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15/09/2011

Libye: Nicolas Sarkozy à Tripoli, il y a 4 ans déjà...


et en plus une info justice...

12:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/09/2011

En route... Nouvelles de l'insurrection libyenne…

Tripoli ne fera pas la fête

Quartiers dangereux, groupes de combattants aux intérêts parfois contraires, CNT contre ligue de l’ouest, anciens kadhafistes, check-points partout, assoiffés de justice, jeunes couillons en quête de respect, pour vous donner une idée de la situation, regardez Groland sur la guerre des
banlieues.

Tripoli plage, campement des rebelles de Misrata

Tripoli plage, campement des rebelles de Misrata

En route

A Nalut, tu trouves des autorisations pour pouvoir te rendre à Tripoli où la route est pleine de check-points. Sur ces autorisations figure le nom du chauffeur, chauffeur qui doit être approuvé. Il semble surtout que les membres locaux de l’organisation aient montés un business juteux : 600 dollars pour deux heures de bagnole. En vérité tout le monde se fou de cette autorisation. Il y a tellement de gens en direction de Tripoli que tu peus bien attendre dix minutes à un check-point.
Et peut -être qu’ ici, c’est une autre coalition qui n’est pas aux ordres du CNT.

J’ai voyagé avec deux gars qui avaient du fuir Tripoli depuis 100 et 40 jours. En arrivant, ils ont pleuré.
La situation est chaotique, d’abord, des milliers de journalistes, tous les hôtels sont complets, ensuite plus d’eau, à l’heure où je vous parle je pourrais boire cul sec deux litres d’eau minérale sans exagérer, enfin plus d’électricité. Le contact  est difficile, la méfiance est grande. Des check-points partout, des tirs tout le temps, personne ne nettoie les zones qui craignent, si bien que je dois trouver des ruses de sioux pour éviter des immeubles de snipers quand je vais de mon quartier au centre ville.
Hier, devant l’hôtel Corinthia qui héberge le CNT et toute la presse, en dix minutes j’ai vu : les types du check-point s’engueuler assez fort pour une histoire de cartouches, des mecs tenter de rentrer dans l’hôtel pour y chercher deux ou trois kadhafistes et dix minutes plus tard, une famille se ranger tranquillement le long du renfoncement d’une porte de garage pour éviter des balles venant de Dieu sait où, qui sifflaient dans la rue.
Le sol est jonché de douilles et d’ogives de balles, les combats ont étés durs dans certains quartiers. La vieille ville est le seul endroit à l’abri complet des balles perdues avec ses murs serrés, mais un vrai coupe gorge, à la fin du jeûne il ne fera pas bon s’y balader la nuit avec tous les types saouls et les armes qui vont y traîner.
Tout le monde regrette la guerre, ceux qui l’ont fait un jour, ceux qui l’ont fait six mois. Mais en soit, c’est tellement inavouable que tous, soit la rejouent avec leurs defilés de pick-up et les tirs en l’air soit se mettent la tête à coup de chants patriotiques et de symboles rebelles. Et personne n’avouera que c’etait trop cool, en plus d’être très dur et souvent triste. J’ai vu personne ici faire la fête comme dans les rues de Misrata.

...

la suite ici

12:10 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/03/2011

L’idiotie sur le sentier de la guerre

Là où certains voient une « victoire » ou encore un « coup de maître » de la diplomatie française sous l’impulsion de l’ « omni-président » Sarkozy, je n’y voit personnellement que honte et exaspération.

Tout d’abord, il y a une étrange relation entre le sommet à Paris des « bons démocrates » du samedi 19 mars et les premiers tours des élections cantonales ayant lieu le 20, soit le lendemain. A posteriori, on peut affirmer que l’effet escompté n’a pas eu lieu, les voix n’ont en effet pas bénéficier à la machine de guerre (c’est maintenant officiel) UMP, mais bien pire : les vautours du FN planent aux second tours dans environ 400 cantons ! On aurait pu imaginer que les porte-parole du gouvernement appellent à un front républicain pour barrer la route au FN, mais c’était sans compter sur le clivage pseudo-idéologique (PS/UMP), ou plutôt sur la réactivation volontaire du clivage politique traditionnel (gauche/droite). Mais le pire n’est pas là : à force de s’exprimer comme le FN, l’UMP est vidé de sa substance et dé-légitimé lorsque les électeurs racistes (de l’UMP ou du FN) font fausse route à l’UMP et reviennent se faire materner dans le camp nauséabond de Marine Le Pen.

De plus, des écrans de fumées planent sur la France en même temps que le spectre du fascisme, depuis 2007. Cette déclaration de guerre de Sarkozy réveille de vieux démons et augmente l’exaspération de sa politique opportuniste. « Une bonne guerre, voilà ce qui leur faut à ces jeunes glandeurs sur-diplômés. Une propre qui fasse peur mais tu sais, de ces zéro mort là comme aux États-Unis... ». D’accord mais contre quoi au juste ? Ah oui , c’est plus contre le « terrorisme » maintenant puisque Kadhafi s’est repenti (sic) mais contre la terreur répressive qu’il impose à son peuple. Autrement dit, la France rompt avec sa tradition bien chauvine (ya qu’à demander à Michèle Alliot-Marie) des escadrons de la mort, testés et appliqués en Indochine, en Algérie, puis exportés en Amérique latine, aux États-Unis... etc. L’action de la France s’apparente donc comme étant pro-révolutionnaire, démocratique et finalement juste. Nul besoin de se justifier, encore moins de creuser ou de demander l’avis du peuple (« il s’en fout »), il faut agir ! Vous avez pas vu les infos ? BFM TV et Euronews en boucle clamant : « Vive la guerre et vive Sarkozy !! ». Sarkozy est un héros, allez les bleus, cocorico ! Affligeant. Les massacres perpétrés par Kadhafi sont-ils plus émouvants que ceux ayant lieu actuellement en Côte d’Ivoire ? L’intervention militaire n’est-elle pas intéressée ?

Rappelons quelques souvenirs enfouis : alors qu’en 2007, ce dernier « ne voyait pas pourquoi » recevoir Kadhafi pouvait choquer, que de cette rencontre il n’était question que d’enjeux économiques (pétrole, gaz, deux énergies dont la France ne dispose pas) et politiques (freiner les flux des migrants africains) qu’il semblerait qu’il ait financé l’UMP d’après un fils du colonel... etc. La construction de la figure du mal est bien ficelée, avec comme modèle médiatico-historique Saddam Hussein et Ben Laden. En France, cela correspond à la figure de l’arabe, « menaçant » depuis le début des années 80, sur une échelle beaucoup plus large, diffuse et pernicieuse car engendrant un racisme devenu quasi ordinaire. Dans le cas actuel, le terme « génocide » était abusivement employé par les médias de masse pour désigner la répression.

Cette guerre, qu’on se le dise, est de même nature que celles menées en Irak ou en Afghanistan par exemples, c’est-à-dire une guerre de conquête et de pillages. Que veulent Sarkozy au fond ? Consolider les réseaux françafricains ? Veut-il trouver le moyen de faire diminuer le chômage et de relancer la machine, comme au casino, même si c’est moins marrant ? Vient-il d’officialiser de manière fracassante sa candidature aux élections présidentielles de 2012, au moment où personne n’ose s’afficher UMP par honte, par peur ou les deux ?

Aussi, cette guerre est l’occasion de voir les ténors de l’oligarchie française au premier plan : les fabricants d’armes comme Dassault ou Lagardère fournissant les moyens à Kadhafi d’un jour ou l’autre s’en servir contre son peuple, fomentant du même coup un « auto-génocide », étant lui-même très isolé... Absurde ! Ou contre un autre peuple ! L’hypocrisie occidentale s’indignera ! Et l’attaquera au nom d’une politique agressive et rompant les accords internationaux ! Cela ne vous rappelle rien ? L’affaire étant tellement bien ficelée que Sarkozy s’appuie sur la crème de l’économie « made in France » : Dassault et Lagardère (ou d’autres peu importe) arment la Libye, celle-ci s’embrase, ils arment la France, et impose leur consensus va-t’en-guerre via leurs médias (à eux seuls, les deux hommes possèdent plus de 70 pour 100 de la presse française ! ) contre Kadhafi, après s’être fait des choux gras sur les révoltes tunisiennes, égyptiennes...etc. La figure du traître n’est plus d’ordre politique actuellement, le libéralisme a imposé l’ordre strictement économique, et à tout prix : Kadhafi un jour allié économique de l’Élysée se faisant bombardé par cette même alliance quatre ans après.

Ainsi, le consensus interventionniste établit, les peuples émus et troublés par les déclarations délirantes du colonel aux RAYBAN et contents que le plus américain des présidents français mène le bal, sortent frileusement de leurs apathies, et intrigués par les bouleversements arabes ils commencent à s’indigner. « Aux armes de destruction massive » s’est substitué le « génocide » et le tour est joué. Alain Juppé jubile ! Lui qui est probablement le mieux placé pour parler de financements de partis politiques et donc donner des leçons démocratiques ! (mais c’est une autre histoire, hum.) Car ce qui est à l’œuvre actuellement en Libye est tout sauf une guerre révolutionnaire : Sarkozy n’a pas troqué son béret de CRS contre un béret du Che ; ce qui motive cette intervention est la crainte d’une ré-appropriation des moyens de production du gaz et du pétrole par la population, doublé d’une peur paranoïaque de manipulation des forces islamistes. Ce qui apparaît clairement est donc : l’Union européenne n’existe pas, d’ailleurs Sarkozy n’a pas demandé l’accord populaire (ce qui est dérangeant quand on va exporter la démocratie), elle se découvre des pouvoirs d’intervention à l’américaine, hors de ses terres. La dernière intervention de ce type ( d’« humanisme militaire » ou d’ »impérialisme humanitaire » ) remonte à la guerre du Kosovo et l’Europe porte encore en son sein les traces de cette guerre atroce. Ce qui existe en Europe, ce sont des intérêts des multi-nationales avides de tirer profit de cette barbarie, et de s’approprier l’énergie nécessaire aux démocraties dévorantes. Il s’agit, ainsi, d’accroître le fossé existant entre les démocraties « civilisées » du nucléaire et les dictatures « barbares » car arabes...

Pourtant cette « consensusalisation » de la France et d’une petite minorité d’Etats européens (Espagne, Italie, Royaume-Unis et Allemagne) a été un véritable rouleau compresseur d’information, le trop-plein favorisant une amnésie collective énorme. Les guerres « préventives » d’Irak et d’Afghanistan ne sont toujours pas finies, et « la guerre comme politique étrangère des États-Unis » est en passe de devenir le futur modèle politique de l’Europe forteresse, dans les limites que lui poseront les États-Unis, sous l’impulsion d’un ou deux coqs comme Sarkozy ou encore BHL. Ce dernier ayant bénéficier d’une médiatisation d’exception dans le système propagandiste machiavellement réformé, pour plus de « transparence »...

L’Europe veut consolider son mur invisible en contrôlant les migrations de populations sub-sahariennes. Elle payait jusqu’alors le colonel pour « juguler » les migrants. Inutile de décrire les conditions dans lesquelles sont sous-traitées ces populations (puisque monnayées), la France, la Belgique, et d’autre États européens ne veulent déjà pas voir comment ils traitent eux-mêmes les « sans-papiers ». C’est une des limites de la démocratie exportable, mais elle est fondamentale dans un moment où les exilés climatiques vont affluer. C’est aussi une question dont on entend jamais parler BHL ou d’autres intellectuels de gouvernement, ou encore du mur de la haine en Palestine.

Quoi de plus naturel en politique, que lorsqu’un événement embarrasse, on veuille tourner la page médiatique coûte-que-coûte ? Quant aux révoltes arabes résonnent les casseroles Islandaises, les insurrections anglaises, françaises, italiennes, américaines, et j’en passe, passées sous silence, il requiert de la « responsabilité » d’un bon patriote d’écrire, très vite, une nouvelle histoire dépoussiérant les souvenirs de la précédente, pour qu’elle devienne « de l’histoire ancienne ». On redonne alors un coup de pouce aux amis milliardaires des médias. L’événement embarrassant dont je veux parler, ce n’est pas la bonne vielle peur de « contamination » communiste (« voyons, c’est la fin de l’histoire », haha les cons), non non, là c’est tout chaud ! C’est la contamination radioactive de Fukushima due au séisme de Tokyo. Il est clair qu’en ce moment où les politiques les plus « responsables » de la planète font l’autruche quant à la dévastation de la planète (qui leur appartiens, c’est bien connu, et pis comme dirais l’autre « l’écologie ça commence à bien faire » haha) en capitalisant sur le « développement durable », sans rien changer aux problèmes qui viennent, c’est une question de vie ou de mort de l’industrie nucléaire française (1ère productrice mondiale) et donc du pouvoir politique, de faire changer les « Unes ». Here comes Story-telling ! On remarque que les intérêts publiques et économiques ont tendance à se substituer : les gens importent moins dans l’action des « démocrates » que les actions dans les cours de bourses !

En conclusion, il est utile de rappeler que l’intervention militaire européenne est sous commandement américain, les États-Unis ne pouvant « se battre sur tous les fronts » ! Tiens, tiens, non seulement l’Europe prouve qu’elle n’est pas capable (ou n’a pas le courage) de se gouverner elle-même, mais en plus la tutelle américaine par son « excuse » légitimerait les autres guerres préventives ? C’est étrange et désespérant de voir comment l’ « exportation » de la démocratie, s’accompagnant toujours de massacres atroces de civils, de dévastations écologiques... etc, n’a pour seul moteur que la haine de la démocratie, c’est-à-dire du et du pouvoir et du droit du peuple Libyen à disposer de lui-même. Il semblerait que le libéralisme économique a ses raisons que la raison ignore ; et qu’il rendre fortement aveugle et sourd par la même occasion !

post de Jbb - piqué chez A.11

16:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/03/2011

Nicolas "HEIA SAFARI" Sarkozy, sur la base de Solenzara en Corse

 

visite_de l'empereur_à_Solenzara.jpg

 

Pour rétablir la situation en Libye et infliger de sérieux revers aux troupes Kadhafiste, l'empereur déclenchait, le 19 mars 2011, une offensive présidant, du moins l'espérait-il, à la conquête du deuxième mandat de 2012.

 

 

Utilisée comme plate-forme pour les avions français engagés dans les opérations en Libye, la Base aérienne 126-Capitaine Preziosi, sur la côte orientale de la Corse, où se rend ce mardi Nicolas Sarkozy, sert essentiellement à l'entraînement d'unités françaises et de pays de l'Otan.

Alors que les raids de la coalition internationale se succèdent depuis trois jours en Libye, Nicolas Sarkozy se rend en fin de matinée sur la base de Solenzara en Corse, qui sert de base avant aux avions français engagés dans l'opération. Cette visite du chef de l'Etat à Solenzara, qui sera accompagné du ministre de la Défense, Gérard Longuet, était pressentie depuis l'annonce lundi d'une modification de son agenda pour la journée de mardi. Divers rendez-vous ont été ainsi annulés. Cette modification d'agenda avait été expliquée par l'Elysée par le souci du président de "se concentrer sur le suivi de la situation en Libye".

Depuis le lancement de l'intervention militaire en Libye, en application des résolutions des Nations Unies, cette base militaire est en première ligne de l'opération aérienne française. Fréquemment appelée "base de Solenzara", du nom d'un village de Corse-du-Sud distant de plusieurs kilomètres au Sud, la Base aérienne 126-Capitaine Preziosi, se trouve sur la côte orientale de la Corse, sur le territoire du village de Ventiseri en Haute-Corse, entre la RN 198 et la mer. Cette base opérationnelle créée en 1952 par l'Otan sert au soutien à l'entraînement des escadrons de combat français, qui y viennent en rotation pour des exercices de tir ai-air et air-sol, et à des unités des forces aériennes de pays alliés.

Le rôle de la base

Elle tire son nom d'Albert Preziosi, un officier corse des Forces aériennes françaises libres tué en combat aérien en Russie en 1943. Aucune unité n'est déployée en permanence sur la base à l'exception d'un escadron d'hélicoptères de transport doté d'appareils de type AS332 Super Puma, qui remplit essentiellement des missions de sauvetage à terre et à la mer de service public. Quelques centaines d'aviateurs servent sur la base, notamment une unité de commandos de l'Air assurant la sécurité.

Elle est aussi utilisée comme plate-forme pour la projection d'unités françaises, notamment de forces spéciales, en opérations extérieures, comme ce fut le cas en Afrique. C'est de la base Ventiseri que partit le 2è Régiment étranger de parachutistes (REP), en 1976, pour sauter sur Kolwezi au Zaïre, dernière grande opération aéroportée de l'armée française.

piqué au tas sur TF1 News - 22 mars 2011

 

11:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les bombes au service de la démocratie

La démocratie en Serbie survivra-t-elle aux bombes ?
(Les bombes de l'OTAN frappent aussi les démocrates)




Les frappes aériennes sur la Yougoslavie sont censées arrêter la machine de guerre de Slobodan Milosevic. L'objectif recherché est, officiellement, de soutenir le peuple du Kosovo, ainsi que celui de Serbie, l'un et l'autre victimes du régime de Milosevic. En fait, les bombardements ont mis en danger la vie de dix millions et demi de personnes et déclenché les hostilités contre les forces balbutiantes de la démocratie au Kosovo et en Serbie. Ils ont sapé le travail des réformistes au Monténégro et dans l'entité serbe de Bosnie-Herzégovine, en même temps que leurs efforts de paix. Les bombardements démontrent l'impuissance politique du président américain Bill Clinton et de l'alliance occidentale à éviter une catastrophe humaine au Kosovo (...) chaque missile qui atteint le sol aggrave le désastre humanitaire que l'OTAN est censé empêcher.(...)

Mes amis occidentaux me demandent sans cesse pourquoi il n'y a pas de rébellion. Où se trouvent les gens qui se sont déversés dans les rues tous les jours pendant trois mois en 1996, pour réclamer la démocratie et les droits de l'homme ? Zoran Zivkovic, maire d'opposition de la ville de Nis, a répondu la semaine dernière. " Il y a vingt minutes, ma ville a été bombardée. Ceux qui vivent ici sont les mêmes que ceux qui ont voté pour la démocratie en 1996, les mêmes qui ont protesté cent jours durant après que les autorités eurent tenté de nier leur victoire aux élections. Ils ont voté pour la démocratie qui existe en Europe et aux Etats-Unis. Aujourd'hui, ma ville a été bombardée par les nations démocratiques que sont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Canada ! Y a-t-il un sens à cela ? " La plupart se sentent trahis par les pays qui ont été leurs modèles.

(...) Les bombes tombent partout, et personne ne les convaincra –même si certains ont essayé– que ces bombes visent le gouvernement, pas le pays. (...) Je ne peux pas ne pas poser la question : comment des F16 empêcheront-ils les gens de s'entretuer dans la rue ? Par ces attaques, me semble-t-il, l'Occident s'est lavé les mains du sort des Albanais, des Serbes et autres habitants de la région. (...) Si l'on veut établir un gouvernement démocratique stable, et stopper la montée des populistes, des démagogues et autres imposteurs, il faut avant tout éclairer l'opinion publique. Autrement dit, il faut des médias libres. Les bombes de l'OTAN ont détruit dans le sol du Kosovo, de la Serbie et du Monténégro les graines de la démocratie, qui ne germeront plus avant longtemps. Les forces pro-démocratiques de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie, ont été mises en danger et avec elles les accords de paix de Dayton.
L'intervention de l'OTAN a également donné le feu vert à une guerre locale contre le président pro-démocrate du Monténégro, Milo Djukanovic.

Les médias libres de Serbie se sont pendant des années opposés au nationalisme, à la haine et à la guerre. En tant que représentant de ces médias, et en tant qu'homme qui, plus d'une fois, a affronté les conséquences de ses convictions politiques, j'en appelle au président Bill Clinton afin qu'il fasse cesser les attaques de l'OTAN contre mon pays. J'en appelle à lui pour qu'il commence des négociations visant à assurer le droit à la paix et à la démocratie pour tout le peuple de Yougoslavie, quelle que soit l'origine ethnique.(...)

par Veran Matic, directeur de la radio indépendante de Belgrade, Radio B92. (Traduit de l'anglais par Sylvette Gleize).
Le Monde 02/04/99


10:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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