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24/01/2011

Le contrôle de l'insécurité alimentaire - biocarburants et spéculation

CHICAGO HEBDO/Maïs et soja à leur plus haut niveau depuis l'été 2008

Chicago (awp/afp) - Les prix du maïs et du soja ont continué d'atteindre des niveaux inédits depuis juillet 2008 cette semaine à Chicago, dopés par des révisions en baisse de l'offre par les autorités agricoles américaines.

Publié mercredi, le très attendu rapport mensuel du département américain de l'Agriculture (USDA) était "indéniablement positif pour les cours", a commenté Sudakshina Unnikrishnan, de Barclays Capital.

"Le contexte pour l'offre mondiale a été caractérisé depuis un an par une série de déceptions en raison de conditions météorologiques défavorables: inondations au Canada, au Pakistan et plus récemment en Australie, sécheresse en Russie, Ukraine et Kazakhstan, temps sec en Argentine", a commenté l'analyste. "De ce point de vue, le rapport de l'USDA, qui abaissé davantage que prévu ses prévisions de l'offre, a apporté de nouvelles surprises".

Le ministère a abaissé ses estimations de production mondiale de maïs pour la campagne en cours à 816 millions de tonnes (Mt). Conséquence de cette offre moindre sur les marchés internationaux, et d'une forte demande des producteurs d'éthanol, les stocks américains se situent à un "niveau dangereusement bas", selon l'analyste de Barclays.

Pour le soja, les experts de l'USDA ont revu à la baisse leur prévision de production américaine de soja à 90,61 Mt. Les prévisions d'exportations étant inchangées, le stock final aux Etats-Unis passe sous la barre des 4 Mt, à 3,82 Mt.

Selon Don Roose, de US Commodities, ces chiffres devraient avoir un effet à long terme sur le marché.

"L'année dernière, (l'effet positif du même rapport) a duré jusqu'à la publication du rapport de février", a-t-il rappelé. "C'est donc positif pour au moins un mois, et peut être jusqu'à l'été".

La situation semble moins critique pour le blé, pour lequel l'USDA a revu son estimation de stock mondial.

Vers 16H10 GMT vendredi, le boisseau de soja pour livraison en mars valait 14,09 dollars contre 13,65 dollars une semaine plus tôt. Il a atteint 14,3250 dollars jeudi, niveau inédit depuis juillet 2008.

Le contrat de maïs à échéance mars montait à 6,38 dollars, contre 5,95 dollars vendredi dernier, après un pic jeudi à 6,4950 dollars, là aussi un plus haut depuis juillet 2008.

Le boisseau de blé pour livraison en mars a reculé à 7,6225 dollars contre 7,74 dollars sept jours plus tôt.

ft

(AWP/14 janvier 2011 17h43)

piqué sur romandienews.fr -14/01/2011

La hausse des cours du blé et de nombreuses matières premières agricoles est à l’origine des émeutes au Maghreb. Partout dans le monde, les consommateurs paieront plus cher leurs achats de produits alimentaires.

Les prix de pratiquement toutes les matières premières agricoles sur le marché mondial ont fortement augmenté, ces derniers mois. Cette hausse est si inquiétante que les Nations unies craignent une nouvelle crise alimentaire mondiale. Elle pourrait même être pire que celle qui avait éclaté en 2008. L’Onu juge cette flambée des cours mondiaux « très dangereuse ». 80 pays sont particulièrement menacés. Le Sahel serait, une fois de plus, la région du monde la plus touchée. L’Afghanistan ou la Mongolie pourraient également connaître des difficultés pour nourrir leur population.

La FAO, l’agence des Nations unies chargée de lutter contre la faim dans le monde, a vu son « indice des prix augmenter de 4 % en décembre, par rapport à novembre, soit un point au-dessus du niveau de l’été 2008 » quand les cours étaient au plus haut. La FAO cite en exemple l’indice du prix des céréales, qui a augmenté de 39 % en un an.

En Asie, le prix du riz a augmenté, notamment au Bengladesh. Le gouvernement achète du riz sur le marché mondial pour réapprovisionner les stocks de sécurité. L’Indonésie s’approvisionne aussi sur le marché pour maintenir les prix du riz à des niveaux raisonnables pour le consommateur.

Le Maroc et l’Algérie refont leurs stocks

Les gouvernements du Maghreb font exactement la même chose avec le blé. En quinze jours, l’Algérie a acheté un million de tonnes de blé à la France, pour faire face à la hausse des prix à l’origine des émeutes qui ont touché de nombreuses villes. Le Maroc a acheté 900 000 tonnes pour éviter une crise sociale. L’effondrement du régime du président Ben Ali, dû en partie aux difficultés de la vie quotidienne, inquiète les voisins de la Tunisie, qui multiplient les mesures de maintien des prix des produits de base à des niveaux supportables pour les plus pauvres.

La situation en Russie est tout aussi alarmante. Les prix des pommes de terre se sont envolés, ainsi que ceux de la farine. Ces hausses sont dues aux incendies de l’été dernier, qui ont affecté la Russie, pesant aussi sur les stocks mondiaux de céréales.

Les nouvelles ne sont pas meilleures du côté des États-Unis. Les stocks de maïs et de soja baissent, ce qui aura pour effet de faire grimper les prix mondiaux. Selon le Département américain de l’Agriculture, un autre phénomène devrait favoriser l’envolée des cours du maïs : c’est l’accroissement de la production d’éthanol, le biocarburant dont les volumes de production concurrencent la part de matières premières consacrée à l’alimentation. Et un autre indicateur clignote : celui de l’huile de palme, très utilisée dans l’industrie alimentaire.

Malgré les bonnes récoltes de l’an passé, il aura fallu que la production de la Malaisie soit mauvaise pour entraîner les cours à la hausse.

Le pétrole pèse également sur les prix

Les calamités météorologiques qui se sont abattues depuis plusieurs mois sur la planète sont à l’origine de mauvaises récoltes. Après les incendies russes, les inondations australiennes et brésiliennes, les spécialistes de l’agriculture vont faire leurs comptes en examinant aussi les conséquences sur la météo d’El Nino, le courant pacifique perturbateur de l’équilibre des saisons. Si les récoltes brésiliennes et uruguayennes de maïs ou de soja sont mauvaises, le monde entier se tournera vers les États-Unis.

Enfin, et ce n’est pas la moindre menace sur les prix agricoles : la hausse importante et continue du pétrole aura des répercussions qui auront pour effet d’alourdir les étiquettes.

le 22/01/2011 à 00:00

piqué sur www.lalsace.fr - 22/01/2011

Les stocks de maïs et de soja baissent aux États-Unis

MATIERES PREMIERES HEBDO – Au cours de la semaine du 10 janvier, les cours des deux céréales ont atteint des nivaux inédits depuis juillet 2008 après que le département américain l’agriculture a revu à la baisse ses prévisions de production outre-Atlantique.

Café, maïs et soja à la hausse

Du côté des matières premières agricoles, l’heure était à la hausse la semaine dernière. Voire même aux records. Les céréales ont touché des plus hauts depuis 2008 à Chicago. En cause : la publication du très attendu rapport mensuel du département américain de l’agriculture (USDA), qui a troublé les investisseurs. Ce dernier a en effet abaissé ses estimations de production mondiale de maïs pour la campagne 2010/2011 à 816 millions de tonnes. Alors que la demande ne cesse d’augmenter, poussée par la production d’éthanol, les stocks américains ont été drastiquement revus à la baisse à seulement 18,92 millions de tonnes. Le contrat de maïs à échéance mars a terminé à 6,50 dollars vendredi, contre 5,95 dollars la semaine dernière. Un plus haut depuis juillet 2008.

Pour le soja, l’USDA a aussi revu à la baisse ses prévisions de production américaine à 90,61 millions de tonnes. Les prévisions d’exportations restent, elles, inchangées, ce qui amène le stock final aux Etats-Unis sous la barre des 4 millions de tonnes, à 3,82. D’après les analystes, ce faible niveau devrait tirer les cours vers le haut jusqu’au prochain rapport de l’USDA en février. En attendant, le boisseau de soja pour livraison en mars valait 14,09 dollars vendredi après avoir atteint 14,3250 dollars jeudi, niveau inédit depuis 2008.

Pour le blé, en revanche, les stocks mondiaux ont été revus à la hausse à 177,99 millions de tonnes. Le boisseau de blé pour livraison en mars a terminé la semaine en baisse à 7,6225 dollars.

L’arabica est aussi remonté à son plus haut niveau depuis 13 ans à New York à 244,50 cents la livre tandis que le robusta touchait les 2185 dollars à Londres, du jamais vu depuis 2008. D’après l’organisation internationale du café, «les fondamentaux du marché continuent d’être favorables à des prix élevés». Par ailleurs, «le climat capricieux affecte les récoltes et le transport dans les pays exportateurs, et perturbe l’offre de café à court terme», ceci dans un contexte où la «demande reste soutenue, particulièrement dans les pays émergents», explique l’organisation.

Le cacao est également monté la semaine passée. Le marché reste très volatil alors qu’aucune issue à la crise politique ivoirienne n’est trouvée. A Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars a terminé à 2003 livres vendredi (+4,16% en cinq jours) tandis qu’à New York, le contrat pour livraison à la même échéance finissait à 3045 dollars (+7,52% sur la semaine).

Le brent monte à 99 dollars

La semaine pétrolière a aussi été marquée par la hausse. Principale cause de cette montée des cours : la fermeture d’un oléoduc en Alaska. Long de 1200 kilomètres et reliant la région pétrolifère de North Slope, aux confins de l’Arctique, à la côte Sud de l’Alaska, l’oléoduc Trans Alaska transporte entre 630.000 et 650.000 barils de brut par jour. Cela représente plus de 10% de la production américaine et une source importante d’approvisionnement pour la côte Ouest des Etats-Unis. Sa fermeture a été décidée après la découverte d’une fuite à une station de pompage.

A New York, le baril de référence pour livraison en février a enchaîné trois séances consécutives de hausse, faisant passer son prix de 89,25 dollars lundi à 91,86 dollars mercredi. A Londres, le mouvement était même plus marqué. Le Brent pour la même échéance a touché son plus haut niveau depuis le 1er octobre 2008 à 98,85 dollars mercredi.

Jeudi a été une journée de consolidation, mais dès vendredi, les cours sont repartis à la hausse, l’incertitude persistant sur la situation de l’oléoduc. «L’offre est abondante aux Etats-Unis, ce n’est donc pas un problème, sauf si cela dure un mois, a précisé Matt Smith, de Summit Energy. Mais tant que la situation n’est pas plus claire, les prix intègrent ce facteur». Les analystes de Commerzbank confirment : «Les perturbations dans la production et les approvisionnements sont considérés comme la raison de cette montée des prix». Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en février a terminé la semaine à 91,54 dollars. De son côté, le baril échangé à Londres est monté jusqu’à 99,20 dollars en séance, avant de clôturer à 98,65 dollars. «Si le Brent devait franchir les 100 dollars, le baril texan devrait essayer d’atteindre de nouveaux sommets», annonce Rich Ilczyszyn, de Lind-Waldock.

Les métaux de base reprennent leur souffle

Sur le London Metal Exchange (LME), la semaine a été plus dispersée. Après avoir démarré l’année sur les chapeaux de roue, les investisseurs reprennent leur souffle. De quoi se demander si la montée du début d’année n’était pas seulement due à une chasse aux bonnes affaires, d’après les observateurs. Par ailleurs, les achats ont été pénalisés par la remontée du dollar en début de semaine.

Le cuivre n’a pas réussi à battre son propre record (9754 dollars) et s’échangeait à 9640 dollars vendredi. Le nickel a baissé à 25.747 dollars la tonne, non sans avoir touché un plus haut depuis mai 2010 à 25.999 dollars, porté par les craintes sur la situation en Australie. Même mouvement baissier pour l’étain (26.750 dollars) qui est également monté à un plus haut depuis novembre dernier après que l’Indonésie a annoncé une baisse de ses exportations en raison des inondations. L’aluminium a reculé à 2470 dollars malgré le fait que Rio Tinto, troisième exportateur mondial, ait déclaré la force majeure sur l’une de ses plus importantes fonderies en Australie.

Plus optimistes, les opérateurs lâchent l’or

L’or a été, pour sa part, pénalisé par un regain d’optimisme du côté des investisseurs. Ces derniers ont apprécié les réussites des trois principales émissions obligataires du moment: le Portugal, l’Espagne et l’Italie. La croissance record en Allemagne au mois de décembre est venu s’ajouter à ce tableau positif sur la situation économique de la zone euro. L’or en tant que valeur refuge n’était alors plus la priorité des opérateurs. Même le recul du dollar n’a pas suffi à freiner le mouvement baissier. Sur le London Bullion Market, l’once d’or a terminé vendredi à 1367 dollars.

Comme toujours, l’or a entraîné l’argent dans son sillage. Ce dernier est tombé à son plus bas niveau depuis début décembre (28,02 dollars l’once) avant de laborieusement remonter la pente. Il termine à 28,27 dollars.

A contre-tendance, les platinoïdes ont fortement progressé, dopés par des tensions sur l’offre suite à des coupures d’électricité dans des mines d’Afrique du Sud. Le platine est monté à son plus haut depuis juillet dernier (1829,50 dollars) et le palladium a franchi la barre des 800 dollars pour la première fois en 10 ans. Sur le London Platinium and Palladium Market, ils terminent la semaine respectivement à 1811 dollars et 795 dollars l’once.

LIRE AUSSI:

» Les matières premières agricoles s’envolent

» Les prix à la pompe poursuivent leur ascension

» Le baril de pétrole frôle la barre des 100 dollars

Gazzane, Hayat

piqué sur marches.lefigaro.f - 17/01/2011

Les conditions sont réunies pour un prix du maïs élevé en 2011

Le rapport du USDA du 12 janvier révèle des conditions qui devraient soutenir un prix du maïs élevé en 2011 : inventaires américains et mondiaux à leur plus bas, productions inférieures aux États-Unis et en Amérique du Sud. Voici les faits saillants de ce rapport, concernant le maïs.

-Le niveau des inventaires de fin d’année de maïs américain pour 2010-11 devrait s’établir à 18,92 millions de tonnes. La moyenne des prévisions des marchés était de 19,79 millions de tonnes et ceux-ci s’établissaient à 43,38 millions de tonnes en 2009-10. Il s’agit donc d’un repli de plus de 55 %, ce qui porte le niveau des inventaires américains de fin d’année à leur plus bas niveau depuis 1995-96.

-Le USDA a à nouveau revu légèrement à la baisse la production de maïs américain de la dernière récolte à 316,93 millions de tonnes, contre 318,53 millions de tonnes le mois dernier. Ce résultat est très près de la moyenne des estimations des marchés de 317,57 millions de tonnes, mais représente une diminution de près de 5 % par rapport à la production de 2009-10.

-Aucun changement n’a été apporté au niveau des exportations cumulatives américaines de maïs toujours prévues pour l’année commerciale 2010-11 à 49,53 millions de tonnes.

-Une légère augmentation de l’usage de maïs pour la fabrication d’éthanol aux États-Unis de 2,54 millions de tonnes a été constatée par le USDA. Cet ajustement fait en sorte que les États-Unis utiliseront une nouvelle quantité record de maïs de 124 millions de tonnes pour fabriquer de l’éthanol en 2010-11.

-Dans le monde, le USDA estime maintenant que le niveau des inventaires de fin d’année de maïs serait de 127 millions de tonnes contre 130 millions de prévu le mois dernier et 147,11 millions de tonnes en 2009-10. Il s’agit du plus faible niveau d’inventaire mondial de maïs depuis 2006-07, année au cours de laquelle celui-ci s’était établi à 110,116 millions de tonnes.

-En raison des conditions très sèches qu’a connu l’Argentine au cours des derniers mois et de la possibilité qu’elles se poursuivent, le USDA prévoit une baisse des rendements et de la production des producteurs argentins de 1,5 million de tonnes, ce qui porte celle-ci à 23,5 millions de tonnes, contre 25 millions de tonnes d’anticipées le mois dernier et 22,8 millions de tonnes de produites l’an dernier.

-Le USDA prévoit maintenant un prix moyen du maïs aux États-Unis variant entre 4,90 et 5,70 $US/boisseau (193-224 $US/TM) pour 2010-11 alors qu’il l’estimait à 4,80-5,60 $US/boisseau (189-220 $US/TM) le mois dernier.

Plus d’information sur www.grainwiz.com

pqiué sur www.lebulletin.com -16/01/2011

Ethanol de maïs : spéculation et famine !

11 septembre 2007,
Par Christian Berdot

Lettre au journal Sud-Ouest

Dans son édition du vendredi 7 septembre, Sud-Ouest interviewait Mr Graciet, président de la Chambre d’agriculture des Landes, sur les augmentations du prix des céréales dont le maïs.

Par contre, aucune question n’était posée sur le pourquoi de cette augmentation. Les Amis de la Terre aimeraient apporter quelques éléments de réponse.


La principale raison des augmentations des prix alimentaires sur les 5 continents est dû à la confiscation par la filière éthanol, de millions de tonnes de maïs. Sous prétexte de remplacer le pétrole par des carburants d’origine agricole, des millions d’hectares ne sont plus utilisés pour produire de la nourriture, mais pour alimenter des usines d’éthanol.

En tant que premier réseau écologiste dans le monde, les Amis de la Terre, voient déjà les conséquences partout :
- en un an, le prix du blé en Angleterre, est passé de 150 euros la tonne à 300 euros provoquant une hausse du prix du pain (et en France ?) ;
- pour le seul mois de juillet, les prix du bœuf, du lait et des œufs ont augmenté de 7,5 % aux Etats-Unis ;
- l’Afrique du Sud a vu ses prix alimentaires augmenter de 17% ;
- la Chine a dû stopper toutes les nouvelles plantations de maïs pour faire de l’éthanol, après que le prix du porc ait subi une augmentation record de 42%, l’an dernier ;
- en Inde, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 11% en un an ;
- au Mexique, le prix du maïs qui est l’aliment de base des plus pauvres, a quadruplé en février entraînant des émeutes de la faim ;
- pire encore, le Programme Alimentaire Mondial de l’ONU qui fournit une aide alimentaire à 80 millions d’humains, ne sait plus comment faire face à de telles augmentations des céréales. Des millions d’humains vont mourir de faim.

Et ce n’est pas fini, l’OCDE, le club des 30 pays les plus riches de la planète prévoit pour les 10 années à venir, une augmentation des prix alimentaires allant de 20 à 50% … Gare aux pauvres !

Mais est-ce que l’éthanol de maïs sert à autre chose qu’à faire grimper les prix ?

Les ministres d’une douzaine de pays de l’OCDE, dont les Etats-Unis, se réunissent aujourd’hui mardi, à Paris, pour discuter, lors de la Table Ronde sur le Développement durable, d’un rapport sur les agrocarburants. On peut y lire que « Le développement actuel des agrocarburants provoque des tensions insupportables qui vont désorganiser les marchés, sans apporter de bénéfices significatifs pour l’environnement ». Dans le meilleur des cas, peut-on lire, les agrocarburants pourraient permettre de diminuer les gaz à effet de serre de 3% mais à un coût exhorbitant. Les seuls agrocarburants intéressants sont la canne à sucre, les huiles usagées et les résidus de papeterie. Dans ce rapport, il est estimé que les Etats-Unis, à eux seuls, dépensent 5 milliards d’euros par an pour aider la filière éthanol, que chaque tonne de CO2 évitée coûte 350 euros et qu’en Europe, ce coût peut être jusqu’à 10 fois plus élevé ! Les auteurs du rapport demandent si l’Union Européenne, plutôt que de prévoir d’utiliser 10% de carburants végétaux d’ici 2020, ne ferait pas mieux d’investir l’argent des contribuables ailleurs.

D’autre part, la seule étude relativement favorable à l’éthanol de maïs – celle de l’ADEME – doit être bientôt revue complètement, tellement elle manque de rigueur scientifique dans ses calculs. Par contre, plusieurs études internationales, indépendantes démontrent très clairement que la quantité d’énergie fournie par un litre d’éthanol est inférieure à la quantité d’énergie nécessaire pour …fabriquer ce litre d’éthanol ! En terme d’indépendance énergétique ou de lutte contre les changements climatiques, l’éthanol de maïs ne sert à rien, voire aggrave ces problèmes.

Quel est alors l’intérêt véritable des agrocarburants et plus spécialement de l’éthanol de maïs ? En créant une nouvelle filière pour le maïs, on a artificiellement gonflé la demande et provoqué volontairement une augmentation des cours. Derrière cette manipulation spéculative, on retrouve tous les acteurs du second Forum Mondial des Agrocarburants qui a eu lieu à Bruxelles ce printemps : d’abord les acteurs de l’agriculture industrielle, tous les géants de la chimie des semences et des OGM (ce sont les mêmes), et leurs alliés du pétrole, de l’automobile, Abengoa et de grandes banques, notamment françaises. Toutes ces industries investissent dans la filière éthanol et ont intérêt à la voir se développer.

Pendant que ces groupes industriels poussent ces filières, les citoyens payent en tant que contribuables ( défiscalisation de 550 euros/ha pour l’éthanol sous forme d’E5 ou d’ETBE, et de 1600 euros/ha pour le E85 !) et subissent en tant que consommateur une augmentation des prix alimentaires. Pour le directeur de Nestlé le plus grand groupe agro-alimentaire mondial, aussi loin qu’on puisse prévoir, les prix resteront élevés. On n’a pas fini de payer !

Alors que ces céréales sont confisquées par la spéculation, le Panel International sur les Changements Climatiques prévoit qu’une des conséquences des changements climatiques pourrait être une diminution de la production agricole dépendante des pluies, allant jusqu’à 50%, d’ici 2020 ! La Banque Mondiale de son côté, constate que 15% de la nourriture mondiale actuelle - dont dépendent 160 millions d’humains - pousse grâce à de l’eau tirée de sources souterraines qui s’épuisent rapidement ou de rivières qui s’assèchent. Et pendant ce temps, l’eau, ici, est scandaleusement gaspillée. En effet, il faut plus de 900 litres d’eau pour faire pousser le maïs nécessaire à produire un litre d’éthanol ! Ce sont des millions de précieux m3 d’eau qui sont gaspillés pour partir en fumée.

Pendant que les céréaliers se réjouissent, dans de nombreux pays, les filières de l’élevage déjà en difficulté, supportent mal ces augmentations. Mais les éleveurs français seront heureux d’apprendre que le Brésil met ses abattoirs aux normes européennes… La délocalisation qui a d’ailleurs déjà commencé peut continuer et nous aurons bientôt des poulets brésiliens sur nos tables, pour la plus grande joie des producteurs landais...

Depuis 30 ans, l’agriculture sert à engraisser les actionnaires des grands groupes industriels et financiers (chimies, semences et maintenant OGM). Il serait temps qu’elle revienne à sa vraie vocation : nourrir la planète.

La quantité de céréales utilisées pour faire le plein d’un 4X4 suffit à couvrir la ration ANNUELLE d’un humain. Les Amis de la Terre posent clairement la question : va-t-on laisser encore longtemps une minorité spéculer sur l’alimentation mondiale et affamer les pauvres ? Non, et nous sommes tous concernés.

Pour continuer, un peu de lecture :

- La situation mondiale vu par la Fédération Internationale des Amis de la Terre et notamment par les groupes du Sud : "Agrocarburants une catastrophe écologique et sociale programmée", voir http://www.amisdelaterre.org/-Les-carburants-.html
- un exemple français, l’usine d’éthanol à Lacq (64) : "OGM, biocarburants et Euralis", voir http://www.amisdelaterre.org/OGM-biocarburants-et-euralis...
- une partie des informations de cet article est tirée d’un article du Guardian, voir la traduction intitulée : " Ethanol de maïs : l’énergie du... désespoir ou comment affamer des millions de pauvres !", http://www.amisdelaterre.org/Ethanol-l-energie-du-desespoir-ou.html

 

 

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Le contrôle de l'insécurité alimentaire - biocarburants et spéculation

CHICAGO HEBDO/Maïs et soja à leur plus haut niveau depuis l'été 2008

Chicago (awp/afp) - Les prix du maïs et du soja ont continué d'atteindre des niveaux inédits depuis juillet 2008 cette semaine à Chicago, dopés par des révisions en baisse de l'offre par les autorités agricoles américaines.

Publié mercredi, le très attendu rapport mensuel du département américain de l'Agriculture (USDA) était "indéniablement positif pour les cours", a commenté Sudakshina Unnikrishnan, de Barclays Capital.

"Le contexte pour l'offre mondiale a été caractérisé depuis un an par une série de déceptions en raison de conditions météorologiques défavorables: inondations au Canada, au Pakistan et plus récemment en Australie, sécheresse en Russie, Ukraine et Kazakhstan, temps sec en Argentine", a commenté l'analyste. "De ce point de vue, le rapport de l'USDA, qui abaissé davantage que prévu ses prévisions de l'offre, a apporté de nouvelles surprises".

Le ministère a abaissé ses estimations de production mondiale de maïs pour la campagne en cours à 816 millions de tonnes (Mt). Conséquence de cette offre moindre sur les marchés internationaux, et d'une forte demande des producteurs d'éthanol, les stocks américains se situent à un "niveau dangereusement bas", selon l'analyste de Barclays.

Pour le soja, les experts de l'USDA ont revu à la baisse leur prévision de production américaine de soja à 90,61 Mt. Les prévisions d'exportations étant inchangées, le stock final aux Etats-Unis passe sous la barre des 4 Mt, à 3,82 Mt.

Selon Don Roose, de US Commodities, ces chiffres devraient avoir un effet à long terme sur le marché.

"L'année dernière, (l'effet positif du même rapport) a duré jusqu'à la publication du rapport de février", a-t-il rappelé. "C'est donc positif pour au moins un mois, et peut être jusqu'à l'été".

La situation semble moins critique pour le blé, pour lequel l'USDA a revu son estimation de stock mondial.

Vers 16H10 GMT vendredi, le boisseau de soja pour livraison en mars valait 14,09 dollars contre 13,65 dollars une semaine plus tôt. Il a atteint 14,3250 dollars jeudi, niveau inédit depuis juillet 2008.

Le contrat de maïs à échéance mars montait à 6,38 dollars, contre 5,95 dollars vendredi dernier, après un pic jeudi à 6,4950 dollars, là aussi un plus haut depuis juillet 2008.

Le boisseau de blé pour livraison en mars a reculé à 7,6225 dollars contre 7,74 dollars sept jours plus tôt.

ft

(AWP/14 janvier 2011 17h43)

piqué sur romandienews.fr -14/01/2011

La hausse des cours du blé et de nombreuses matières premières agricoles est à l’origine des émeutes au Maghreb. Partout dans le monde, les consommateurs paieront plus cher leurs achats de produits alimentaires.

Les prix de pratiquement toutes les matières premières agricoles sur le marché mondial ont fortement augmenté, ces derniers mois. Cette hausse est si inquiétante que les Nations unies craignent une nouvelle crise alimentaire mondiale. Elle pourrait même être pire que celle qui avait éclaté en 2008. L’Onu juge cette flambée des cours mondiaux « très dangereuse ». 80 pays sont particulièrement menacés. Le Sahel serait, une fois de plus, la région du monde la plus touchée. L’Afghanistan ou la Mongolie pourraient également connaître des difficultés pour nourrir leur population.

La FAO, l’agence des Nations unies chargée de lutter contre la faim dans le monde, a vu son « indice des prix augmenter de 4 % en décembre, par rapport à novembre, soit un point au-dessus du niveau de l’été 2008 » quand les cours étaient au plus haut. La FAO cite en exemple l’indice du prix des céréales, qui a augmenté de 39 % en un an.

En Asie, le prix du riz a augmenté, notamment au Bengladesh. Le gouvernement achète du riz sur le marché mondial pour réapprovisionner les stocks de sécurité. L’Indonésie s’approvisionne aussi sur le marché pour maintenir les prix du riz à des niveaux raisonnables pour le consommateur.

Le Maroc et l’Algérie refont leurs stocks

Les gouvernements du Maghreb font exactement la même chose avec le blé. En quinze jours, l’Algérie a acheté un million de tonnes de blé à la France, pour faire face à la hausse des prix à l’origine des émeutes qui ont touché de nombreuses villes. Le Maroc a acheté 900 000 tonnes pour éviter une crise sociale. L’effondrement du régime du président Ben Ali, dû en partie aux difficultés de la vie quotidienne, inquiète les voisins de la Tunisie, qui multiplient les mesures de maintien des prix des produits de base à des niveaux supportables pour les plus pauvres.

La situation en Russie est tout aussi alarmante. Les prix des pommes de terre se sont envolés, ainsi que ceux de la farine. Ces hausses sont dues aux incendies de l’été dernier, qui ont affecté la Russie, pesant aussi sur les stocks mondiaux de céréales.

Les nouvelles ne sont pas meilleures du côté des États-Unis. Les stocks de maïs et de soja baissent, ce qui aura pour effet de faire grimper les prix mondiaux. Selon le Département américain de l’Agriculture, un autre phénomène devrait favoriser l’envolée des cours du maïs : c’est l’accroissement de la production d’éthanol, le biocarburant dont les volumes de production concurrencent la part de matières premières consacrée à l’alimentation. Et un autre indicateur clignote : celui de l’huile de palme, très utilisée dans l’industrie alimentaire.

Malgré les bonnes récoltes de l’an passé, il aura fallu que la production de la Malaisie soit mauvaise pour entraîner les cours à la hausse.

Le pétrole pèse également sur les prix

Les calamités météorologiques qui se sont abattues depuis plusieurs mois sur la planète sont à l’origine de mauvaises récoltes. Après les incendies russes, les inondations australiennes et brésiliennes, les spécialistes de l’agriculture vont faire leurs comptes en examinant aussi les conséquences sur la météo d’El Nino, le courant pacifique perturbateur de l’équilibre des saisons. Si les récoltes brésiliennes et uruguayennes de maïs ou de soja sont mauvaises, le monde entier se tournera vers les États-Unis.

Enfin, et ce n’est pas la moindre menace sur les prix agricoles : la hausse importante et continue du pétrole aura des répercussions qui auront pour effet d’alourdir les étiquettes.

le 22/01/2011 à 00:00

piqué sur www.lalsace.fr - 22/01/2011

Les stocks de maïs et de soja baissent aux États-Unis

MATIERES PREMIERES HEBDO – Au cours de la semaine du 10 janvier, les cours des deux céréales ont atteint des nivaux inédits depuis juillet 2008 après que le département américain l’agriculture a revu à la baisse ses prévisions de production outre-Atlantique.

Café, maïs et soja à la hausse

Du côté des matières premières agricoles, l’heure était à la hausse la semaine dernière. Voire même aux records. Les céréales ont touché des plus hauts depuis 2008 à Chicago. En cause : la publication du très attendu rapport mensuel du département américain de l’agriculture (USDA), qui a troublé les investisseurs. Ce dernier a en effet abaissé ses estimations de production mondiale de maïs pour la campagne 2010/2011 à 816 millions de tonnes. Alors que la demande ne cesse d’augmenter, poussée par la production d’éthanol, les stocks américains ont été drastiquement revus à la baisse à seulement 18,92 millions de tonnes. Le contrat de maïs à échéance mars a terminé à 6,50 dollars vendredi, contre 5,95 dollars la semaine dernière. Un plus haut depuis juillet 2008.

Pour le soja, l’USDA a aussi revu à la baisse ses prévisions de production américaine à 90,61 millions de tonnes. Les prévisions d’exportations restent, elles, inchangées, ce qui amène le stock final aux Etats-Unis sous la barre des 4 millions de tonnes, à 3,82. D’après les analystes, ce faible niveau devrait tirer les cours vers le haut jusqu’au prochain rapport de l’USDA en février. En attendant, le boisseau de soja pour livraison en mars valait 14,09 dollars vendredi après avoir atteint 14,3250 dollars jeudi, niveau inédit depuis 2008.

Pour le blé, en revanche, les stocks mondiaux ont été revus à la hausse à 177,99 millions de tonnes. Le boisseau de blé pour livraison en mars a terminé la semaine en baisse à 7,6225 dollars.

L’arabica est aussi remonté à son plus haut niveau depuis 13 ans à New York à 244,50 cents la livre tandis que le robusta touchait les 2185 dollars à Londres, du jamais vu depuis 2008. D’après l’organisation internationale du café, «les fondamentaux du marché continuent d’être favorables à des prix élevés». Par ailleurs, «le climat capricieux affecte les récoltes et le transport dans les pays exportateurs, et perturbe l’offre de café à court terme», ceci dans un contexte où la «demande reste soutenue, particulièrement dans les pays émergents», explique l’organisation.

Le cacao est également monté la semaine passée. Le marché reste très volatil alors qu’aucune issue à la crise politique ivoirienne n’est trouvée. A Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars a terminé à 2003 livres vendredi (+4,16% en cinq jours) tandis qu’à New York, le contrat pour livraison à la même échéance finissait à 3045 dollars (+7,52% sur la semaine).

Le brent monte à 99 dollars

La semaine pétrolière a aussi été marquée par la hausse. Principale cause de cette montée des cours : la fermeture d’un oléoduc en Alaska. Long de 1200 kilomètres et reliant la région pétrolifère de North Slope, aux confins de l’Arctique, à la côte Sud de l’Alaska, l’oléoduc Trans Alaska transporte entre 630.000 et 650.000 barils de brut par jour. Cela représente plus de 10% de la production américaine et une source importante d’approvisionnement pour la côte Ouest des Etats-Unis. Sa fermeture a été décidée après la découverte d’une fuite à une station de pompage.

A New York, le baril de référence pour livraison en février a enchaîné trois séances consécutives de hausse, faisant passer son prix de 89,25 dollars lundi à 91,86 dollars mercredi. A Londres, le mouvement était même plus marqué. Le Brent pour la même échéance a touché son plus haut niveau depuis le 1er octobre 2008 à 98,85 dollars mercredi.

Jeudi a été une journée de consolidation, mais dès vendredi, les cours sont repartis à la hausse, l’incertitude persistant sur la situation de l’oléoduc. «L’offre est abondante aux Etats-Unis, ce n’est donc pas un problème, sauf si cela dure un mois, a précisé Matt Smith, de Summit Energy. Mais tant que la situation n’est pas plus claire, les prix intègrent ce facteur». Les analystes de Commerzbank confirment : «Les perturbations dans la production et les approvisionnements sont considérés comme la raison de cette montée des prix». Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en février a terminé la semaine à 91,54 dollars. De son côté, le baril échangé à Londres est monté jusqu’à 99,20 dollars en séance, avant de clôturer à 98,65 dollars. «Si le Brent devait franchir les 100 dollars, le baril texan devrait essayer d’atteindre de nouveaux sommets», annonce Rich Ilczyszyn, de Lind-Waldock.

Les métaux de base reprennent leur souffle

Sur le London Metal Exchange (LME), la semaine a été plus dispersée. Après avoir démarré l’année sur les chapeaux de roue, les investisseurs reprennent leur souffle. De quoi se demander si la montée du début d’année n’était pas seulement due à une chasse aux bonnes affaires, d’après les observateurs. Par ailleurs, les achats ont été pénalisés par la remontée du dollar en début de semaine.

Le cuivre n’a pas réussi à battre son propre record (9754 dollars) et s’échangeait à 9640 dollars vendredi. Le nickel a baissé à 25.747 dollars la tonne, non sans avoir touché un plus haut depuis mai 2010 à 25.999 dollars, porté par les craintes sur la situation en Australie. Même mouvement baissier pour l’étain (26.750 dollars) qui est également monté à un plus haut depuis novembre dernier après que l’Indonésie a annoncé une baisse de ses exportations en raison des inondations. L’aluminium a reculé à 2470 dollars malgré le fait que Rio Tinto, troisième exportateur mondial, ait déclaré la force majeure sur l’une de ses plus importantes fonderies en Australie.

Plus optimistes, les opérateurs lâchent l’or

L’or a été, pour sa part, pénalisé par un regain d’optimisme du côté des investisseurs. Ces derniers ont apprécié les réussites des trois principales émissions obligataires du moment: le Portugal, l’Espagne et l’Italie. La croissance record en Allemagne au mois de décembre est venu s’ajouter à ce tableau positif sur la situation économique de la zone euro. L’or en tant que valeur refuge n’était alors plus la priorité des opérateurs. Même le recul du dollar n’a pas suffi à freiner le mouvement baissier. Sur le London Bullion Market, l’once d’or a terminé vendredi à 1367 dollars.

Comme toujours, l’or a entraîné l’argent dans son sillage. Ce dernier est tombé à son plus bas niveau depuis début décembre (28,02 dollars l’once) avant de laborieusement remonter la pente. Il termine à 28,27 dollars.

A contre-tendance, les platinoïdes ont fortement progressé, dopés par des tensions sur l’offre suite à des coupures d’électricité dans des mines d’Afrique du Sud. Le platine est monté à son plus haut depuis juillet dernier (1829,50 dollars) et le palladium a franchi la barre des 800 dollars pour la première fois en 10 ans. Sur le London Platinium and Palladium Market, ils terminent la semaine respectivement à 1811 dollars et 795 dollars l’once.

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Gazzane, Hayat

piqué sur marches.lefigaro.f - 17/01/2011

Les conditions sont réunies pour un prix du maïs élevé en 2011

Le rapport du USDA du 12 janvier révèle des conditions qui devraient soutenir un prix du maïs élevé en 2011 : inventaires américains et mondiaux à leur plus bas, productions inférieures aux États-Unis et en Amérique du Sud. Voici les faits saillants de ce rapport, concernant le maïs.

-Le niveau des inventaires de fin d’année de maïs américain pour 2010-11 devrait s’établir à 18,92 millions de tonnes. La moyenne des prévisions des marchés était de 19,79 millions de tonnes et ceux-ci s’établissaient à 43,38 millions de tonnes en 2009-10. Il s’agit donc d’un repli de plus de 55 %, ce qui porte le niveau des inventaires américains de fin d’année à leur plus bas niveau depuis 1995-96.

-Le USDA a à nouveau revu légèrement à la baisse la production de maïs américain de la dernière récolte à 316,93 millions de tonnes, contre 318,53 millions de tonnes le mois dernier. Ce résultat est très près de la moyenne des estimations des marchés de 317,57 millions de tonnes, mais représente une diminution de près de 5 % par rapport à la production de 2009-10.

-Aucun changement n’a été apporté au niveau des exportations cumulatives américaines de maïs toujours prévues pour l’année commerciale 2010-11 à 49,53 millions de tonnes.

-Une légère augmentation de l’usage de maïs pour la fabrication d’éthanol aux États-Unis de 2,54 millions de tonnes a été constatée par le USDA. Cet ajustement fait en sorte que les États-Unis utiliseront une nouvelle quantité record de maïs de 124 millions de tonnes pour fabriquer de l’éthanol en 2010-11.

-Dans le monde, le USDA estime maintenant que le niveau des inventaires de fin d’année de maïs serait de 127 millions de tonnes contre 130 millions de prévu le mois dernier et 147,11 millions de tonnes en 2009-10. Il s’agit du plus faible niveau d’inventaire mondial de maïs depuis 2006-07, année au cours de laquelle celui-ci s’était établi à 110,116 millions de tonnes.

-En raison des conditions très sèches qu’a connu l’Argentine au cours des derniers mois et de la possibilité qu’elles se poursuivent, le USDA prévoit une baisse des rendements et de la production des producteurs argentins de 1,5 million de tonnes, ce qui porte celle-ci à 23,5 millions de tonnes, contre 25 millions de tonnes d’anticipées le mois dernier et 22,8 millions de tonnes de produites l’an dernier.

-Le USDA prévoit maintenant un prix moyen du maïs aux États-Unis variant entre 4,90 et 5,70 $US/boisseau (193-224 $US/TM) pour 2010-11 alors qu’il l’estimait à 4,80-5,60 $US/boisseau (189-220 $US/TM) le mois dernier.

Plus d’information sur www.grainwiz.com

pqiué sur www.lebulletin.com -16/01/2011

Ethanol de maïs : spéculation et famine !

11 septembre 2007,
Par Christian Berdot

Lettre au journal Sud-Ouest

Dans son édition du vendredi 7 septembre, Sud-Ouest interviewait Mr Graciet, président de la Chambre d’agriculture des Landes, sur les augmentations du prix des céréales dont le maïs.

Par contre, aucune question n’était posée sur le pourquoi de cette augmentation. Les Amis de la Terre aimeraient apporter quelques éléments de réponse.


La principale raison des augmentations des prix alimentaires sur les 5 continents est dû à la confiscation par la filière éthanol, de millions de tonnes de maïs. Sous prétexte de remplacer le pétrole par des carburants d’origine agricole, des millions d’hectares ne sont plus utilisés pour produire de la nourriture, mais pour alimenter des usines d’éthanol.

En tant que premier réseau écologiste dans le monde, les Amis de la Terre, voient déjà les conséquences partout :
- en un an, le prix du blé en Angleterre, est passé de 150 euros la tonne à 300 euros provoquant une hausse du prix du pain (et en France ?) ;
- pour le seul mois de juillet, les prix du bœuf, du lait et des œufs ont augmenté de 7,5 % aux Etats-Unis ;
- l’Afrique du Sud a vu ses prix alimentaires augmenter de 17% ;
- la Chine a dû stopper toutes les nouvelles plantations de maïs pour faire de l’éthanol, après que le prix du porc ait subi une augmentation record de 42%, l’an dernier ;
- en Inde, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 11% en un an ;
- au Mexique, le prix du maïs qui est l’aliment de base des plus pauvres, a quadruplé en février entraînant des émeutes de la faim ;
- pire encore, le Programme Alimentaire Mondial de l’ONU qui fournit une aide alimentaire à 80 millions d’humains, ne sait plus comment faire face à de telles augmentations des céréales. Des millions d’humains vont mourir de faim.

Et ce n’est pas fini, l’OCDE, le club des 30 pays les plus riches de la planète prévoit pour les 10 années à venir, une augmentation des prix alimentaires allant de 20 à 50% … Gare aux pauvres !

Mais est-ce que l’éthanol de maïs sert à autre chose qu’à faire grimper les prix ?

Les ministres d’une douzaine de pays de l’OCDE, dont les Etats-Unis, se réunissent aujourd’hui mardi, à Paris, pour discuter, lors de la Table Ronde sur le Développement durable, d’un rapport sur les agrocarburants. On peut y lire que « Le développement actuel des agrocarburants provoque des tensions insupportables qui vont désorganiser les marchés, sans apporter de bénéfices significatifs pour l’environnement ». Dans le meilleur des cas, peut-on lire, les agrocarburants pourraient permettre de diminuer les gaz à effet de serre de 3% mais à un coût exhorbitant. Les seuls agrocarburants intéressants sont la canne à sucre, les huiles usagées et les résidus de papeterie. Dans ce rapport, il est estimé que les Etats-Unis, à eux seuls, dépensent 5 milliards d’euros par an pour aider la filière éthanol, que chaque tonne de CO2 évitée coûte 350 euros et qu’en Europe, ce coût peut être jusqu’à 10 fois plus élevé ! Les auteurs du rapport demandent si l’Union Européenne, plutôt que de prévoir d’utiliser 10% de carburants végétaux d’ici 2020, ne ferait pas mieux d’investir l’argent des contribuables ailleurs.

D’autre part, la seule étude relativement favorable à l’éthanol de maïs – celle de l’ADEME – doit être bientôt revue complètement, tellement elle manque de rigueur scientifique dans ses calculs. Par contre, plusieurs études internationales, indépendantes démontrent très clairement que la quantité d’énergie fournie par un litre d’éthanol est inférieure à la quantité d’énergie nécessaire pour …fabriquer ce litre d’éthanol ! En terme d’indépendance énergétique ou de lutte contre les changements climatiques, l’éthanol de maïs ne sert à rien, voire aggrave ces problèmes.

Quel est alors l’intérêt véritable des agrocarburants et plus spécialement de l’éthanol de maïs ? En créant une nouvelle filière pour le maïs, on a artificiellement gonflé la demande et provoqué volontairement une augmentation des cours. Derrière cette manipulation spéculative, on retrouve tous les acteurs du second Forum Mondial des Agrocarburants qui a eu lieu à Bruxelles ce printemps : d’abord les acteurs de l’agriculture industrielle, tous les géants de la chimie des semences et des OGM (ce sont les mêmes), et leurs alliés du pétrole, de l’automobile, Abengoa et de grandes banques, notamment françaises. Toutes ces industries investissent dans la filière éthanol et ont intérêt à la voir se développer.

Pendant que ces groupes industriels poussent ces filières, les citoyens payent en tant que contribuables ( défiscalisation de 550 euros/ha pour l’éthanol sous forme d’E5 ou d’ETBE, et de 1600 euros/ha pour le E85 !) et subissent en tant que consommateur une augmentation des prix alimentaires. Pour le directeur de Nestlé le plus grand groupe agro-alimentaire mondial, aussi loin qu’on puisse prévoir, les prix resteront élevés. On n’a pas fini de payer !

Alors que ces céréales sont confisquées par la spéculation, le Panel International sur les Changements Climatiques prévoit qu’une des conséquences des changements climatiques pourrait être une diminution de la production agricole dépendante des pluies, allant jusqu’à 50%, d’ici 2020 ! La Banque Mondiale de son côté, constate que 15% de la nourriture mondiale actuelle - dont dépendent 160 millions d’humains - pousse grâce à de l’eau tirée de sources souterraines qui s’épuisent rapidement ou de rivières qui s’assèchent. Et pendant ce temps, l’eau, ici, est scandaleusement gaspillée. En effet, il faut plus de 900 litres d’eau pour faire pousser le maïs nécessaire à produire un litre d’éthanol ! Ce sont des millions de précieux m3 d’eau qui sont gaspillés pour partir en fumée.

Pendant que les céréaliers se réjouissent, dans de nombreux pays, les filières de l’élevage déjà en difficulté, supportent mal ces augmentations. Mais les éleveurs français seront heureux d’apprendre que le Brésil met ses abattoirs aux normes européennes… La délocalisation qui a d’ailleurs déjà commencé peut continuer et nous aurons bientôt des poulets brésiliens sur nos tables, pour la plus grande joie des producteurs landais...

Depuis 30 ans, l’agriculture sert à engraisser les actionnaires des grands groupes industriels et financiers (chimies, semences et maintenant OGM). Il serait temps qu’elle revienne à sa vraie vocation : nourrir la planète.

La quantité de céréales utilisées pour faire le plein d’un 4X4 suffit à couvrir la ration ANNUELLE d’un humain. Les Amis de la Terre posent clairement la question : va-t-on laisser encore longtemps une minorité spéculer sur l’alimentation mondiale et affamer les pauvres ? Non, et nous sommes tous concernés.

Pour continuer, un peu de lecture :

- La situation mondiale vu par la Fédération Internationale des Amis de la Terre et notamment par les groupes du Sud : "Agrocarburants une catastrophe écologique et sociale programmée", voir http://www.amisdelaterre.org/-Les-carburants-.html
- un exemple français, l’usine d’éthanol à Lacq (64) : "OGM, biocarburants et Euralis", voir http://www.amisdelaterre.org/OGM-biocarburants-et-euralis...
- une partie des informations de cet article est tirée d’un article du Guardian, voir la traduction intitulée : " Ethanol de maïs : l’énergie du... désespoir ou comment affamer des millions de pauvres !", http://www.amisdelaterre.org/Ethanol-l-energie-du-desespoir-ou.html

 

 

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