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17/05/2012

Le FN en campagne. Les ressorts sociaux des votes frontistes en milieu rural

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Comment expliquer le succès du Front national en milieu rural ? Dans un contexte marqué par la déstructuration des formes locales de sociabilité, la vigueur des votes frontistes découle en grande partie de la mobilisation de candidats autochtones s’appuyant sur la revitalisation de lieux de sociabilités à l’abri des diverses sources de fragilisation sociale.

par Sébastien Vignon

Extrait :

Il s’agit donc, si l’on veut mieux appréhender les rapports à la politique des électeurs des mondes ruraux, d’analyser les recompositions des sociabilités populaires et la déstructuration des collectifs traditionnels. C’est à l’occasion d’une étude réalisée à Saint-Vast [3], village d’un peu plus de 500 habitants situé dans l’Est de la Somme (Santerre Haute-Somme), où le FN obtient des scores très élevés depuis l’élection présidentielle de 2002 [4], qu’on a pu adopter cette perspective d’étude. À partir d’observations in situ et d’une série d’entretiens semi-directifs auprès d’habitants, complétés par des analyses statistiques, les votes frontistes ont ainsi été rapportés, plus qu’à des « lois générales » de la radicalité FN, à leurs fondements sociaux : l’entre-soi rural. Dans cette commune, l’étude des sociabilités traditionnelles du village (réseaux familiaux, associations, manifestations et fêtes) a mis au jour des formes de dévaluation de l’autochtonie (Retière 2003), ressource traditionnelle pour certaines catégories de résidents confinés dans les limites de l’espace communal. L’apparition de conflits interpersonnels au sein d’associations locales, la mise en concurrence de pratiques sociables par d’autres plus cotées (la pratique du tennis dans un bourg voisin au détriment de la longue paume, sport de raquette traditionnel picard) ou encore l’élévation du seuil de compétences exigées pour l’engagement dans l’espace local, comme c’est le cas pour les mandats électifs municipaux qui réclament désormais des compétences en lieu et place d’un ethos du dévouement (Retière 1994), sont autant de facteurs qui expliquent le retrait ou l’éviction de certaines catégories sociales de l’espace des sociabilités locales.

Ces facteurs contribuent à modifier sensiblement les rapports sociaux dans l’espace communal. D’abord en multipliant les formes de désengagements tous azimuts. Ensuite, cumulés aux bouleversements économiques (baisse du nombre de commerces dans la commune, concurrence croissante de la ville), ce déclin des pratiques collectives autochtones produit un « vide communal » déploré par les fractions des résidents qui ne peuvent investir d’autres lieux de sociabilités à l’extérieur (notamment à la ville) et qui se replient le plus souvent sur leur « monde privé » (Schwartz 1989). Pour les plus âgés et ceux qui sont faiblement dotés de capitaux, la commune devient un territoire aux bornes toujours plus étroites. À l’inverse, pour ceux qui ont des ressources mobilisables en dehors de l’espace communal, les lieux d’appartenance (en particulier de loisirs et de travail) se dissocient et se diversifient.

Enfin, dans le contexte de la déstabilisation de l’ancien entre-soi local et de la dégradation des conditions d’existence individuelle et collective (affaiblissement ressenti des relations de voisinage, manque de travail, de commerces, retrait des services publics), l’éthique du travail et, surtout, l’exigence d’égalité de traitement, très valorisées au sein des catégories populaires, sont perçues comme insultées et menacées : les jeunes qui « traînent » à l’abribus sont considérés comme moins « travailleurs » que leurs aînés, on regrette la « crise de l’autorité parentale » sur la jeunesse locale, etc. Avec la jeunesse incontrôlable, « les immigrés », bien que totalement absents de la commune, constituent l’autre figure repoussoir sur laquelle est reportée, souvent avec une violence verbale toute particulière, ce qui est vécu comme une chute de statut. La construction de logements sociaux et l’arrivée de populations « à problèmes », pour reprendre les propos de certains villageois, apparaissent comme une perturbation supplémentaire, venant renforcer les effets de l’entropie qui désorganise la vie communale. Dans un tel contexte de déstructuration des sociabilités populaires, le FN parvient à s’implanter grâce aux ressources « autochtones » de ses militants et candidats aux élections locales et à leurs mobilisations de proximité.

 

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07:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/08/2011

Appel au soutien du village autogéré de notre dame des landes

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL, le réseau NOG2011 vient de faire un appel au soutien. Vous trouverez ci-dessous cet appel.

"Le 1er juillet 2011, une centaine de militant-e-s anticapitalistes et antiautoritaires ont monté un village autogéré qui avait pour objectifs et principes :

- de fonctionner en autogestion et d’expérimenter des alternatives au monde autoritaire,
- de créer une convergence des luttes contre les logiques capitalistes et de préparer la résistance contre le G20,
- d’amplifier la résistance contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes en créant entre autre de nouvelles installations sur la zone du projet (ZAD),
- de soutenir la paysannerie locale biologique,
- …

Ce village qui a duré un mois, a été pour la plupart d’entre nous l’occasion de partager nos expériences de luttes et d’alternatives, et de créer des convergences pour la suite. Il nous a aussi permis de concrétiser nos envies d’autogestion à un plus grand nombre, durant un temps permettant l’assimilation de nos échecs et réussites. Surtout, il a permis d’amplifier la lutte contre le projet d’aéroport de NDDL, Vinci et son monde, par l’installation de plus de 30 militant-e-s sur la ZAD qui souhaitent y rester à long terme pour y vivre en autonomie et résister à ce projet.

Cependant, nous n’avons pas réussi à rembourser totalement les frais engagés dans ce village(fonds issus de précédentes rencontres internationales), même si nous avons tout fait pour les assumer (remboursant une bonne partie du déficit dans les dernier jours).Il nous reste à ce jour, un peu plus de 1000 euros à rembourser à la caisse internationale et à deux paysans locaux. Nous appelons ainsi à votre soutien financier pour que nous puissions respecter nos engagements.

Lors de la dernière assemblée générale du village, nous nous sommes mis d’accord sur le partage de l’argent en cas d’excédents lors de l’appel au soutien. Nous avons défini que : -50% de cet excédent irait au fond international, parce que ce village s’inscrivait dans une volonté internationale de contrer le capitalisme, ce qui permettra aussi de mieux préparer les contre-sommets suivants, -50% de cet excédent irait aux militant-e-s qui s’installent sur la ZAD suite au village autogéré. Il servirait à financer leur installation paysanne, leurs moyens de communication et de financer l’auto construction de leurs cabanes.

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL s’est engagé de son côté à combler le déficit du village autogéré en organisant des concerts/bouffes collectives bio dès cet automne. Du côté du réseau NOG2011, certain-e-s membres de ce réseau organisent déjà des bouffes collectives bio.

En espérant qu’avec tous nos efforts nous permetrons de combler le déficit financier du village, et au mieux de dégager un excédent qui permettra de soutenir à la fois la lutte internationale contre le capitalisme mais aussi la lutte contre l’aéropot de NDDL et la multinationale Vinci.

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL, le réseau NOG2011"

L’adresse où envoyer votre soutien financier :

Le village c/o Reflex scalp 21 ter rue voltaire 75011 paris

Chèque à l’ordre de : la mare

 

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via indymédia lille

10:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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