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30/11/2008

Affaire Borrel

Affaire Borrel
L'AUTRE France
" Voyez-vous Messieurs, il s'agit d'une vidéocassette piégée qui m'était destinée et qui m'a été envoyée depuis Marseille…N'ayez pas peur pour moi, Messieurs ! En réalité, c'est la paix que ces gens veulent assassiner…c'est le président Gouled qu'ils veulent intimider, c'est la République qui est visée…ce qui intéresse ces gens, c'est de plonger Djibouti dans le chaos !
Mais ils oublient qu'ils ne peuvent rien contre nous car nous avons la grâce de Dieu ! Dieu seul peut décider de la mort… "
L'homme qui parle ainsi avec un sang-froid stupéfiant le 31 décembre 1994 devant l'ancien ministre de l'Intérieur et l'ancien directeur du protocole d'Etat, tous deux pétrifiés en pensant à l'horreur que la vidéocassette piégée aurait pu provoquer si elle avait explosé, n'est autre que M.Ismaïl Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Hassan Gouled.
M.IsmaÏl Omar Guelleh était victime ce jour-là d'une tentative d'assassinat par le biais d'un explosif de forte puissance relié à un système de mise à feu extrêmement perfectionné, le tout dissimulé dans une vidéocassette piégée qui était destinée à entraîner la mort non seulement du destinataire mais aussi de toute personne se trouvant à côté de ce dernier.
Cette tentative d'assassinat intervenait cinq jours après la signature des accords historiques entre le Gouvernement et la rébellion du FRUD intervenue le 26 décembre 1994.
En apprenant la nouvelle avec stupeur, les Djiboutiens désignèrent d'emblée la France responsable de la tentative d'assassinat sur Ismaïl Omar Guelleh, l'homme de la paix.
" Furieuse d'avoir été tenue à l'écart des accords d'Aba'a, pensaient les Djiboutiens, l'ancienne puissance coloniale a voulu se venger sur IOG, l'homme qui l'a défiée ". Et pour cause…
Quelques mois plus tôt, au plus fort d'une guerre fratricide qui marqua durablement le pays, face à ses nombreux interlocuteurs, représentants officiels d'une France qui a toujours excellé dans le rôle de "pyromane pompier", du Tchad au Rwanda en passant par la Côte d'Ivoire, M. Ismail Omar Guelleh leur répétait invariablement la nécessité d'une réconciliation entre les belligérants djiboutiens sans "interférence extérieure".
Face aux ballets diplomatiques des émissaires de l'Elysée, Paul Dijoud, Alain Vivien et tous les autres, l'ancien chef de cabinet du Président Gouled faisait preuve d'un courage exceptionnel pour expliquer au gouvernement français que l'époque était révolue où celui-ci obligeait les dirigeants africains à se "soumettre ou à se démettre".
Une instruction judiciaire sera ouverte et une commission rogatoire internationale sera adressée à un juge anti-terroriste de Paris. Après avoir reconstitué l'itinéraire de la cassette piégée, les investigations du juge d'instruction français s'arrêteront brutalement dans le bureau du lieutenant-colonel Jean-Luc Hogard, directeur de l'établissement du matériel de THOUARS (Deux-Sèvres).
"Après recherches, je puis vous dire que l'établissement a effectivement pris en compte 12400 détonateurs de ce lot (le même que vous me présentez) qui provenait de notre unique fournisseur, la société "LACROIX" à MURET. Je ne peux exclure que un ou plusieurs détonateurs soient détournés…". Ainsi s'expliquait cet officier français, très gêné, devant l'OPJ de la DST , l'inspecteur Hervé SEVENO.
Or, les explications du LT/col HOGARD se transformeront en présomptions pour le juge d'instruction français en charge de la commission lorsque le Ministère français de la Défense refusera l'audition du Directeur de l'Etablissement de Réserve Générale de Munitions (ERGMU).
Un mois plus tard, le juge français écrira à son collègue djiboutien en des termes sibyllins : "Cher collègue, je n'ai malheureusement pas pu aller au bout de mes investigations, les autorités françaises ayant estimé que l'instruction mettait en danger la sécurité nationale".
Déjà il y a 12 ans, la République de Djibouti aurait pu saisir la Cour Internationale de Justice de La Haye pour demander la condamnation de la France pour violation de la coopération judiciaire mais aussi pour "acte de guerre" et "agression".
Faute d'avoir pu éliminer physiquement M.Ismail Omar Guelleh, la France manipulera quelques mois plus tard une partie du cabinet du Président Gouled, créant ainsi une véritable fracture dans le paysage politique djiboutien.
C'était les années où la France, à travers de médiocres avocats, les Montebourg et autres Calatayud, tentera un "coup d'Etat constitutionnel", espérant ainsi freiner l'irrésistible ascension de M.Ismail Omar Guelleh.
L'on sait aujourd'hui comment les choses ont fini …
A partir de 1997, à la faveur d'une élection législative, la gauche française moralisatrice retrouve le gouvernement et saisit l'affaire Borrel, dernier espoir pour barrer la route à M.Ismail Omar Guelleh.
Mais, confiant encore à cette époque en l'indépendance de la justice française, Djibouti accepte sur son sol l'arrivée en mars 1999-alors que M.Ismail Omar Guelleh n'est pas encore élu Président- de deux juges d'instruction français, Morachinni et Le Loire, et de policiers de la brigade criminelle de Paris qui enquêtaient sur l'assassinat de Bernard Borrel.
Ayant compris que les investigations réalisées par les deux juges à Djibouti allaient confirmer la thèse du suicide soutenue dès le début par Mme Borrel et toutes les autorités françaises, le gouvernement français de l'époque mettait en scène son "meilleur lampiste", le député Montebourg pour monter une incroyable machination qui propulsa un soir de janvier 2000 un voyou djiboutien, Mohamed Saleh Al Houmekani, déserteur et réfugié à Bruxelles.
En mars 2000, les deux juges d'instruction reviennent une deuxième fois à Djibouti pour vérifier les déclarations surréalistes du malheureux Al Houmekani aux abois, en quête d'un statut de réfugié politique à Bruxelles.
Les deux juges d'instruction démonteront le caractère fantaisiste des déclarations de ce témoin providentiel.
Un autre juge d'instruction parisien, le juge Thouvenot conclura au "caractère invraisemblable" d'un témoin présentant un "profil psychologique fragile" en avril 2002, dans le cadre d'une plainte déposée à Paris par les autorités djiboutiennes pour diffamation contre Al Houmekani.
Alors que ces deux juges s'apprêtaient à rendre un non-lieu au terme d'un travail remarquable qui a pointé du doigt les mensonges de Mme Borrel sur les circonstances de la mort de son mari, ceux des autorités françaises à Djibouti, le gouvernement socialiste de Jospin entreprendra à travers son garde des Sceaux, Mme Guigou une entreprise de déstabilisation des deux juges d'instruction parisiens.
Au terme d'une campagne calomnieuse et mensongère à l'encontre de l'instruction menée par Mme Morrachinni et M.Le Loire, la cour d'Appel de Paris, composée de magistrats du "cabinet noir de Mme Guigou" va débarquer les deux magistrats et confier l'instruction au juge Parlos, d'emblée sommé par le gouvernement socialiste, les médias français et la cohorte de Montebourg, Mme Borrel, Morice de suivre les désirs de la partie civile et des syndicats de magistrats, tous constitués comme partie civile.
En février 2002 et malgré la tournure nettement raciste qu'avait alors pris la justice française, Djibouti accepte que dans le cadre d'une commission rogatoire, le juge Parlos, Mme Borrel, ses médiocres avocats et les très socialistes et corporatistes représentants du syndicat de la magistrature foulent le sol djiboutien jusqu'à enquêter à l'intérieur du palais présidentiel.
Alors qu'ils se sont se sont fait systématiquement refouler du portail de l'Elysée à deux reprises, les magistrats français viennent enquêter en nombre et en compagnie d'une partie civile haineuse jusqu'à l'intérieur du palais présidentiel d'un pays souverain : la République de Djibouti. Alors, comment, après tout cela, la France peut-elle continuer à faire la morale ?
En l'absence de preuves tangibles et sachant pertinemment que les déclarations d'Al Houmekani et d'Iftin ne sont que pures inventions, la justice française se base aujourd'hui sur des expertises complètement dénaturées et dont l'interprétation compromet jusqu'à sa dignité la magistrature française.
On sait aujourd'hui qu'au moment de la réalisation de ces expertises, les curieux médecins légistes n'avaient même pas les photos en couleur du corps de Bernard Borrel. J'usqu'à aujourd'hui, la juge Sophie Clément se base sur des clichés en noir et blanc et non sur les photos en couleur prises par la prévôté à Djibouti.
Et pourtant, cela n'a pas empêché Sophie Clément, au mépris des règles édictées avec fermeté par la cour de cassation française de convoquer à deux reprises en 2005 et 2007 , un chef d'Etat démocratiquement élu et en exercice.
Par ailleurs alors même que le témoignage d'Al Houmekani est démenti par le fait qu'Alain Romani n'a jamais été mis en examen et par le fait que les recherches ADN sur Adouani se sont avérées négatives, cela n'a pourtant pas empêché un juge d'instruction de Versailles de renvoyer MM.Hassan Saïd et Djama Souleïman en correctionnelle pour subornation de témoin !
Toutes ces contradictions n'ont pas empêché le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marie, d'assurer la veuve Borrel que " les indices recueillis notamment depuis 2002, donc les expertises, militent en faveur d'un acte criminel ".
Ce communiqué du procureur de Paris qui abandonne les témoignages d'Al Houmekani et qui ne retient que les expertises (très fragiles) démontre à lui seul le caractère ridicule de la procédure de Versailles. Ce pauvre procureur qui a éprouvé, dans son communiqué, le besoin de souligner qu'il a répondu à une démarche du juge d'instruction, alors que tout le palais de justice de Paris ricane, car, démarche sans précédent, c'est sur instructions de l'Elysée et du Président Sarkozy lui-même après avoir reçu, de façon "intimidante pour la justice", l'immorale veuve Borrel.
C'est le Président Sarkozy lui-même qui se vantait lors d'un déplacement en Afrique et face à des journalistes déjà décomposés par le discours de Dakar qu'il était plus courageux que son prédécesseur en recevant à l'Elysée Mme Borrel !
Il faudra désormais que le Président Sarkozy soit suffisamment courageux pour traduire en justice les diplomates, coopérants et militaires français impliqués dans le scandale pédophile de la Cathédrale de Djibouti.
Il faudra du courage à ce Président pour juger les dizaines de fonctionnaires français qui ont volontairement inoculé le virus HIV à ces pauvres enfants qui sont morts pour la plupart dans des conditions qui révoltent la conscience humaine.
Il faudra enfin que la République française sache que désormais la République de Djibouti a décidé de ne plus être enfermée (douze ans après la mort d'un homme sur le compte duquel on n'a pas fini d'apprendre) dans le halo nauséabond de l'affaire Borrel.

 

 

Borrel : les dossiers du juge Le Loire sur l’attentat du Café de Paris Version imprimable Suggérer par mail

ImageTéléchargez ces 41 pages avec les notes des agents de la DST envoyés à Djibouti pour enquêter sur l’attentat du Café de Paris.

Le 14.06.07 Jusqu’à son meurtre perpétré à Djibouti le 19 octobre 1995, le magistrat français Bernard Borrel travaillait dans cette ancienne colonie française comme coopérant pour le cabinet du ministre de la justice local. Sur place, le juge Borrel était officiellement investi d’une mission de conseiller pour la mise en place d’une nouvelle législation pénale. Cependant, ses fonctions l’amenèrent aussi à servir d’interface pour le magistrat parisien Roger Le Loire, responsable de l’instruction sur l’attentat antifrançais du Café de Paris, commis à Djibouti le 27 septembre 1990…

La juge Sophie Clément, qui mène les investigations sur l’assassinat de Bernard Borrel, s’intéresse à cet épisode dans le cadre de ses recherches sur le mobile du crime. Une problématique pour le moins épineuse, car, avant elle, le même Roger Le Loire a été également chargé de cette instruction sur la mort du juge Borrel. À l’époque, Roger Le Loire parvenait à la conclusion que Bernard Borrel s’était suicidé ; mais ce scénario a été formellement contredit par le collège d’experts, réuni par la justice à partir de 2002.

 Au regard des pièces versées au dossier Borrel, sa collaboration avec Roger Le Loire aurait pu amener Bernard Borrel à effectuer des recherches mettant en évidence des relations singulières entre l’entourage du président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, des réseaux affairistes franco djiboutiens, et quelques officiers français

De telles collusions – évoquées dans une procédure du Tribunal aux affaires militaires de Paris – auraient dû intéresser le juge Borrel, par ailleurs officier de réserve de la Marine française, pour comprendre les limites du système judiciaire djiboutien.  

L’attentat à la grenade contre l’enceinte du Café de Paris, un lieu de rassemblement de la communauté française, causa la mort d’un enfant de six ans, fils d’un militaire français basé à Djibouti, et blessa dix-sept autres personnes. 

En mars 1993 – soit un an avant l’arrivée de Bernard Borrel à Djibouti – des rapports de la DST adressés à Roger Le Loire, révélèrent l’existence de nombreuses manipulations des autorités locales, pour faire porter la responsabilité de cet acte sur un mouvement d’opposition au régime. Il s'agissait en particulier de discréditer la communauté des Gadaboursi, traditionnellement hostile à la communauté Issa, dont est issu le président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh.

 Les Gadaboursi furent mis hors de cause après quelques mois. Puis, comme vous le découvrirez avec les documents de la DST et du parquet de Paris que nous avons scannés, l’enquête française, orientée un temps par les informations des services secrets de Djibouti – le SDS – désigna un autre opposant au régime comme le commanditaire de cet attentat. Aden Robleh, président du Parti national démocratique. Et elle identifia un ancien militaire, Awaleh Guelleh Assoweh, comme le chef du commando qui avait lancé les grenades. 

À cette période, le SDS était sous la tutelle d’Ismaël Omar Guelleh. Par ailleurs, selon le témoignage d’un ancien membre de la Garde présidentielle versé au dossier de Sophie Clément, le même Awaleh Guelleh Assoweh serait directement impliqué dans l’assassinat de Bernard Borrel. Quant à Aden Robleh, après avoir longtemps dénoncé une machination des services secrets djiboutiens et avoir clamé son innocence, il a été jugé le 9 avril 2001 par la Cour criminelle de Djibouti. La cour l’a condamné à six mois de prison avec sursis pour cet attentat et l’a aussitôt remis en liberté.

Aux yeux du ministère de la justice français, selon le réquisitoire définitif du 27 mars 1997, Aden Robleh reste l’ordonnateur de l’attentat du Café de Paris.      

Langue du document : français
Identification : en-tête et signature de la DST et du parquet de Paris

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