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16/02/2011

Arte - Le réseau Gladio - Armées secrètes d'Europe - 16/02/2011 à 20h40

Créés par les États-Unis pour barrer la route au communisme en Europe, des groupes clandestins en vinrent à soutenir des intérêts fort peu démocratiques. Enquête.

L'organisation secrète "Stay behind", rebaptisée plus tard Gladio, le "glaive", a vu le jour en 1948 à l'initiative des États-Unis. Ses agents devaient être prêts à effectuer des missions d'espionnage et à commettre des actes de sabotage en cas d'offensive soviétique. Celle-ci n'ayant finalement pas lieu, ce sont les intérêts politiques des gouvernements de droite voire de groupes d'extrême droite que Gladio s'attache à défendre. Des contacts existent avec les différents services secrets nationaux, à l'abri de tout contrôle parlementaire. C'est le Shape (commandement militaire de l'Otan en Europe) qui assure la coordination.
Ce documentaire se concentre sur les opérations du réseau Gladio dans l'Italie et l'Allemagne des années 1960 à 1980. Les attentats de la piazza Fontana à Milan en 1969, celui de la gare de Bologne en août 1980, puis celui de la Fête de la Bière à Munich, quelques semaines plus tard, furent attribués à des anarchistes ou à l'extrême gauche. On saura plus tard qu'ils étaient l'oeuvre de l'extrême droite. Il a fallu attendre le 3 août 1990 pour que le Premier ministre italien Giulio Andreotti révèle l'existence du Gladio et ses ramifications en Europe. À ce jour, il reste impossible d'avoir accès aux archives de l'Otan et des services secrets concernés pour en savoir plus sur les agissements du réseau...

piqué sur www.arte.tv - 16/02/2011

 

1. Gladio: la guerre secrète des Etats-Unis pour subvertir la démocratie italienne (présentation)

L'enquête du journaliste Arthur Rowse, Gladio : la guerre secrète des Etats-Unis pour subvertir la démocratie italienne, publiée en 1994, a fait date. Il s'agissait de la première description détaillée de Gladio, le réseau italien des stay-behind, la structure clandestine de l'OTAN, dans une publication américaine. Cet article de fond n'a jamais été traduit en français. Il nous semblait intéressant de combler cette lacune. Le point de vue de Rowse est celui du progressisme libéral américain. S'il comprend que Gladio a finalement détruit les partis du centre au lieu de les renforcer et renforcé ceux de la gauche au lieu de les détruire, il sous-estime son succès plus profond. La stratégie de la tension a permis, à travers le spectacle du terrorisme manipulé, d'extrême gauche ou d'extrême droite, de mettre un coup d'arrêt au lent glissement de l'Italie vers une révolution sociale, portée par le courant de tous ceux qui échappaient et s'opposaient à l'encadrement bureaucratique, syndical et politique. Toutefois, Rowse, qui possède une bonne connaissance des dessous inavouables de la politique étrangère américaine, a mis en lumière la dimension internationale des années de plomb en Italie, aspect généralement négligé par la critique sociale la plus avancée. Et quand certains auteurs ont évoqué cette dimension, ils se sont parfois égarés sur la fausse piste d'une fantasmatique manipulation de la politique italienne par les services secrets de divers régimes staliniens. Dès 1980, Gianfranco Sanguinetti avait réfuté ce leurre :


« [Certains] penseurs salariés, de Scalfari à Bocca, raisonnent (...) frauduleusement lorsque, tout en admettant comme je l'ai démontré que la stratégie des B.R. vise entre autres à empêcher l'arrivée du P.C.I. au pouvoir, ils font résulter ceci non pas de l'aversion que ce parti suscite dans certains secteurs du capitalisme italien et des services secrets, mais de l'aversion des staliniens soviétiques pour leurs homologues italiens. Nos penseurs à la petite semaine concluent donc que Moro a été enlevé avec l'appui du KGB et des services secrets tchécoslovaques. Les capitalistes italiens, les militaires et les agents du SISDE, du SISMI, du CESIS, de la DIGOS et de l'UCIGOS [Sigles de quelques services secrets officiels d'Italie], ainsi que Carter, seraient heureux de voir le P.C.I. au gouvernement en Italie, mais cela n'est malheureusement pas possible parce que les Russes et le KGB ne le veulent pas : quelle déveine ! Si derrière l'affaire Moro il y a le KGB, qui est donc derrière les couillonnades de Bocca et Scalfari ? Est-il possible qu'ils se soient hissés à de tels sommets par leurs seules forces ?

 

la suite sur Jules Bonnot de la Bande

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25/04/2010

Des nouvelles des Brésiliens



On réédite Os Cangaceiros. Les trois numéros de cette revue sont également disponibles sur le site de Basse Intensité. De même, on pourra y lire (ou relire) les quatre numéros, devenus introuvables, des Fossoyeurs du Vieux Monde.
On sait que les situationnistes se proposaient de faire passer l'agressivité des blousons noirs sur le plan des idées. C'est aux Fossoyeurs du Vieux Monde qu'il revint, avec le plus de conséquence, de réaliser ce projet (« et réciproquement nous avons appliqué quelques idées sur le plan de l’agressivité », ajoutèrent-ils).
Issu en partie des Fossoyeurs du Vieux Monde, le groupe Os Cangaceiros a su exprimer des positions radicales et leur donner une réalité scandaleuse (« Notre programme est très ancien : vivre sans temps morts. Nous comptons bien sûr lui assurer sa publicité par le scandale »). L'emploi critique de la violence a évité aux Cangaceiros la récupération inhérente au terrorisme spectaculaire (« le terrorisme est la poursuite de la politique par d’autres moyens » écrivaient ceux dont toute l’activité était une critique de la politique). Si les ANPE, le syndicalisme, et les architectes policiers ont servi à vérifier leur critique du travail, de l’idéologie et de l’urbanisme, c'est en volant des plans de prison, en sabotant les chantiers de construction de 13 000 nouvelles places de prison et en rossant un architecte spécialisé qu'ils ont poussé au paroxysme leur défi à l’encontre de l'histoire figée de la société spectaculaire. « La liberté, c’est le crime qui contient tous les crimes », disait un de leurs textes en juin 1985, à l’époque de la mutinerie de Fleury-Mérogis (c’était peu après la mort suspecte de Bruno Sulak, vraisemblablement un assassinat par les matons maquillé en accident).
Si les Cangaceiros ont disparu au début des années 90, ils ont laissé le vivifiant souvenir d'un groupe aussi proche de Marx que de Hegel et aussi loin d'Action directe que des Brigades rouges. A notre connaissance, c'est dans les banlieues françaises que cette réédition pourrait trouver, pour le moment, ses meilleurs lecteurs. Les jeunes prolétaires des cités, qui peuvent être donnés en exemple aux révoltés de tous les pays, pour leur lucide refus du travail, leur mépris de la loi et de tous les partis étatistes, connaissent assez bien le sujet par la pratique pour pouvoir tirer profit des textes de Os Cangaceiros.







Article de chez Jules Bonnot de la Bande

14:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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