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10/12/2010

Manifestations étudiantes à Londres : Royal car attack

 

 

Londres: manifestations violentes sur fond de débat parlementaire

De violents accrochages ont opposé policiers et étudiants pendant plusieurs heures, jeudi à Londres, alors que les députés votaient avec une majorité réduite un projet de loi sur l'augmentation des droits universitaires qui a mis à mal la coalition au pouvoir depuis huit mois.

Trente-huit manifestants et dix policiers ont été blessés, dont plusieurs sérieusement, selon un dernier bilan de la police. Vingt-deux personnes ont par ailleurs été interpellées, dont trois pour agression sur des policiers, a ajouté la police, qui a dénoncé la présence de casseurs.

Lors de la manifestation qui a rassemblé des milliers de personnes, des étudiants ont tenté à plusieurs reprises de repousser un cordon de police à proximité du Parlement, où était débattu le projet de loi. Des policiers ont répondu avec des coups de matraque.

Des protestataires ont bombardé de projectiles, dont des pierres et des bâtons, les policiers en tenue anti-émeutes. En début de soirée, une fois le projet de loi adopté, un groupe a cassé des vitres blindées du ministère des Finances, tentant en vain d'entrer dans le bâtiment.

La Rolls Royce qui transportait le prince Charles et son épouse Camilla a aussi été attaquée par des manifestants qui ont endommagé une fenêtre de la voiture et jeté de la peinture blanche sur le véhicule noir, sans cependant blesser le couple qui se rendait au théâtre.

Au plus fort de la mêlée, un reporter de la BBC couvrant les incidents de la journée en direct est apparu à l'antenne coiffé d'un casque.

Les policiers avaient mis en garde contre une répétition des violences survenues en marge de précédentes protestations estudiantines. Mi-novembre, la première manifestation contre le projet de loi avait dégénéré, un groupe saccageant l'immeuble abritant le quartier général du parti conservateur au pouvoir.

"Augmenter les droits d'entrée à l'université ne fait que créer de graves divisions sociales", a estimé jeudi un manifestant, Andrea Baptiste.

Des étudiants ont peint des slogans "policiers enc...." et "éducation pour les masses" sur la statue de l'ancien Premier ministre conservateur Winston Churchill, située en face de la Chambre des Communes.

Au terme de débats mouvementés, les députés britanniques ont porté d'ici 2012 le plafond des droits universitaires en Angleterre de 3.290 livres (3.915 euros ou 5.180 dollars) par an à 6.000 livres, et dans des "circonstances exceptionnelles" à 9.000 livres.

Le projet de loi a été adopté avec seulement 323 voix pour, 302 députés votant contre. La majorité du gouvernement de coalition, qui est d'habitude d'au moins 83 députés, a été réduite à 21.

Ce projet a provoqué de profondes divisions au sein du gouvernement et plus particulièrement au sein des libéraux-démocrates, partenaires clés des conservateurs dans le cabinet.

Les "lib dem" s'étaient engagés pendant la campagne pour les législatives en mai à ne pas augmenter les frais d'inscription à l'université. Le vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg a avancé l'actuelle cure d'austérité pour justifier la hausse des droits universitaires.

Les manifestants, essentiellement des étudiants, ont été rejoints jeudi par des membres d'autres syndicats et des militants de diverses organisations qui entendaient élargir la contestation à l'austérité décrétée par le gouvernement. "Il est temps que l'ensemble du mouvement syndical joigne ses forces", a déclaré Bob Crow, secrétaire général du syndicat des transports RMT.

A l'annonce des résultats du vote, une étudiante, Anna Campbell, a fondu en larmes. "Je suis tellement énervée. Mais ce n'est pas la fin, on va continuer à se battre", a-t-elle prévenu.

piqué sur actu.orange.fr - 10/12/2010

 

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26/05/2010

Nous ne revendiquons rien

Nous ne revendiquons rien

Nous ne revendiquons rien

Qu’est-ce qui unit ces événements épars des dernières années ? Ni la race, ni l’origine de classe des participants, ni leurs contextes politiques ou leur condition sociale, ni leur situation géographique, ni leurs cibles. C’est plutôt une certaine absence qui les unit, une brèche au centre de tous ces conflits : l’absence de revendications. Cherchant à comprendre, gérer ou expliquer les événements précédemment cités à un public aliéné, les responsables carcéraux feignent l’ignorance, les journalistes font les poubelles à la recherche d’une « cause », les politiciens cherchent quelque chose à négocier, alors que les progressistes imposent leur propre idéologie. La peur qu’il n’y ait vraiment rien sous ces actions, pas de plainte, pas de raison, pas de cause, juste une libération sauvage d’énergie primale, aussi inexplicable et irrationnelle qu’un sacrifice aux dieux eux-mêmes. À tout prix, il doit y avoir une signification, gémissent-ils, une sorte de poignée à laquelle se raccrocher, quelque chose, n’importe quoi. Qu’est-ce qu’ils veulent ? demande tout un chacun, et la réponse est partout la même : Rien.

Brochure proposée par les éditions Senonevero.
Pris au tas chez Infokiosques.net - 26/05/2010

15:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/02/2010

Quelque 200 manifestants font du grabuge au centre-ville de Vancouver

VANCOUVER, B.C. — Quelque 200 manifestants qui s'opposent à la tenue des Jeux olympiques ont fait du grabuge et affronté les policiers au centre-ville de Vancouver, samedi.

LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette

 

Selon ce qu'a fait savoir samedi le service de police de Vancouver, ces manifestants masqués ont causé du vandalisme dans les rues du centre-ville, s'en prenant notamment aux véhicules et aux commerces. "Les manifestants lancent des objets aux membres des forces policières, mettent de la peinture sur des véhicules, brisent des vitrines et intimident les piétons", a décrit la police dans un communiqué.

Des policiers de l'escouade anti-émeute sont intervenus, pendant que d'autres policiers en bicyclette ont interdit l'accès à certaines rues du centre-ville. Des arrestations ont eu lieu. L'une des manifestantes affirme avoir été arrêtée parce qu'elle portait un masque.

Alors que la tension montait et que les manifestants se rapprochaient de l'hôtel où sont installés plusieurs membres du Comité international olympique, les policiers ont manifesté leur force, postant des agents anti-émeute sur la route pendant qu'un hélicoptère militaire Sea King survolait les lieux.

Les policiers ont avancé vers les manifestants, frappant leur bouclier avec leur bâton et poussant les protestataires et les journalistes devant eux. Les manifestants se sont retrouvés coincés entre deux rangs de policiers, qui ont alors procédé à des arrestations.

Après plusieurs heures, les policiers ont confiné les manifestants dans une rue du centre-ville et ont accepté de les escorter à quelques coins de rue de là, en échange d'une promesse de se disperser. Un cri de joie s'est fait entendre dans la foule à l'annonce de cette entente.

Alissa Westergard-Thorpe, du Réseau de la résistance aux Olympiques, dissocie son groupe des gestes de violence et de vandalisme, décrivant la manifestation comme "une journée d'action autonome, par des groupes indépendants, avec différentes tactiques autour des Olympiques".

Elle ajoute qu'il y a eu un peu de dégâts, mais que ceux qui en sont responsables ne sont pas ceux qui ont été arrêtés. Elle considère la manifestation comme non violente tant que personne n'a été blessé, peu importe les dommages matériels qui ont été causés.

"Les personnes qui ont été arrêtées ne faisaient que marcher dans les rues en essayant de faire respecter leurs droits par les policiers. Les arrestations ont été inutilement violentes", a-t-elle déclaré.

Selon Mme Westergard-Thorpe, les gestes les plus violents ont été commis par les policiers pendant les arrestations.

Vendredi, des manifestants avaient contraint les organisateurs à modifier le tracé du relais de la flamme olympique. Plus de 1500 marcheurs opposés à diverses choses avaient manifesté à la fin du relais et avant le début de la cérémonie d'ouverture. La manifestation a cependant été plutôt pacifique; une seule arrestation ayant eu lieu après que deux policiers eurent été blessés pendant une confrontation.

Mme Westergard-Thorpe affirme qu'il y aura d'autres manifestations au cours des prochains jours. "Ce sera vraiment la police qui déterminera le type de violence que vous verrez. La vraie violence, la seule violence contre des humains vient de la police", a-t-elle avancé. De James Keller (CP)

The First full day of the Vancouver 2010 games was met with a protest that led to the destruction of downtown property and riot police being called in.Click here to watch the video
The First full day of the Vancouver 2010 games was met with a protest that led to the destruction of downtown property and riot police being called in.

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29/09/2009

"Colmar sera bouclé" Manifestation antinucléaire 3 et 4 octobre à Colmar: négociations et Lettre ouverte au Préfet de Colmar -

Manifestation antinucléaire : Lettre ouverte au Préfet de Colmar

Communiqué de presse du 24 septembre 2009

Le groupe des élus Verts au Conseil Régional d’Alsace a fait part à Monsieur le Préfet du Haut-Rhin dans une lettre ouverte de son vif désaccord sur son attitude à l’égard du rassemblement européen du 3 octobre à Colmar pour la sortie du nucélaire.

Vous trouverez ci-joint le texte de ce courrier.

Djamila Sonzogni, Porte-parole
- (PDF - 181.9 ko)




Pris chez "La feuille de Choux" :

lu dans les DNA édition de Colmar

Opinions / Courrier des lecteurs

Un déploiement de forces « ridicule »

De M.A.H. de Gertwiller :
« J’ai découvert dans les DNA, édition de Colmar (26 septembre), un tout petit article concernant toutefois un sujet de grande importance : « Restrictions au stationnement et à la circulation » face à la manifestation antinucléaire du 3 octobre. J’ai pris le temps de mettre en couleur sur le plan de Colmar les zones bloquées par la préfecture et/ou la mairie : c’est tout simplement irraisonné !
Pour ma part, je serai à cette manifestation et y prendrai pacifiquement une part active. Nous serons des milliers, à venir pacifiquement. Alors, pourquoi tout ce no man’s land autour de la place Rapp, du Champ-de-Mars et de la préfecture ? Lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg, il y avait au moins une maigre explication. Mais à Colmar, rien, rien, rien !
Si l’on considère que toutes les manifestations antinucléaires sont toujours restées pacifiques (y compris le mois dernier à Berlin, où il y avait pourtant 50 000 manifestants), ce déploiement de forces est ridicule et ne vise qu’à masquer à la vue du public cette immense aspiration des citoyens à sortir du nucléaire !
Si l’on suppose a contrario que des éléments extérieurs (des « casseurs ») vont s’infiltrer, alors ce bouclage est encore pire : ne pouvant se réunir au Champ-de-Mars, ils chercheront à se rabattre sur le centre-ville à tous les coups. Or, c’est ce que le maire de Colmar pourrait éviter en laissant la place Rapp accessible.
Si l’on se pose la question : mais qu’y a-t-il à protéger place Rapp et au Champ-de-Mars ? La réponse est : « rien !, rien du tout ! ». Cette place fait 32 000 m², on peut y réunir facilement 15 000 personnes contrairement aux dénégations des autorités.
Si l’on se demande ce qui sera perdu, en privant les manifestants de la place Rapp, la réponse est simple : la liberté de s’exprimer en manifestant, pourtant inscrite dans la Constitution.

Édition du Mar 29 sept. 2009

atomkraftneindanke.jpg

édition région DNA

Les antinucléaires négocient avec le préfet

Les organisateurs du rassemblement pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ont rencontré hier le préfet du Haut-Rhin pour discuter des conditions et du tracé de la manifestation, samedi 3 octobre à Colmar. Ils jugent les mesures de restrictions à la circulation prises par la mairie, « insensées ».

« La rencontre a eu lieu à la demande du préfet, qui nous a appelés jeudi pour nous proposer un rendez-vous lundi [hier] », précise Rémi Verdet, président du réseau Sortir du nucléaire, un des quatre membres de la délégation reçue par Pierre-André Peyvel. Celle-ci comprenait également deux représentants du collectif « Fermons Fessenheim ».

Contre « l’état de siège »

Entre l’invitation préfectorale et le jour de l’entrevue, les arrêtés prévoyant l’interdiction de circuler sur une vingtaine d’axes et de stationner dans une quarantaine de rues et places de Colmar ( y compris pour les cyclistes et les piétons), sont parus.
L’ampleur du dispositif a suscité l’incompréhension des organisateurs. Ils dénoncent la création d’un véritable « état de siège », avec des interdictions de circulation « complètement disproportionnées » par rapport à la manifestation.
Hier, la délégation est arrivée « refroidie » au rendez-vous. « Le préfet nous a expliqué que ce n’était pas lui qui avait pris les arrêtés, mais le maire de Colmar, en vertu de son pouvoir de police », raconte Rémi Verdet.
Selon ce dernier, le premier magistrat a agi sans concertation, avant toute négociation, en prenant « pour base le site du stade des Cheminots, avec le parcours vers le Natala ». « Il a tout verrouillé, en isolant complètement le secteur de la Place Rapp », protestent les antinucléaires.

Ni la Place Rapp, ni le stade des Cheminots

La discussion, que « le préfet avait voulue sans le maire », selon eux, a duré deux heures. Pour le représentant de l’Etat, il est hors de question que la manifestation se déroule place Rapp - avenue de la République. Ce qui semble acquis : « Maintenir notre appel place Rapp, c’était faire courir les gens au casse-pipe, et on ne veut pas de violence », reconnaît le président du réseau Sortir du nucléaire.
Mais les organisateurs refusent d’être parqués au stade des Cheminots, « trop étroit » n’ayant qu’« une entrée », « une souricière », disent-ils. Ils veulent manifester dans « des lieux ouverts ». Et proposent un départ de la gare avec un autre circuit.
Le préfet doit en discuter avec les services de sécurité. Les deux parties ont prévu de se retrouver cet après-midi à 16 h. Avec un bon espoir de trouver un compromis acceptable par tous.

I. N. (avec AFP)

Édition du Mar 29 sept. 2009

 

Manif antinucléaire : Colmar sera bouclé

http://www.lalsace.fr/fr/article/2025294/Manif-antinucleaire-br-Colmar-sera-boucle.html

Colmar sera une ville bouclée samedi prochain. En vue de la manifestation, à 14 h, pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a décrété des « mesures de précaution » exceptionnelles. Ainsi le stationnement sera interdit, dès vendredi soir, dans une quarantaine de rues et de places. Samedi, la circulation sera interdite sur ces axes jusqu’à la fin de la manifestation. L’accès aux rues jouxtant la place Rapp et le Champ de Mars sera interdit, même aux cycles et aux piétons, à l’exception des riverains.
Les antinucléaires ont dénoncé « ces interdictions de circuler insensées, sans justification, qui mettent gravement en cause la liberté de manifester ». Soucieux d’éviter d’envoyer les manifestants au « casse-pipe » en maintenant la place Rapp comme lieu de rassemblement, les organisateurs ont proposé hier soir au préfet la place de la Gare comme point de départ.
Pour justifier les mesures de précaution, les autorités font état de 15 000 à 30 000 manifestants possibles. Selon le porte-parole de « Sortir du nucléaire », cette estimation est « farfelue ». « Si nous arrivons à rassembler 5000 manifestants ce sera une belle réussite », a-t-il confié à L’Alsace.

Les articles de Catherine Chenciner et Adrien Dentz sont à lire ICI


Colmar : les antinucléaires dénoncent l’interdiction de circuler et de manifester

L’interdiction de stationnement et de circulation, y compris pour les piétons, décrétée par le maire de Colmar en vue de la manifestation de samedi pour la fermeture de la cen-trale de Fessenheim, a provoqué un tollé chez les antinucléaires qui dénoncent des « interdictions insensées mettant en cause la liberté de manifester ».

Le préfet du Haut-Rhin « se prépare à mettre Colmar dans un véritable ’’état de guerre’’ le 3 octobre prétextant de supposés risques pour l’ordre public », s’indigne le réseau « Sortir du nucléaire ». Dans un communiqué publié hier, après la distribution par la mairie de Colmar d’une lettre aux riverains concernés par l’arrêté municipal (lire ci-dessous), le réseau antinucléaire, regroupant 840 associations, dénonce « ces interdictions de circuler insensées, sans justification, visant même les cycles et les piétons, qui mettent gravement en cause la liberté de manifester et de se déplacer librement ».

En vue de la manifestation, prévue samedi à 14 h, le maire Gilbert Meyer a, « par mesure de précaution », décrété par un arrêté municipal l’interdiction de stationner, dès vendredi 20 h, aux véhicules dans une quarantaine de rues et de places de Colmar. Par ailleurs, la circulation sera interdite samedi matin jusqu’à la fin de la manifestation à tous les véhicules sur une vingtaine d’axes également interdits aux piétons et aux cycles, à l’exception des riverains (voir infographie).

« Hors de question d’aller dans une telle souricière »

Ces restrictions concernent à la fois l’itinéraire de la manifestation préconisé par le maire et le préfet (du stade des Cheminots à l’échangeur de l’A 35 par les grandes avenues contournant le centre) que le circuit autour de la place Rapp, à partir de la rue Bruat, que la préfecture du Haut-Rhin avait « suggéré » le 19 mai dernier, dans une lettre au coordinateur du réseau « Sortir du nucléaire » (voir le fac similé ci-dessous).

« Il est hors de question d’aller dans la souricière proposée par les autorités », a déclaré hier Francis Lhomme, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire ». « Vouloir rassembler les manifestants dans un stade excentré est une option qui rappelle de mauvais souvenirs, souligne-t-il. L’objectif est-il de dissuader les gens de participer à la manifestation en agitant le spectre d’activistes allemands ? »

Estimant que la liberté de manifester est « gravement remise en cause », le réseau « Sortir du nucléaire » va, avec son partenaire allemand Bund, demander à la chancelière Angela Merkel d’intervenir auprès du président Nicolas Sarkozy, « pour que les autorités françaises respectent les manifestants », a annoncé Francis Lhomme.

« Si nous arrivons à rassembler 5 000 personnes, ce sera une belle réussite », confie-t-il en qualifiant le chiffre de 15 000 à 30 000 manifestants évoqué par le maire d’estimation « farfelue ».

Adrien Dentz

 

Un départ place de la Gare ?

C’est « un peu refroidis » que les organisateurs de la manifestation antinucléaire du 3 octobre, « Sortir du Nucléaire » et « Fermons Fessenheim », ont pris part, hier soir, à une rencontre avec le préfet du Haut-Rhin, Pierre-André Peyvel, et son directeur de cabinet, Laurent Gandra-Moreno.

Une réunion qualifiée « de la dernière chance », peu avant dans la journée. « Quand on nous a proposé ce rendez-vous, on a trouvé cela plutôt positif, relève Rémi Verdet, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire ». Mais entre-temps, le maire de Colmar a pris ces arrêtés pour interdire le stationnement et la circulation dans le centre, y compris celle des piétons. On a l’impression que des terroristes vont faire le siège de la préfecture ! On n’a jamais vu ça, c’est invraisemblable ! »

 

Réunion sans le maire

Ces mesures « exceptionnelles » les étonnent d’autant plus, ajoute Jocelyn Peyret, coordinateur national de « Sortir du nucléaire », que « la base de travail a été le parcours que les organisateurs n’avaient pas accepté, et cela sans concertation ».

Pour autant, assurent-ils, il n’est pas question d’interrompre les négociations. « Ces arrêtés interdisent tout ce qu’on proposait et isolent la place Rapp. Le préfet a dit qu’il n’était pas au courant et a voulu cette réunion sans le maire », a repris Rémi Verdet, à l’issue de la rencontre.

Durant presque deux heures de discussion, les services de l’État ont répété leur refus de voir le cortège partir de la place Rapp ou de la rue Bruat voisine. Quant aux organisateurs, ils ont insisté sur le fait qu’il était « hors de question et dangereux de rassembler tout le monde au stade des Cheminots » , au motif que « ce lieu n’a qu’une entrée et est une véritable souricière ».

Prêts à accepter un autre lieu de départ, pourvu qu’il soit « ouvert », les organisateurs ont proposé la place de la Gare à Colmar. « On en est là. Ensuite, un autre circuit sera négocié… » Semble-t-il ouvert à cette autre possibilité, le préfet devait « en parler à ses services techniques » et accueillir une autre rencontre pour faire le point cet après-midi.

L’appel à manifester à partir de la place Rapp est donc caduc. Celle-ci étant rendue inaccessible dès 8 h le matin, « on aurait envoyé les manifestants au casse-pipe, estime Rémi Verdet. Nous nous sommes mis un peu en retrait, car nous voulons faire entendre nos idées, pas la violence. Nous sommes des pacifistes ! »

Catherine Chenciner



La lettre du maire aux riverains

Le maire de Colmar, Gilbert Meyer (UMP) a fait distribuer hier une lettre aux riverains concernés par l’arrêté municipal fixant les restrictions de circulation, même à pied, et de stationnement samedi prochain jour de la manifestation pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Voici les principaux extraits de cette lettre :

« […] Les manifestants ont souhaité constituer un point de rassemblement place Rapp. Une telle configuration n’est pas possible, la place Rapp pouvant accueillir au maximum entre 2 500 et 3 000 personnes. Or les organisateurs escomptent rassembler entre 15 000 et 30 000 personnes.

Le préfet du Haut-Rhin et moi-même avons donc décidé de mettre à la disposition de ce rassemblement le stade des Cheminots au matin du jour J, le circuit de la manifestation devant emprunter ensuite le pont SNCF sud, la route de Rouffach, les avenues Poincaré, Clemenceau, de Fribourg, puis la rue de la Semm, jusqu’à l’échangeur autoroutier, où les manifestants se disperseront. […] Votre domicile se trouve en bordure ou à proximité immédiate de ce trajet, soit sur le circuit proprement dit, ou dans une rue proche ou adjacente. […] En dehors des interdictions formelles de stationner, je vous conseille également d’éloigner votre véhicule, dans la mesure du possible, des rues qui ne sont frappées que d’une interdiction de circuler. Toutes les dispositions ont été prises pour permettre un déroulement fluide et sécurisé de la manifestation […]. »

 

 

http://www.phototheque.org/data/media/258/OGM_nuclaire_pesticides..._logique_de_profit_logique_de_mort_.jpg

 

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12/07/2009

Pour une terre sans bases de guerre No Dal Molin

Avant le sommet du G8:

gesso no dal molin.jpg

Italie: manifestation contre une base US

AFP
04/07/2009

Plus de 3.000 personnes ont commencé à manifester aujourd'hui contre l'agrandissement d'une base américaine à Vicence (nord-est de l'Italie), à quelques jours de la venue du président Barack Obama en Italie pour le G8. Des pacifistes, des altermondialistes, des militants d'extrême gauche participent à la manifestation organisée par le comité "non à Molin", le nom de l'ancien aéroport où se déroulent les travaux d'agrandissement de la base.

 

Boycotter les bases de guerre
Depuis quelques mois, au sein de l’Assemblée permanente du Préside – Q.G. – pour le « NO DAL MOLIN », s’est constitué un Groupe Boycottage, pour étudier, projeter, programmer et réaliser des activités qui visent à la promotion du boycottage des produits, services et offres de quelque nature que ce soit de la part d’acteurs qui, sur échelle locale, nationale ou internationale montrent d’être favorables et donc de promouvoir le projet et la réalisation de la nouvelle base militaire sur le sol de Vicence.
La pratique du boycottage, de nature non violente, consiste à suggérer à chaque citoyen, aux associations sociales e culturelles, aux coopératives de production et de services, et en général à toutes les réalités sensibles aux thèmes de la justice sociale, de la paix et du respect de la dignité des enfants, des hommes et des femmes, des comportements et des pratiques de consommation de façon à exercer des pression sur les entreprises et les institutions qui au contraire oeuvrent contre de telles instances.
Le Groupe Boycottage pour le « NO DAL MOLIN », spontané, autogéré et indépendant de toute institution ou parti, a jusqu’à présent promu les actions suivantes :
• Campagne d’information sur les questions controversées qui voient la «Banca Popolare di Vicenza», présidée par l’entrepreneur Gianni Zonin, associée de Aeroporti Vicentini s.p.a., impliquée dans l’agrandissement de la base U.S.A. de Sigonella, impliquée dans le transport vers l’Irak de matériel de guerre, sujet qui ne respect pas les bons propos de son Code Ethique pour la sauvegarde de l’environnement et du contexte socio-culturel local e national. A ce propos nous invitons les associés et les clients à interrompre chaque rapport avec la Banque.
• Campagne de non achat des produits de la maison vinicole Zonin. L’entrepreneur vicentin, Gianni Zonin, le 9 janvier 2007 pendant la brève visite à Vicenza de l’ambassadeur U.S.A. in Italie, M. Roland P. Spogli, - objecte « une descente à la base militaire américaine Camp Ederle et à l’aéroport Dal Molin » - a été le seul entrepreneur local à être admis à un entretien privé avec le diplomate ; la rencontre a eu lieu justement auprès du siège central de la Banca Popolare di Vicenza. Dans une interview donnée le 15 janvier au journal « Il Corriere della Sera », M. Zonin, après avoir exprimé un net avis favorable à la base U.S.A Dal Molin, affirma : « Des citoyens de Vicenza opposants ? Je n’en connais pas. J’ai parlé avec une centaines d’entrepreneurs. Pas un qui ne soit contraire. Dans la même interview M. Zonin minimise l’impact environnemental de la base mettant en priorité sur cet argument les avantages économiques de quelques Elus.
• Nous sommes et serons présents aux évènements locaux ou nationaux, promus ou financés par les sujets politiques ou économiques qui soutiennent la nouvelle base de guerre, avec la
campagne informative de distribution de tracts, manifestations et autres initiatives aptes à éclairer les respectives positions sur le projet en question, permettant ainsi à la population de discerner les réelles utilités sociales et collectives des simples intérêts individuel ou de catégorie.
Nous vous invitons à vous unir à nos actions dans le cadre de vos activités.
Que pouvez vous faire ?
1. Adhérer aux actuelles campagnes boycott lancées par le groupe :
• Ne pas acheter, vendre, consommer les produits vinicoles Zonin y compris toutes les étiquettes (Podere il Giangio, Cà Bolani, Masseria Altemura, Feudo Principi di Butera, Rocca di Montemassi, Castello D’Albola, Azienda Monte Oliveto, Castello del Poggio, Tenuta il Bosco, Tenuta Ca' Vescovo).
• Ne pas utiliser les services de la Banca Popolare di Vicenza, en fermant les éventuels comptes courants (nous vous aidons dans cette opération en vous fournissant un modèle standard de lettre), en n’ayant pas recours à ses services de trésorerie, en laissant la position d’actionnaire.
2. Unissez-vous à nous avec des nouvelles propositions et idées pour ce qui concerne le boycottage.
3. Insérez dans vos contacts notre site.
Contactez-nous directement pour plus d’information:
• Chaque lundi soir à 21.00 auprès du Q.G. de Rettorgole (zone proche de l’ aéroport Dal Molin);
• En consultant nos documents sue les sites www.altravicenza.it et www.nodalmolin.it;
• En contactant l’adresse suivante info@altravicenza.it avec objet: boycottage.
Le futur est dans nos mains
Pour une terre sans bases de guerre
Groupe Boycott de l’Assemblée Permanente

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Des milliers d'Italiens ont manifesté en signe de protestation contre l'extension de la base militaire américaine dans leur pays. Selon le correspondant de l'Irib à Rome, plus de 15.000 personnes ont participé ce samedi à une manifestation à Vicenza, une ville dans le Nord d'Italie qui abrite une base militaire américaine; une manifestation dégénérée en violence par l'intervention de police qui a utilisé le gaz lacrymogène et passé à tabac les protestataires réclamant la fermeture de cette base. Selon un accord conclu entre Rome et Washington, les Etats-Unis vont débloquer 500 millions de dollars pour faire de leur base à Vicenza la plus grande base militaire américaine sur toute l'Europe. Environ 3.000 soldats américains sont actuellement installés dans cette base dans le Nord italien qui sert aussi de commandement central de 5 autres bases états-uniennes en Italie.

http://french.irib.ir http://french.irib.ir

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12/06/2009

affrontements Bagua Pérou journalistes

 

 

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15/04/2009

Black Blocs vs Otan Strasbourg

 

casse cb.JPG

l’aticle censuré sur bellacio et récupéré sur indymédia toulouse

OTAN en emportent les black blocs

OTAN en emportent les black blocs
Notes sur la journée strasbourgeoise du 4 avril 2009

« L’insurrection désoriente les partis politiques. Leur doctrine, en effet, a toujours affirmé l’inefficacité de toute épreuve de force et leur existence même est une constante condamnation de toute insurrection »
Frantz Fanon, Les damnés de la terre, 1961.

1

Ce qui s’est passé à Strasbourg était relativement prévisible, et relativement inévitable. Pourtant, comme après chaque contre-sommet qui donne lieu à de belles émeutes, de gauche à droite on hurle au scandale, on accuse les uns et les autres d’avoir laissé faire les émeutier-e-s, de les avoir incité-e-s, ou, encore plus fort, d’avoir machiavéliquement organisé tout ça, dans l’ombre.
Tous les partis politiques, y compris à l’extrême-gauche, se font les porte-voix de discours sécuritaires tous plus puants les uns que les autres, déplorant explicitement ou implicitement l’impuissance policière face aux actes émeutiers (voir plus bas, le florilège de citations bien pensantes).

Au final, c’est toujours le même cinéma, avec dans le fond une idée commune à l’UMP et au Parti Socialiste, d’Attac jusqu’au Front National : il est impossible que des gens soient révoltés au point de se lancer d’eux-mêmes dans des pratiques émeutières. Il faut forcément, pour cela, que ces gens soient d’une manière ou d’une autre manipulés.

2

Comme cela a pu être fait en juillet 2001 suite aux grandes émeutes de Gênes lors du sommet du G8, nous le répétons : nous n’avons besoin de personne pour nous révolter et pour lutter. Ce samedi 4 avril 2009, à Strasbourg, si nous avons cassé des vitrines ou mis le feu à des bâtiments qui sont au service de l’Etat et du capitalisme (douane, banques, station essence, office de tourisme, hôtel Ibis, etc.), si nous avons saccagé des caméras de vidéosurveillance et des panneaux publicitaires, si nous nous sommes attaqué-e-s à la police, ce n’est pas parce qu’une organisation occulte nous y a poussé, mais parce que nous l’avons choisi délibérément.

3

Si nous avons eu autant de facilité à agir, c’est que nous étions plusieurs centaines à le faire, peut-être même plusieurs milliers (les fameux black blocs internationaux !).
C’est aussi parce que les flics ne sont pas totalement des robots. Ce sont des humains, eux aussi peuvent ressentir la peur, par exemple.
Et dans une « démocratie », aussi sarkozyste soit-elle, ça ferait mauvais genre de tuer des manifestant-e-s. Parce qu’une des possibilités pour la police de faire taire les émeutes plus rapidement aurait été de tirer à vue. Et autre chose que des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des tirs de flashball… Le 8 avril 2009, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a déclaré que « la priorité du gouvernement était qu’il n’y ait pas de mort ». Parce que leur « démocratie » ne se sent pas encore trop en danger.

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Si nous n’avons pas pu agir ailleurs que dans les quartiers pauvres du port autonome de Strasbourg, c’est parce que nous n’avons eu ni la force ni la finesse de parvenir jusqu’au centre-ville. La police et l’armée ont protégé la fameuse « zone rouge », autrement dit le centre-ville et les quartiers bourgeois de Strasbourg. Mais personne n’est dupe : nous aurions été bien plus redoutables dans ces quartiers riches…
Par ailleurs, personne n’est dupe non plus sur le fait que seuls des bâtiments institutionnels ou commerciaux ont été attaqués. Les biens de la population locale n’ont pas été touchés.
Nous luttons contre le pouvoir, pas contre celles et ceux qui le subissent.

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Le discours médiatico-politicien cherche à donner une image de « casseurs nihilistes et sanguinaires » aux black blocs. Pourtant, les pratiques des black blocs ne se limitent pas à des actes de destruction (tout comme nos existences ne se limitent pas aux black blocs, qui ne sont que des modes ponctuels et contextuels de manifestation). Les black blocs pratiquent l’entraide et la complicité avec tou-te-s les manifestant-e-s, dans l’affrontement, l’auto-défense et la fuite face à l’ennemi policier.

Dans l’émeute, se créé une solidarité spontanée et anonyme, authentique au sens où chaque geste n’attend rien en retour.
Il y a là deux mondes qui s’opposent dans leurs démarches mêmes : d’un côté, des manifestant-e-s déterminé-e-s qui sont là pour leurs convictions, leurs désirs, leur rage de vivre, gratuitement et pleinement. De l’autre côté, des flics asermentés qui sont là par contrainte et obéissance, pour l’ordre et pour l’argent, ils sont payés pour réprimer et doivent réfléchir le moins possible à ce qu’ils font (le risque de démission serait trop important).

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Ce qui se discutait lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg nous concerne tou-te-s. Les guerres post-colonialistes menées par les puissances occidentales nous font gerber et la guerre aux « ennemis intérieurs » nous révulse également. Contrôle des populations, gestion des flux migratoires, renforcement des polices, perfectionnement du renseignement et du fichage, c’est contre tout cela que nous nous sommes soulevé-e-s.

7

L’enjeu principal, pour le pouvoir, est de continuer à imposer à tou-te-s la démocratie capitaliste comme unique organisation sociale possible. Et malgré les vies de merde qui sont les nôtres, malgré l’aspect chancelant du capitalisme ces derniers temps, force est de constater que les perspectives révolutionnaires semblent tellement lointaines qu’on ne les imagine qu’avec difficulté. Pourtant, la résignation profondément contre-révolutionnaire de notre époque n’est pas une fatalité. C’est un bel enjeu que celui de réussir à s’émanciper du capitalisme, par la lutte et l’entraide. Et de fait, cette émancipation ne peut co-exister avec le pouvoir capitaliste et étatique.

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Sachant qu’un autre monde ne peut être possible sans l’anéantissement de la démocratie capitaliste mondialisée, sachant que « toutes les classes dominantes ont toujours défendu leurs privilèges jusqu’au bout avec l’énergie la plus acharnée » (Rosa Luxembourg, Que veut Spartacus ?, 1918), semer le chaos et la destruction (pour reprendre les termes spectaculaires des médias) au sein de ce monde d’oppression et de contrôle social ne nous pose pas de problème. Cela nous semble même insuffisant.

Toute possibilité de transformation révolutionnaire de ce monde ne peut avoir lieu sans rapport de force tangible. C’est aux dominé-e-s de poser de nouvelles bases de vie sociale, sans attendre l’assentiment des dominant-e-s.

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Ces dernières années ont été traversées par des soulèvements qui inquiètent le pouvoir : émeutes des quartiers pauvres en novembre 2005, mouvement anti-CPE au printemps 2006, émeutes anti-Sarko lors des élections présidentielles de 2007, mouvements étudiants et lycéens de 2007-2008, et dernièrement la quasi insurrection grecque.

Pour ces mouvements comme pour les black blocs qui ont agi à Strasbourg, les médias focalisent sur la jeunesse de ces mouvements, comme pour enfermer la révolte dans un phénomène générationnel (avec toutes les remarques condescendantes qui vont avec : « vous verrez, dans dix ans, vous aurez oublié tout ça et vous serez résigné-e-s comme tout le monde »).
Nous pensons qu’il y a là un danger à dépasser absolument. Une insurrection ne peut être uniquement le fait de la jeunesse (une révolution encore moins) mais, comme la lutte des classes, elle doit être traversée et vécue par tou-te-s, au-delà des différences d’âge, de couleur de peau, de genre, de corporation, etc. Avec une conscience pleine des dominations et des exploitations.

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Si nous sommes parti-e-s du constat que pour renverser le pouvoir, il ne sert pas à grand chose de se contenter de manifester calmement, aussi nombreux soit-on, même à plusieurs millions de personnes, nous sommes également conscient-e-s que s’attaquer à la police et vandaliser des propriétés de l’Etat et/ou du capital à quelques milliers ne suffit pas non plus.
A quelques millions, ça aurait déjà plus de gueule. Toutes les technologies de contrôle et de répression pourraient s’avérer insuffisantes à maintenir la colère généralisée.

Mettons en place et répandons des pratiques communes de résistance, des solidarités concrètes, des moyens de lutte hors la loi et des perspectives révolutionnaires… Tout un programme pour en finir avec le vieux monde et ses technologies d’un futur déjà bien moisi !

Quelque part en fRance, le 8 avril 2009, quelques « casseurs » d’un groupe affinitaire actif parmi les black blocs du 4 avril 2009 à Strasbourg


 

Florilège de citations bien pensantes :

« Ils viennent exclusivement pour casser et sont au stade ultime de la bêtise (…). Ils n’ont pas d’autre idéologie que la violence. Ceux sont des voyous qui auraient même pu devenir des criminels quand on voit certaines images. »
Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de Strasbourg, cité par Philippe Wendling dans un article de 20 Minutes, 3 avril 2009.

« Mais surtout, j’ai de la colère, parce que des gens qui seront présentés comme des militants anti-OTAN alors qu’ils ne méritent que le nom d’imbéciles, ont commis des actes très graves qui méritent une condamnation claire et sans ambiguïté. Ces gens ne sont pas des nôtres, ce ne sont pas des militants pacifistes et nous refusons que leurs actes soient rapprochés d’une manière ou d’une autre de la manifestation pour la paix à laquelle les communistes ont participé. »
Marie-George Buffet, communiqué du Parti Communiste Français, 4 avril 2009

« Le PCF du Bas-Rhin condamne avec la plus grande fermeté les violences gratuites des groupes venus au nom de prétextes fallacieux pour casser. Ces gens là n’ont rien à voir avec les mouvements démocratiques qui organisaient le Contre-sommet de l’OTAN. Ces groupes font le jeu des Sarkozy, Merkel, Berlusconi, Brown etc… qui dominent l’Europe et qui l’ont conduite dans l’ornière de la crise économique et sociale d’aujourd’hui… »
Communiqué de la fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français, 4 avril 2009

« L’objectif du gouvernement était clair, faire passer pour des casseurs tous ceux et celles qui souhaitaient manifester leur opposition à l’OTAN. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 4 avril 2009

« On voit bien aujourd’hui de quel côté se situent l’extrémisme et la violence : à gauche ! Le Front National dénonce le saccage de Strasbourg par des bandes de voyous venus principalement d’Allemagne. »
Bruno Gollnisch, vice-président exécutif du Front National, 4 avril 2009

« Avant même le début de la manifestation, et pendant de longs moments, des casseurs venus de toute l’Europe se sont livré à des actes criminels dont les premières victimes sont les habitants du quartier du port du Rhin. Ces actes intolérables ont durement touché des strasbourgeois parmi les plus modestes, et contribué à empêcher l’expression pacifique de nombreux européens à la politique de l’OTAN.
Poste de douane, pharmacie, hôtel ont été incendiés, une Eglise investie, le mobilier urbain complètement saccagé, et l’école du quartier elle même n’a pu être préservée que par la mobilisation spontanée des habitants du quartier. Nous condamnons ces actes sans ambiguité. Leurs auteurs méritent d’être poursuivis et jugés conformément à la Loi.
Ces événements tragiques ont pu se produire en dépit de l’important déploiement policier et nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur la responsabilité de l’Etat et la stratégie qui a été la sienne durant ces heures éprouvantes.
»
Communiqué du Groupe des élu-e-s Verts de Strasbourg, 5 avril 2009

« L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique condamne les émeutes d’une rare violence commises par des groupes de casseurs en marge de la manifestation organisée à Strasbourg à l’occasion du sommet de l’OTAN (…).
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique rappelle la difficulté d’exercer le métier de policier dans un climat de plus en plus tendu et une nouvelle fois réclame l’abandon des suppressions d’effectifs prévues jusqu’en 2012.
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique apporte son soutien aux agents blessés et félicite l’ensemble des policiers pour l’exemplarité de leur conduite et du professionnalisme dont ils ont fait preuve.
».
Communiqué de l’UNSA-Police, 5 avril 2009

« Les élus du Mouvement populaire ne peuvent comprendre que des responsables politiques participent à l’incitation à la violence à des fins politiciennes. Inciter à la révolte ou à la rébellion, ne peut constituer un programme politique crédible et n’est pas digne des grands partis républicains.
L’UMP veut par ailleurs rendre hommage au professionnalisme des forces de l’ordre qui font un travail remarquable et ne doivent pas être la cible de quelques délinquants.
Il faut donc adopter la plus grande fermeté avec ces individus, comme avec les casseurs qui cherchent coûte que coûte à troubler l’ordre public.
»
Eric Ciotti (UMP), Secrétaire national à la sécurité, 6 avril 2009

« Ce que je souhaite, c’est que les casseurs soient punis avec une extrême sévérité. »
Nicolas Sarkozy, président de la République, cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« tous les partis politiques condamnent cette violence, ces casseurs, ces voyous. »
Bernard Accoyer (UMP), président de l’Assemblée Nationale, cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« ’des groupes ultraminoritaires et ultraviolents qu’il faut sanctionner sans aucune faiblesse ».
Laurent Fabius (PS), cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« ’Le pouvoir instrumentalise les violences qu’il a lui-même orchestrées pour tenter d’occulter le caractère massif de la protestation contre le sommet de l’OTAN qu’il n’a pu qu’entraver mais pas empêcher. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 6 avril 2009

« Des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former dans la confusion et l’urgence, permettant à des groupes violents de s’infiltrer dans le cortège ;
Ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen avait été levé (…)
Les forces de l’ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue pourtant de connaître les identités) détruire l’ancien poste de douane sans intervenir (…) ; comment interpréter les autres destructions que les forces de l’ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n’ont pas su ( ?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
Les forces de l’ordre, comme c’est leur mission lors d’une manifestation autorisée, n’ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l’ont, au contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir à leur guise
»
Communiqué d’Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord, 6 avril 2009

« le dispositif policier était au point, de l’aveu même d’Alliot-Marie, et le maire de Strasbourg, qui adopte une posture de dénonciation, était dans la confidence depuis le début, il s’agit donc purement et simplement d’une combinaison cynique dont les habitants d’un quartier défavorisé, plus faciles à punir et à surveiller que les flux de capitaux, ont fait les frais ».
Communiqué de la Fédération Anarchiste, 6 avril 2009

« La lumière doit être faite sur les raisons qui expliquent que les casseurs ont pu avoir le terrain libre pendant près d’une heure, leur permettant d’incendier le bâtiment des douanes, un bâtiment abritant une pharmacie et l’office de tourisme et l’hôtel Ibis. »
Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, cité dans un article de nouvelobs.com, 7 avril 2009

publié le 8 avril 2009  |

http://schlomoh.blog.lemonde.fr/2009/04/12/la-feuille-de-...

 

Otan: le cercle vicieux de la violence
Diana Johnstone

 

 

Où qu’elle aille, l’Otan crée des menaces. C'est  son fond de commerce. Que ce soit en Afghanistan ou à Strasbourg, la présence  militaire étrangère provoque la rébellion violente, surtout de la part de  jeunes gens qui veulent relever le défi. Leur rébellion sert à justifier une  augmentation de violence répressive. Et ainsi de suite…

Ce cycle était  visible samedi le 4 avril à Strasbourg, où plusieurs milliers de policiers et  un petit nombre de casseurs du Black Block ont volé la vedette à ce qui aurait  dû être le début d’un nouveau mouvement de masse européen contre l’Otan. La  manifestation pacifiste fut écrasée et désintégrée par la police en armes,  pendant que des jeunes aux capuchons noirs jetaient des pierres, cassaient des  vitres et mettaient le feu aux bâtiments.

 

Provocateurs contre provocateurs

Dans ce cycle de provocation, il n’y a aucun doute que c'est  l'Otan qui a commencé. La célébration ostentatoire du 60ème anniversaire de  l’Alliance tenue dans trois villes du Rhin, Strasbourg, Kehl et Baden Baden ce  jour-là, constituait une insulte aux citoyens. Après tout, si les dirigeants  de "l’Occident démocratique" sont tellement appréciés, pourquoi faut-il  transformer les villes qui les reçoivent en forteresses assiégées pour les  accueillir? Si les Européens bénéficient de la protection de l’Otan, pourquoi  les tenir à distance de leur bienfaiteurs ? Mais bien sûr l’Otan n’est pas une  force de défense. Depuis l’agression contre la Serbie il y dix ans jusqu’au  bourbier afghan aujourd’hui, l’Otan se transforme progressivement en force  expéditionnaire destinée aux interventions lointaines. Les mesures de sécurité  draconiennes appliquées à trois villes européennes plutôt conservatrices,  enfermant les habitants dans leurs domiciles, ressemblaient à une occupation  étrangère. Malgré la grande – mais peut-être passagère – popularité d’Obama,  le sommet de l’Otan a illustré l’écart qui se creuse entre les peuples et  leurs dirigeants politiques. Grand « communicateur », le Président des  Etats-Unis s’est efforcé de persuader les Européens qu’ils sont encore plus  menacés par Osama bin Laden et Al Qaeda que les Américains, et doivent donc  payer leur tribut en impôts et en soldats pour éliminer cette menace quelque  part en Afghanistan, si ce n’est au Pakistan ou ailleurs. Les médias européens  ont pu distraire le public de cette notion saugrenue en dirigeant l’attention  vers la tenue vestimentaire de Michelle Obama. Mais, entre temps, des dizaines  de milliers de citoyens européens se dirigeaient vers Strasbourg dans l’espoir  de manifester leur désaccord. Ils avaient des arguments à faire entendre. Ils ont fini étouffés par des nuages de gaz lacrimogènes, et ont été traités comme  des bêtes.

La responsabilité du fiasco

La responsabilité de ce fiasco  est partagée. De loin les plus responsables sont les forces de l'ordre qui ne  cessent de durcir leurs modes de répression partout en Europe. Sous le regard  des hélicoptères, les divers policiers, gendarmes et CRS pratiquent la  technique d’origine anglaise de « kettling » qui consiste à diviser et à  enfermer les manifestants à l’intérieur de petits espaces séparés, parfois  entourés de barrières métalliques. Il s’agit de traiter les êtres humains  comme du bétail. Plus de dix mille policiers ont employé un arsenal d’armes  anti-personnelles contre un nombre comparable de manifestants sans défense.  Des gaz lacrimogènes, des balles en caouchouc et des armes à « son et lumière  » ont d’abord mis fin aux discours avant d’égarer les manifestant dispersés et  désorientés. Tout cela a fini dans un chaos total.

Ce fut le résultat  recherché. Mais une part de responsabilité incombe aux organisateurs, si on  peut utiliser ce mot pour un événement où l’organisation faisait à ce point  défaut. La manifestation anti-Otan du 4 avril était organisée par un collectif  de groupes de militants français dont aucun n’avait l’autorité pour imposer un  plan cohérent. Ainsi, le doyen de ces groupes, le Mouvement de la Paix, a fini  par exercer la plus grande influence sur les décisions, notamment celle  d’accepter le choix du site pour le rassemblement offert par la Préfecture. Au  lieu de pouvoir se rassembler sur une place publique et de défiler dans les  rues de Strasbourg sous les fenêtres des habitants, avec leurs banderolles,  leurs slogans et leur théâtre de rue, les manifestants furent exilés sur une  île périphérique entre le Rhin et un grand canal dans une zone industrielle.  Les deux seuls ponts permettant l’accès du côté français étaient faciles à  bloquer pour les forces d’ordre. Il suffit de regarder un plan pour voir qu’il  s’agissaitt d’un piège, et, sur le terrain, le dénivellement rendait celui-ci  pire encore. Situé à quelques huit kilomètres de la gare, un jour où tout  transport public était supprimé, le site était difficile à atteindre. De plus,  le point de rassemblement et le parcours imposé était quasi invisible au  public. Bref, les manifestants étaient coupés de toute communication avec le  public. Et la souricière donnait l’avantage à la police pour exercer ses  méthodes de répression. Pourtant les organisateurs ont accepté ce site  inacceptable – sans même fournir un service d’ordre pour guider et essayer de  protéger les manifestants.

Il est vrai qu’en échange, la Préfecture avait  fait certaines promesses – non tenues. Les ponts et les rues qui devaient  rester ouverts pour permettre aux manifestants de joindre le rassemblement sur  l’île se trouvaient bloqués de façon imprévisible par la police, provoquant  les premières échauffourées. Curieusement, plusieurs milliers de manifestant  pacifistes furent bloqués sur la rive allemande du Rhin, sans jamais pouvoir  rejoindre le rassemblement, tandis que des Black Block allemands y  parvenaient. En général, la police a traité les pacifistes comme l’ennemi dans  une guerre civile, sans protéger les personnes ou les biens de la minorité  violente.
Le rassemblement, tenu dans un creux sur l’île, était perturbé  par le spectacle d’un hôtel voisin consumé par les flammes. Les haut-parleurs  cédaient au bruit des hélicoptères. Le défilé programmé n’a jamais pu se  faire. Des manifestants désorientés étaient abandonnés à eux-mêmes lorsqu’ils  tentaient d’échapper aux gaz lacrimogènes à travers un labyrinthe de contrôles  policiers.

Le Black Block

Les pacifistes ne pouvaient concurrencer les  casseurs du Black Block, pourtant beaucoup moins nombreux. Contrairement aux  pacifistes, ils paraissent, sur les vidéos, comme étant maîtres de leur propre  jeu, en combat avec la police. Il est probable qu’ils en éprouvent fierté et  satisfaction.
Après le désastre de Strasbourg, il est clair que, pour  survivre et se développer, le mouvement anti-Otan doit faire face à trois  problèmes : ses propres faiblesses organisationnelles, la répression policière  et le Black Block.
Question fréquente : les casseurs du Black Block  sont-ils des provocateurs travaillant pour la police ? Incapable d’enquêter  sérieusement sur cette question, ma propre réponse intuitive est :  subjectivement non, mais objectivement oui. Ils ne peuvent pas tous être des  policiers en capuchon noir. La plupart croient sans doute qu’ils sont en train  de « combattre le capitalisme », comme ils le proclament. Mais objectivement  ils arrivent à justifier cette même répression policière qu’ils combattent  avec tant d’élan.

 

 

Errare humanum est. Les mauvaises intentions  fleurissent, mais les erreurs sont encore plus courantes. Un mouvement  intelligent contre l’Otan doit essayer d’appliquer l’alternative à la guerre –  l’argumentation rationnelle – en toutes circonstances. Nous devons débattre  avec les gens qui se trompent sur l’Otan, pour expliquer sa nocivité. Et nous  devons débattre avec ceux du Black Block, pour signaler ce qui ne va pas dans  leur forme de protestation.

Comment entamer un tel dialogue n’est pas  évident. En faisant l’hypothèse que les participants aux actions du Black  Block ne sont pas tous des policiers déguisés, j’inviterais, si j’en avais les  moyens, ceux qui sont sincères à prendre en considération plusieurs  idées.

  • Les combattants du Black Block devraient mettre en question leurs  propres motivations. Tout au long de l’histoire, de jeunes gens s’amusent à se  mettre en bandes pour combattre un ennemi. La testosterone et l’adrénaline ne  sont pas des arguments politiques. Mais ce sont des stimulants très efficaces  quand il s’agit de lancer des projectiles contre l’adversaire. Les combattants  de rue se sentent facilement victorieux et supérieurs face aux phalanges de  flics casqués qui paraissent bien lâches dans ce contexte. Les casseurs sont  victorieux dans le match du machisme, mais à quoi bon, si ce n'est à flatter  leur orgueil ?
  • Les combattants du Black Block devraient surtout penser à  l’effet de leurs actions sur la masse des citoyens, qui peuvent être indécis  politiquement. L’Otan et les forces de l’ordre profitent du sentiment  d’insécurité des citoyens. Les actions du Black Block attisent ce  sentiment.
  • Les combattants du Black Block devraient évaluer l’impact  désastreux de leurs activités sur d’autres formes de protestation publique.  Avec la police, ils vident les rues des manifestations de masse.
  • Les  combattants du Black Block devraient réfléchir sur la facilité avec laquelle ils sont exploités par leur ennemi. D’une part, quoi qu’ils en pensent, ils  sont certainement infiltrés par des agents. Et ils doivent se demander  pourquoi certains d’entre eux ont pu casser les vitres de l’Hôtel Ibis sur l'île du Rhin à Strasbourg, puis y mettre le feu de façon méthodique, sans la  moindre intervention policière. De plus, cet incendie impressionnant dévora  l’hôtel pendant plus d’une heure avant l’arrivée des pompiers. Ce spectacle  servit parfaitement à faire peur aux manifestants et à hâter leur dispersion, mais surtout à remplir les écrans de télévision avec la preuve que « les  manifestants sèment la destruction ». Les autorités ont cité l’incendie comme  justifiant leurs mesures policières (pourtant parfaitement inutile dans ce cas  précis). Et pourquoi mettre le feu à un hôtel Ibis, alors qu’il y en a huit à Strasbourg, celui-ci étant probablement le moins rentable ? Et quels moyens  semi-professionnels étaient nécessaires pour cette action de pyromane ? Et pourquoi mettre également le feu à une pharmacie qui servait les résidents  plutôt modestes de ce quartier déshérité ? Quel message politique exprime-t-on  ainsi ?
  • Bref, les militants du Black Block, quel que soit leur âge, doivent quitter l’adolescence attardée et se rendre compte que le combat  contre les pouvoirs injustes commence par la pensée, la raison, les faits et les arguments. Jouer avec la violence c'est jouer sur le seul terrain où ils  sont les plus forts, c’est jouer leur jeu. L’action du style d’Intifada peut  être le seul recours pour des Palestiniens désespérés, mais, en Europe, il existe encore d’autres moyens d’opposition politique. Il faut les inventer,  les explorer, les développer.

Que faire?

L’année 2008 fut un vrai  tournant, avec deux événements de très grande portée qui changent, petit à  petit, la vision du monde que peuvent avoir la plupat des gens :  l’effondrement financier, et l’attaque israélienne contre Gaza. Les  répercussions s'en feront de plus en plus sentir. Elles préparent le terrain  pour l’opposition massive des peuples aux puissances financières et militaires  qui dirigent l’Occident et qui s’efforcent toujours, à travers l’Otan en  particulier, d'imposer leur domination au monde entier. Il y a des indices que  le pouvoir reconnaît le danger et prépare des technologies de répression pour  contrer les révoltes à venir. Il est urgent de fournir des alternatives  politiques en termes de programmes et d’organisation. Si les manifestations de  masse sont vulnérables à la répression policière et aux casseurs, il faut  inventer d’autres moyens plus variés et plus flexibles pour communiquer les  uns avec les autres afin d' élargir un mouvement cohérent capable de combattre  la militarisation de la société et de construire une économie centrée sur les  véritables besoins des êtres humains. En tout cas, toute manifestion future  contre l’Otan doit se doter de son propre service d’ordre. On ne peut pas  mélanger des manifestants pacifiques avec les casseurs qui cherchent ce que  cherche la police : les combats violents.

 

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ARTICLES DE MICHEL COLLON
Mercredi 08 Avril 2009 Imprimer E-mail
La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN

L’OTAN, le bras principal à l’étranger du complexe militaro-industriel des Etats-Unis, ne fait que s’étendre. Sa raison d’être originale, le bloc soviétique supposé menaçant est mort depuis 20 ans. Mais à l’instar du complexe militaro-industriel lui-même, l’OTAN est maintenue en vie et continue de croître par des intérêts économiques bien établis, l’inertie institutionnelle et un état d’esprit officiel proche de la paranoïa, avec des groupes de réflexion qui cherchent désespérément des « menaces ».



Ce mastodonte s’apprête à célébrer son 60ème anniversaire en avril, sur le Rhin, dans les villes jumelles de Strasbourg (en France) et de Kehl (en Allemagne). Le président français, Nicolas Sarkozy, de plus en plus impopulaire, offre un cadeau exceptionnel : le retour de la France dans le « commandement intégré » de l’OTAN. Cet événement bureaucratique, dont la signification pratique reste peu claire, fournit aux chœur des fonctionnaires et des éditorialistes OTANolâtres de quoi s’enorgueillir. Voyez ! Ces idiots de Français ont reconnu leur erreur et sont rentrés au bercail.

Sarkozy dit les choses autrement. Il affirme qu’en rejoignant le commandement de l’OTAN l’importance de la France s’accroîtra, en lui donnant de l’influence sur la stratégie et les opérations d’une Alliance qu’elle n’a jamais quittée et pour laquelle elle a continué de contribuer plus que sa part en forces armées.

Le défaut dans cet argument est que c’était le contrôle total et inébranlable des Etats-Unis sur le commandement intégré de l’OTAN qui persuada en premier lieu le Général Charles de Gaulle à le quitter, en mars 1966. De Gaulle ne le fit pas sur un coup de tête. Il avait essayé de changer le processus de prise de décision et avait découvert que c’était impossible. La menace soviétique avait diminué et de Gaulle ne voulait pas être attiré dans des guerres qu’il pensait inutiles, comme les efforts étasuniens de gagner la guerre en Indochine et que la France avait déjà perdue et considérait ingagnable. Il voulait que la France soit capable de poursuivre ses propres intérêts au Proche-Orient et en Afrique. D’autre part, la présence militaire des Etats-Unis en France stimulait les manifestations « Yankee go home ». Le transfert du commandement de l’OTAN en Belgique satisfaisait tout le monde.

Le prédécesseur de Sarkozy, Jacques Chirac, étiqueté à tort par les médias étasuniens comme « anti-américain », était déjà prêt à rejoindre le commandement de l’OTAN s’il pouvait obtenir quelque chose de substantiel en retour, comme le commandement de l’OTAN en Méditerranée. Les Etats-Unis refusèrent platement.

A la place, Sarkozy accepte des miettes : l’affectation d’officiers supérieurs français à un commandement au Portugal et dans quelques bases d’entraînement aux Etats-Unis. « Rien n’a été négocié. Deux ou trois officiers français supplémentaires en position de recevoir des ordres des Américains ne changeront rien », a observé l’ancien ministre français des affaires étrangères, Hubert Védrine, lors d’un récent colloque sur la France et l’Otan. Sarkozy a annoncé ce retour le 11 mars, six jours avant que cette question ne soit débattue par l’Assemblée Nationale. Les protestations de gauche comme de droite seront vaines.

Il semble qu’il y ait deux causes principales à cette reddition inconditionnelle.

L’une est la psychologie de Sarkozy lui-même, dont l’adoration pour les aspects les plus superficiels des Etats-Unis s’est exprimée dans son discours embarrassant devant le Congrès des Etats-Unis en novembre 2007. Sarkozy est peut-être le premier président français qui semble ne pas aimer la France. Ou, du moins, qui semble préférer les Etats-Unis (par ce qu’il regarde à la télévision). Il peut donner l’impression d’avoir voulu être le président de la France, non pas par amour pour son pays, mais par vengeance sociale contre lui. Depuis le début, il s’est montré pressé de « normaliser » la France, c’est-à-dire, de la refaçonner en accord avec le modèle américain.

L’autre cause, moins flagrante mais plus objective, est la récente expansion de l’Union Européenne. L’absorption rapide de tous les anciens satellites d’Europe de l’Est, ainsi que des anciennes républiques soviétiques d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, a radicalement changé l’équilibre du pouvoir au sein de l’UE elle-même. Les nations fondatrices, la France, l’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux, ne peuvent plus guider l’Union vers une politique étrangère et de sécurité unifiée. Après le refus de la France et de l’Allemagne d’accepter l’invasion de l’Irak, Donald Rumsfeld a discrédité ces deux pays comme faisant partie de la « vieille Europe » et il s’est gargarisé de la volonté de la « nouvelle Europe » de suivre l’exemple des Etats-Unis. La Grande-Bretagne à l’Ouest et les « nouveaux » satellites européens à l’Est sont plus attachés aux Etats-Unis, politiquement et émotionnellement, qu’ils ne le sont à l’Union Européenne qui les a recueillis et leur a apportés une aide économique au développement considérable et un droit de veto sur les questions politiques majeures.

Cette expansion a enterré efficacement le projet français de longue date de construire une force de défense européenne pouvant agir hors du commandement de l’OTAN. Les dirigeants de la Pologne et des Etats Baltes veulent une défense américaine, à travers l’Otan, point. Ils n’accepteraient jamais le projet français d’une défense européenne qui ne serait pas liée à l’OTAN et aux Etats-Unis.

La France a son propre complexe militaro-industriel, un nain comparé au complexe militaro-industriel américain, mais le plus grand de l’Europe occidentale. Tout complexe de ce type a besoin des marchés à l’exportation pour son industrie d’armement. Le marché au meilleur potentiel aurait été des forces armées européennes indépendantes. Sans cette perspective, certains pouvaient espérer qu’en rejoignant le commandement intégré les marchés de l’OTAN s’ouvriraient à la production militaire française.

Un espoir tenu, cependant. Les Etats-Unis protègent jalousement les acquisitions majeures de l’OTAN au bénéfice de leur propre industrie. La France n’aura probablement pas beaucoup d’influence au sein de l’OTAN pour la même raison qu’elle abandonne sa tentative de construire une armée européenne indépendante. Les Européens sont eux-mêmes profondément divisés. Avec une Europe divisée, les Etats-Unis règnent. De plus, avec la crise économique qui s’accentue, l’argent est de moins en moins disponible pour l’armement.

Du point de vue de l’intérêt national français, ce faible espoir de commercialiser des équipements militaires lourds est largement miné par les conséquences politiques désastreuses de l’acte d’allégeance de Sarkozy.

Il est vrai que même hors du commandement intégré de l’OTAN l’indépendance de la France n’était que relative. La France a suivi les Etats-Unis dans la première guerre du Golfe – le Président François Mitterrand espéra vainement gagner ainsi de l’influence à Washington, le mirage habituel qui attire les alliés dans les opérations étasuniennes douteuses. La France s’est jointe à l’OTAN en 1999 dans la guerre contre la Yougoslavie, malgré les doutes aux plus hauts niveaux. Mais en 2003, le Président Jacques Chirac et son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin ont réellement usé de leur indépendance en rejetant l’invasion de l’Irak. Il est généralement reconnu que la position française a permis à l’Allemagne de faire de même. La Belgique a suivi.

Le discours de Villepin, le 14 février 2003, au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, donnant la priorité au désarmement et à la paix sur la guerre, reçut une rare standing ovation. Le discours de Villepin fut immensément populaire dans le monde entier et a accru énormément le prestige de la France, en particulier dans le monde arabe. Mais, de retour à Paris, la haine personnelle entre Sarkozy et Villepin atteignit des sommets passionnels et l’on peut suspecter que le retour de Sarkozy dans l’obédience de l’OTAN est également un acte de vengeance personnelle.

Le pire effet politique est beaucoup plus vaste. L’impression est à présent créée que « l’Occident » - l’Europe et l’Amérique du Nord - se barricadent contre le reste du monde par une alliance militaire. Rétrospectivement, la dissidence française a rendu service à l’ensemble du monde occidental en donnant l’impression - ou l’illusion - que la pensée et l’action indépendantes étaient toujours possibles et que quelqu’un en Europe pouvait écouter ce que d’autres parties du monde pensaient et disaient. Désormais, ce « resserrement des rangs », salué par les fervents défenseurs de l’OTAN comme « améliorant notre sécurité », sonnera l’alarme dans le reste du monde. L’empire semble resserrer ses rangs en vue de faire la loi dans le monde. Les Etats-Unis et ses alliés ne prétendent pas ouvertement diriger le monde, seulement le réguler. L’Ouest contrôle les institutions financières mondiale, le FMI et la Banque Mondiale. Il contrôle le judiciaire, la Cour Criminelle Internationale, laquelle, en six années d’existence, a jugé seulement un obscur chef de guerre congolais et mis en accusation 12 autres personnes, toutes africaines – et pendant ce temps, les Etats-Unis causent la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes en Irak et en Afghanistan et soutiennent l’agression continuelle d’Israël contre le peuple palestinien. Pour le reste du monde, l’OTAN n’est que la branche armée de cette entreprise de domination. Et cela à un moment où le système du capitalisme financier dominé par l’Ouest entraîne l’économie mondiale dans l’effondrement.

Cette gesticulation, consistant à « montrer l’unité occidentale » pour « notre sécurité », ne peut que rendre le reste du monde inquiet pour l’avenir. Pendant ce temps, l’OTAN manœuvre chaque jour un peu plus pour encercler la Russie avec des bases militaires et des alliances hostiles, notamment en Géorgie. En dépit des sourires pendant les dîners avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, Hillary Clinton répète le mantra étonnant selon lequel « les sphères d’influence ne sont pas acceptables » - voulant dire, bien sûr, que la sphère historique russe d’intérêt est inacceptable, tandis que les Etats-Unis l’incorporent vigoureusement dans leur propre sphère d’influence, qui s’appelle l’OTAN.

Déjà, la Chine et la Russie accroissent leur coopération en matière de défense. Les intérêts économiques et l’inertie institutionnelle de l’OTAN poussent le monde vers un alignement préalable à la guerre bien plus dangereux que la Guerre Froide.

La leçon que l’OTAN refuse d’apprendre est que sa recherche d’ennemis crée des ennemis. La guerre contre le terrorisme nourrit le terrorisme. Entourer la Russie avec des missiles soi-disant « défensifs » - lorsque tout stratège sait qu’un bouclier accompagné d’une épée est aussi une arme offensive – créera un ennemi russe.
La Recherche de Menaces

Pour se prouver à elle-même qu’elle est réellement « défensive », l’OTAN continue de rechercher des menaces. Eh bien, le monde est un endroit agité, en grande partie grâce à la sorte de mondialisation économique imposée par les Etats-Unis au cours des décennies passées ! Cela pourrait être le moment d’entreprendre des efforts diplomatiques et politiques afin de mettre au point des moyens internationalement acceptés pour traiter les problèmes tels que la crise économique mondiale, le changement climatique, l’utilisation de l’énergie, les pirates informatiques (« la guerre cybernétique »). Les groupes de réflexion de l’OTAN se jètent sur ces problèmes comme de nouvelles « menaces » qui doivent être traitées par l’OTAN. Cela conduit à une militarisation des décisions, là où elles devraient être démilitarisées.

Par exemple, que peut bien vouloir dire répondre à la menace supposée du changement climatique avec des moyens militaires ? La réponse semble évidente : la force militaire peut être utilisée d’une manière ou d’une autre contre les populations obligées de fuir de chez elles à cause des sécheresses ou des inondations. Peut-être, comme au Darfour, la sécheresse conduira-t-elle à des conflits entre groupes ethniques ou sociaux. Ensuite, l’OTAN peut décider quel est le « bon » camp et bombarder l’autre camp. Quelque chose de ce genre.

Le monde semble en effet se diriger vers une période de troubles. L’Otan semble se préparer à affronter ces troubles en utilisant la force armée contre des populations indisciplinées.

Cela sera évident lors de la célébration du soixantième anniversaire de l’OTAN, qui se déroulera les 3 et 4 avril prochains à Strasbourg et à Kehl.

Ces villes seront transformées en camps armés. Les habitants de la ville tranquille de Strasbourg sont obligés demander des badges pour pouvoir quitter leurs propres habitations ou y entrer durant ce joyeux évènement. Aux moments cruciaux, ils ne seront pas autorisés du tout à quitter leur domicile, sauf en cas d’urgence. Le transport urbain sera stoppé. Ces villes seront aussi mortes que si elles avaient été bombardées, afin de permettre aux dignitaires de l’OTAN de simuler une démonstration de paix.

Le point culminant sera une séance de photos de dix minutes, lorsque les dirigeants français et allemand se serreront la main sur le pont au-dessus du Rhin reliant Strasbourg à Kehl. Comme si Angela Merkel et Nicolas Sarkozy faisaient la paix entre la France et l’Allemagne pour la première fois ! Les gens du cru seront enfermés afin de ne pas déranger cette mascarade.

L’OTAN se comportera comme si la plus grande menace à laquelle elle est confrontée est le peuple d’Europe. Et la plus grande menace pour le peuple européen pourrait bien être l’OTAN.

 

Article original en anglais, NATO's Global Mission Creep, Counterpunch, 13 mars 2009. Pour lire l'article en anglais, cliquez ici.

Traduction Questions Critiques.

http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&c...

 

 

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