l'insécurité. Dès juillet 2004, il révèle au patron de l''UMP que son nom figurait sur les fameux listings Clearstream. En août 2007, il enrichit d’une contribution spéciale la publication de la police de New York (NYPD) sur "La Radicalisation en Occident : la menace qui grandit parmi nous". En novembre 2007, Sarkozy qui l'emploie déjà comme conseiller, lui confie avec Bernard Squarcini (à l'époque directeur de la DST ), la mission d'assurer la protection et... d'encadrer Rachida Dati, fragilisée par la sortie du livre "La tricheuse" qui devait révéler qu'elle n'a jamais décroché le diplôme d'HEC. C'est encore lui qui recommande le maintien du fichage ethnique en 2008 (M.Valls aussi) lors du dépoussiérage des fichiers de police.

Fort de croire qu'il a plus d'influence qu'un sous-secrétaire d'Etat, déjà conseiller officieux de la nouvelle Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) en matière de lutte anti-terroriste, Bauer, grâce au "décèlement précoce" (un pouvoir de pré-cognition de piètre qualité qu'il croit posséder), désigne en 2007 et 2008 une nouvelle menace intérieure: "les terroristes d'ultragauche", en faisant personnellement parvenir à plusieurs responsables de la sécurité intérieur des exemplaires de "L'insurrection qui vient"(Ed la fabrique), agrémentés de ses notes sur la résurgence d'une soit-disant nébuleuse mouvance qu'il compare volontairement à la RAF ou à Action Directe, susceptible de pouvoir devenir "violente" et qui pourrait être incarnée par d'hypothétiques auteurs ou lecteurs de cet ouvrage. Bauer, dont la société de conseil en sécurité accumule désormais les contrats juteux avec les collectivités locales et les entreprises, se flatte même d’avoir attiré l’attention d’Alliot-Marie sur Julien Coupat, fournissant ainsi un ennemi qui justifie la création de la nouvelle structure du renseignement intérieur (DCRI), tout en cherchant à criminaliser toute dissidence sociale en ces temps de "crise économique". Après une forte polémique en 2009, il est nommé professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) . Le décret créant cette chaire de "criminologie" et l’attribuant à notre "expert" est signé par le président lui-même.

Surnommé «le gros Bobo», l'homme trouve toujours sa voie dans le mystère des antichambres et des adultères politiques (M.Valls aussi). Depuis la fac : il est toujours dans l''intrigue, bien connu pour entretenir, par tout les moyens, la peur qu'il suscite chez l'autre…d'où son affection particulière pour les régimes d'exceptions, outils de terreur et de propagande moderne adapté à des modes de gouvernances et de conditionnement par la peur. A la croisée des mondes, Bauer est un homme de réseaux. Là réside son influence, que Stéphane Fouks, dirigeant la communication chez Euro RSCG (société membre du nouveau CSFRS) et très vieil ami de Bauer explique par sa théorie de la "tectonique des plaques" : «Les mondes - économique, politique, médiatique, judiciaire - se sont écartés. Les passerelles sont devenues d''autant plus importantes qu'elles sont plus rares. Alain joue précisément ce rôle-là.»

Ayant déjà co-imaginé ce nouveau groupement "d'intérêt public" dans son rapport de mars 2008, pensé son organisation après validation de Sarkozy qui lui a confiée la présidence d'une mission de pilotage , notre "Sherlock-Kissinger" à la française va "objectivement" prendre la tête du conseil d'administration. Cette nouvelle structure, sorte de NSA façon Super-Dupont, supervisera à court terme tous les instituts de recherche en matière de sécurité civile et policière. Cette structure initiée aussi à l'origine par le très atlantiste député UMP Pierre Lelouche permettra au pouvoir présidentiel de contrôler tous les instruments d'analyse et de renseignement du pays.

Le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS) est opérationnel depuis le 1er janvier 2010, il est constitué pour une durée de cinq ans renouvelable et sa gestion est assurée selon les règles du droit privé. Le groupement dépendra donc, pour les orientations, de la présidence de la République et fonctionnellement du Premier ministre, il est composé de :

• l'Etat représenté par le Premier ministre ainsi que les ministres de l'enseignement supérieur et de la recherche, de l'intérieur, de la défense, de la justice et des libertés, des affaires étrangères et européennes, du budget, de la santé, de l'écologie et de l'énergie.

• l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l'Université de Paris II, l'Université technologique de Troyes, l'Ecole nationale d'administration (ENA), l'Ecole polytechnique, l'Ecole nationale des ponts et chaussées, l'Ecole des hautes études commerciales (HEC Paris).

• SANOFI-Aventis, EADS France SAS, Euro RSCG, EDF, Total SA, la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), la Caisse des dépôts et consignations, SAFRAN SA (fusion de Sagem et de la Snecma), la Régie autonome des transports parisiens (RATP).
Le CSFRS a pour objet le soutien, la coordination et l'animation des efforts développés en matière de recherche stratégique et de formation dans les domaines de la sécurité et de la défense de façon à permettre l'élaboration et l'actualisation d'instruments de référence de niveau international.
A cette fin, le groupement entend :

― développer des activités de recherche et de formation, en promouvant les interactions entre, d'une part, les différents champs disciplinaires ou domaines touchant à la sécurité, à la défense et à la justice et, d'autre part, les organismes publics ou privés qui en sont chargés ;
― financer des programmes de recherche ainsi que l'accueil de chercheurs ou de personnalités étrangères de haut niveau ;
― aider à la mise en place au niveau européen et international de partenariats avec les organismes ou institutions en charge de thématiques similaires ;
― favoriser la mutualisation des moyens et aide à la valorisation des résultats de la recherche ;
― promouvoir une culture de l'évaluation des études et des résultats obtenus ;
― valoriser la réflexion stratégique nationale à l'étranger et prend toute initiative pour améliorer la participation française aux projets de recherche stratégique initiés par la communauté internationale ou par l'Union européenne.
A. Bauer a obtenu le feu vert monarko-impérial pour regrouper les différents instituts chargés de la formation et de la recherche dans la défense et la sécurité, en deux nouveaux sous-ensembles :
- le premier, dit le pôle "sécurité intérieure", issu de la fusion de l'INHES et de l'IERSE (Institut d'Etudes et de Recherche pour la Sécurité des entreprises) qui sera chargé notamment du crime organisé et du terrorisme, de la justice pénale, de la sécurité civile, de la sécurité sanitaire, de la sécurité des entreprises et de l'intelligence économique.

- le second, dit le pôle "défense-affaires étrangères" issu de la fusion de l'IHEDN et du CHEAr (Centre des hautes études de l'armement) et chargé de la culture de défense, de l'armement et des actions internationales.


Scientifiques, chercheurs et militaires sont réticents.

Les universités et le CNRS n'avaient déjà pas appréciées d'être saisis du projet de création d’une « nouvelle criminologie » française émanant du pouvoir politique actuel, projet qui s'inscrit dans un programme plus vaste de mise sous tutelle de la recherche sur les questions de sécurité et de justice pénale. Ils exprimaient déjà de sérieuses mises en garde depuis janvier 2009, à travers une pétition dans laquelle ils dénonçaient le dernier rapport Bauer, sa volonté de regrouper et contrôler, sa conception biaisée de la connaissance scientifique, sa légitimité, ses compétences douteuses, sa confusion entre recherche et expertise pour l'administration. De plus, pour ces chercheurs et scientifiques du secteur de la défense et de la sécurité :
"Prétendre centraliser les financements de la recherche tout en s’assurant le monopole de la conservation et de l’interprétation des données du domaine pénal c’est inévitablement déboucher sur une pensée unique étroitement assujettie à des préoccupations politiques et opérationnelles."
Les militaires n'apprécient pas plus "l'homme pivot" nommé par l'Elysée et font savoir qu'ils n'ont pas attendue la nomination d'un criminologue venu du ministère de l'intérieur pour s'intéresser aux questions de stratégie : " La défense et la sécurité intérieure, même si elles ont des points communs, ont des spécificités qu'il faut savoir respecter ".


"Mieux comprendre, réagir plus vite, éviter la répétition des erreurs, faire sauter les tabous sera le rôle du CSFRS", des mots qui font frémir (il adore ça !) dans la bouche du grand maitre en "criminologie d'état", chargé de faire de la recherche stratégique et du "décèlement précoce" pour le compte de l'Élysée. À la fois juge et partie, plus commerçant d'influence que grand universitaire ou fin stratège, sa nouvelle nomination n'offre aucune garantie d'indépendance face au pouvoir politique et prouve que "la répétition des erreurs" n'a encore cette fois-ci, pas pu être évitée.

http://ultrahumandignity.blogspot.com/

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12/09/2009

Brice "not nice" Hortefeux et la gestion des flux discri-migratoires (à sens unique).

 

M. HORTEFEUX a signé avec le Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Béninois de l’Extérieur, M. Moussa OKANLA, un accord sur la gestion concertée des flux migratoire et le codéveloppement.

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Signature de l’accord au Ministère des affaires étrangères


Le co-développement a-t-il un seul sens ?

Olivier Le Masson description auteur
Juillet 2009

Le co-développement est un concept ancien dont la signification a considérablement varié en fonction des temps, des lieux et des orateurs. Dans les années 1960, l’idée ambitieuse – issue du Psu de Michel Rocard – était de placer les relations entre le Nord et le Sud, et plus spécifiquement l’aide publique au développement (APD), dans le cadre d’une analyse des besoins des États contractants. C’était un désir de donner une traduction concrète, immédiate, permanente à la solidarité (Jean-Pierre Cot, 1984). Aucune référence n’est alors faite à la migration.

Depuis les années 1990, l’utilisation de ce terme est de plus en plus fréquente pour qui veut évoquer le lien entre « développement » et « phénomènes migratoires ». La nouvelle conception du « co-développement » est fondée sur une recherche de la complémentarité entre migration et développement : « Elle vise surtout à renforcer l’intégration en France tout en favorisant la solidarité active avec les pays d’origine, à créer les conditions sociales pour aider les migrants potentiels à demeurer chez eux (…). Elle signifie le dépassement de la coopération pour l’instauration d’objectifs communs. L’intérêt partagé de la France et des pays d’origine est de faire de l’immigration un vecteur de développement (Sami Naïr, 1997) ».

Un outil de gestion des flux migratoires ?

En 2003, le co-éveloppement a été redéfini par le gouvernement français comme « la valorisation de l’action des migrants en faveur de leur pays d’origine quelle qu’en soit la forme (valorisation de l’épargne au service d’investissements productifs, transferts de compétences, ou apports d’expériences sociales et culturelles) ». L’accompagnement des migrants de retour et les aides à la réinsertion ont été rattachés à cette « valorisation de l’action des migrants » à qui on demande de ne plus l’être !

L’approche sémantique du co-développement est encore peu partagée. En mai 2007, la création du ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale auquel a été accolé le terme « co-éveloppement » n’a pas facilité l’émergence d’une culture commune. Le changement de nom du ministère substituant « développement solidaire » à « co-développement » en mars 2008 – même s’il est passé inaperçu aux yeux du grand public - a finalement amplifié l’amalgame entre co-opération et co-développement, entre la solidarité internationale classique et ce tryptique autrement plus complexe entremêlant migrations, citoyenneté et développement. Et depuis 2006, la généralisation des « accords relatifs à la gestion concertée des flux migratoires et au co développement/développement solidaire » (huit signatures fin 2008), fait que c’est encore la question des migrations et de la gestion des flux migratoires qui est posée et pour laquelle le co-développement a été érigé en solution.

Dès lors, la décision d’octroyer des fonds spécifiques de co-développement en fonction de l’acceptation de signer ces accords concertés de gestion des flux migratoires et de développement solidaire, induit une conditionnalité de l’aide publique française qui pose question. Les plus contestataires soulignent le caractère aussi contradictoire qu’inégalitaire de cette politique qui dote de ces fonds dédiés les « villages de migrants » pourtant déjà les plus riches dans un contexte de baisse de l’APD, et qui voit par ailleurs les « villages sans migrant » ne pas pouvoir bénéficier de ces fonds. Ceux-ci ironisent alors sur le sens caché de ce message qui serait devenu : « Ayez des migrants et partez en migration pour bénéficier des fonds de l’APD » ? De leur côté, les OSI et les OSIM ont alerté les pouvoirs publics : « Les actions de co-développement ne doivent être ni un moyen de pression sur les migrants, établis dans notre pays, ni une monnaie d’échange dans la négociation d’accords bilatéraux », (cf. Déclaration conjointe Coordination Sud et Forim, juillet 2007) !

Mobilité et échanges

Il est vrai que la dynamique impulsée par la politique de coopération française depuis dix ans a créé les conditions pour que le rôle des migrants acteurs de développement de leur région d’origine soit valorisé et appuyé tout en contribuant à combler le désintérêt médiatique qui entoure cette spécificité liée aux phénomènes migratoires sub-sahariens pourtant vieille des années 1960. Mais ces programmes de co-développement sont ainsi orientés essentiellement vers le développement des pays d’origine et misent sur une forte implication des ressortissants dans ces démarches qu’elles soient collectives (développement local, jeunesse) ou plus individuelles (diaspora qualifiée et entreprenariat économique).

Ces programmes de co-développement menés entre la France et les pays d’origine ont certes un certain impact en terme de développement (accroissement des taux de scolarisation, notamment des filles, amélioration de l’accès à l’eau potable et aux droits de santé, lutte contre l’insécurité alimentaire…), mais il est important de mesurer les aspects négatifs de cette conception cloisonnée : « Je voudrais revenir sur une vision prophétique : « Les deux nouveaux paradigmes en matière de migrations internationales : le ‘contrôle’ comme moyen de contenir les migrations, et le ‘développement’ comme moyen de les supprimer, en supprimant leur cause essentielle : la pauvreté, semblent bien s’appuyer sur une vision simpliste des phénomènes à l’œuvre ». Migrations internationales et développement sont effectivement appréhendés par les politiques publiques comme des problèmes, alors qu’il faudrait les considérer comme porteurs d’espoir, non pas celui de la fin des migrations internationales d’une part et d’un développement à l’égal d’un modèle dominant d’autre part, mais comme une capacité à circuler pour répondre aux besoins ou aux envies des personnes » [1].

En 2006, le Secrétaire général des Nations unies a présenté les phénomènes migratoires comme devant constituer « une double chance, pour les territoires d’origine mais aussi d’accueil ». Rééquilibrer cette dynamique d’échange et d’action permet de placer le centre de gravité au cœur de l’espace migratoire composé des différents territoires parcourus et de désamorcer un débat politique trop souvent idéologique qui, appréhendé aux échelles territoriales nationales, n’arrive qu’à provoquer fractures et discontinuités. Le co-développement est donc bien ce processus de développement partagé, simultané entre « ici » et « là-bas ». Les migrants, « vecteurs de co-développement », sont les passeurs de ces pratiques de solidarité partagées par un réseau d’acteurs de co-opération au Sud comme au Nord qui assurent le continuum « territoires d’origine-de transit-et-d’accueil ».

Le co-développement vu par les migrants du Sud

Le terme de co-développement est rarement utilisé par les migrants agissant pour le développement de leur région d’origine. En quittant leur famille et leur village, ils ont contracté une double dette (économique : coût du trajet, et sociale : absence du foyer) que l’investissement dans des projets de développement ne semble pouvoir combler. Si l’habitude leur fait préférer le terme de « projet de développement » et illustre bien leur volonté de rejeter tout particularisme communautaire, certains revendiquent de « faire du co-développement » depuis près de cinquante ans ! Ceux-là souhaitent substituer à cette « double-absence » [2]– étranger ici, toubab là-bas – une « double-présence » – citoyens ici, citoyens là-bas – capable d’engendrer autant de dynamiques de co-développement.

Contrairement à la France, en 2007, où dix candidats sur douze avaient donné des contenus politiques d’ailleurs très différents au concept de co-développement, la même année, aucun candidat à la présidentielle du Mali, de la Mauritanie ou du Sénégal n’en a fait un thème principal de campagne.

Au gré des réserves de devises des banques centrales, les États ont plus ou moins accordé de l’intérêt à leur diaspora ou plus exactement à l’épargne de cette diaspora. Plus généralement, les acteurs locaux en Afrique sub-saharienne ne voient souvent dans les migrants qu’un « compte en banque à distance » et le sujet reste encore peu analysé en dehors des cercles familiaux. Les grilles d’analyse des déterminants du départ ou encore de l’impact réel des investissements migrants sont peu diffusées. De même, la connaissance au Sud des contextes de vie au Nord (organisation associative, système de cotisation) reste succincte et les attentes des migrants en termes de projets de développement font trop rarement l’objet de concertation sur l’espace migratoire. Les migrants restent in fine ces « absents utiles ».

Les acteurs politiques du Sud restent méfiants. Comment dès lors envisager l’élaboration de politiques concertées, de cadres normatifs, et de mécanismes administratifs de prise de décision sans associer fortement les acteurs des territoires d’origine (institutions, autorités locales, responsables associatifs, organismes privés) à la réflexion ? Si la recherche dans ce domaine commence à peine en Europe, il est urgent de la mener conjointement en Afrique.

Pour une coopération décentralisée

En réalité, seuls quelques rares territoires à travers le monde peuvent se targuer de pratiques de co-développement dynamiques et régulières. Il s’agit du bassin du fleuve Sénégal (Mali, Mauritanie, Sénégal, Cap Vert, Guinée Bissau), du Sous-Massa-Drâa au Maroc, des Comores et du Mexique.

Si les transferts financiers – les remises – des migrants de leur territoire d’accueil à leur territoire d’origine sont la deuxième source de flux financiers à travers le monde, en revanche, les projets de co-développement menés entre les « ici » et les « là-bas » – qui font aujourd’hui l’objet d’une fascination en apparence suspecte – sont ainsi loin d’être généralisés. Il y a bien quelques associations de diaspora issues d’autres pays d’Afrique qui ont lancé des initiatives équivalentes. Compte tenu du lien étroit qui peut exister entre « remises », « assistanat » (là-bas) et « exclusion » (ici) – s’appauvrir ici dans l’espoir de s’enrichir là-bas – on peut s’interroger : cette généralisation érigée en politique publique est-elle vraiment souhaitable ?

Le Grdr souligne l’intérêt de mettre en valeur le continuum territorial de ces espaces migratoires (le « double-espace ») afin de construire des articulations économiques, sociales et culturelles fortes et pérennes entre les acteurs des différents territoires.

Les migrants ont investi le champ de « l’ouverture à l’international » d’abord à travers leur itinéraire personnel, puis collectivement par leur engagement associatif militant pour consolider les passerelles économiques et socioculturelles avec leur région d’origine. Mais la valorisation des migrants partenaires du développement local de leur commune d’origine et acteurs de développement local de leur commune de résidence modifie les rapports entre collectivités et offre une proposition alternative aux communes françaises qui développent actuellement des projets de coopération décentralisée. L’analyse parallèle des jeux d’acteurs sur chacun des territoires est un démultiplicateur des relations possibles d’associations à associations, entre professionnels de la santé et de l’éducation, de citoyens à citoyens… Elle stimule les échanges sur des problématiques partagées au Nord comme au Sud de démocratie participative, de concertation locale, d’aménagement du territoire. Révélateurs curatifs des lignes de fractures sociétales, ces liens favorisent ensuite les interactions citoyennes, activent les principes d’interculturalité, du vivre ensemble et de cohésion sociale, participent à la démocratisation des actions de solidarité internationale et fédèrent ainsi les processus de co-développement. Ils illustrent les potentialités d’une coopération décentralisée vectrice d’enrichissements mutuels et donne du sens au concept novateur de co-développement local. Elle permet enfin de rendre à ces migrants trop souvent considérés comme doublement absents, cette double-présence vectrice de citoyenneté…

Vice-président d’EU-Nomad (European Network On Migrations And Development), un réseau qui regroupe une quinzaine d’Ong originaires de dix pays européens depuis octobre 2007, le Grdr veille à inscrire ses analyses dans ce rapport dialectique à l’Ailleurs et à l’Autre au sein d’un même espace migratoire, continu et indivisible, où les logiques de réseau euro-africains de diaspora et de construction de partenariats multi-acteurs sont symboliques d’une citoyenneté active aux multiples visages [3].

Olivier Le Masson,

Olivier Le Masson est géographe, coordinateur des programmes « double-espace » au Groupement de recherches et de réalisations pour le développement rural (Grdr).

Notes

1 Patrick Gonin, 20 ans de Migrinter, citant J-P. Guengant (REMI, n°2, 1996), juillet 2006.

2 Abdelmalek Sayad, La double absence – Des illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré , Seuil, 1999, 444 p.

3 Ndlr - cf. « Associations de co-développement », Projet n° 288, septembre 2005, pp 4-17.

 

 

Malgré la forte pression exercée par Paris, Bamako refuse de signer l’accord sur « l’immigration concertée » destiné à cautionner les reconduites à la frontière. Tous les autres pays concernés, à savoir, Sénégal, Gabon, Bénin, République démocratique du Congo, Togo, se sont mis au pas suite à des propositions alléchantes d’aide au développement.  Mais le Mali, non ! Un non historique qui permet aujourd’hui au Président Malien Amadou Toumani de gagner quelques points sur sa côte de popularité en chute libre ces derniers temps avec la gestion de la rébellion au nord du pays et du coup, et de se hisser au même rang que ses processeurs, feu Modibo Keïta, Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré qui, chacun en sa manière, ont opposé la même résistance à l’ancien colonisateur.

Sous la houlette de Brice Hortefeux, son ministre en charge du dossier, que la France a exercé d’intenses pressions sur le Mali en vue de la signature de l’accord bilatéral de gestion concertée des flux migratoires. Méfiez-vous de l’euphémisme du ton. Il s’agit  tout simplement, pour la France, d’avoir la caution du Mali pour d’expulser en toute liberté ses compatriotes.. En somme, l’accord, s’il était signé aurait permis à la France, de vider de son territoire, tout malien indésirable. En échange, Paris apportera son appui aux autorités du pays pour leur collaboration. Il s’agit, en l’occurrence  d’un accroissement de l’aide au développement. Mais les autorités maliennes ne sont pas dupes. L’apport des compatriotes vivant à l’extérieur étant plus important que toute aide au développement que la France pourrait éventuellement octroyer, céder à ce chantage aurait de lourdes conséquences. ATT a visiblement
suivi l’opinion publique malienne profondément hostile à la politique française sur le continent. Et les Maliens n’en sont que ravis.

Il faut dire que les relations franco-maliennes sont des plus atypiques. Elles ont été plusieurs  fois marquées dans le temps, par un sursaut d’orgueil côté malien. Le Premier Président Modibo Keïta, après l’indépendance, tourna le dos en  optant pour le communisme. Paris ne lui pardonna pas cette offense. Mais qu’importe ce qui pouvait lui en coûter. Sa fierté malienne prit le dessus.
Moussa Traoré, à son tour, opposa sa résistance en décidant de se «tourner vers l’Ecole Japonaise». La France ne le toléra pas. Elle s’impliqua profondément dans le processus à l’origine du changement en 1991.
Mais rien n’était encore gagné pour Paris. En 1995. Le Premier Président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré refusa net de se rendre à Dakar au Sénégal pour y rencontrer Chirac. Les Maliens apprécièrent le geste. La France, non !

Aujourd’hui, malgré la forte pression, voire le chantage exercé par Paris, c’est Amadou Toumani Touré à son tour, qui reprend le flambeau de la résistance de ses prédécesseurs.  Et ceci est fort réjouissant.
Par son geste, ATT vient de gagner des points sur sa popularité quelque peu malmenée ces temps-ci par la question de la rébellion au nord du pays. Naturellement, ceci, ni encore moins la pression exercée par ses compatriotes n’explique son sursaut d’orgueil. Il s’agit d’une constance chez les chefs d’Etat maliens, une question de dignité !
B.S. Diarra
http://www.maliweb.net/category.php?NID=39473

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10/09/2009

Les "railleries ordinaires" de Brice "not Nice" Hortefeux

Quelles sont les paroles les plus dures que vous ait dites l’entourage de Nicolas Sarkozy ?
Ce sont des mots de Brice Hortefeux, le bras droit de Nicolas Sarkozy. « Allez, fissa, sors de là, dégage d’ici ! Je te dis dégage ! ». Il me les a dits le 11 octobre 2006 à l’Assemblée nationale. Nous étions assis à trois rangs l’un de l’autre. Mais auparavant, tout au long de l’année précédente, Nicolas Sarkozy me disait à chaque fois qu’on se retrouvait au conseil des ministres: « Ah! Tu es encore là, toi! », sous forme de boutade. Au bout de la dixième semaine, ça commençait à faire beaucoup.

Une autre fois, au moment du projet de loi sur l’immigration, il menace de vous « casser la gueule ».
Oui, c’était le lendemain d’un jour où j’avais déclaré à Marseille que je ne m’appelais pas Azouz Sarkozy, et que si des gens avaient des questions à propos de ce projet de loi il fallait qu’ils s’adressent à Nicolas Sarkozy.(Azouz Begag)

 

 

 

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04/09/2009

Violences policières, Brice "Not Nice" Hortefeux continue à minimiser les faits face à Mélissa Theuriau sur M6

Brice Hortefeux minimise les faits et ne répond pas aux questions de la journaliste Mélissa Theuriau.

 




 

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03/09/2009

Brice "Not Nice" Hortefeux porte plainte aussi...contre Auto Plus...

Vu sur Rue89

Double page d'Auto Plus sur le parc automobile du gouvernement

Selon l'hebdomadaire Auto Plus paru ce mardi, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux aurait commandé deux Citroën C6 du modèle le plus luxueux, et ce à peine arrivé place Beauvau après le dernier remaniement. Dans la matinée, par la voix de son porte-parole, le ministre à démenti ces révélations. Joint par Rue89, l'auteur de l'article titré « Malgré la crise, l'Etat flambe encore » maintient.

Dans le court article consacré au fidèle des fidèles de Nicolas Sarkozy, qui fait partie d'un dossier où sont aussi épinglés le ministère de la Défense, l'Assemblée nationale et la mairie de Nevers, Pierre-Olivier Savreux n'y va pas de main morte :

« D'entrée, il se paye 2 Citroën C6 !

Le mardi 24 juin dernier, Brice Hortefeux fait son arrivée à l'Intérieur. Le lundi qui suit, Citroën reçoit de la place Beauvau une commande ferme de deux limousines C6, pour le “pool” de véhicules réservé au ministre.

Pourtant, ce dernier détient déjà deux autos du même modèle, utilisées par Michèle Alliot-Marie (ex-locataire du lieu) et qui fonctionnent très bien. On redoute un caprice de Brice qui exigeait de bénéficier d'un cuir tout neuf ?

Toujours est-il que ces deux nouvelles C6 coûteront près de 100 000 euros, quand deux jeux de housses auraient peut-être suffi… »

« Brice Hortefeux n'a commandé aucun nouveau véhicule. »

Cité par LeParisien.fr, « le ministère de l'Intérieur apporte un démenti formel aux informations de l'hebdomadaire ». Gérard Gachet, porte-parole :

« Brice Hortefeux n'a commandé aucun nouveau véhicule.

Il a repris la voiture de fonction dont disposait Michèle Alliot-Marie. Une Citroën C6 avait été commandée avant son arrivée par l'administration, dans le cadre du renouvellement régulier du parc du ministère. Elle sera livrée fin 2009 et remplacera une autre voiture déjà en service depuis 2007, qui sera réattribuée. »

Joint par téléphone, Pierre-Olivier Savreux est justement en train de préparer un communiqué annonçant qu'il maintient ses informations. « Je méga-confirme, preuve à l'appui », dit-il :

« Le ministère a bien commandé deux Citroën C6 2,7 HDI bi-turbo, en
finition Exclusive, je viens d'enregistrer à nouveau les déclarations
de ma source qui le confirme : le ministère de Brice Hortefeux a passé commande à Citroën de ces deux voitures. »

« Si le ministère en apporte la preuve, facture à l'appui, je
veux bien faire une précision »

Pour le journaliste, le ministère n'est « pas très malin » quand il affirme qu'il n'y a qu'une seule voiture, « puisque les grands ministères commandent toujours deux voitures, dont une “doublure” en cas de défaillance de la première ».

Mais la commande a-t-elle pu être actée avant le départ de Michèle Alliot-Marie ?

« Les voitures ont été renouvelées avant le terme habituel, au bout de trois ans, en raison du remaniement. Mais si le ministère nous en apporte la preuve, facture à l'appui, je veux bien, à la rigueur, faire une précision dans le prochain numéro, pour dire qu'il s'agissait de MAM. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

 

Selon Auto Plus, le ministre de l'Intérieur aurait commandé deux Citroën C6 de luxe. Le ministère de l'Intérieur dément et a décidé de porter plainte contre l'hebdomadaire, selon Le Figaro.

Sur Le Post, Pierre Taylor, rédacteur en chef d'Auto Plus maintient ces informations et dit "n'avoir reçu encore aucun papier juridique".

http://www.lepost.fr/article/2009/08/25/1668574_hortefeux-porte-plainte-contre-auto-plus-pour-propagation-de-fausse-information.html

 

 

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