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17/09/2010

Campagne de publicité pour le Jura libertaire

Courriel du 1er septembre

 

Cher camarade,

 

Sans trop de regret pour le retard, qui a pour cause notre déplacement stratégique dans une puissance étrangère, peut-être en relation, etc., nous tenons à témoigner de notre plus complète solidarité avec le Jura libertaire dans le conflit public qui l’oppose maintenant à M. Hortefeux — qui, en sa qualité de Premier Porc de France, représente aussi bien la grande harde de tarés et d’impuissants qui lui obéit que la petite qui lui commande. Quant à évoquer «l’honneur de la police», c’est une menace de mort ? Vos mères les truies !

 

Nous aimerions, bien sûr, pouvoir en faire un peu plus, et nous avons donc estimé qu’il serait bon que la base soit mieux informée à la rentrée de cette importante info-du-cœur-de-l’été, en tentant de lancer une petite campagne de publicité sauvage qui aurait pour slogan, presque imposé par les circonstances : «Lisez le Jura libertaire, le blog qui nique la police», certifié dénoncé en haut lieu, /spécial dédicacé/ ! Y a-t-il quelque objection à cette proposition, «à Saint-Claude» ?

 

Salut et vive la révolution situationniste !

 

Pour les Éditions Antisociales,
Fraternellement
Quentin Chambon et Fabrice Wolff
(P.-S. : Libre reproduction.)

 

 

18:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/06/2010

"Qu'est-ce que la démocratie directe ?" - Fabrice Wolff (suite)

 

(PARABASE)

(Ce n'est pas à dire que la "justice démocratique" et les "droits de l'homme" s'imposèrent dès leur entrée en scène dans le spectacle social : à l'époque du triomphe par l'épée de l'Idéal bourgeois, ses adorateurs les plus fervents échouèrent à instituer le culte de la Raison, car c'était tout de même trop paradoxal; les nouveaux maîtres renoncèrent donc à incinérer le cadavre du vieux Dieu-juge omnipotent de Jérusalem - qui pour régner sur Rome avait certes dû tolérer la présence d'un brillant avocat au Tribunal des suppliciés, mais qui n'en avait pas moins persécuté sans pitié jusqu'au dernières adeptes de son plus coriace adversaire, le subversif Satan, que les Athéniens avaient connu et fêté sous le nom de Dionysos ou Sabazios -, et ils le réintronisèrent tant bien que mal dans le ciel nouveau, en ayant pris soin toutefois de le démembrer: réduit à n'être que la pudique vierge Vertu, ou la ferme matrone Morale, aujourd'hui grécisées en Éthique; mais en réalité, la société bourgeoise n'a jamais dédié de coûteuses cérémonies publiques qu'à la stoïque Justice - et aussi, bien sûr, à la virile Nation, ou à son avatar patrie, qui partage un trône qu'elle a souvent tenté d'usurper, bête immonde et insatiable parée de toutes sortes de breloques multicolores, qui exige sans cesse d'effroyables sacrifices humains et digère ses victimes dans des temples géants où, lors de grotesquespalotins.gif cérémonies éjaculatoires rythmées et régulées par les rituels du Sport, elle s'entend louer d'hymnes et de hourras. Les Français, ces incorrigibles utopistes, s'acharnent en vain à recoudre la plaie sanguinolente qui révèle la mutilation originelle de leur Idéal universel, et rêvent depuis Waterloo de refaire leur panache envolé en psalmodiant le mythe gras et libidineux de Marianne, la République modèle, vertueuse "patrie des droits de l'homme" qui arme les tyrans, à prix d'ami, de machettes ou d'uranium. C'est dire que seul Sade, le proscrit, le maudit, l'agitateur qui de la fenêtre de son cachot excitait le peuple de Paris contre la Bastille, l'orateur de l'éphémère embryon de démocratie directe des clubs des faubourgs, pouvait tout de suite arracher le bandeau qui empêche de reconnaître la double identité de la véritable personnification de l'Ideal d'une société schizophrène, et dévoiler Justine, frêle et crédule agnelle partout violée et profanée, qui finit immolée par sa maléfique sœur jumelle, Juliette, cynique, vénale, tortionnaire, empoisonneuse, exterminatrice, adulée en secret dans les alcôves des riches et des puissants. La France réelle ayant finalement fait mauvais accueil à l' Idéal bourgeois, ce dont témoignent les révolutions prolétariennes de 1848 et 1871, ainsi que toute la littérature du XIXe siècle - Balsac, Baudelaire, Lautréamont ou Rimbaud ayant ruiné systématiquement toutes prétentions mythographiques des Guizot, Thiers, Lamartine ou Hugo -, il prit es quartiers dans l'Allemagne piétiste, où Kant avaut été le plus enthousiaste théologien de la Raison, Fichte celui de la Nation, avant que Hegel, le grand abstracteur de quintessence, enseignât l'unité des concepts qui se réalise dans l'État : l'État de droit" étant la justification, la conscience et la limite, en un mot l' Esprit de la "raison d'État", et réciproquement, dans la plus parfaite harmonie, pour les siècles des siècles. A Marx et Engels revient le mérite d'avoir brisé ce cercle enchanté, en enquêtant sur les causes et conséquences de la révolution industrielle, qui réalisait la perfection de l'Idéal en broyant hommes, femmes et enfants dans le chaudron du Progrès de la Civilisation; ils découvrirent ainsi le lien métaphysique qui, au-delà du Bien et du Mal, maintient envers et contre-tout l'unité de la société bourgeoise: le Saint-Esprit du Marché mondial, mystérieuse et insaisissable Économie capitaliste, souveraine [divinité des négriers](en italique), fruit des entrailles des comptoirs coloniaux, qui usurpa à l'agriculture la Corne d'abondance quand elle prouva qu'elle réussissait, dans la cornue infernale des cales des navires faisant "commerce triangulaire", la transsubstantiation de produits manufacturés - armes, alcool et verroterie - en toutes sortes d'exquises denrées exotiques, par la seule magie du sacrifice des Nègres; qui conquit le monde par la force des "accumulations primitives du capital", autrement dit par le pillage, l'escroquerie et l'asservissement généralisés; qui se paya même le luxe d'abolir officiellement l'esclavage, là où les grandes plantations engendraient les usines et les mines où les prolétaires de toutes origines étaient désormais traités à l'égal des esclaves, et où les "Codes noirs", première expression du Droit bourgeois, faisait place aux réglementations du travail; et qui bien sûr a aussi ses Lois, ses temples : les Bourses, ses prêtres : les agioteurs ou [traders](en italique), augures des temps modernes, prédisant les jours fastes et néfastes sur la base de ces infaillibles calculs, aujourd'hui assistés par ordinateur, auxquels ils sont formés dans les meilleurs écoles d'astrologie divinatoire.

(Page 84-88)

 

Fabrice Wolff
Qu’est-ce que la démocratie directe ?

(Manifeste pour une comédie historique)

Editions Antisociales

16:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/06/2010

"Qu'est-ce que la démocratie directe ?" - Fabrice Wolff

Déesse des bourgeois, qui lui vouent un culte public auquel personne ne croit plus, issue des fertiles entrailles des Tribunaux révolutionnaires de la Terreur fécondées par le jus romain, accouchée au forceps par un dernier Imperator dont elle fut le seul héritage, la justice moderne dite "démocratique" - dont le cœur d'arbitraire magique devient chaque jour plus visible, avec par exemple l'ordalie par l'ADN, ou la nouvelle Inquisition "antiterroriste" qui subordonne la preuve par le fait à la preuve par la parolepalotins.gif (l'aveu ou l'annonce) - est, plus profondément encore que ses grossières caricatures bureaucratiques "marxistes-léninistes" (la "justice révolutionnaire" des Vychinski ou des Che Guevara), un spectacle de l'idéologie dominante, autrement dit une représentation mythologique, une mascarade par laquelle les rapports de domination existants sont chaque fois réaffirmés et remaquillés, "rechargés" du fluide efficace de l'Idéal. La "magistrature" moderne n'est de ce point de vue rien de mieux qu'une envahissante caste sacerdotale, initiée aux minutieux rituels du "Droit" et aux impénétrables arcanes de la "jurisprudence", organisatrice des cérémonies purificatoires par lesquelles l'oligarchie régnante sacralise toutes ses directives publiques, ainsi que toutes les punitions qui frappent ceux qui ne s'y conforment pas, au nom de la principale image que la bourgeoisie aime à donner à voir de sa propre souveraineté : la Justice, divinité vengeresse des contrats écrits - donc avant tout de la petite propriété -, avec sa balance de boutiquière, son hypocrite Credo étroitement communautaire : "J'ai confiance en la justice de mon pays", son décalogue : la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen. Dans une démocratie directe, au contraire, la "justice" étant en mesure de s'émanciper de tout idéalisme, tend à se dépouiller de son caractère primitif d'arbitrage sacré pour n'être plus comprise que dans sa signification concrète d'institution chargée d'arbitrer en dernière instance les désaccords et les conflits, et devenir ainsi la pierre de faîte institutionnelle d'une société fondée sur la raison humaine, d'où sont par conséquent bannis magistrature, droit, jurisprudence et tout le bataclan.

 

(Pages 84-85)

 

 

Fabrice Wolff
Qu’est-ce que la démocratie directe ?

(Manifeste pour une comédie historique)

 

 

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