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14/01/2011

Tarnac - Dhuisy - Trilport : la reconstitution qui vient

Tarnac : reconstitution sur l'un des sites de sabotage

Elle était demandée par lesavocats de Julien Coupat et de sa compagne, tous deux mis en examen dans cette affaire.

La reconstitution des déplacements de deux membres du groupe de Tarnac, soupçonnés de dégradations sur la ligne TGV-Est à Dhuisy (Seine-et-Marne) dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, a débuté vendredi vers 02 h 30, a-t-on appris de source proche du dossier. Les alentours de la voie ferrée étaient interdits d'accès par de nombreuses forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les avocats de Julien Coupat et Yildune Levy - Me William Bourdon, Thierry Levy et Jérémy Assous - ont été convoyés vers les lieux de la reconstitution qui a débuté dans la commune de Trilport, a indiqué la source proche du dossier. Les deux jeunes gens n'ont pu en revanche être vus. Cette reconstitution était demandée par les conseils de Julien Coupat, désigné comme responsable du groupe de Tarnac et Yildune Levy, tous deux mis en examen dans cette affaire mais qui contestent le compte-rendu de leur filature par la police cette nuit là.

La défense des deux jeunes gens met en doute la vraisemblance de ce procès-verbal de filature, baptisé D104, considéré comme une pièce centrale du dossier sans lequel, selon eux, s'effondre toute l'accusation.

Erreur matérielle

Selon les enquêteurs, Julien Coupat et Yildune Levy se trouvaient en voiture sur la commune de Dhuisy cette nuit-là et se sont arrêtés à proximité de la ligne TGV-Est pendant une vingtaine de minutes vers 4 heures du matin. Au passage du premier train à 5 heures du matin, une gerbe d'étincelles était observée et plus tard dans la journée la police ferroviaire établissait qu'un sabotage avait été organisé sur la ligne à partir d'un crochet constitué de morceaux de fers à béton.

Selon les avocats, les policiers chargés de la surveillance ne pouvaient être à Dhuisy à l'heure indiquée sur le PV, car cela impliquerait qu'ils aient voyagé à plus de 160km/h pendant 10 minutes. Les enquêteurs ont plaidé "l'erreur matérielle" en raison de la nuit. La défense conteste également la présence de la Mercedes de Julien Coupat à proximité de la voie ferrée, relevant des contradictions sur sa position entre différentes pièces du dossier. Elle estime en outre qu'aucune preuve n'est apportée de la présence de Julien Coupat et de sa compagne dans la voiture à ce moment là.

piqué au tas sur www.lepoint.fr - 14/01/2011 [à 06:46 !!! ]

 

Qu'a fait la police à Tarnac?

Dérives, manipulations: dans l'affaire du sabotage de lignes TGV, les avocats des dix militants d'extrême gauche attaquent à nouveau les méthodes des services antiterroristes. L'Express a eu accès au dossier.

Qu'a fait la police à Tarnac?

AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Des manistants, le 21 juin 2009, à Paris, en soutien aux mis en examen de Tarnac.

L'affaire s'écrit en deux actes. Le premier s'ouvre à l'automne 2008 et fait la part belle à l'accusation. Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, se félicite alors de la neutralisation d'un groupuscule d'"ultragauche", replié à Tarnac (Corrèze), soupçonné d'avoir saboté en quatre endroits les voies TGV, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2008. Place Beauvau, on évoque une dérive radicale, possible prélude à des actions sanglantes.

La piste allemande patine

Les quatre sabotages commis sur des lignes de TGV françaises dans la nuit du 8 au 9 novembre 2008 ont été revendiqués... en Allemagne. Une lettre, postée de Hanovre, a été adressée à la rédaction du quotidien Berliner Zeitung, dès le 9. Un second exemplaire est parvenu à un autre journal, le Tageszeitung. Le texte dactylographié commence ainsi : "Weil wir es satt haben" ("Parce que nous en avons marre"). Le courrier, qui ne porte ni signature ni logo, précise : "Avec des incendies criminels et des crochets, nous avons exprimé, tôt ce matin, notre colère." Ces actions étaient dédiées "à la mémoire de Sebastian", vraisemblablement en référence à Sébastien Briat, militant français écrasé en 2004, en Lorraine, par un convoi de déchets nucléaires.

Dès le 14 novembre 2008, au moment des gardes à vue des suspects de Tarnac, les enquêteurs français ont connaissance de ces informations transmises via Interpol. "Pourquoi cette piste n'a-t-elle pas été creusée ?" s'interroge Me William Bourdon, l'un des avocats de Julien Coupat et de sa compagne. En fait, les autorités allemandes n'ont pas encore répondu à la commission rogatoire internationale française.

 

Depuis, ce récit a pâli. Dans "Tarnac, acte II", la défense joue les premiers rôles. Absence de preuves matérielles, "témoin sous X" peu crédible, voire falsification de la procédure: les avocats ont lancé la contre-offensive. D'après nos informations, ils doivent déposer, ces jours-ci, plusieurs requêtes en annulation contre des perquisitions, des écoutes téléphoniques et des interceptions de courriels effectuées par la police sans respecter, selon eux, les dispositions légales . "Au-delà de l'absence de charges, du fiasco judiciaire, on est dans le scandale d'Etat", tonne Me William Bourdon. Une opinion relayée par les Verts et une partie de la gauche, qui stigmatisent les dérives autoritaires de l'Etat "sarkozyste".

A l'heure où la polémique enfle, L'Express reprend les pièces du dossier et examine le rôle joué par les services antiterroristes.

Un groupe sous haute surveillance

En avril 2008, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Les services français observent, depuis plusieurs années déjà, le militantisme de Julien Coupat, "leader charismatique" du groupe de Tarnac. Ses contacts avec les milieux anarchistes new-yorkais et, surtout, un franchissement clandestin de la frontière américano-canadienne, le 31 janvier 2008, ont alerté la justice. Dès lors, les enquêteurs des Renseignements généraux et de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire déploient de lourds moyens : écoutes, interception de courriels, microcaméras, filatures...

Le 3 novembre 2008, ils se trouvent une nouvelle fois aux basques du groupe lorsque plusieurs de ses membres, dont Coupat, se rendent à Vichy (Allier), où les manifestations organisées contre le sommet européen des ministres de l'Intérieur sont marquées par de violents débordements. La police voit en Coupat le chef d'orchestre de ces échauffourées. Et le considère comme l'auteur d'un brûlot "anarcho-autonome", publié sous la signature d'un mystérieux "Comité invisible". On y lit notamment que "saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd'hui de reconquérir et réinventer les moyens d'interrompre ses réseaux". Rien qui justifie des interpellations. Du moins jusqu'à la nuit du 8 au 9 novembre 2008...

Le sabotage de Dhuisy : une filature contestée

Ce samedi de l'automne 2008, Julien Coupat et sa compagne, Yldune Lévy, quittent Paris et filent vers l'Est. Ils veulent, expliquent-ils aujourd'hui, passer un week-end en amoureux, loin de la bande de Julien. Parce que l'hôtel Le Mouflon d'or, à Trilport (Seine-et-Marne) était complet, ils auraient été contraints de passer la nuit dans leur voiture. Cette version laisse les policiers d'autant plus sceptiques que les tourtereaux multiplient les mesures de contre-filature.

Dans les milliers de pages du dossier, rien ne pèse autant que les constatations réalisées cette nuit-là par la Sdat et mentionnées dans un document référencé à la cote "D104". Selon l'accusation, ce texte prouve que Julien Coupat et sa compagne ont bien tenté de bloquer les trains, en déposant un fer à béton sur une caténaire, près d'un pont ferroviaire, à Dhuisy (Seine-et-Marne).

"La version policière est totalement incompatible avec la réalité", assène pourtant Me Jérémie Assous, l'un des avocats des jeunes gens. A l'appui de sa démonstration, il pointe l'absence d'empreintes génétiques de ses clients, de traces de leurs chaussures ou encore des pneus de leur vieille Mercedes près du pont. Il souligne aussi une invraisemblance : si les horaires mentionnés par les policiers dans ce compte rendu étaient exacts, la voiture de Coupat aurait roulé à plus de 159 kilomètres-heure de moyenne, entre 3h50 et 4 heures. Strictement impossible, surtout dans l'obscurité et sur des routes de campagne... Manipulation ou imprécision?

 

Les revirements de Jean-Hugues Bourgeois ont affaibli l'hypothèse d'une dérive sanglante.

Une "erreur"

L'auteur du procès-verbal a expliqué à sa hiérarchie avoir commis une "erreur" en retranscrivant ses observations sur ordinateur. "Il faut se remettre dans le contexte d'une filature de nuit, où l'on prend des notes dans des conditions acrobatiques", fait valoir un syndicaliste policier.

L'une des polémiques actuelles porte sur ce qu'ont fait les enquêteurs dans la seconde partie de la nuit. A Trilport, ils ont vu Coupat jeter des effets dans une poubelle. Un emballage de lampe frontale (de "marque Xanlite à 5 leds") et des deux guides d'information TGV sont placés sous scellés. De simples "déchets qui traînaient dans la voiture", selon Julien Coupat. Des sources du ministère de l'Intérieur certifient à L'Express que plusieurs voitures ont ensuite suivi la Mercedes, jusqu'à l'aube. A 4h05, écrivent les policiers dans leur rapport, "une approche piétonne des lieux, à savoir de la RD 23 en direction de Dhuisy, au niveau du pont de chemin de fer, nous permet de constater la présence du véhicule stationné tous feux éteints [...]. Il nous est impossible de distinguer si le véhicule est occupé ou non." A aucun moment, les officiers de la Sdat n'indiquent avoir vu les occupants gagner les voies. La Mercedes serait repartie à 4h20. A 5h10, le passage du premier TGV provoquait une gerbe d'étincelles...


Vichy Coupat a participé aux manifestations contre le sommet européen de l'Intérieur, en novembre 2008.

Faire l'amour

La défense avance une hypothèse pour le moins différente, puisqu'elle conteste même la présence des policiers dans la seconde moitié de la nuit. "Ni les suivis ni les suiveurs ne se trouvaient près du pont de Dhuisy au petit matin", assure Me Assous. Pour le prouver, l'avocat demande le relevé des horaires et des numéros de portables recensés par la borne relais du secteur. D'après lui, elle a dû garder la trace de ces appels si, comme ils le disent, les enquêteurs ont prévenu leur état-major de l'incident du train.

Il reste que Julien Coupat a admis s'être trouvé dans les parages, avec Yldune, tout en demeurant évasif sur le lieu exact. Dans son audition du 13 février 2009, véritable joute verbale avec le juge d'instruction Thierry Fragnoli, il s'explique: "Nous avons eu envie de faire l'amour et nous sommes allés dans un des endroits reculés à l'écart de tout, en pleine campagne [...] Au niveau de l'arrêt dont vous parlez, au pied d'un pont, je n'en ai pas le souvenir." Avant de concéder : "ça doit être là."


De troublants recoupements

La même nuit, trois amis de Julien Coupat sont contrôlés à 1 h 15, dans leur Citroën Xsara, loin de Dhuisy. Selon le compte rendu des gendarmes, les jeunes gens sont assoupis, en pleine campagne, au lieu-dit Saint-Ulrich, près de Haut-Clocher (Moselle). Les militaires sont en alerte : un convoi de transport de déchets nucléaires doit passer le lendemain dans une gare "distante d'environ 3 kilomètres". Le trio indique être en route pour Tarnac après avoir rendu visite à la famille de l'un d'eux. La coïncidence avec la virée de Julien Coupat a cependant de quoi intriguer. Elle justifie, aux yeux de la justice, leur mise en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", bien qu'aucun acte de malveillance n'ait été signalé près de Haut-Clocher.

Autre coïncidence troublante : un crochet métallique a été déposé sur la ligne du TGV Est, près de Vigny (Moselle), dans la nuit du 25 au 26 octobre 2008, deux semaines avant le sabotage de Dhuisy. Or, ce soir-là, Julien Coupat logeait à 70 kilomètres de là, chez les parents de son ex-compagne. La mère a indiqué aux enquêteurs qu'il était parti en voiture aux environs de minuit.

"T42": un témoin si peu anonyme

Faut-il l'appeler "T42" ou Jean-Hugues Bourgeois ? A la mi-novembre 2008, pendant la garde à vue de Coupat, cet éleveur de moutons pousse la porte de la gendarmerie de Riom (Puy-de-Dôme). L'homme, qui a noué des relations de confiance avec un adjudant, est aussi un proche du monde alternatif, habitué à fréquenter la petite communauté de Tarnac. Pour la justice, Bourgeois devient le témoin "T42". Son récit, devant la Sdat, accable Julien Coupat. A l'entendre, ce dernier "exprimait le fait qu'il [...] pourrait être un jour envisagé d'avoir à tuer, car la vie humaine a une valeur inférieure au combat politique".

L'anonymat de Bourgeois ne résiste pas longtemps. Dès le mois de décembre, des journalistes cherchent à le rencontrer. Pour brouiller les pistes et éviter que leur informateur ne soit démasqué, les policiers imaginent alors une manoeuvre : ils le font réentendre sous sa véritable identité. Cette fois-ci, Bourgeois, alias T42, se montre beaucoup plus tendre avec ses anciens camarades... "Nous avons cherché à le protéger des pressions", résume-t-on à la police judiciaire. L'éleveur sera de nouveau entendu par le juge d'instruction Thierry Fragnoli, le 26 novembre 2009. "Je ne veux plus jouer le moindre rôle dans l'affaire dite de Tarnac", tranche Bourgeois. Les déclarations à géométrie variable de l'éleveur ont, en tout cas, considérablement affaibli l'hypothèse d'une dérive de type Action directe.

Vers un épilogue judiciaire

Après plus d'un an d'investigations, les policiers ont révélé l'activisme d'un groupe d'extrême gauche et rassemblé des indices troublants contre le couple Coupat-Lévy. Mais ils n'ont pas pour autant mis au jour des velléités d'actions sanglantes ni produit une preuve matérielle irréfutable dans les actes de sabotage. De son côté, la défense a révélé des manoeuvres policières, mais n'a pas fait, à ce stade, la démonstration du "montage" qu'elle dénonce. Alors que la fin de l'instruction approche, l'épilogue de cette affaire reste à écrire.

piqué au tas sur www.lexpress.fr - 13/01/2011

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08/01/2011

Tarnac: la défense obtient une reconstitution

"On ne peut que relever la coïncidence entre l'organisation de cette reconstitution et l'émission de France Inter"

 

PARIS (AP) — Une reconstitution des dégradations commises contre une ligne TGV en Seine-et-Marne dans l'affaire dite de Tarnac se déroulera le 14 janvier, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires.

Julien Coupat, présenté par les enquêteurs comme le responsable d'un groupe anarcho-autonome et sa compagne Yldune Lévy sont soupçonnés d'avoir dégradé une ligne TGV à Dhuisy en Seine-et-Marne dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008. Le couple, qui a fait l'objet d'une filature a été aperçu par les enquêteurs à proximité de la ligne dégradée. Leur défense conteste le procès-verbal des enquêteurs sur lequel s'appuie leur mise en examen.

Leurs avocats ont relevé de nombreuses incohérences laissant planer un doute sur la présence sur les lieux des policiers qui l'ont rédigé. La reconstitution doit se dérouler dans la nuit du 13 au 14 janvier à 2 heures du matin, a-t-on précisé de sources judiciaires.

Interrogé lundi sur l'affaire lors de l'émission "Comme on nous parle" sur France Inter, Me Jérémie Assous, l'un des avocats des dix de Tarnac, s'était plaint des refus successifs d'organiser un tel acte procédural.

"On ne peut que relever la coïncidence entre l'organisation de cette reconstitution et l'émission de France Inter", a-t-il déclaré vendredi à l'Associated Press.

La qualification terroriste de ce dossier est contestée depuis le début par la défense. Elle a été retenue par l'accusation, qui estime que la violence de ce groupe avait pour but de déstabiliser l'Etat.

Le 22 octobre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a rejeté les demandes d'annulation soulevées par la défense qui, depuis, a formé un pourvoi en cassation.

Dix personnes sont mises en examen depuis novembre 2008 pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" dans l'enquête sur des actes de malveillance contre les lignes TGV en 2008. Julien Coupat est également poursuivi pour "direction d'une structure à vocation terroriste". AP

pas/nc/ll

piqué au tas sur tempsreel.nouvelobs.com - 07/01/2011

 

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10:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/07/2009

Crash reconstitution numérique La nuit du mensonge

Jeudi 4 juin 2009 | 13h56

Crash de l’Airbus d’Air France: reconstitution numérique

Après la disparition du vol AF 447, les autorités font de la récupération des deux boîtes noires de l'Airbus A330-200 leur priorité. Aujourd’hui les médias se demandent si l’avion a explosé. e-alsace révèle la trajectoire en trois dimensions d’un vol ainsi que l’ensemble des actions de l’équipage sur le tableau de bord. Un dossier vidéo exclusif…


La trajectoire de vol que le site e-alsace révèle est celle du crash du mont Sainte-Odile. Le 20 janvier 1992, un Airbus A 320 d’Air Inter s’écrasait aux portes de Strasbourg. 87 personnes avaient trouvé la mort, neuf personnes avaient survécu. Mauvaise trajectoire, descente trop rapide, erreur de langage de la tour de contrôle, peut-être une défaillance technique, de nombreux éléments avaient conduits à la catastrophe. A l’aide de tous les paramètres connus, les dernières minutes du vol avec l’ensemble des actions de l’équipage, les conversations de l'équipage, les paroles du contrôleur aérien, et la visualisation complète des indications du tableau de bord ont été restituées en images de synthèse grâce aux technologies numériques. Ces éléments figurent dans le dossier judiciaire de la catastrophe.

Ce travail a été mené par une entreprise TIC alsacienne, la société CEFA Aviation, basée à Raedersheim dans le Haut-Rhin. C’était alors la première grosse reconstitution d’une trajectoire d’un crash réalisé par CEFA aviation. Jean Belotti, expert aéronautique, et Francis Guthleben, écrivain, auteur notamment du livre « La nuit du mensonge », s’étaient rendus ensemble à Saint-Louis dans le Haut-Rhin afin d’évaluer le travail d’un informaticien alors presque inconnu et aux allures de « géo trouvetout », Dominique Mineo. Celui-ci affirmait alors qu’il pouvait reconstituer en 3 D la trajectoire des vols à partir des paramètres enregistrés. Ce qui aujourd’hui n’a plus rien d’étonnant, apparaissait alors comme de la science fiction, ou presque.

Pilote militaire de formation, Dominique Mineo travaillait d’abord à la sécurité pour la compagnie suisse CrossAir. C'est dans ce cadre que l'idée d'un outil de simulation évoluée avait pris corps dès 1998. avant la naissance de Cefa Aviation en août 2000.

Une référence

A la suite du déplacement de Jean Belotti et Francis Guthleben à Saint-Louis et malgré une certaine méfiance, Jean Belotti avait suggéré au juge d’instruction François Guichard chargé de l'enquête sur le crash du mont Sainte-Odile de confier une mission à Dominique Minéo. Le choix fut payant.

Depuis la société CEFA Aviation est devenue une référence. Avec son logiciel d'analyse des vols exploitant les boîtes noires des avions. Le logiciel mis au point par CEFA Aviation exploite simultanément et de façon synchronisée l’ensemble des paramètres enregistrés dans les boîtes noires. Il permet, entre autres une vue panoramique du cockpit sur un à trois écrans, une modélisation des instruments de bord,  un affichage de tous les paramètres de vol, une version spécifique pour chaque avion,  une vue 3D de l'avion et de sa trajectoire, une visualisation interactive du vol en temps réel. La reconstitution de l’environnement est effectuée à partir de données satellites, pour une plus grande précision.

Déjà au service d'Air France

Depuis août 2000, Cefa Aviation est reconnue pour être une des sociétés leaders dans l'analyse des données de vol. Elle a développé l'un des logiciels de visualisation les plus avancés et a ainsi pu aider les compagnies aériennes, notamment, en améliorant la sécurité des vols et l'entraînement des pilotes. La société a développé une gamme de logiciels pour différents types d’avions. Ces logiciels permettent également d’analyser les défaillances techniques d’un appareil, ainsi que les actions inappropriées de l’équipage. En effet, le simulateur de vol permet de visualiser les paramètres de vol sous la forme d’un cockpit virtuel fidèlement reconstitué.

CEFA Aviation, avec ses cinq salariés, compte actuellement une quarantaine de compagnies d’aviation et travaille régulièrement avec le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA). La société tente maintenant de conquérir le marché asiatique. Dominique Mineo, président de CEFA Aviation est d’ailleurs ces jours-ci en Asie pour cela.

Air France fait partie des clients de CEFA Aviation. Au sein de la société CEFA Aviation, on affirmait hier que lorsque les boîtes noires du vol AF 447 auront été récupérées, elle pourrait apporter son concours pour tenter de reconstituer le vol tragique Rio-Paris qui a fait 228 victimes, comme elle l’a fait pour le crash du Mont Sainte-Odile. Air France pour sa part diffuse des communiqués réguliers sur la catastrophe du vol Rio-Paris

Une aide précieuse pour comprendre

Les technologies numériques sont donc mises au service de la compréhension de catastrophe aérienne et de la sécurité aérienne.

Le 15 janvier 2009, un avion du même type que celui qui s’est écrasé au mont Sainte-Odile, un Airbus A 320, a amerri dans l’Hudson River à New York, sans faire la moindre victime parmi les 155 personnes à bord. Là aussi, les technologies numériques ont été mises à contribution pour reconstituer le vol.


Hudson reconstitution accident airbus
envoyé par parisiensssssssssss. - L'info internationale vidéo.

Le numérique a aussi été mis a contribution après les attentats du 11 septembre 2001. Des informaticiens de l’université de Purdue ont patiemment reconstitué l’impact des avions sur les tours du World Trade Center. But: mieux comprendre les minutes qui ont suivi l’impact.

 

 

 

"La Nuit du Mensonge" :

de Stucki et Guthleben, avec leur trés aimable autorisation.

 

Loi Fauchon

La loi n°2000-647 du 10/07/2000 tendant à préciser la définition des délits non intentionnels, dite "loi Fauchon" du nom de son initiateur, a été publiée au JO.RF. Elle modifie de ce fait le Code Pénal.

Désormais, on distingue entre ceux qui sont directement à l'origine du dommage (lampistes) de ceux dont le lien de causalité entre leur faute et le dommage (blessures ou mort d'êtres humains) n'est qu'indirect (décideurs). Ainsi ceux qui ne sont pas directement à l'origine du dommage mais qui par leurs fautes ou négligences ont contribué à créer la situation qui a occasionné le dommage (décideurs publics ou privés, prétendus "responsables", mais qui ne se veulent pas "coupables") sont sensés se voir apprécier leur responsabilité dans des conditions plus restrictives. L'association ECHO et d'autres associations de victimes se sont émues dés l'origine de cet état de droit. Sous le prétexte avoué, n'en déplaise à M. Fauchon qui prétend aujourd'hui le contraire, de protéger prétendument des "maires", cette loi d'origine sénatoriale a procédé à une réforme, non pas limitée à certains décideurs de droit public mais globale de la responsabilité pénale en matière de délits non intentionnels.

On lira l'excellent ouvrage sur la loi "Fauchon" de M. Guillaume Perrault : "Ni coupables ni responsables", Albin Michel, 2004.

La justice a su, notamment dans le procès du Mont Blanc, retenir dans le cadre d'un accident collectif, la responsabilité de personnes que le manque de conscience professionnelle, voire humaine, poussait à se défausser sur d'autres. Gageons que le Tribunal de Colmar dans sa grande sagesse saura lui aussi dans le cas de la catastrophe du Mont Sainte Odile faire une telle oeuvre de justice, ce qui quatorze années après la mort de 87 personnes, serait un minimum souhaitable.

 

Les Secours

Ils ont été conduits de façon scandaleuse. Plus de 4 heures 30 ont été nécessaires pour repérer le lieu du sinistre, aux portes de la capitale de l'Europe ! et par deux habitants de la région et deux journalistes de TF1 ! Et il est clair que si l'organisation de la recherche de l'épave avait été conduite de manière appropriée, et sans re-écrire l'histoire, la découverte du lieu du crash aurait été beaucoup plus rapide qu 4h30. Pour M. le Juge d'Instruction Guichard, se basant sur des expertises, certaines victimes décédées ultérieurement auraient pu peut être survivre si les secours étaient arrivés moins de 2 heures après l'accident. Or, entre l'heure de l'accident et les premiers "soins" extrêmement succincts et peu appropriés délivrés aux blessés, certains d'entre eux ont survécu et d'autres non, et il s'est écoulé plus de 5 heures. Comment dès lors peut on admettre, dans la plage de gravité des blessures, une césure de 3 heures pendant laquelle rien n'aurait changé pour le devenir de blessés décédés ultérieurement? Le simple bon sens et les lois de la statistique l'infirment. Quant à la qualité des secours, nous n'évoquerons que le communiqué de M. le Professeur L. Lareng, Président du Syndicat national de l'Aide Médicale Urgente : SAMU. Dans ce communiqué, le premier et l'unique du genre dans les annales du SAMU, il s'insurge sur l'absence de participation des SAMU aux secours sur le terrain qui en ont été empêchés.

L'ordonnance de renvoi est prolixe sur le sujet : plus de 80 pages qui constituent la totalité du titre IV « Recherches et secours » ; il en est aussi du rapport de la Commission Administrative : pages 276 à 284, avec recommandations pages 321 à 324. Et on lira avec stupéfaction l'excellent livre en totalité consacré à l'accident, hélas épuisé mais scanné et disponible ici, de Stucki J.P. et Guthleben F. : "La nuit du mensonge", Albin Michel, 1993 : Tables des Matières - Le Livre.

Et le juge d'instruction, fort des 2 heures précisées, a considéré qu'aucune faute ne peut être retenue, et malgré des appels de parties civiles, le procès ne devrait pas aborder cette question : il n'y a pas de responsable, et a fortiori de coupable. Cette décision est extrêmement mal vécue par les proches des victimes qui la considèrent déni de justice.

Afin que ce scandale des secours lors de l'accident du Mont Sainte Odile puisse au moins servir, l'association ECHO a décidé, en janvier 2006, d'aborder cette question. Pour ce faire, elle a convié des responsables à une table ronde lors de son Assemblée Générale 2006, sur les questions relatives à la survie et à l'organisation des secours tirées des recommandations de la Commission Administrative ayant été retenues. Peine perdue, personne !, aucun des invités : autorités administratives ministérielles, régionales ou locales, préfecture, gendarmes, sécurité civile, etc. n'a daigné faire l'effort de répondre à cette invitation pourtant formulée des mois à l'avance, sans doute par simple manque de courage vis-à-vis des familles de victimes, ce qui a donné lieu à un communiqué de presse et à des articles dans les journaux :

Pourtant personne n’aurait pu empêcher les familles de victimes et les rescapés d’évoquer ce problème crucial lorsqu’elles ont eu la parole et les dénégations du procureur n’ont convaincu personne d’autant que plusieurs prévenus, parmi lesquels M. Rantet, ont affirmé de façon péremptoire qu’ils savaient où se trouvaient l’avion dans les minutes qui ont suivi le crash. Les membres d’ECHO sont totalement solidaires des familles de victimes ayant survécu à l’accident et étant décédées en attendant les secours et qui ne pourront trouver la paix que lorsque des explications approfondies leurs auront été fournies ainsi que l’assurance qu’en pareil cas, les choses seraient organisées différemment.

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