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13/01/2010

Les habitants de Rosarno, en Italie du Sud, ont ouvert la "chasse à l'immigré" avec l'aide des autoritées, et de la mafia...

La population "souchienne" du Sud de l'Italie est incapable de communiquer avec les "immigrés" venant travailler aux durs travaux saisonniers (récoltes des oranges, mandarines).

Politique populiste, peur de l'autre, racisme ordinaire...

 

Le témoignage d'un travailleur Malien victime de jeunes Italiens:

 

article de presse:

Voici pourquoi les ramasseurs d’oranges gagnent une misère

CALABRE | Les violents affrontements de la semaine dernière dans la petite ville de Rosarno ont braqué les projecteurs sur l’exploitation des sans-papiers qui récoltent les agrumes pour une paie dérisoire. Décryptage.

© EPA | De nombreux sans-papiers africains


BERNARD BRIDEL | 12.01.2010 | 00:00

Un euro de l’heure, soit une dizaine par jour pour un travail exténuant: tel est le «salaire» de misère moyen des travailleurs clandestins affectés à la récolte des agrumes (oranges et clémentines) dans la plaine de Gioia Tauro en Calabre. Moins d’une semaine après les violents affrontements qui ont opposé, jeudi dernier, sans-papiers africains et habitants de la petite ville de Rosarno, on commence à y voir un peu plus clair dans les raisons et les mécanismes de cet esclavagisme moderne.

Dans une enquête très fouillée publiée hier, le quotidien La Repubblica rappelle que, a priori , l’exploitation des clandestins n’est pas une fatalité, dans la mesure où, dans le Trentin, au nord du pays, les ouvriers agricoles déclarés qui ramassent les pommes sont payés en moyenne 7 euros de l’heure et sont souvent nourris et logés par leurs employeurs.

Revenant sur les conditions de vie des clandestins de Calabre – dont près d’un millier ont été évacués ce week-end de ­Rosarno – La Repubblica explique comment le «marché aux esclaves» est parfaitement organisé par des «caporaux» qui recrutent les sans-papiers, leur «recommandent» où faire leurs maigres achats, les orientent vers les hangars dortoirs… le tout pour un montant d’une vingtaine d’euros par travailleur facturé à l’employeur!

La pointe de l’iceberg

Mais il y a pire, explique au journal Pietro Molinaro, président de la Coldiretti de Calabre (la principale association de producteurs d’Italie): «Rosarno n’est que la pointe de l’iceberg» d’un immense système de fraude et d’exploitation dans lequel la criminalité organisée cherche à tirer un profit maximum. «En Calabre, poursuit Pietro Molinaro, il n’y a pas que les «baraques en papier» des clandestins, mais il y a aussi les «oranges et l’huile de papier», soit ces entreprises bidon qui n’ont ni oranges ni oliviers mais réussissent à encaisser les subventions de l’Union européenne.

Sur le fond, et sans s’étendre sur le rôle joué par la ’Ndrangheta (la mafia calabraise) dans les événements de Rosarno, les producteurs d’agrumes expliquent que sans le travail des immigrés africains, c’est l’agriculture même de la plaine de Gioia Tauro qui serait menacée.

Secteur en crise

Pourquoi? La concurrence internationale, dit Molinaro. Et de citer ces bateaux-citernes de jus d’orange en provenance du Brésil ou ces cargos d’oranges d’Espagne qui débarquent leur cargaison dans ce même port de Gioia Tauro… le tout étant revendu comme produits «made in Italy».

Leurs marges ayant fondu, leur main-d’œuvre bon marché partie, les producteurs craignent un avenir sombre. Et certains assurent déjà que l’an prochain, ils laisseront les fruits pourrir sur les arbres.

http://www.tdg.ch/actu/monde/ramasseurs-oranges-gagnent-misere-2010-01-11

 

témoignage de travailleurs Marocains et Africains

 

 

article de presse:

Chasse aux noirs en Italie : la mafia accusée
La Ndrangheta est suspectée d’avoir provoqué les violences contre les travailleurs saisonniers africains

En fin de semaine dernière, plus d’un millier d’ouvriers agricoles africains ont été contraints de fuir le sud de l’Italie, après des affrontements sur fond de xénophobie qui les ont opposés à la population locale. Soixante sept personnes ont été blessées. Mardi, la police italienne qui soupçonne la Ndrangheta, l’une des quatre familles mafieuses les plus puissantes du pays, d’avoir provoqué les émeutes, a procédé à l’arrestation de onze personnes.

Premier pays africain à réagir après la chasse aux immigrés africains qui a secoué le sud de l’Italie en fin de semaine dernière, l’Egypte a dénoncé mardi, dans un communiqué, « les pratiques racistes » et « la propagation d’un discours de la haine ». « Le ministère des Affaires étrangères dénonce les violences qui se sont produites dans la localité italienne de Rosarno et la vaste campagne d’agression » contre les immigrés, lit-on dans le communiqué. Pour la diplomatie égyptienne, « Ces dernières violences en date ne sont qu’une facette des nombreuses violations auxquelles font face les immigrés et les minorités en Italie, y compris les minorités arabe et musulmane ».

Il y a deux jours, le Vatican dénonçait également la xénophobie dans le sud de l’Italie. Un « Immigré est un être humain, différent de par sa provenance, sa culture et (ses) traditions mais c’est une personne à respecter et qui a des droits et des devoirs » a déclaré, dimanche, le pape Benoît XVI.

Jeudi dernier, des ouvriers noirs de la ville de Rosano en Calabre (sud de l’Italie) rentrent d’une journée de travail, quand, d’une voiture, on leur tire dessus avec une carabine à air comprimé. Certains d’entre eux sont blessés. Cet incident n’est pas le premier. L’année dernière déjà, dans la même région, des journaliers africains préposés à la cueillette des mandarines avaient été la cible de tirs. Ils avaient ensuite assisté impuissants, à l’incendie des campements de fortune dans lesquels ils vivaient.

Les Africains excédés

Les Africains, sans-papiers pour la plupart, qui sont plus d’un millier à travailler dans la région, sont excédés par cette deuxième agression. Jeudi soir, plusieurs d’entre eux manifestent dans les rues de la ville. Ils brisent des vitres, mettent le feu aux poubelles et brûlent des voitures. Vendredi, les habitants de Rosarno organisent leur réplique. Des barricades sont dressées sur la voie ; on prépare des bidons d’essences ; on brandit des fusils de chasse. Une véritable chasse à l’immigré est lancée. Les affrontements font 67 blessés, dont 31 étrangers, 19 policiers et 17 habitants italiens. L’intervention de la police permet de limiter les dégâts. Les immigrés s’enfuient, abandonnant sur place leurs affaires. Un millier d’entre eux est acheminé par car, vers des centres d’hébergement.

Le dimanche, des bulldozers entrent en action, détruisant les abris sommaires dans lesquels ils vivent. Lundi, la préfecture de police de Reggio de Calabre chiffre à 1.128, le nombre d’immigrés qui ont quitté la région. Le même jour, une manifestation pacifique et silencieuse rassemble, selon les organisateurs, 5 000 personnes (2 000 selon la police) dans les rues de Rosarno, soit le tiers de la population de la ville. Une manifestation contre le racisme, à laquelle participent quelques Africains encore présents dans la cité.

La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête pour déterminer le rôle qu’a pu jouer la Ndrangheta, la maffia locale dans l’agression des noirs. Celle-ci est soupçonnée d’organiser le travail au noir des immigrés surexploités, qui sont payés un euro le cageot de fruits, et doivent s’acquitter d’une « taxe » de 5 euros, pour « frais de transport aux champs ».

Mardi, le parquet a émis 17 mandats d’arrêts, et procédé à l’interpellation de 11 personnes soupçonnées d’appartenir à la maffia. Des biens de plusieurs millions d’euros ont également été saisis.

mardi 12 janvier 2010 / par René Dassié


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16/12/2009

Stop à la répression et aux violences policières à Copenhague !!!

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 12 2009 17:51
Copenhague : Reclaim the power, la manifestation durement réprimée

Organisée par la coalition Climat Justice Action (CJA), la
manifestation «Reclaim the power» (reprenons le pouvoir) a rassemblé
des milliers de personnes à partir de 7 heures du matin aujourd’hui à
Copenhague. C’est aux cris de «C’est le système qu’il faut changer, pas
le climat» ou «Nous voulons la justice climatique» que les manifestants
— danois, français, allemands, italiens, espagnols… — ont convergé,
dans une ambiance très solidaire, vers le siège de la négociation
internationale alors que les négociations sont au stade de la confusion
la plus totale.


L’objectif était simple : passer les grilles de protection du centre
officiel des négociations climatiques pour faire du Bella Center le
lieu d’une assemblée populaire afin de «reclaim power». Les moyens
étaient humains : organiser plusieurs fronts. Après deux heures de
marche sous la neige, plusieurs milliers de manifestants sont arrivés à
quelques deux cent mètres de la zone rouge, symbolisée par des grilles
de protection. Autorisé, le rassemblement a été déclaré illégal par la
police «au nom de la reine» (sic) dès l’instant où les manifestants
sont arrivés devant les grilles. Décidé à résister, le cortège essuya
charges nombreuses et particulièrement violentes, gaz, matraques et
chiens policiers, pas très sensibles aux saucisses que leurs lançaient
quelques personnes, tout ça sous la surveillance des hélicoptères
infatigables depuis une semaine.

Comme à son habitude depuis une semaine, la police a encerclé la foule,
arrêtant tout ce qui bouge. Il est difficile à ce stade de connaître le
nombres des gardes à vue, toutefois le chiffre de 200 ne paraît pas
improbable. Depuis une semaine ce sont plus de 1800 personnes qui ont
connu la garde à vue dans ce que l’on appelle maintenant la «climat
Jail» c’est à dire le centre spécial de détention mise en place pour
les mobilisations.

Au delà de l’action de la police, il se passe à Copenhague
quelque-chose de neuf, on sent l’énergie, l’expertise et l’envie que
nous avions connu dans le mouvement altermondialiste au début des
années 2000, reste à savoir si nous saurons politiquement en faire
quelque chose…

À suivre…

Fred à Copenhague pour HNS-Info, 16 décembre 2009.

















21:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/11/2009

Mort de Mohamed Boukrourou, la police mise en cause...+ article : Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations (eric Hazan)

Valentigney

M. Boukrourou : la police mise en cause

M. Boukrourou : la police mise en cause

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

 

Deux semaines après la mort de Mohamed Boukrourou, le parquet de Montbéliard a ouvert, hier, une information contre X, pour « homicide involontaire », mettant ainsi pour la première fois directement en cause l’action de la police.

 

Le parquet de Montbéliard a demandé, hier, l’ouverture d’une information judiciaire « contre X » pour « homicide involontaire » dans l’affaire de Mohamed Boukrourou, mort au cours d’une interpellation que la procureure de la République de Montbéliard, Mme Thérèse Brunisso avait qualifiée de « violente » quelques heures après les faits, et juste avant d’ouvrir une première information « en recherche des causes de la mort », alors que le rapport partiel d’autopsie concluait à un décès provoqué par « la conjugaison d’une altération cardiaque et d’un stress important ».

 

Mais après avoir pris connaissance du rapport final d’autopsie et des premiers éléments recueillis par les juges d’instruction, la procureure a décidé, hier, de « requérir la clôture de l’information ouverte en recherches des causes de la mort et d’ouvrir une information contre X du chef d’homicide involontaire », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

 

« Ce cadre procédural, garant de l’équilibre du droit des parties, doit permettre aux juges d’instruction d’approfondir les conditions dans lesquelles l’intervention des services de police s’est déroulée et d’établir si elle a concouru au décès de Mohamed Boukrourou », a ajouté la procureure, se refusant à tout commentaire supplémentaire.

« Des violences exercées par les policiers »

 

« Je constate que la justice avance et que les juges sont déterminés à faire la lumière sur l’affaire. Les choses vont dans le bon sens », a déclaré le frère du défunt, Abdelkader Boukrourou, 39 ans « On est rassurés de voir que le dossier n’est pas refermé », a ajouté son frère Karim, 37 ans, faisant état du recueil de « trois témoignages au moins relatant des violences exercées par les policiers », et insistant sur « le caractère choquant de cette mort ». « Il faudra que les policiers nous expliquent pourquoi ils ont fait ça, alors que notre frère était parfaitement inoffensif ! », estime la famille de la victime.

 

« Les résultats de l’autopsie vont dans le sens de nos affirmations et de celles des témoins. Elle fait état de choses graves », a ajouté Abdelkader sans vouloir donner d’autre précision.

 

Des témoins avaient affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire. Au début de l’enquête, le parquet de Montbéliard avait, dans un premier temps, écarté l’hypothèse de coups. La sénatrice (Verts) Alima Boumediene-Thiery a annoncé mardi avoir saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité « sur les circonstances de la mort » de M. Boukrourou.

 

Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) s’est porté partie civile aux côtés de la famille pour que « toute la vérité soit faite ».

 

Le 12 novembre, vers 17 h, au centre-ville de Valentigney, Mohamed Boukrourou, père de famille de 41 ans, avait été traîné de force dans un fourgon par des policiers, appelés par le pharmacien qui se disait, selon la police et le parquet, « inquiet de l’état d’énervement extrême » de son client qu’il connaissait de longue date, mais qui protestait contre la qualité des médicaments génériques qui lui avaient été délivrés. « En réalité, dans le feu de la discussion qui les opposait, Mohamed avait juste menacé de porter plainte contre le pharmacien », précise la famille. Victime de détresse respiratoire dans le véhicule de police, Mohamed Boukrourou, assisté par des sapeurs-pompiers, avait été reconduit dans la pharmacie où son décès avait été constaté par un médecin à 18 h 05.

http://www.lepays.fr/fr/article/2237970/M.-Boukrourou-la-police-mise-en-cause.html

 

 

Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations



Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Ce 24 septembre, Hakim Djelassi, 31 ans, se dispute avec sa future épouse, Hélène. Ils logent à l’hôtel Mister Bed, rue de Béthune, dans le Vieux-Lille. Rameuté par les voisins, le réceptionniste appelle la police. Il est huit heures du matin.

Bruno Reboul, dans Nord-Eclair, raconte la suite. « Après une arrestation mouvementée, Hakim Djelassi fait un malaise cardiaque dans le fourgon de police qui le transportait à l’hôpital. Arrivé à Saint-Vincent, il tombe dans le coma, et mourra deux jours plus tard, le 26. La famille affirme avoir vu le corps de Hakim couvert de marques de coups à l’hôpital, et si le parquet a indiqué depuis que l’autopsie n’avait pas permis de démontrer que la mort a été causée par des violences, le doute demeure dans l’esprit des proches de Hakim. Une instruction est toujours ouverte au tribunal de Lille, afin de déterminer les causes de sa mort, mais secret oblige, aucune information nouvelle n’a émergé depuis. »

« Nous, on ne dit pas nécessairement que c’est une bavure, il y a une présomption d’innocence dans ce pays, qui est aussi valable pour la police, c’est ce qu’a toujours dit le père de Hakim, insiste Simon Sernac, 27 ans, qui est l’un des porte-parole du collectif Justice pour Hakim. On ne veut pas préjuger du résultat final, et on fait confiance à la justice, mais on ira jusqu’au bout pour savoir. »

Démarrant à 10 heures, une marche silencieuse, la deuxième après celle du 29 septembre, devait avoir lieu à Lille, ce samedi 21 novembre.

Mohamed Boukrourou aussi était vivant avant son interpellation

Le 13 novembre à Valentigney, rapporte TF1, Mohamed Boukrourou, 41 ans, se rendait dans une pharmacie pour acheter des médicaments. En fin d’après-midi, il était déclaré mort. Dans quelles conditions ? Comment, à la suite de quel enchaînement fatal un homme parti pour acheter de quoi se soigner avait-il pu mourir dans la même journée ?

Son passage à la pharmacie a, semble-t-il, donné lieu à un échange tendu avec le pharmacien. Mohamed Boukrourou protestait contre la qualité des médicaments qui lui avaient été remis. Et le pharmacien inquiet de « l’état d’énervement extrême » de ce client avait appelé la police. Mohamed Boukrourou est alors traîné dans un fourgon par des policiers. L’interpellation dérape, sans que l’on sache au juste pour quelle raison : victime d’un arrêt respiratoire dans le véhicule de police, l’homme est reconduit dans la pharmacie. C’est là que son décès devait être constaté, à 18 h 05.

le 16 novembre, une marche silencieuse de quatre kilomètres réunissant une foule compacte et solidaire a abouti à la pharmacie, plantée à deux pas de la mairie au cœur de ville, devant laquelle Mohamed Boukrourou est mort un jeudi après-midi (lire le journal belfortain Le Pays).

Le parquet de Montbéliard a ouvert une information judiciaire pour « recherche des causes de la mort » suite au décès de Mohamed Boukrourou. Le procureur de la République de Montbéliard, Thérèse Brunisso, déclare « éliminer toute hypothèse de coups » de la part des policiers (LibéStrasbourg)

Saisi par la famille, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) a annoncé, vendredi 20 novembre, qu’il se portait partie civile (lemonde.fr/AFP). La famille de la victime avait déclaré qu’à l’occasion de la toilette mortuaire du défunt, « des bleus sur le visage et une lèvre éclatée » , avaient été constatés. Des témoins ont affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire, a ajouté le MRAP. Le procureur de Montbéliard avait indiqué que les marques étaient dues à l’autopsie et au frottement sur le sol du visage de la victime lors de l’interpellation, éliminant « toute hypothèse de coups ».

Deux interpellations qui interpellent et en rappellent deux autres.

Abdelhakim Ajimi était vivant avant son interpellation

Laurent Mouloud raconte dans L’Humanité : « Le 9 mai 2008, Abdelhakim Ajimi, 22 ans, cuisinier au chômage, vient retirer de l’argent au guichet du Crédit agricole, dans le centre-ville de Grasse. L’employé refuse, constatant que le jeune homme a dépassé son autorisation de découvert. Abdelhakim perd alors son calme, hurle sur le guichetier. Le directeur de la banque s’interpose, reçoit une gifle.

Prévenus, cinq policiers de la brigade anticriminalité (BAC) l’interpellent non loin de son domicile. L’affaire s’engage mal. Abdelhakim Ajimi, malgré son petit gabarit, se débat, refuse les menottes, mord l’un des fonctionnaires. Un autre, pris dans l’empoignade, aura l’épaule démise. Finalement, les policiers parviennent à lui passer les bracelets aux poignets. Abdelhakim est plaqué au sol, sur le ventre. Un fonctionnaire le maintient avec son genou, appuyé sur la colonne vertébrale, un autre pratique une clé d’étranglement »
.

Abdelhakim Ajimi, inerte, sera relevé par deux policiers. Il sera déclaré mort à 16 h 30, au commissariat. Selon la version policière, il a fait un arrêt cardiaque.

Le 8 octobre 2008, Jean-Louis Moreau, procureur adjoint de la République de Grasse déclarait (voir le site de TF1) : « On a l’impression qu’il y a peut-être eu de la part des gardiens de la paix une mauvaise prise en compte des règles qu’ils appliquent normalement pour maîtriser les gens quand ils se rebellent ». « La durée de la maîtrise a peut-être aussi été trop longue (…) Ceci correspondrait à une imprudence, je parle au conditionnel. C’est aux juges de décider d’une éventuelle mise en examen des policiers en cause pour homicide involontaire. » Le dimanche 11 mai, une marche était organisée.

Le 12 mars 2009, rapporte Le Nouvel Oservateur, cinq policiers ayant participé à l’interpellation en mai 2008 à Grasse d’Abdelhakim Ajimi, 22 ans, mort après cette intervention, ont été mis en examen pour non-assistance à personne en danger.

Ali Ziri était vivant avant son interpellation

Le 9 juin dernier, cet Algérien âgé de 69 ans, se trouvait à bord d’un véhicule conduit par son ami Arezki Kerfali, 61 ans, quand tous deux ont été arrêtés, sortis de la voiture, menottés, et, à en croire le témoignage de ce dernier, frappés. D’après lui, ce sont ces coups qui sont à l’origine de la mort de son ami Ali Ziri, décédé un peu plus tard à l’hôpital. L’enquête avait dans un premier temps été confiée au commissariat d’Argenteuil où exercent les policiers mis en cause par ce récit, et une première autopsie avait écarté tout décès consécutif à un traumatisme (Le Parisien). Le 24 juin à Argenteuil, une marche pacifique devait réunir plus d’un millier de personnes.

A l’époque, le parquet n’avait pas souhaité donner suite à cette affaire, puisqu’il n’y avait « pas de suspicion de bavure ». Selon le procureur adjoint, « l’autopsie de M. Ali Ziri exclut que la cause du décès puisse résulter d’un traumatisme, et conclut qu’elle est due au mauvais état de son cœur ». (Le Nouvel Observateur)

Sauf qu’une seconde autopsie est venue jeter le doute sur le comportement des policiers lors de l’arrestation d’Ali Ziri. Lire l’article de Luc Bronner dans Le Monde du 12 septembre “Itinéraire d’un vieil immigré algérien, mort après une interpellation musclée”.

Le 10 octobre, Le Parisien nous informait que le parquet de Pontoise a pris un réquisitoire supplétif « contre X » pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». C’est une deuxième autopsie qui a été décisive dans cette décision puisqu’elle a mis en évidence beaucoup plus d’hématomes que la première et a fait « un lien entre les hématomes et le décès », précise le parquet.


Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations.


Auteur : Eric Hazan - 21/11/2009
Source : Veilleur de jour - Le Monde.fr

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25/11/2009

Tarnac : "Les policiers ont braqué un enfant de quatre ans"

pris chez le JL

Tarnac : "Les policiers ont braqué un enfant de quatre ans"


L'avocat de Christophe B..., interpellé ce matin à Tarnac, dénonce les méthodes de la police antiterroriste.


Jérémie Assous est l'un des avocats qui assure désormais la défense des «Neuf de Tarnac». Manon G..., l'une des mis en examen dans cette affaire, lui a demandé d'assurer la défense de Christophe B..., son mari, interpellé ce matin à Tarnac. Ce dernier ne pourra voir son avocat qu'à l'issue de sa garde à vue dont la durée a été fixée à 72 heures.

Que savez-vous sur l'arrestation de ce matin ?

Ils (les policiers de la sous-direction antiterroriste, NDLR) ont cassé la porte de l'appartement ce matin à 6h30. Ils ont procédé au placement en garde à vue de Christophe B... Ils ont procédé à une perquisition lors de laquelle ils ont tout retourné dans l'appartement. Face à la peur et à l'angoisse des enfants, notamment du petit de 4 ans, ils ont eu comme réaction pour le calmer de le braquer. Comme si braquer un enfant de 4 ans pouvait le calmer. C'est la deuxième fois qu'ils procèdent de la sorte alors que les coordonnées de M. B..., ils les ont dans le dossier depuis de nombreux mois. Une simple convocation aurait permis d'obtenir le même résultat.

Cette interpellation n'est pas un hasard, selon vous ?

Ce qui est intéressant, c'est que ça tombe pile la veille d'une réunion où nous sommes, nous avocats de la défense, invités par certains députés à l'Assemblée nationale [...] Pile la veille d'un article qui devrait être publié demain dans le Canard Enchaîné qui met en cause la version policière. Mais aussi, l'avant-veille d'un article qui doit être publié dans le Nouvel Observateur. Et surtout, un mois presque, jour pour jour, après qu'on ait déposé sur le bureau du juge d'instruction, une note qui démontre le fait que Julien Coupat et Yldune Lévy n'étaient pas présents à Dhuisy là où l'une des voies ferrées du TGV est a été sabotée.

La réaction du juge Fragnoli, plutôt que d'instruire à décharge et d'exploiter les éléments qu'on lui soumet, c'est de procéder à de nouvelles arrestations. C'est strictement similaire à ce qui s'est passé plus tôt cette année à la suite de certaines remises en liberté avec l'arrestation de "proches" de Julien Coupat [Ce fut le cas notamment de Tessa, membre du comité de soutien de Paris, interpellée le 28 avril, puis relâchée sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle].

Le juge Fragnoli n'est pas prêt à procéder à une reconstitution de la nuit des événements, les lieux étant soi-disant trop loin. Mais il est prêt à envoyer des policiers à 430 km de Paris pour placer quelqu'un en garde à vue !

Pour vous, tout cela est ridicule ?

Quand on pense qu'on en est à auditionner, notamment la jeune fille au pair que Julien Coupat a eu, il y a 22 ans [...] Si on en est là. Si une instruction antiterroriste ne propose rien d'autre, mieux vaut effectivement la suppression du juge d'instruction.

Propos recueillis par Mickaël Nicolas
Leur presse (La Montagne), 24 novembre.

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21/11/2009

Au salon Milipol, Taser sans fil et flashball (un peu) létaux

pris sur Rue89

Au salon Milipol, Taser sans fil et flashball (un peu) létaux

Armes non-létales, moins létales, sublétales… au salon de la sécurité, les fabricants se prennent les pieds dans le tapis.

Antoine Di Zazzo, de Taser France, fait une démonstration au salon Milipol de Paris, le 18 novembre (Chloé Leprince/Rue89)

Milipol, le salon de la sécurité intérieure, s'achève ce vendredi, Porte de Versailles, à Paris. Quatre jours de travées musclées, près d'un millier d'exposants, des attributs virils à foison, et des gâchettes du monde entier. Le raout (d'envergure mondiale, attention) a eu lieu alors que les polémiques se multiplient en France sur l'utilisation d'armes réputées non mortelles, flashball ou taser en particulier. Par exemple après que Joachim Gatti a perdu un oeil dans une manifestation, à Montreuil, à l'été 2009.

Une publicité pour Flashball (DR)Petit tour d'horizon des stands qui vantent ces armes à « létalité réduite ». Premier constat : les difficultés lexicales. Ainsi, chez le fabricant stéphanois Verney-Carron, qui distribue l'essentiel des flashballs utilisés par la police en France, on se tire beaucoup les cheveux au rayon traduction.

Sans que personne à la direction ne se souvienne officiellement à quand remonte le changement, on est ainsi passé du terme « arme non létale » à « arme sublétale » ( »relatif à un état proche de la mort »). Sur le site, on parle toujours d'« arme à létalité atténuée ». Officiellement toujours, « ce changement n'a aucune signification », assure Guillaume Verney-Carron. Sauf que, sur les affiches du stand, rédigées en anglais, on lit « less lethal weapons » (« armes moins létales »).

Une traduction maladroite qui en dit long

Quelques allées plus loin, les Brésiliens Taurus (les pistolets) et Condor (les munitions) n'ont pas vu le magazine distribué à l'entrée du salon à plus de 20 000 visiteurs. Une bourde attire pourtant l'attention : l'article qui est consacré à l'arsenal de caoutchouc qu'ils commercialisaient dès 1985 est titré « Létales, mais efficaces » :

« Les produits de Condor Tecnologias Nao-Letais (Brésil) sont non-létaux et avant tout destinés au maintien de l'ordre et au contrôle des émeutes. »

L'article consacré aux produits Condor (DR)

Alors, létal, un peu létal, moins létal, moyennement létal, pas vraiment létal ? Visiblement, les exposants brésiliens, non francophones, n'avaient pas remarqué l'erreur, modérément à leur goût. Quand on lit la suite de l'article, on comprend en fait que deux des révolvers sont utilisables aussi bien à balles réelles qu'avec des projectiles en caoutchouc.

Distribution de Que-sais-je à volonté

Pour sa part, la société SMP Technologies, le distributeur français de Taser, ne s'embarrasse pas de pirouettes lexicales, et affiche un moral d'acier pour vendre ses armes explicitement « non létales ». Sans ciller ? Voire. Le PDG, Antoine Di Zazzo, accusé d'avoir espionné son détracteur Olivier Besancenot, a tout de même investi dans des centaines d'exemplaires du « Que sais-je » publié aux PUF et intitulé « Les armes non létales ».

Le bouquin part comme des petits pains, sur le stand, tandis que les candidats défilent pour tester à quoi ça ressemble, de se faire taser en direct.

Avec Antoine Di Zazzo, pas de circonvolutions pour savoir s'il fait bon appeler « non létale » une arme qu'Amnesty International accuse d'avoir tué plusieurs centaines de personnes outre Atlantique. Même si le Conseil d'Etat a rendu cette année une décision sanctionnant la généralisation des pistolets X26 dans la police municipale faute d'instruction suffisante, le distributeur trace sa route.

Pour le salon Milipol, il venait de recevoir de la maison mère, basée en Arizona, deux nouveaux modèles qu'il espère bien vendre aux forces de l'ordre françaises.

Deux nouveaux modèles fraichement déballés

Deuxième constat : les armuriers eux-mêmes ne savent pas toujours très bien de quoi on parle, à force de louvoyer face aux critiques.

Le X3, dernier modèle de pistolet électronique Taser, a pour spécificité un double laser permettant de voir si l'interpellé a déjà été touché, et trois cartouches adaptées à la distance de tir. Di Zazzo, qui affirme « avoir écouté les critiques et fait modifier le produit aux Etats-Unis », et précise que la différence entre l'ancien et le nouveau modèles réside dans l'intensité de la douleur provoquée par le courrant électrique - désormais plafonnée. (Voir la vidéo)

 

Après vérification sur le stand de Taser US, où le fondateur de la société américaine répond en anglais et en personne, il n'y a pas de caméra sur le pistolet X3. Contrairement à ce qu'affirmaient la chef de produit chez Taser France et Antoine Di Zazzo.

Simple boulette ? Pas sûr, car l'argument de l'enregistrement automatique de l'action est servi en permanence par les défenseurs des armes non létales en France. Antoine Di Zazzo, qui sait que l'Hexagone est frileux sur ce point, affirme que la quasi totalité des pisolets X26, seul modèle actuellement en service en France, ont été commandés équipés d'une caméra. On peut en douter vues les statistiques fournies par Tom Smith, patron de Taser US :

« Depuis le lancement, en 2003, nous avons produit 350 000 pistolets Taser, et 40 000 caméras à intégrer dedans. Les caméras n'ont été vendues qu'à partir de 2006. En fait, c'est pour éviter l'escalade de la violence que nous avons décidé de supprimer la caméra insérée dans la crosse.

Parce que, pour enregistrer une séquence et donc un suspect, il fallait obligatoirement lui braquer l'arme dessus. On a préféré commercialiser un casque équipé d'une caméra qui ressemble davantage à une oreillette bluetooth. »

Autre nouveauté de ce rayon qu'on est à deux doigts d'appeler « paralétal » : le fusil à pompe pour munitions de 12 mm -jaune, « pour ne pas confondre avec un fusil classique“- et sa nouvelle munition, la XREP -une balle d'aspect un peu bizarre qui semble inventée par Géo-trouvetout.

La munition (199 euros pièce pour info) a pour spécificité d'agir comme un projectile qui vient se planter dans les vêtements et se déplie en deux impacts. Si la personne interpellée arrache ce ‘Taser sans fil’, il reçoit une décharge électrique. Nouvelle démonstration par Antoine Di Zazzo, qui précise que la chose se tire aujourd'hui à 32 mètres et qu'elle n'équipe pas encore les forces de l'ordre françaises. (Voir la vidéo)

 

Antoine Di Zazzo, de Taser France, fait une démonstration au salon Milipol de Paris, le 18 novembre (Chloé Leprince/Rue89)



 

21:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/10/2009

Criminalisation du mouvement social - Retour à la Section Spéciale ?


71001.jpg

à découvrir sans modération : faure.pdf

http://www.editionsantisociales.com/Le-Proces-des-30.php

 

 

 

 

 

Manif "contre la criminalisation du mouvement social et contestataire" à saint-étienne

From "Elsa Chevrier"

 

Date Mon, 15 Jan 2001 01:46:18 -0500 (EST)

 

________________________________________________

A - I N F O S N E W S S E R V I C E

http://www.ainfos.ca/

________________________________________________

 

Hier samedi 13 janvier 2001 a eu lieu à Saint-Étienne une manifestation "contre la criminalisation du mouvement social", dans le but de protester contre la répression policière, les inculpations de mlilitant-e-s avec prétextes mensongers, contre les mensonges médiatiques à propos de nos luttes, contre la vidéosurveillance et le fichage incessant... mais aussi en soutien aux inculpé-e-s de Nice, en particulier aux 5 personnes qui passent en procès le 1er février pour "entrave à la circulation". Nous étions environ 200 (estimation personnelle et peut-être erronée!) à défiler dans les rues de Saint-Étienne, scandant et chantant des slogans, au rythme d'une petite fanfare improvisée. Des tracts ont été distribués aux passants (jour de soldes donc rues bondées!) pour leur expliquer ce qui se passait, quelques graffitis laissés sur les murs et de nombreux autocollants posés sur le passage. Le défilé, largement décoré de drapeaux noirs, et coloré de quelques déguisements, s'est ainsi fait entendre pendant deux heures dans les rues du centre ville et s'est fini par une petite représentation de jonglage

enflammée. Nous n'étions pas 10 000, cela ne changera pas le comportement des flics et des autorités, mais nous avons pris la parole, avons visibilité une infime partie de notre lutte, et c'est déjà ça.

 

Ci-joint les textes des deux tracts qui ont été

distribués :

 

*******************************************

manifestation régionale:

le samedi 13 janvier à 15 h, devant la Bourse du Travail à Saint-Étienne

 

CONTRE LA CRIMINALISATION DU MOUVEMENT SOCIAL!

 

 

A Nice, le 7 décembre 2000, la manifestation

anticapitaliste contre le sommet des chefs d'état

européens a donné lieu à une sévère répression et de

nombreuses arrestations. Parmi celles-ci : cinq

militants libertaires et syndicalistes (quatre

stéphanois et un lyonnais) sont interpellés par la

police. Ils sont inculpés pour entrave à la

circulation (art. 7 du Code de la route), et risquent

2 ans de prison ferme plus 30 000 Frs d'amende,

chacun. Pour autant, ces militants ne faisaient que

gêner pacifiquement un véhicule de la délégation

italienne qui circulait dans les rues piétonnes.

 

Cet exemple vient s'ajouter à d'autres, dans un

processus international où nos dirigeants, états et

patrons, s'efforcent de criminaliser le mouvement

social par tous les moyens à leur disposition :

arrestations arbitraires, inculpations pour des

prétextes fallacieux, désinformation médiatique, lois

scélérates (lois xénophobes, mesures anti-ouvrières),

vidéosurveillance, fichiers illégaux...

 

En France, ce sont plusieurs milliers de militant/es

qui sont attaqué/es devant les tribunaux pour leur

participation à des actions revendicatives, en soutien

aux sans-papiers, dans les luttes antifascistes ou

syndicales, au sein même des entreprises. Certain/es

se retrouvent en prison, d'autres récoltent des

amendes bien trop lourdes pour leurs budgets.

 

Systématiquement, celles et ceux qui proposent une

critique radicale du système capitaliste sont visé/es.

Il s'agit de les désorganiser, et finalement de les

broyer pour empêcher leurs luttes quotidiennes, dans

leurs combats humains, où ils occupent le terrain pour

la construction d'un autre futur...

 

 

Pas de justice, pas de paix!

 

 

**************************************************

tract distribué par des individuEs

non-organisationné-e-s:

 

NOUS MANIFESTONS CONTRE LA REPRESSION ET LA

CRIMINALISATION DE NOS MOUVEMENTS CONTESTATAIRES, NOUS

MANIFESTONS PARCE QUE NOUS REFUSONS LA VIOLENCE ET LES

MENSONGES DE LA POLICE, DE L'ETAT !!

 

 

A l'école on m'a toujours raconté que la france était

"le pays des droits de l'homme", que c'était une

république démocratique - ce qui signifie "le pouvoir

au peuple" -, que les citoyen-ne-s y étaient libres

(entre autres jolis adjectifs!) et que la liberté

d'expression était un des grands principes de notre bô

pays, depuis la révolution de 1789. On m'a aussi

raconté que les lois étaient là pour veiller à l'ordre

dans la société, pour le bien être de toutes et tous,

et que les "forces de l'ordre" étaient là pour faire

appliquer les lois, pour le bien être de toutes et

tous. Qu'en est-il réellement de tout ça?

 

Les 6 et 7 décembre nous sommes allé-e-s manifester à

nice, contre un sommet européen où étaient en train de

se décider des choses en douce, qui allaient

privilégier les intérêts financiers et amoindrir les

droits des peuples. Le 6 une manifestation-défilé sage

et traditionnelle, composée de syndicats et

d'organisations officielles, a été autorisée, certes.

Mais cette manifestation fort conventionnelle n'a en

rien été écoutée par les membres du sommet, tout juste

entendue. Et toute autre forme de protestation a été

fortement, gravement, réprimée et criminalisée. Le 7

une tentative protestation par le blocage du sommet a

été lancée. Dès les premières tentatives d'approche de

l'Acropolis, où avait lieu le sommet, les

manifestant-e-s ont été copieusement gazé-e-s, et

ainsi toute la matinée, avec entre autres un gaz au

chlore interdit (car dangereux!) dans un texte

européen ratifié par la france! Ceci a continué

lorsqu'un gros groupe de manifestant-e-s est allé à

midi réclamer la libération de plusieurs personnes

injustement arrêtées : nouveaux gazages, nombreuses

arrestations sans motifs valables, jets de grenades

assourdissantes, dispersion par un canon à eau, traque

des manifestant-e-s par des agents de la BAC (brigade

anti-criminalité), matraques en main, dans les rues de

la ville... Les autorités, bien aidées par les médias

qui savent toujours aussi bien mentir, ont justifié la

répression par la "violence" de certain-e-s

manifestant-e-s". Il est d'une absolu mauvaise foi de

tenir compte de cet argument puisque :

-la violence et les gazages de la police ont commencé

bien avant que quelques vitrines aient été brisées

-parmi les manifestant-e-s gazé-e-s, frappé-e-s,

arrêté-e-s un grand nombre étaient absolument

pacifiques

 

Les autorités ont fait passer toutes les personnes qui

ne manifestaient pas de manière sage et

conventionnelle pour des "voyous", des "casseurs", des

"terroristes", car ces voix qui exigeaient qu'on

écoute leur contestation et leur colère les

dérangeait! Car elles avaient peur qu'on empêche leurs

accords du fric d'être signés. Des milliers d'italiens

et italiennes possédant papiers d'identité et titres

de transport en règle ont été bloqués à la frontière.

Alors que les accords européens prévoient justement la

libre circulation des personnes et des biens, ces

accords ont été annulés pour la durée du sommet, tout

simplement pour empêcher des milliers d'européen-ne-s

de venir exprimer leur contestation, tout simplement

parce que les Grands de ce monde n'avaient pas envie

d'avoir les oreilles encombrées du bruit de notre

colère et voulaient rester bien tranquilles dans leur

forteresse Acropolis pour décider de l'avenir des

peuples européens : un avenir de droits sociaux

diminués et de priorité au profit financier! En

france, un grand nombre de manifestant-e-s ont demandé

des trains gratuits pour aller manifester car

elles-ils n'avaient pas les moyens de payer des

billets à 500francs pour aller s'exprimer. Réponse :

CRS, arrestations arbitraires, coups de matraques et

quelques séjours à l'hôpital! On peut aussi préciser

qu'à l'intérieur de ce sommet aucune ONG n'a eu le

droit d'être représentée et que les journalistes

présents devaient restés dans une pièce où des

"messagers" leur apportaient les informations qu'on

voulait bien leur donner.

 

Des dizaines de personnes ont été arrêtées dans nice

le 7 décembre, une quinzaine a été inculpée et est

passée ou passera en procès. Deux espagnol-e-s ont

pris un mois ferme et deux ans d'interdiction du

territoire français, en comparution immédiate - c'est

à dire sans avoir le temps de préparer une défense -

pour attroupement armé. Le délit d'attroupement =3D le

délit d'avoir manifesté et "armé" parce qu'elle et il

avaient un couteau au fond de leur sac... à côté de

leur morceau de fromage! Deux autres personnes ont

pris un mois ferme le 8 janvier. Des témoignages

affirment qu'une jeune femme, pour avoir refuser

qu'un CRS prenne son sac, a été mise à terre et

frappée alors que deux autres la maintenaient au sol

et que son compagnon tentant de la défendre était lui

aussi matraqué. Ils en ont profité pour démontrer leur

"respect du citoyen" en lui disant: " Je vais

t'éclater la gueule, tu pourras plus faire le tapin

sale chienne" (sic) Plusieurs autres personnes ont été

tabassé-e-s par des flics ou CRS, entre autres

lorsqu'elles essayaient de prendre des photos. Cinq

militants FA et CNT de lyon et saint-étienne passeront

en procès le 1er février : ils sont accusés d'"entrave

à la circulation" et d'avoir "secoué" un véhicule

officiel, ce qu'ils démentent formellement. Ils ont

juste tenté de discuter avec le conducteur, un

officiel italien se rendant au sommet, il n'y a eu

aucune agressivité et lorsque les nombreux policiers

présents ont demandé aux personnes de laisser passer

la voiture elles ont obéi. Ce n'est que lorsque les

policiers ont trouvé dans leurs sacs des autocollants

de la Fédération Anarchiste qu'ils ont décidé de les

arrêter, trouvant là un bon prétexte pour les faire

passer pour des terroristes. D'autres personnes sont

accusées de rébellion, violence, attroupement, toutes

de manière arbitraire puisque les arrestations ont eu

lieu après les manifestations, lorsque ces personnes

se promenaient, allaient rejoindre des ami-e-s ou

attendaient des gens. Les déclarations des policiers

sont souvent bourrées de mensonges énormes, mais la

"justice" française les croit puisqu'elle a déjà

condamné quatre personnes à de la prison ferme, sans

aucune preuve, avec accusations bidons à l'appui, en

donnant plus de crédit aux affirmations grossièrement

mensongère des flics contre les défenses plausibles

des accusé-e-s.

 

Nous manifestons aujourd'hui, entre autres, pour

dénoncer les agissements de la police, des autorités,

de la "justice", qui nous font taire par la violence

et le mensonge, par la répression et les condamnations

arbitraires... pour l'exemple? Nous manifestons aussi

pour soutenir les 5 militants qui passeront en procès

le 1er février, leurs accusations ridicules feraient

hurler de rire s'ils ne risquaient pas gros! Nous

soutenons aussi toutes les autres personnes inculpées

dans las même condition de violence, de mensonge et

d'injustice à nice.

 

Mais ces aventures niçoises n'ont été qu'un grossier

exemple de la manière dont est réprimée en douce

toute contestation un peu trop gênante, de la manière

dont est criminalisée toute personne qui refuse de se

comporter "dans le droit chemin", de la manière dont

est protégé le kapitalisme et l'ordre social au

détriment des peuples, même ici, au pays des droits de

l'homme, et oui!

 

Le 15 janvier un stéphanois passe en procès pour avoir

oser manifester son mécontentement lorsqu'un festival

de musique militaire, hymne à la guerre et à la mort,

avait défilé à saint-étienne. Motif de l'inculpation?

"Coups et blessures sur un policier". L'accusé a été

embarqué alors qu'il tentait d'allumer un pétard et

n'a touché aucun policier, n'a eu aucun geste

agressif. Le médecin a constaté une éraflure sur la

main du policier. L'accusé ne sait même pas qui est

physiquement la personne qui l'accuse!

 

Le fils de françois miterrand, accusé de trafic d'arme

vers l'état raciste d'afrique du sud, est resté 12

jours en détention provisoire, tandis que deux

militants bretons poursuivis pour vol d'explosifs sont

en détention provisoire depuis plus d'un an. Où en

est-on de la fameuse présomption d'innocence? Surtout

où en est-on de la fameuse "égalité", principe

fondateur de notre belle république?!

 

Quel poids à la parole d'une personne qu'on tente de

faire passer pour "voyou", "casseur" ou "terroriste"

face aux mensonges des policiers, des autorités? D'un

côté ceux et celles qui ont le pouvoir, de l'autre

ceux et celles qui n'ont que le droit d'être de sages

citoyen-ne-s et d'honnêtes travailleurs-euses! Et ce

pouvoir est bien entendu, encore et toujours, très

bien servi par des médias qui racontent n'importe

quoi, font passer des actes de contestation politique

pour du vandalisme, décrédibilisent nos luttes.

 

De nombreuses personnes sont en ce moment même en

prison en france pour avoir une activité politique,

sociale, contestataire, qui déplait aux autorités.

Elles sont souvent à tort et avec appui de mensonges,

accusées de terrorisme ou autre délit inventé. Et

leurs traitements en prison sont loin d'être dignes

d'un gouvernement respectant les droits de l'humain-e.

Encore et toujours, cela nous est bien caché, la

réalité est masquée et déformée par les médias... nous

vivons dans un si beau pays! Si nous manifestons

masqué-e-s aujourd'hui, ce n'est pas pour nous la

jouer gueriller@s , ni pour vous faire peur, c'est

parce que toute manifestation est filmée et

photographiée, tout-e manifestant-e fiché-e puis

catalogué-e comme contestataire... trop contestataire?

... terroriste à surveiller?

 

Dans les lois françaises, voilà ce qu'il en est de la

liberté d'expression : si tu n'es pas content-e alors

tu as le droit de manifester, mais il faut avant cela

en demander le droit à la préfecture, qui te diras par

où tu as le droit de passer. Avec un peu de chance les

politicard-e-s feront semblant qu'ils-elles t'ont

écouté, raconteront deux ou trois nouilleries et

passeront à autre chose. Avec un peu de chance les

médias raconteront deux trois bobards sur ta manif et

décrédibiliseront ta lutte. Mais si tu n'as pas

quémandé en préfecture le droit de manifester tu peux

être passible du "délit d'attroupement" : tout membre

d'un groupe (nombre non défini) de personnes dans la

rue auxquelles les forces de l'ordre ont demandé de se

dissoudre 2 fois devient délinquant pour "délit

d'attroupement". (Et bien entendu, les deux

sommations, on ne les entend pas toujours très

distinctement!) Voilà ce qu'il en est de la liberté

d'expression dans les textes de lois français.

 

La police nous matraque et nous gaze, les autorités et

les médias racontent des salades sur notre compte,

nous font passer pour des terroristes pour ne pas

écouter nos contestations, et nous prennent pour des

imbéciles en nous racontant n'importe quoi, la

"justice" pénalise les petit-e-s et est indulgente

avec les grand-e-s, nous sommes écrasé-e-s par le

pouvoir de cette in-"justice" n'avons que de maigres

moyens pour nous défendre contre ses décisions

injustes. Pour finir les lois mêmes de ce pays sont

écrites contre toute personne qui conteste, sont

écrites en faveur de toute personne qui veut nous

faire taire.

 

Voilà pourquoi aujourd'hui nous manifestons : pour

exprimer notre colère, pour prendre la parole, pour

que vous vous rendiez compte de ce que cache le bla

bla hypnotisant des médias et des autorités, pour

dénoncer la violence des flics, pour dénoncer la

violence de la justice, pour dénoncer la violence de

l'état.

 

Face à tout cela, nous pourrions peut-être croire en

une seule loi :

 

" Quand le gouvernement viole les droits d'un peuple,

l'insurrection est pour le peuple et pour chaque

partie du peuple, le plus sacré et le plus

indispensable des devoirs. "

Art. 35 Déclaration Universelle des droits de l'Homme,

1948.

 

 

Des manifestant-e-s qui tiennent à préciser leur point

de vue et à s'exprimer librement.

 

 

 

autre doc pdf : CriminalisationMouvSociaux.pdf

 

 

 

 

Colloque de Bordeaux

Dérives pénales contre droits des citoyens

Gilberto Pagani, Avocat, Milan

LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX

 

 

 

2 octobre 2004

 

 

 

09:16 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/10/2009

Mémoire lourde : archives du 17 octobre 1961

20:58 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/09/2009

Solidarité avec Xavier et Patrice à Grenoble

Pris chez le Jura Libértaire du Mardi 29 septembre 2009

Soli !

Le délibéré du procès de Xavier et Patrice aura lieu le vendredi 2 octobre à 14 heures au tribunal de Grenoble (place Firmin-Gautier, derrière la gare de Grenoble).
Ils sont passés en procès le 4 septembre suite à une plainte déposée par les forces de police pour «rebellions», «coups et blessures sur agents» (sic), «refus de prélèvement d’ADN». Cela faisant suite à la manifestation du 1er mai 2009, à Grenoble, où la BAC, au parc Paul-Mistral, en fin de manifestation, a interpelé et violenté nos camarades.
Soyons nombreux : un coup contre l’un d’entre nous, est un coup contre tous ! Soyons solidaires !
Faites circuler l’information à vos camarades, compagnons !
UL CNT 38, 27 septembre 2009.


09:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/09/2009

Résistons contre les violences policières et sécuritaires ensemble

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Adresse du site de RE (Résistons ensemble) contre les violences policières et sécuritaires (+ publication d’un bulletin d’information sur leur site) :

http://resistons.lautre.net/

 

RE78_SEPT_2009.pdf


Résistons Ensemble contre les violences policières et sécuritaires


Il convient de lire attentivement la charte de notre réseau avant de s’inscrire sur nos deux listes de diffusion.

- Ne pas créer une nouvelle organisation, mais un réseau
- Une publication feuillet recto-verso : Résistons Ensemble
- Mettre en place un réseau internet et éventuellement une ligne hotline
- Se sentir solidaires concrètement, réellement : ce qui veut dire, par exemple, un soutien réel aux familles éprouvées… Une aide juridique (éviter l’isolement terrible…)
- Mettre en place des pôles d’avocats
- Faire pression sur les tribunaux pour délocaliser les procès.
- Faire pression par lettres recommandées
- Aller en nombre aux tribunaux
- Un soutien logistique aux associations locales.
- Créer un réseau d’information pour rapprocher luttes dans les quartiers et militants (exemple : pourquoi pas une grève syndicale en rapport a une bavure…)
- Un travail de sensibilisation (lycéens…)
- Une nouvelle éducation civique dans les quartiers ; intégrer le fait de la colonisation
- Eviter que les quartiers populaires soient complétement sous contrôle ; que des check-points soient installés tout autour de chaque quartier
- Un forum d’alerte dès qu’il y a un problème en banlieue. Groupes de vigilance et d’intervention en cas de besoin, au niveau de chaque agglomération, de chaque secteur
- Ne pas collaborer avec la police. Refuser d’aller dans les réunions des contrats locaux de securité
- Se mobiliser ensemble pour déconstruire le discours sécuritaire, pour déconstruire le discours des médias
- Remettre en cause les lois qui ne vont pas dans le sens de la cour européenne des droits de l’homme. Penser à la dimension européenne, internationale. Au delà des frontières
- Retrouver un langage de classes. Les opprimés luttent tous les jours pour leur survie ; ils ont l’habitude de la lutte et ce sont eux qui feront la lutte, et non des gens qui parlent à leur place
- Suivre les mouvements qui sont déjà dans la lutte
- Règles de fonctionnement du réseau internet

18:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/09/2009

Violences policières, Brice "Not Nice" Hortefeux continue à minimiser les faits face à Mélissa Theuriau sur M6

Brice Hortefeux minimise les faits et ne répond pas aux questions de la journaliste Mélissa Theuriau.

 




 

18:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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